Le chercheur Pierre Wadlow travaille sur la politisation des classes populaires de la métropole de Lens, dans le Pas-de-Calais. Alors que le Rassemblement national a remporté toutes les circonscriptions de cet ancien bastion ouvrier lors des législatives anticipées, il analyse la progression du vote d’extrême droite dans ce territoire.
Le Rassemblement national a réalisé des scores historiques dans le bassin minier du Pas-de-Calais lors des dernières législatives (quatre circonscriptions sur cinq remportées dès le 1er tour, avec des scores entre 52 et 60 %), confirmant une tendance lourde observée ces dernières années lors des scrutins nationaux ou européens. Le politologue Pierre Wadlow décrypte les évolutions de l’électorat du parti d’extrême droite dans ce territoire populaire.
Pour atteindre l’égalité sociale entre les élèves, collégiens et lycéens , il faut combattre les politiques néolibérales à l’œuvre. La première solution passe par la gratuité totale de l’école.
Par Paul Devin, président de l’Institut de recherches de la FSU
Il faut que nous arrêtions de tergiverser à propos de la politique scolaire. On peut débattre de bien des aspects de sa mise en œuvre mais il y a une question autour de laquelle il faut que nous cessions de louvoyer : voulons-nous que le principe cardinal de l’école publique soit la construction d’une plus grande égalité sociale ? Continuer la lecture de Politique scolaire : il n’est plus temps de tergiverser !
Ce 30 juillet 2024, le Président de la République, Emmanuel Macron, dans un courrier adressé à Mohamed VI, Roi du Maroc, a radicalement fait évoluer la position française traditionnelle en assurant le souverain marocain que « le présent et l’avenir du Sahara occidental s’inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine ».
Ce plan balaye les espoirs du peuple sahraoui dans sa lutte pour l’indépendance et renforce le gouvernement marocain dans sa guerre coloniale.
Ce courrier assure également « que le plan d’autonomie marocain est la seule base pour aboutir à une solution juste, durable et négociée conformément aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies ». Or, le Sahara occidental est un territoire non-autonome qui ne peut être placé sous souveraineté marocaine. A la suite de l’UA et de l’ONU, la Cour de justice européenne par ses arrêts de décembre 2016, de juillet et novembre 2018 et de septembre 2021, a rappelé que le Sahara occidental dispose d’un « statut séparé et distinct » par rapport au territoire marocain et que son peuple relève du droit à l’autodétermination et à l’indépendance.
Cette prise de position personnelle du Président de la République, qui agit sans gouvernement ni majorité, est une erreur historique qui a déjà d’importantes conséquences. Le gouvernement alégérien a décidé du retrait avec effet immédiat de son ambassadeur en France.
Le Parti Communiste Français condamne la position du Président de la République, partage l’exigence de respect du droit international defendue par le Front Polisario et la République Arabe Sahraouie Démocratique, et est pleinement engagé pour la liberté et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, contre le colonialisme. Le PCF exige que la France agisse pour :
Un cessez-le-feu immédiat, suite à la rupture de celui-ci en 2020 par le Maroc.
L’application de la résolution de l’ONU pour mettre en place un référendum d’auto-détermination avec les 11 conditions proposées en 1991.
Le respect des arrêtés de la Cour de Justice de l’Union Européenne
Le contraste était saisissant entre les beautés de la grande fête du sport mondial et le cratère brûlant d’un monde fracturé, déchiré par ses guerres sanglantes en Ukraine, à Gaza ou au Soudan, par le pillage ininterrompu des richesses par des minorités de possédants quand la famine sème la mort et augmente le nombre de déplacés.
Les jeux Olympiques, trop enserrés dans la loi de l’argent, devraient être ce moment de fraternité mondiale et de paix, une respiration utile pour réveiller les consciences et poser des actes forts pour des projets communs et un monde meilleur.
Les grands de ce monde feraient bien d’entendre l’aspiration à cette envie d’être ensemble qui parcourt les rues et les stades. Il y a tant de défis à relever en commun : ceux de la santé, des combats contre les dérèglements climatiques, les sécurités alimentaires et sociales à bâtir partout.
