Franck Marsal : à propos de l’Iran

La crise iranienne et la crise vénézuélienne se télescopent et ce n’est probablement pas un hasard. Sur la situation du Venezuela, la tendance qui se dégage maintenant clairement est que la réussite militaire de l’opération tactique ne change pas fondamentalement la situation stratégique. Le pouvoir constitutionnel vénézuélien est en place, et ne s’est pas fissuré. Le pays fonctionne. Nicolas Maduro et Cilia Flores préparent leur défense face à un dossier juridique qui semble se décomposer sur place. Trump lui-même a été obligé de balayer l’opposition d’extrême-droite, cheval de bataille habituel de l’impérialisme en reconnaissant qu’ils « ne représentent rien au Venezuela ». Il a également été contraint de réunir les entreprises US pour les convaincre de préparer un plan d’investissement massif, et s’est entendu répondre par certaines que « ce sont vos sanctions qui nous ont obligées à quitter le Venezuela ». Les négociations (qui étaient déjà en cours avec Maduro) pour le retour des investissements US au Venezuela se poursuivent et rien de vraiment concret n’indique que l’enlèvement du président vénézuélien en exercice a fondamentalement amélioré la marge de manœuvre des USA. Si cette tendance se confirme, l’opération pourrait même rapidement affaiblir la position du bloc impérialiste US hier hégémonique, aujourd’hui divisé et en situation de liquidation progressive. Continuer la lecture de Franck Marsal : à propos de l’Iran

Venezuela, OTAN, Ukraine, enjeux de paix : Fabien Roussel au Conseil national du PCF + Résolution

Fabien Roussel dénonce l’agression militaire des États-Unis contre le Venezuela, affirme la solidarité avec le peuple vénézuélien et appelle au respect du droit international. Il met en garde contre la guerre de l’énergie, l’alignement de la France sur les États-Unis et l’OTAN, et les risques d’escalade militaire en Ukraine.

Le PCF défend une autre voie : la paix, la souveraineté des peuples, le multilatéralisme et une coalition internationale pour la paix. Continuer la lecture de Venezuela, OTAN, Ukraine, enjeux de paix : Fabien Roussel au Conseil national du PCF + Résolution

Cancers, diabète… Les soupçons sanitaires s’accentuent sur plusieurs conservateurs alimentaires Par Fabrice Savel

 

Sulfites, nitrites, sorbates… Très présents dans les aliments industriels, ces additifs sont soupçonnés depuis des années de favoriser l’apparition de certaines pathologies. Deux importantes études françaises montrent aujourd’hui qu’ils sont associés à un plus grand risque de cancers et de diabète.

Si ces conclusions de ces études, réalisées par la même équipe de l’Inserm et publiées jeudi dans les revues BMJ et Nature Communications, doivent être interprétées avec prudence, au regard de l’ampleur modérée des risques observés, ces travaux sont d’une robustesse inédite. Continuer la lecture de Cancers, diabète… Les soupçons sanitaires s’accentuent sur plusieurs conservateurs alimentaires Par Fabrice Savel

Invité de Télématin sur France 2, Fabien Roussel, dénonce l’agression militaire des États-Unis contre le Venezuela.

👉 Il qualifie l’intervention de violation grave du droit international, accuse Donald Trump de relancer une politique impérialiste fondée sur la force et les intérêts pétroliers, et fustige l’alignement d’Emmanuel Macron sur Washington.

🛑 Pour Fabien Roussel, la France renie son histoire diplomatique, sa voix indépendante et les principes de la Charte de l’ONU. Il alerte aussi sur les conséquences directes pour les territoires français de la Caraïbe (Guadeloupe, Martinique, Guyane), menacés par la déstabilisation régionale.

✊ Refus de la loi du plus fort, défense de la souveraineté des peuples, critique du rôle de l’OTAN : une intervention sans détour.

📌 Le PCF appelle à un débat au Parlement sur la doctrine diplomatique française et sur notre relation avec les États-Unis.

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Enlèvement de Nicolás Maduro au Venezuela : Emmanuel Macron s’aligne, la gauche s’indigne

Alors que le Quai d’Orsay s’était montré prudent, le chef de l’État s’est rapidement rallié à la position de Washington, sans un mot pour la violation du droit international. Les forces de gauche dénoncent une « honte » pour la France.

« Il n’y a pas de bonne invasion. Macron nous fait honte, il n’est pas la voix de la France », assure quant à lui le leader des insoumis, Jean-Luc Mélenchon, qui exige, comme les communistes, la libération de Maduro.
© Adnan Farzat / NurPhoto via AFP

 

L’Élysée et le Quai d’Orsay parlent-ils encore la même langue ? Samedi 3 janvier, la première réaction officielle française à l’attaque américaine contre le Venezuela et l’enlèvement de son chef d’État, Nicolás Maduro, est venue du ministre des Affaires étrangères. Dans un communiqué où il accuse d’abord le président vénézuélien d’avoir « confisqué le pouvoir » de son peuple, Jean-Noël Barrot fustige aussi, avec une prudence toute diplomatique, la méthode américaine qui « contrevient au principe de non-recours à la force qui fonde le droit international ».

