La Havane affronte une grave crise consécutive au durcissement du blocus états-unien. Entre dénonciation du droit international bafoué et interrogations sur la capacité de résistance du peuple, la question de la solidarité avec l’île socialiste est l’affaire de tous.
Après l’agression états-unienne du Venezuela le 3 janvier et l’enlèvement du président Maduro, Cuba traverse une nouvelle crise historique, d’ampleur comparable à la « période spéciale » des années 1990. Le durcissement du blocus américain et l’arrêt des livraisons de pétrole de Caracas menacent de plonger le pays dans une crise énergétique mais aussi sociale et humanitaire sans précédent.
Un diplomate, une journaliste et un ancien parlementaire communiste analysent les conséquences du blocus, les réactions internationales et les enjeux politiques de cette séquence. Ils relèvent aussi l’enjeu de se mobiliser pour Cuba, dans l’intérêt de tous les pays du monde.
Ce que confirme l’évolution de la situation de la guerre au Moyen-Orient depuis moins d’une semaine, c’est qu’il y a des bases matérielles nécessaires à l’existence de l’impérialisme et que, ces dernières années, celles-ci sont progressivement devenues défavorables. Ces bases matérielles résident dans les écarts de développement. Le capitalisme est un système de centralisation, qui capte la plus value sur de vastes zones pour alimenter des centres industriels de production de masse qui doivent écouler leur produit sur de larges marchés. Il n’est pas apparu partout en même temps, mais s’est développé dans des centres industriels successifs. La base sociale, historique et culturelle du capitalisme est une série limitée d’état-nations (principalement occidentaux) qui ont organisé leur périphérie sous forme de provinces impériales.Continuer la lecture de Situation au soir du 5 mars, par Franck Marsal (Analyses et commentaires)
Après de nombreux reports, le président Emmanuel Macron a enfin exposé ce lundi dans la rade de Brest, la stratégie nucléaire française dans un cadre européen. Depuis l’île Longue, qui accueille la base opérationnelle des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE), le chef de l’État a lancé : « Nous devons renforcer notre dissuasion nucléaire face à la combinaison des menaces et nous devons penser notre stratégie de dissuasion dans la profondeur du continent européen, dans le plein respect de notre souveraineté, avec la mise en place progressive de ce que j’appellerai une dissuasion avancée ».
L’or et le pétrole flambent après les frappes américaines et israéliennes contre l’IranLes analystes mettent en garde contre une hausse durable des marchés mondiaux en cas d’escalade des tensions. Le baril à 130 euros c’est une inflation qui devient d’autant plus insupportable que les ressources du pays sont mobilisées dans l’effort de guerre. Si les USA ont la planche à billet et donc la possibilité de faire payer au reste du monde leur politique démente, ils créent les conditions de la perte de leur instrument hégémonique le dollar qui connait un désaveu dont témoigne la remontée spéculative sur l’or et l’argent. IL y a peu nous avions souligné d’ailleurs l’opinions de la Chine qui estimait que le fait que la baisse relative de ces métaux refuge n’était en rien une tendance mais un simple repli que de proches circonstances arrivées à ce jour remettraient en cause. Nous y voici … (note et traduction de danielle Bleitrach pour histoireetsociete)
Par Chi Jingyi
Le cours de l’or au comptant a dépassé les 5 278 dollars l’once, une hausse notable dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes au Moyen-Orient.
Selon les analystes, si la situation dans la région s’aggrave, les prix de l’or pourraient atteindre de nouveaux sommets, tandis que le pétrole brut pourrait se renforcer davantage en raison des craintes de ruptures d’approvisionnement. Ils ajoutent qu’à court terme, il est peu probable que cela ait un impact direct et significatif sur l’offre ou la consommation globale de pétrole de la Chine. Continuer la lecture de L’or et le pétrole flambent. Les conséquences de la frappe de l’Iran
Avocat belge, membre du bureau de l’Association internationale des juristes démocrates (AIJD), dont il était encore récemment le secrétaire général, Jan Fermon dénonce l’attitude des États-Unis et revient sur l’application du droit international.
