Laurent Lardeux : « La jeunesse est plurielle et diverse »

À rebours des analyses simplistes qui évoquent le « vote des jeunes » comme un ensemble homogène, la jeunesse apparaît comme un électorat aussi divisé que les autres tranches d’âge (quand elle vote) mais qui se distingue par ses priorités. Entretien avec le sociologue Laurent Lardeux, chercheur à l’INJEP.

Le vote des jeunes à l'élection présidentielle 2022 s'est réparti entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Emmanuel Macron ne fait que 13 % chez les 18-24 ans et 16 % chez les 25-34 ans. © Philippe Huguen/AFP

Le vote des jeunes à l’élection présidentielle 2022 s’est réparti entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Emmanuel Macron ne fait que 13 % chez les 18-24 ans et 16 % chez les 25-34 ans. © Philippe Huguen/AFP

Une jeunesse plurielle et aussi polarisée que ses aînés, mais qui ne vote pas pour les mêmes raisons que les plus âgés. Voilà ce qui ressort de l’enquête Youngelect 2022, cordonnée par les chercheurs Vincent Tiberj, Amaïa Courty, et l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP).

Un des slogans de la présidentielle 2022, côté majorité sortante, était « Macron, président des jeunes ». À la lumière de votre enquête, on en est bien loin…

Laurent Lardeux
Sociologue

Emmanuel Macron obtient ses meilleurs scores chez les plus de 65 ans. Il ne fait que 13 % chez les 18-24 ans et 16 % chez les 25-34 ans. On a parlé à raison de tripartition des votes, à la présidentielle, entre trois candidats – Emmanuel Macron, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon – ayant capté à eux trois 75 % des voix. On ne peut pas vraiment parler de tripartition, en revanche, quand on prend le vote des moins de 35 ans, on observe plutôt une bipolarisation du vote autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon (38 % chez les 18-24 ans, 30 % chez les 25-34 ans) et de Marine Le Pen (28 % chez les 18-24 ans, 33 % chez les 25-34 %). Les jeunes qui ont voté pour le président de la République sont un électorat très marqué socialement, plutôt avantagés socialement ou scolairement. Continuer la lecture de Laurent Lardeux : « La jeunesse est plurielle et diverse »

Christelle Taraud : « Le féminicide, c’est s’attaquer au peuple des femmes »

Violences de genre. Par des conversations avec des chercheuses, artistes, journalistes et militantes du monde entier, l’historienne Christelle Taraud dresse un impressionnant état des lieux du continuum des violences faites aux femmes dans Féminicides, une histoire mondiale.

L'historienne Christelle Taraud réunit dans cet ouvrage les meilleures spécialistes mondiales pour penser le continuum des violences qui visent les femmes. © NnoMan Cadoret et Ludovic Marin/AFP

L’historienne Christelle Taraud réunit dans cet ouvrage les meilleures spécialistes mondiales pour penser le continuum des violences qui visent les femmes. © NnoMan Cadoret et Ludovic Marin/AFP

Une femme meurt toutes les onze minutes dans le monde. Comment et pourquoi décrire, depuis la préhistoire, les agressions, harcèlements, féminicides dont sont victimes les femmes à toutes les époques parce que femmes ? L’historienne Christelle Taraud a convié des spécialistes féministes de tous horizons pour comprendre cette guerre de genre. Gita Aravamudan, Claudine Cohen, Silvia Federici, Rosa-Linda Fregoso, Patrizia Romito, Rita Laura Segato, Aminata Dramane Traoré y dialoguent avec beaucoup d’autres et avancent un projet politique pour que cessent définitivement ces violences.

Pourquoi coordonner un tel ouvrage sur les féminicides ? Continuer la lecture de Christelle Taraud : « Le féminicide, c’est s’attaquer au peuple des femmes »

L’argent est-il en train de tuer le football ? (dossier de l’Humanité en 3 parties)

Spéculation, naming des stades, paris, droits TV, corruption et attribution des compétitions sont une réalité. Mais le sport, ce sont aussi des passionnés qui défendent les valeurs de solidarité.

(Temps de lecture 15 minutes)

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Partie I

Bureau du Spartak Lillois

Le sport business, avec sa « compétition-sandwich », corrompt les valeurs populaires. Pourtant, le ballon rond vit au quotidien grâce à ses acteurs de terrain.