Lire aussi: Un coup d’Etat criminel perpétré par un empire criminel

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« Le patronat organise le grand déménagement de notre industrie » Aymeric Seassau

Face aux difficultés du tissu industriel français, symbolisées par la récente liquidation judiciaire de Brandt, le communiste Aymeric Seassau appelle l’État à agir et dénonce le rôle du capital.

Aymeric Seassau, Membre du CEN du PCF, responsable à la nouvelle industrialisation
« Cette situation crée, dans le pays, un sentiment d’injustice et de colère très fort. Il est urgent d’y apporter des réponses, d’autant que l’extrême droite rôde et surfe sur ce désespoir », analyse-t-il. 

Pourquoi appelez-vous à sonner « l’état d’urgence industriel » ?

 

Cet appel part d’un constat. La France et son appareil productif sont arrivés à un point de non-retour : nous sommes le tout dernier pays d’Europe en part de l’industrie dans le PIB. Peut-on vraiment vivre dans un pays dans lequel 78 % des médicaments, 87 % des vêtements et 92 % des équipements électroniques consommés sont produits à l’étranger ?

D’autant que c’est encore en train de reculer puisque avec la liquidation de Brandt, on perd le dernier producteur de cuisson en France. C’est grave pour la nation tout entière pour notre souveraineté de production, pour la transition écologique, puisqu’en perdant notre industrie, on en vient à importer de l’autre bout du monde ce que l’on pourrait fabriquer ici.

Et c’est grave pour la balance commerciale, l’emploi, et donc la protection de la protection sociale. C’est pour cela que nous lançons un cri d’alerte en appelant à l’état d’urgence industriel. Notre pays ne peut plus laisser cette casse se poursuivre. Il ne s’en remettrait pas.

Que symbolise, selon vous, la récente liquidation de Brandt ?

C’est un cas qui est extrêmement éloquent, mais il y en a d’autres : Mittal, Vencorex… Le premier responsable de cette situation, c’est le patronat, qui organise un grand déménagement industriel depuis plusieurs années. Et qui, comble de l’indécence, s’emploie dans le même temps à capter les politiques publiques en direction des entreprises pour alimenter le capital et reverser des dividendes record.

Disons les choses : en France, nous avons l’un des patronats les moins patriotes du monde puisque nos grands groupes ont 62 % de leurs emplois à l’étranger, contre 38 % en Allemagne et 28 % en Italie. Une situation amplifiée par l’abandon de l’État, symbolisé aujourd’hui par Emmanuel Macron, qui promeut la start-up nation au détriment de la France des usines.

Cette situation crée, dans le pays, un sentiment d’injustice et de colère très fort. Il est urgent d’y apporter des réponses, d’autant que l’extrême droite rôde et surfe sur ce désespoir.

Le PCF a mené une campagne sur le thème de l’industrie ces dernières semaines. Un tour de France a été réalisé pour recueillir doléances et propositions. Que retenez-vous de ce travail de terrain ?

Nous disons une chose : si l’État ne peut pas tout faire, l’État ne peut pas non plus ne rien faire. Il y a des mesures simples qui peuvent être prises dès maintenant. Comme déclarer un moratoire sur les licenciements pour ne plus perdre d’emplois industriels, réformer les tribunaux de commerce pour que les demandes des salariés soient entendues, notamment lorsqu’ils se prononcent en faveur d’une proposition de reprise favorable à l’emploi et à l’écologie.

Mais aussi se doter d’un pôle public bancaire, composé de la Caisse des dépôts, de la BPI (Banque publique d’investissement, NDLR) et de la Banque postale, pour en faire un levier économique nous permettant de nationaliser des groupes stratégiques. Mais aussi travailler sur la formation : il faut savoir qu’il existe beaucoup d’emplois industriels non pourvus en France par manque de compétences.

Cela suffira-t-il à faire vivre cette « nouvelle industrialisation » que vous appelez de vos vœux ?

Lorsque nous disons « nouvelle industrialisation », ça ne veut pas dire revenir à l’état antérieur. Mais en créer une qui répond aux enjeux de notre temps, en particulier la transition écologique. Il faut planifier une nouvelle stratégie industrielle nationale où l’État comme les travailleurs jouent pleinement leur rôle, notamment en sécurisant l’emploi et la formation, en reconstruisant et en défendant des filières industrielles stratégiques, en mobilisant les marchés publics pour favoriser le « produire en France »…

Et cela veut aussi dire relocaliser, conditionner les aides publiques à des objectifs décarbonés, peser sur la concurrence déloyale lorsque des produits interdits de production sur le territoire européen sont importés et mettre en place des barrières pour empêcher les produits nocifs et nuisibles pour le climat sur le continent.

Que répondre à ceux qui vous diront que nationaliser coûte cher ?