Voici les principales réactions internationales : du soutien à la désapprobation, avec une grande inquiétude face aux risques d’escalade. Nous empruntons cette description, la plus complète de toutes celles que nous avons pu lire, au journal israélien en langue française Times of Israël parce que, quoiqu’on en dise en Israël et ses fanatiques du CRIF, même l’opération voulue par Netanyahou et dans laquelle Trump apparaît comme le subordonné en appui d’un acte totalement illégal, inquiète et pas seulement le parti communiste israélien qui s’est prononcé contre. Comme nous l’affirmons par ailleurs cette opération risque de virer au fiasco et accentuer un peu plus la multipolarité autour de la Chine et de la Russie sinon dans l’immédiat ou du moins dans ses conséquences. Si elle table sur un petit corps de jeunes « occidentalisés » et vrais fascistes, la quasi totalité des peuples, des paysans, ouvriers, et patriotes ne peut accepter un tel alignement, même en misant sur les divisions internes qu’a produit le « ruissellement » impérialiste. C’est exactement ce que nous définissons comme le Zugzwang. Les deux grandes puissances que sont la Russie et la Chine, qui se sont jusqu’ici toujours prononcées pour une solution à deux États, et ont malgré tout représenté une garantie de la survie d’Israël, risquent d’être convaincus du caractère nocif de celui-ci. Et si le monde multipolaire doit faire avec les Etats-Unis qui ne seront pas différents de ce qu’ils sont sur une longue période, ils peuvent considérer qu’il n’en est pas de même d’Israël qui comme l’UE risquent d’être les maillons faibles sacrifiés comme l’ont toujours été les « alliés » (note de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete).
Par Times of Israel Staff et AFP
Les Etats-Unis et Israël ont annoncé samedi avoir lancé des frappes sur l’Iran, exhortant les Iraniens à prendre le pouvoir. L’Iran a promis de « répondre fermement » à ces attaques et a répliqué par des tirs de missiles en direction notamment d’Israël.
Liban
Le Liban n’acceptera pas d’être « entraîné » dans le conflit avec l’Iran, a affirmé son Premier ministre, alors que les autorités craignent une implication du Hezbollah pro-iranien.
« Je réitère que nous n’accepterons pas que quiconque entraîne le pays dans des aventures qui menacent sa sécurité et son unité », a affirmé Nawaf Salam sur le réseau social X. Continuer la lecture de Frappes israélo-américaines en Iran : réactions internationales.
Le président des Etats-Unis Donald Trump a annoncé ce matin le lancement « d’opérations militaires majeures » contre l’Iran, en prolongement d’opérations lancées auparavant par le gouvernement israélien de Benjamin Netanyahou. Plusieurs villes iraniennes ont été touchées, telles que Teheran, Qom, Ispahan, Tabriz, Karadj et Kermanshah. Le régime iranien a annoncé, en réponse, le lancement de missiles balistiques contre des villes israéliennes.
Cette nouvelle guerre, dans la poursuite de la « guerre des douze jours » de juin 2025, est une nouvelle violation du droit international. Elle est déclenchée alors que les négociations se poursuivaient et que l’IAEA avait annoncé de nouvelles discussions la semaine prochaine à Vienne.
Cette politique de la force et du chaos, portée par deux gouvernements d’extrême-droite, celui de Trump et de Netanyahou, et les surenchères de la dictature islamiste iranienne, feront une seule victime : le peuple iranien qui se retrouve sous les bombes. Elle aura également des conséquences incontrôlables en chaine dans l’ensemble de la région. Derrière la question nucléaire et balistique, se situe la question du contrôle du détroit d’Ormuz et des ambitions impérialistes que cela suscite.
Le PCF condamne avec fermeté ces bombardements qui interviennent en contradiction avec la charte des Nations Unies et ont été déclenchés sans l’aval du Congrès des États-Unis. Seule l’IAEA, agence de l’ONU, est habilitée à contrôler le nucléaire iranien et le gouvernement de Téhéran doit l’accepter. C’est au peuple iranien, opprimé par la dictature théocratique au pouvoir et qui subit une répression sanglante, de décider en toute souveraineté des conditions dans lesquelles sera rétablie la démocratie, sans ingérence, ni tentative de lui imposer une nouvelle autocratie. Non seulement les bombes de Trump et de Netanyahou ne le permettront pas, mais elles risquent d’aggraver les souffrances du peuple iranien, voire d’accentuer la dictature qui l’opprime depuis trop longtemps.