L’argent gangrène le football, c’est un fait. « Ce ne sont que vingt-deux millionnaires qui tapent dans un ballon » : cette simple phrase nous amène à comprendre que l’argent dénature notre perception collective du football.

Dans le football de haut niveau, l’argent est le faiseur de rois. Les victoires dans les grandes compétitions nationales et internationales ont toujours été l’apanage des clubs les plus fortunés, ce qui raréfie les exploits sportifs. Les rachats de clubs par des milliardaires ou des fonds souverains, qui bâtissent artificiellement des mastodontes (inter)nationaux, accentuent cette tendance. Ce système régi par l’argent corrompt les valeurs populaires qui ont émergé au sein du football. L’argent transforme le football en produit, comme l’illustre la récente affaire de la Super Ligue, une tentative de regroupement de clubs tout-puissants, motivés par le seul appât du gain. Continuer la lecture de L’argent est-il en train de tuer le football ? (dossier de l’Humanité en 3 parties)

Violence à l’égard des femmes : le combat continue en Tarn-et-Garonne in DDM

Un lâcher de ballons sera organisé vendredi au centre social La Comète à Montauban. Photo DDM, archives, Manu Massip
Un lâcher de ballons sera organisé vendredi au centre social La Comète à Montauban. Photo DDM, archives, Manu Massip

 

La journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes aura lieu ce vendredi. Plusieurs animations sont prévues sur le sujet.

« Comme chaque année, le collectif Droit des femmes 82, qui regroupe plusieurs associations du département, se mobilise à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Nous organisons le 25 novembre, des actions à destination des publics que nous accompagnons au quotidien », résume Leila Athmani, la directrice du Cidff 82 (Centre d’information sur les droits des femmes et des familles).

À Montauban cela se déroulera entre autres au centre social de la Comète*. « Il y aura des ateliers de collage, d’expression et une marche sera organisée. Un déjeuner sera pris sur place sur le mode de l’auberge espagnole, précise-t-elle, et à 15h, nous ferons un lâcher de ballons, sur lesquels les femmes présentes attacheront des petits mots qu’elles auront écrits », détaille la directrice. Continuer la lecture de Violence à l’égard des femmes : le combat continue en Tarn-et-Garonne in DDM

Violences sexistes et sexuelles: les coulisses d’une journée de lutte

Ce 19 novembre, à l’initiative du collectif #NousToutes, des manifestations ont eu lieu à Paris et dans plusieurs villes de France. Parmi les 90 associations, syndicats ou partis de gauche à avoir appelé à défiler, la Fondation des femmes s’est fondue dans la marée violette.

C’est à la Cité audacieuse, dans le 6ème arrondissement de Paris, que les bénévoles et salariées de la Fondation des femmes se sont données rendez-vous ce matin du 19 novembre pour mener à bien les derniers préparatifs de la marche. Au programme : ateliers pancartes et maquillage.

Cette année, cinq ans après #MeToo, ce sont les dysfonctionnements de la justice en matière de lutte contre les violences sexistes et sexuelles qui sont, plus particulièrement, pointés du doigt. Les associations, dont la Fondation des femmes, réclament une augmentation drastique des moyens alloués à la lutte contre ces violences, entre 1 et 2 milliards d’euros.

À Paris, la manifestation a rassemblé 80 000 personnes selon les organisatrices et 18 500 selon la police.

Plus d’articles sur les sujets qui vous intéressent: #noustoutes

Situation du Lycée Bourdelle de Montauban (SNES FSU)

 

Le lycée Antoine-Bourdelle à Montauban (Tarn-et-Garonne).Le lycée Bourdelle de Montauban est depuis trois jours sous les feux de l’actualité.

Le SNES-FSU Toulouse avait interpellé les autorités académiques, en amont des congés d’automne. Il leur a demandé, sans attendre la médiatisation de cette situation, que le Rectorat de Toulouse, en tant qu’employeur, soutienne, accompagne et protège les personnels face aux difficultés rencontrées. Le SNES-FSU Toulouse suivait en effet, en lien avec les collègues sur place et depuis plusieurs semaines, la situation du lycée et ses évolutions. Il a déjà œuvré au plus près des collègues, en étant à leurs côtés et en respectant toujours leur volonté exprimée majoritairement dans des échanges internes autour d’une situation complexe et dont la gestion appelle des réponses adaptées.