Nous proposons un plan de 100 milliards pour nationaliser lorsque c’est nécessaire et ainsi empêcher la casse de notre appareil productif dans nos territoires. On peut penser que c’est une grande somme, mais, en comparaison, nous déboursons aujourd’hui 211 milliards par an en aides aux entreprises, que ce soit des aides directes ou indirectes. Soit le double de ce qui est alloué aux collectivités territoriales. Quel est ce pays qui investit davantage dans le capital que dans la sauvegarde de ses emplois et ses services publics ?

Face aux pressions américaines, renforcer la régulation démocratique du numérique (PCF)

 

La décision de l’administration américaine de sanctionner par des restrictions de visa des responsables européens et des acteurs associatifs, dont Thierry Breton, en raison de leur rôle dans la régulation du numérique, constitue une ingérence inacceptable dans les choix démocratiques européens. Continuer la lecture de Face aux pressions américaines, renforcer la régulation démocratique du numérique (PCF)

Franck Marsal : le coût de l’opération des 90 milliards a été largement passé au silence, mais nous y reviendrons.

Il y a beaucoup de choses à développer sur cette question, qui a été largement passée sous silence dans les médias nationaux, alors que depuis des décennies on pleure à chaudes larmes l’augmentation de la dette d’état, nous dit Franck Marsal. Oui, mais il faut aussi lier à cette prise de conscience qui s’esquisse la déclaration invraisemblable du porte-avion. Dire ce qu’est un porte-avion, l’instrument impérialiste par excellence, celui qui permet depuis les eaux internationales d’attaquer un pays que l’on veut soumettre. C’est toute la doctrine de notre défense qui doit être revue en même temps que l’on doit exiger de répondre aux besoins nationaux. (note de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

Le Conseil de l’UE a formulé une décision dans des termes qui sont en réalité très ambigus :

L’ensemble du texte sur l’Ukraine, tel que publié par le site du Conseil de l’UE (https://www.consilium.europa.eu/fr/press/press-releases/2025/12/19/european-council-conclusions-18-december-2025/) est précédé de la mention « Le Conseil européen a débattu de l’évolution récente de la situation en ce qui concerne l’Ukraine. Continuer la lecture de Franck Marsal : le coût de l’opération des 90 milliards a été largement passé au silence, mais nous y reviendrons.

« Tant que l’abattage total ne sera pas abandonné, on restera ! » : à Tarascon-sur-Ariège, une mobilisation au-delà des clivages contre la DNC

À Tarascon-sur-Ariège, la Confédération Paysanne et la Coordination Rurale dépassent leurs différences pour s’opposer au protocole d’abattage systématique lié à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Déçus par les rencontres syndicales avec le premier ministre « sans avancées significatives », les paysans ariégeois ont décidé de maintenir le blocage de cet axe stratégique de la RN20.

À Tarascon-sur-Ariège, le 18 décembre 2025, les éleveurs et agriculteurs bloquent un rond-point sur la N20. © Vincent NGUYEN / Riva Press

 

À Tarascon-sur-Ariège, les paysans ne lèveront pas le camp d’aussi tôt. Reçus ce vendredi à Matignon par le premier ministre Sébastien Lecornu, les syndicats agricoles espéraient une inflexion du protocole sanitaire lié à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Ils en sont ressortis amers. Si le gouvernement ne renonce en aucun cas au protocole actuel qui prévoit le « dépeuplement » (abattage) des troupeaux dès qu’une bête est atteinte, il souhaite accélérer la vaccination. « Près de 50 % du cheptel ariégeois est vacciné contre la DNC. Dans l’Aude, nous dépassons les 70 %, tandis que 100 % du cheptel est protégé dans les Pyrénées-Orientales. Au total, près d’un bovin sur cinq est vacciné dans les dix départements » du Sud-Ouest concernés par les mesures contre la DNC, se félicitait samedi Sébastien Lecornu.

Dans un courrier adressé aux syndicats agricoles, le premier ministre a indiqué avoir « demandé aux préfets d’interrompre tout contrôle d’agents de l’État dans les exploitations » en attendant de rencontrer de nouveau les représentants des agriculteurs « dans les premiers jours du mois de janvier ». Continuer la lecture de « Tant que l’abattage total ne sera pas abandonné, on restera ! » : à Tarascon-sur-Ariège, une mobilisation au-delà des clivages contre la DNC

MERCOSUR : le grand bluff Par Patrick Le Hyaric

Sous la pression des mouvements paysans, le Conseil européen a été contraint de reporter au 12 janvier prochain la signature du traité commercial entre l’Union européenne et les pays de la zone MERCOSUR – Brésil, Uruguay, Paraguay, Argentine, auxquels s’ajoute la Bolivie.

Cette petite mise en scène cache, une nouvelle fois, le fond d’un texte dont l’unique objectif est de renforcer la spécialisation de l’Amérique latine dans une agriculture industrialisée et « chimisée », le pillage de ses minerais rares et l’ouverture de ses marchés aux industries européennes, en particulier allemandes. Continuer la lecture de MERCOSUR : le grand bluff Par Patrick Le Hyaric