Mais la trêve olympique n’est pas plus respectée que les résolutions de l’ONU. Pourtant, la France qui accueille ces jeux devrait se saisir du moment pour faire valoir un grand projet de paix, de sécurité humaine et de justice. Elle ne le fait pas car elle est trop alignée sur l’impérium nord-américain, trop enserrée dans les guerres intra-capitalistes. Continuer la lecture de Reprendre les combats émancipateurs
L’hebdomadaire Marianne a redécouvert ce qui faisait les délices de tout étudiant de sociologie de première année et que je me suis bien des fois répété devant l’insondable nullité de nos “élites” politico-médiatiques : la loi de Peter… Malheureusement je crains que cela ne ruisselle… Parfois il suffit d’un détail, un rien et la machine s’emballe comme dans cet invraisemblable engouement pour le schtroumpf devenu le symbole des vertus d’impertinence française… J’ai même eu un individu pas complètement idiot qui m’a expliqué que c’était “dada”, je lui ai fait remarqué que dada c’était l’horreur de la boucherie, l’absurdité de cette saignée alors que le schtroumph était du plus pur style “pompier” des croutes Napoléon III. Ramener à ce machin toute la rébellion française était digne de la gauche néocoloniale actuelle… Et on se dit stupéfait à voir ce qui se diffuse dans les réseaux sociaux que le peuple français n’a que ce qu’il mérite et les dirigeants qui lui ressemblent… Fort heureusement au sortir de tout ça il y la vie… Celle dans laquelle chacun constate que ces gens-là mentent effrontément parce que ce qu’ils ont à dire est indéfendable… (note de Danielle Bleitrach histoireetsociete)
Emmanuel Macron, président de la République, Cyril Hanouna, roi du PAF, Éric Zemmour, comète politique, Bruno Roger-Petit, conseiller du roi… Sommes-nous aujourd’hui gouvernés par des médiocres ? Selon le principe de Peter théorisé en 1969, « dans une hiérarchie, tout employé a tendance à s’élever à son niveau d’incompétence ». Corollaire : « Avec le temps, tout poste sera occupé par un employé incapable d’en assumer la responsabilité. » Continuer la lecture de LA LOI DE PETER, OU L’INSONDABLE MÉDIOCRITÉ DES ÉLITES
NDLR de MAC: Un article à savourer… Mais attention à l’indigestion! Temps de lecture : 16 minutes
J’ai entendu bien sûr parler de ce buffet “prodigieux”, j’éprouve quelques suspicion, et la manière dont ces New Yorkais snobs s’initient à la “culture” française comme s’il s’agissait des mystères d’Eleusis ne me convainc pas tout à fait, ni le décor. Cette année, j’ai commencé à redécouvrir la France… En particulier ce récent tour du sud où je me suis gorgée à l’hôtel de France à Castelnaudary, de tout ce que la région offrait de plus succulent, à volonté… L’indigestion, qui m’a encombrée au sortie de ce repas rabelaisien, les heures suivantes m’ont fait apprécier à sa juste valeur un monastère et son cloître, qui portait le nom charmant de Saint Papoul, avec des influences cathares manifestes… Je ne rêvais que de finir mes jours en n’avalant plus que des soupes d’orties, buvant l’eau de la source, un ascétisme réparateur rythmé par les cloches… le soir je plongeais dans le volume de la Pléiade dans lequel est rassemblée l’œuvre de Duby, le grand médiéviste qui dirigea mon mémoire d’historienne pour donner de la profondeur à cet élan de mon estomac… En revanche, vendredi 26 juillet, à Saint-Honorat, aux îles de Lérins, l’éclectisme architectural du XIXe siècle n’était sauvé que par le paysage provençal, les odeurs de garrigue et les infinies nuances du bleu au vert en passant par le violet de la mer… Ce fut pire avec la cuisine atroce de l’unique restaurant, snack où on me servit avec un plâtras de gnocchis trop cuits, pâteux, noyés dans une écœurante béchamel, surmonté d’un morceau de thon cru, à la “thaïlandaise” le tout pour 40 euros. Ce plat plâtras était une indignité, une prostitution de l’histoire, comme la côte