L’austérité budgétaire ou l’attractivité du métier ? L’éducation est un droit humain fondamental, nous rappelle l’Unesco. L’attractivité en berne du métier creuse la pénurie d’enseignants. Les contextes d’austérité ne sont pas favorables à l’attractivité du métier enseignant. Les conclusions du rapport de l’Unesco publié vendredi 4 octobre 2024 dans le cadre de la journée mondiales des enseignants tomberaient-elles à pic pour inspirer les politiques publiques de la France ? A la veille des discussions et de la publication sur la PLF 2025, le rapport de l’Unesco résonne comme une alerte pour le nouveau gouvernement et la ministre de l’Éducation nationale quand souligne qu’« il est inquiétant de constater que des mesures d’austérité prévues dans certains pays pourraient avoir des répercussions importantes sur les dépenses publiques». Et si certaines dépenses n’étaient que des investissements nécessaires pour un pays ?
Le secrétaire national du Parti communiste français adresse une lettre ouverte aux agents de la Police nationale, aux personnels de la Gendarmerie, et aux agents des douanes pour leur assurer son soutien mais aussi pour les inviter à travailler ensemble à une augmentation de leur budget pour une transformation complète du service public qu’ils représentent eux qui ont choisi de se mettre au service de la Nation. Ce n’est pas comme certains ne manqueront pas de le présenter un soutien inconditionnel à la police, aux forces de l’ordre, mais le nécessaire chemin pour aboutir là aussi à un service public au service de la nation et de tous les citoyens, résidents en France. Donc non seulement cette lettre ne me choque pas mais l’ouverture qu’elle préconise sur la concertation avec d’autres services public est indispensable. Pourtant je la signerai le jour où elle sera précédée d’un paragraphe sur la France socialiste que le PCF veut construire dans laquelle la police sera non pas l’instrument de la répression des travailleurs mais celle de leur défense, de leurs enfants contre ceux qui sont les véritables causes de l’insécurité, le chômage, les bas salaires, la fin des services publics, la guerre, les trafics d’armes et de drogue. (note de Danielle Bleitrach histoireetsociete)
Vous êtes 270.000 à assurer, chaque jour, le droit à la sécurité et à la tranquillité de nos concitoyens. Policiers, gendarmes, douaniers, toutes et tous agents du service public, vous avez fait le choix courageux de vous mettre au service de la nation et de garantir la paix civile. Vous avez su, lors des Jeux olympiques, garantir la sécurité et la sérénité de cet évènement international et ainsi permettre à la France, d’accueillir le monde, fraternellement, généreusement. Nous vous en sommes extrêmement reconnaissants.
Le fameux « Héritage des Jeux », largement mis en avant à l’occasion de Paris 2024, est rattrapé par la réalité. Les nouvelles mesures viennent encore grignoter le temps consacré au sport à l’école. Quatre professeurs d’EPS racontent à l’Humanité les difficultés de leur pratique, pourtant bénéfique à tous les élèves.
C’est la communauté de communes qui nous prête ses installations. Nous disposons d’un gymnase, d’une salle plus petite et d’une salle de gym avec tapis. Cela nous permet de faire cours avec trois classes en intérieur. Mais avec la mise en place des groupes de niveau en 6e et 5e et les très fortes contraintes que cela fait peser sur l’emploi du temps, on se retrouve parfois avec 4 voire 5 classes sur le même créneau horaire. Cela signifie qu’en hiver, au moins une classe se retrouve dehors. Continuer la lecture de Manque de temps, infrastructures inadaptées, pas d’accès à la piscine… des professeurs d’EPS racontent les maux du sport à l’école
Les « nouveaux monstres », évoqués dans son livre par le socio-anthropologue et ancien élu communiste, sont à l’œuvre en France et dans le monde. Leur ascension est résistible, insiste l’auteur, à condition de démythifier les discours dominants.
Alain Hayot, sociologue et anthropologue, a aussi une longue expérience d’élu : à Vitrolles (Bouches-du-Rhône), en 1992, dans la liste qui a battu Bruno Mégret, puis à la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, comme vice-président chargé de la culture, comme ce fut le cas au PCF. L’auteur de Face aux nouveaux monstres, le sursaut sait de quoi il parle, lui qui vit dans une région véritable laboratoire de l’implantation des extrêmes droites et de leur alliance avec des droites locales.