Le SNES-FSU Toulouse se tient aujourd’hui encore aux côtés des collègues du Lycée Bourdelle dans cette épreuve rendue plus vive par la médiatisation, et il continuera de les soutenir, notamment en condamnant toute récupération politique ou toute forme d’instrumentalisation dont les objectifs idéologiques seraient bien éloignés des enjeux scolaires et éducatifs.

Le SNES-FSU Toulouse demande que le Recteur, ses services et les services de l’Etat continuent de prendre toutes les mesures nécessaires et concrètes pour protéger et aider les collègues, ainsi que l’ensemble de la communauté éducative. Il s‘agit d’apaiser la situation sur place et de retrouver de la sérénité, conditions nécessaires au bon accomplissement de la mission d’éducation. Il demande au Recteur de continuer d’œuvrer en sens.

Le SNES-FSU Toulouse tient enfin à souligner que le temps éducatif n’est pas le temps médiatique. Alors que l’académie et ses établissements sont placés au coeur de l’actualité pour la seconde fois en moins de 10 semaines, le SNES-FSU Toulouse réaffirme la nécessité de renforcer les moyens éducatifs, et demande au gouvernement de renouer avec un investissement dans le Second degré qui permette aux équipes éducatives de mener à bien efficacement – partout et dans la durée – la difficile et essentielle mission qui leur est confiée.

Toulouse, le 13/11/22

Les luttes salariales annoncent-elles une reprise du syndicalisme ?

Les grèves et débrayages se multiplient dans les entreprises alors que les négociations annuelles obligatoires posent la question des augmentations des salaires pour faire face à l’inflation.

Les mouvements doivent rencontrer l’organisation syndicale. Cela passe par des revendications et nécessite de relever le défi de la désyndicalisation.

Dominique Andolfatto Professeur de science politique

Que serait un syndicalisme sans demandes ? Un syndicalisme de pure collaboration hiérarchique ? Un syndicalisme institutionnel dans lequel les syndicalistes veilleraient d’abord aux intérêts de leur organisation (et aux leurs) avant ceux des salariés qu’ils représentent ? Continuer la lecture de Les luttes salariales annoncent-elles une reprise du syndicalisme ?

Résistance chronique Palestinienne (5 nov. 2022) in Radio Arts-Mada

Grèves pour les salaires : ces victoires qui redynamisent le mouvement social

Les conflits liés à l’inflation donnent un nouveau souffle au mouvement social, qui ne se contente plus de résister aux délocalisations et réformes libérales, mais arrache des augmentations salariales.

Le 17 octobre, blocage de la raffinerie de Gonfreville-l’Orcher. Nicolas Cleuet/Le Pictorium/ AFP

Le 17 octobre, blocage de la raffinerie de Gonfreville-l’Orcher. Nicolas Cleuet/Le Pictorium/ AFP

Personne, du sommet de l’État aux travailleurs en première ligne, ne peut nier l’urgence sociale, face à une inflation galopante. La hausse des prix à la consommation a décollé, en octobre, de 6,2 % sur un an, contre 5,6 % en septembre, et 2,6 % un an plus tôt. Depuis ce printemps, cette situation a poussé des travailleurs à se mobiliser pour réclamer des augmentations salariales. Continuer la lecture de Grèves pour les salaires : ces victoires qui redynamisent le mouvement social

INTERVIEW. Alain Daziron, organisateur des Journées de Larrazet : « Il y a plus une crise de la pensée de l’école que de l’école elle-même »

 

L’équipe organisatrice des Journées de Larrazet réunie samedi autour d’Alain Daziron.
L’équipe organisatrice des Journées de Larrazet réunie samedi autour d’Alain Daziron. DDM – Daniel VILLA VEGA

Annulées en 2020 et 2021, les Journées de Larrazet font leur retour, les 19 et 20 novembre. Avec un thème passionnant, « Réfléchir et habiter l’école ». Alain Daziron nous en parle.

Elles font partie du paysage culturel du Tarn-et-Garonne et avouons-le en natif de ce terroir lomagnol, cela nous fait plaisir de reparler des Journées de Larrazet. Plaisir partagé par Alain Daziron, historien et animateur attitré de la Maison de la Culture, qui nous présente cette 38e édition, programmée le week-end des 19 et 20 novembre. Continuer la lecture de INTERVIEW. Alain Daziron, organisateur des Journées de Larrazet : « Il y a plus une crise de la pensée de l’école que de l’école elle-même »