d’azur ne craint pas de l’infliger au petites gens … Pourtant l’ascétisme du portefeuille comme les temps de guerre, pourrait favoriser l’initiation à l’art monastique, peut-être faut-il savoir alterner le temps des ripailles, une fois par an et toute une stratégie des associations de formes, d’arômes, avec le luxe du cloître fait de silence, de jardins d’herbes et de fleurs délicates.. Douce France, cher pays de mon enfance… il faudrait réapprendre à te vivre et pas seulement dans la tradition mais dans ce qu’elle doit à toutes les vagues qui l’ont faite… (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)
Les Grands Buffets offrent une vue panoramique sur les classiques français, allant du répertoire des palaces (lièvre à la royale) à la cuisine bourgeoise (bœuf bourguignon), en passant par les spécialités régionales (quenelles de brochet) et les plats rustiques (escargots, cuisses de grenouilles). Photographies d’Alexander Coggin pour The New Yorker
Mon ami Guillaume me dit toujours des choses intéressantes. Par exemple : il m’a raconté qu’il existe une danse appelée la Madison que beaucoup de Français pensent être une caractéristique habituelle des fêtes aux États-Unis. Guillaume m’a également récemment alertée sur le cas d’un homme qui avait été licencié parce qu’il n’était pas assez décontracté au travail, il a retrouvé son emploi, en remportant cinq cent mille euros dans une émission qui a fait date. L’été dernier, je suis allé dîner chez Guillaume, et il m’a parlé d’un restaurant, d’un buffet à volonté non loin de sa ville natale dans le sud de la France. Il venait d’y fêter son anniversaire. Il était question d’un canard flamboyant et d’une fontaine de chocolat. Guillaume m’a montré une photo de la tour de homard sur des décors de cristal – sept couches de crustacés vermillon, surmontées d’un spécimen dressé poussant ses griffes vers le ciel, comme s’il venait d’achever la mi-temps d’un spectacle, au milieu d’un nuage de brume. Continuer la lecture de La France épicurienne, celle dans laquelle prodigalité et rareté se conjuguent…
« Nous venons de vivre des moments à la fois exaltants et difficiles et nous Communistes, avons pris nos responsabilités pour faire gagner une certaine idée de la gauche et de ses valeurs. Nous étions sur le terrain avant ces élections, pendant et nous sommes toujours debouts et déterminés après… ». Des mots prononcés par Maximilien Reynès Dupleix, secrétaire de la section de Castel devant une quarantaine de Communistes réunis entre parties de pétanque, apéritif et repas pour ce moment convivial.
En cette fin de dimanche après-midi à Gandalou, le rendez-vous annuel au cœur de l’été avait du sens à l’heure ou d’autres spéculent sur l’échec du Nouveau Front Populaire, le président Macron en tête qui refuse le verdict des urnes.
« Les magouilles politiques et les basses œuvres de la droite, des macronistes et du patronat pour empêcher la mise en place du programme social du NFP est la porte ouverte à l’accession au pouvoir des Lepen et consorts, c’est intolérable ! » renchérit l’orateur alors applaudit. « Le pire serait l’échec de la mise en place d’un gouvernement de gauche avec son cortège de déceptions et seule l’intervention sociale, syndicale et populaire peut garantir le respect du vote citoyen ».
Les participants, leurs amis-es ont repris les discussions avec un esprit combatif loin des clichés de communistes « effondrés ».
Mieux, autour d’un verre, une ébauche de calendrier était avancée avec la Fête de L’Huma en perspective mais aussi la poursuite des samedis de l’université permanente, l’exposition « Manouchian » au mois d’Octobre, des collages relancés et une présence à l’Espace Métais tous les jeudis …
« Les communistes restent combatifs et ne se laisseront pas voler le droit pour tous de vivre mieux ! » résumait Pascal, l’un des 4 nouveaux adhérents de cette année présents.