Dans cet ouvrage, qu’il a présenté lors d’une carte blanche au Village du livre de la Fête de l’Humanité, il démonte les mythes d’une France qui serait majoritairement à droite, déconstruit les mots-valises de la propagande réactionnaire et mortifère. Mais, surtout, Alain Hayot nous invite à mener les batailles culturelles, celles qui doivent prendre en compte les imaginaires de la peur et les représentations du réel. Car, la puissance médiatique de forces au service d’un capitalisme prédateur d’humains et de nature ne fait que travestir et instrumentaliser le réel. Continuer la lecture de Alain Hayot, sociologue : « Pour battre l’extrême droite, il faut agir sur les imaginaires de la peur »
Sous l’impulsion de l’association Unité laïque dans laquelle la sœur de Samuel Paty assassiné pour avoir défendu le droit à l’émancipation humaine et à la liberté de conscience est présente et de la municipalité de Castelsarrasin, une place éponyme a été inaugurée ce vendredi matin devant le Lycée Jean de Prades en présence de nombreuses personnalités et citoyens-nes.
Un évènement solennel avec porte-drapeaux, officiels et la communauté éducative présente avec des élèves, des enseignants…. Le maire et M. Matisson (Pour l’Union Laique), ainsi que M. Levy sénateur sont intervenus à tour de rôle élevant avec honneur les valeurs de la république, rappelant le rôle essentiel de l’école et des professeurs qui paient le prix fort de l’obscurantisme ambiant. Continuer la lecture de Place Samuel Paty : un acte laïque (Castelsarrasin)
« La guerre scolaire a lieu, même si c’est de façon silencieuse, et elle est conduite par les gouvernements successifs de droite en faveur du privé ». Stéphane Bonnery, professeur en sciences de l’éducation à Paris 8, considère que le tournant libéral qu’incarne les gouvernements Macron « réduit l’école et le collège publics à une mission d’éducation minimale pour rendre obéissants et employables les futurs travailleurs peu qualifiés ». Stéphane Bonnery fait le constat implacable d’une politique publique destructrice de l’école publique, dans laquelle « le collège public a été particulièrement saboté ».
Le sujet de l’école privée n’est pas une question idéologique mais une question démocratique. A l’occasion de la publication de la revue La Pensée, le Café pédagogique s’entretient avec Stéphane Bonnery pour éclairer le débat public avec les éclairages de la recherche. Il a étudié les politiques économiques depuis vingt-cinq ans et analysé les politiques d’affaiblissement de l’Ecole publique et le rôle des décisions politiques.
Est-ce que la Cour des Comptes apportera un coup fatal au SNU ? « Les ambitions du dispositif ne sont pas atteintes », peut-on lire. Dans son rapport, publié le 13 septembre 2024, la cour critique le Service National Universel (SNU) et ses 5 à 10 milliards d’euros dépensés. Le dispositif du SNU déployé depuis 2019 sur la base du volontariat est jugé coûteux. Dans un contexte de rigueur budgétaire, la généralisation du dispositif prévue en 2026 verra-t-elle le jour ? Le rapport dénonce les aspects budgétaires comme les insuffisances et les impensés du déploiement du SNU mené dans l’urgence.
Le SNU est porté par une politique volontariste menée par l’Elysée et Matignon. En revanche, les personnels éducatifs, leurs organisations syndicales, les organisations lycéennes et étudiantes et les partis politiques du NFP exigent son abrogation au profit d’un investissement dans les associations de l’éducation populaire. Ces derniers rejettent une vision militariste et non éducative et émancipatrice de la jeunesse et dénoncent les nombreuses dérives observées.
NDLR de MAC: Pendant que nos gouvernants s’amusent et reculent le moment de faire des choix, les valets du capitalisme continuent de vouloir dépouiller les services publics au motif qu’ils coutent cher… On en parle des cadeaux aux (grandes) entreprises et aux actionnaires!
Modification des seuils, suppression des effectifs réduits, fermeture de 2000 établissements… Ce rapport explosif « Revue de dépenses : dispositifs en faveur de la jeunesse » daté du mois d’avril de l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGESR) et de l’inspection des finances a été rendu public. Dans un contexte de baisse démographique et de rigueur budgétaire, le rapport « propose des méthodes d’optimisation de la répartition des moyens d’enseignement sur le territoire, prenant en compte les aspects démographiques à l’horizon 2027 ». L’objectif est l’optimisation des moyens du ministère de l’Éducation nationale. Le rapport de 166 pages préconise la suppression de milliers de postes et la fermeture de centaines de classes. L’esprit est à l’économie et non à l’amélioration des conditions de travail et d’enseignement au profit de la réussite de tous les élèves. Continuer la lecture de Rapport explosif sur les suppressions de postes et de classes
Les exceptions françaises sautent aux yeux dans le rapport annuel de l’OCDE. Salaires, temps de travail, privé-public : on aperçoit dans la publication Regard sur l’éducation 2024 que le temps de travail des enseignants français est supérieur à la moyenne des autres pays. Par contre, la rémunération est inférieure à la moyenne. L’enseignement privé est aussi davantage financé par l’argent public.
La France investit moins dans l’éducation
Selon la comparaison de Regards sur l’éducation 2024, les dépenses par élèves équivalent temps plein ont augmenté de 2,4% en moyenne dans les pays de l’OCDE. En France, l’augmentation est de 1,8 % pour l’enseignement élémentaire, il est donc inférieur à la moyenne mais tient compte de la connaissance des effets des inégalités « dès le berceau ». Dans le secondaire, la dépense est restée constante (+0.1%) quand elle augmente de 1.8% dans le reste de l’OCDE. Le dernier rapport Regards sur l’éducation montre un investissement équivalent temps plein inférieur à la moyenne des pays de l’OCDE entre 2015 et 2021. Pourtant « la France, en 2021, consacre 5,4 % de son produit intérieur brut (PIB) aux établissements d’enseignement allant de l’élémentaire au supérieur. C’est plus que la moyenne de l’OCDE, qui est de 4,9 % du PIB ». Continuer la lecture de Être prof en France : travailler plus pour gagner moins
La pénurie d’enseignants et d’accompagnants se généralise. Une enquête du SNES publiée vendredi 6 septembre alerte sur la pénurie des professeurs, dès la rentrée. Comme la secrétaire générale du SNES Sophie Vénétitay l’annonçait, il n’y a pas un professeur devant chaque classe à la rentrée. « Au 5 septembre, il manquait au moins 1 professeur dans 56% des collèges et lycées » affirme le syndicat majoritaire des professeurs du Second degré.
Des disparités selon les académies et les disciplines
L’enquête du SNES a été réalisée auprès d’un échantillon représentatif de 893 établissements de différentes académies. Selon l’enquête du SNES, les académies les plus touchées sont l’académie de Versailles avec 72% des établissements où il manque au moins un professeur, suivie de celle de Lyon avec le taux de 61%. Dans l’académie d’Amiens, c’est dans 21% des établissements où il manque un professeur, 44% pour Aix-Marseille et 43% pour la Normandie.
Des disparités sont également constatées selon les disciplines : de nombreux postes de français sont non pourvus, comme en mathématiques mais aussi en langues vivantes et éco-gestion. Les syndicats s’inquiètent du manque de vivier des enseignants et pointent le nombre élevé du nombre de postes de contractuels recherchés par les rectorats. « Au 6 septembre, 1646 offres d’emplois étaient proposées » souligne le SNES.
L’enquête de l’intersyndicale 93 sur la pénurie de la rentrée 2024
Une intersyndicale du 93 alertait également dès jeudi soir sur la pénurie des personnels dans l’académie de Créteil. L’enquête réalisée -avec un taux de réponse d’un peu plus de la moitié des établissements du Second degré- confirmait pour l’intersyndicale mobilisée depuis des mois « une situation d’alerte qui nécessite un plan d’urgence et un choc des moyens. ». Selon l’enquête, il manquait à la rentrée au moins un professeur dans 78% des collèges et dans 82% des lycées.
Si des professeurs manquent à l’appel à la rentrée, c’est aussi le cas d’autres personnels : de nombreux AESH, AED et personnels médico-sociaux manquent aussi dans les établissements. Le nombre des postes non pourvus aux concours de recrutement de professeurs 2024 et le contexte général de manque d’attractivité du métier annonçait la pénurie des professeurs à la rentrée, malgré les affirmations ministérielles. Quelles seront les prochaines annonces et actions pour répondre à cette crise ?