Construire et partager une perspective politique pour nos quartiers et nos villages, c’est le meilleur moyen de combattre toutes les idées nauséabondes.
Le 23 juillet, dans une interview sur les antennes de France Télévisions, Emmanuel Macron a une nouvelle fois contesté la victoire du Nouveau Front Populaire aux élections législatives anticipées.
Il a refusé de nommer Lucie Castets, désignée comme candidate au poste de Première ministre par les différentes composantes du Nouveau Front Populaire. Il a réaffirmé son souhait d’imposer une coalition large dont son ex-majorité serait le pivot.
Dans une lettre ouverte publiée le 11 juillet et mise à jour au lendemain de l’interview d’Emmanuel Macron, Attac appelle le président à respecter le vote populaire. Vous pouvez signer cette lettre ouverte via le formulaire ci-dessous.
Monsieur le président,
Votre décision de dissoudre l’Assemblée nationale a fait courir un risque immense pour le pays en rendant possible l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir. Celle-ci n’a été empêchée que grâce à une mobilisation sociale sans précédent qui s’est conclue par une victoire du Nouveau Front Populaire.
Le président de la République a accordé ce mardi soir à France 2 et Franceinfo sa première interview depuis son échec aux élections législatives. Il annonce qu’un premier ministre pourrait être nommé après les Jeux Olympiques, à la mi-août. Il écarte la proposition de Lucie Castets faite par le Nouveau Front Populaire, estimant que ce dernier n’a pas de majorité à l’Assemblée.
Emmanuel Macron a enfin pris la parole ce mardi soir, sur France 2. La question était de savoir s’il a entendu le message qui lui a été adressé aux européennes et aux législatives : une grande partie des Français désavouent sa politique. Pas vraiment. Il a écarté l’idée de nommer un premier ministre issu des rangs du Nouveau Front Populaire (NFP) qui dispose d’une majorité relative à l’Assemblée nationale. À 19 heures pourtant, la gauche a proposé le nom de Lucie Castets.
Le député communiste « André Chassaigne était un candidat estimable et expérimenté et il n’a pas été élu au Perchoir », la présidence de l’Assemblée nationale, a tranché Emmanuel Macron, précisant qu’il « est faux de dire que le NFP a gagné », la coalition de gauche étant « à cent voix de la majorité absolue ».« Ce président est décidément très dangereux. Enfermé dans sa bulle, coupée du peuple, il refuse de nommer la candidate au poste de Premier Ministre proposée par la coalition arrivée en tête des élections », a réagi Fabien Roussel, secrétaire national du PCF. Continuer la lecture de Macron décide de faire traîner la nomination d’un premier ministre
Ce jour-là, le maire de Montauban, Hubert Gouze refuse, la salle du Marché-Gare à Jean-Marie Le Pen et une manifestation est décidée pour appuyer cette décision. Coïncidence du calendrier, cette manifestation aura lieu après des profanations de tombes juives au cimetière de Carpentras (9 mai 1990). Le refus d’Hubert Gouze n’a pas été immédiat mais une fois le refus affiché, le rassemblement fut très bien organisé et la manifestation est entrée dans l’histoire. Le FN tentera le lendemain une contre-manifestation mais elle fut très limitée. On le voit avec la banderole et le discours, la stratégie fut offensive et très unitaire.
P.S. Photo Maurice Baux
Il n’y a pas écrit : « Barrage à l’extrême-droite » mais « Pour l’égalité, Pour la démocratie ». Et l’allocution de Jean Vignoboul fut la seule. Elle renvoie à des questions d’aujourd’hui et des arguments présents. Pour ma part, dès ce moment là, j’ai refusé le raccourci FN-Nazisme. Sur la manifestation j’ai diffusé un tract qui racontait l’assassinat à Moissac en 1935 d’Elie Cayla par l’extrême-droite. Fait largement oublié auquel j’ai par la suite consacré un livre. Continuer la lecture de Discours de Jean Vignoboul en 1990 (J.P. Damaggio)