Le PCF réaffirme sa solidarité avec les forces progressistes et patriotiques qui agissent pour un Iran souverain et démocratique, notamment avec le parti Toudeh d’Iran.
Le PCF appelle le gouvernement français à agir concrètement contre l’escalade guerrière, pour la reprise des négociations sous le contrôle des Nations unies, pour la paix et la sécurité collective dans l’ensemble de la région, sur la base du droit international.
L’avenir du Proche et du Moyen-Orient ne passe pas par la guerre mais par un traité qui en fasse une zone sans arme nucléaire ni arme de destruction massive. Ce n’est pas à travers les décisions unilatérales de l’hyper-puissance états-unienne et du gouvernement israélien que l’on y parviendra.
De la propagande ordinaire en France, une propagande qui sans doute pour la première fois depuis l’union sacrée et à la mort de Jaurès assassiné (dont l’assassin fut gracié comme un patriote) tant le consensus en faveur de la boucherie était total, il n’y a aucun parti, aucune presse pour s’y opposer. Voici une illustration de ce que je décris dans le Zugzwang(1) comme une « censure militaire » décrite par Jakline Boyer dans la manière dont l’UE et son système de propagande a célébré le 24 février 2022. (note de danielle Bleitrach pour histoire et societe)
Publié le 24 février 2026 par Boyer Jakline
Battez, tambours, sonnez, trompettes : 24 février 2022, la Russie envahit l’Ukraine.
Anniversaire : Von der Leyen débarque à Kiev, bouquet de fleurs à la main. Anne Ponsinet, pour France 2, est en direct de Moscou, où » l’économie commence à donner des signes d’essoufflement ». Bref, les petits plats dans les grands pour conforter le « narratif » menteur et criminel. Car à quelques centaines de kilomètres de là, les services ukrainiens kidnappent les hommes dans la rue pour les envoyer au front, et à Donetsk, Lougansk on est dans la douzième année de guerre : écoles, hôpitaux bombardés, vie dans les caves, comme l’avait promis le président d’alors Porochenko, des milliers de morts, civils de préférence, femmes et enfants… Tiens, tiens, cela ne rappellerait pas quelque chose ? Continuer la lecture de Un 24 février par Jakline Boyer
Il est essentiel, au moment où s’effacent les acteurs de ce que furent les années soixante et soixante et dix, de rétablir la nature des combats qui certes faisaient avancer des conquêtes antiracistes, féministes, lgbt, mais de mesurer à quel point la perspective socialiste leur donnait la force qui aujourd’hui leur fait défaut dans la montée d’une extrême-droite qui n’est que l’impérialisme occidental organisant sur tous les plans la régression. Ce serait l’idée la plus urgente malheureusement en France le consensus atlantiste tend à laisser croire que le combat a lieu entre deux factions du capital, l’un libertaire, l’autre autocrate que l’on rapproche alors du socialisme dans un système de propagande qui a surgi dans les années quatre vingt et a culminé avec la chute de l’URSS. le refus du monde multipolaire, de la Chine crée les conditions de la régression du pire des conservatismes (note et traduction de danielle Bleitrach pour histoireetsociete)
Il serait difficile de surestimer l’importance de Jesse Jackson dans l’ouverture de la vie politique et sociale américaine, non seulement aux Afro-Américains, mais aussi aux Hispaniques et à la communauté LGBTQ+. Il est sans doute difficile pour les jeunes générations d’imaginer, et même pour les plus âgés comme moi de se souvenir, à quel point la discrimination était virulente dans un passé encore récent. Continuer la lecture de En hommage à Jesse Jackson et aux conditions des « conquêtes » antiracistes, féministes…
Nous recevons un certain nombre d’articles de militants communistes qui disent leur désarroi devant la ligne éditoriale du quotidien l’Humanité. Les mêmes souvent soulignent l’apport d’Histoireetsociete comme celui de ce camarade de l’Isère. Cette appréciation concerne en priorité ceux qui dans notre équipe sont membres du PCF à savoir Marianne Dunlop et Franck Marsal. Mais pas seulement parce que l’absence d’une presse qui dénonce le consensus atlantiste voire celui qui nous mène vers le fascisme et la guerre concerne notre pays, la France, qui devient de plus en plus la proie d’attitudes inquiétantes. A ce titre, si je n’ai jamais eu de sympathie pour les casseurs et ceux qui divisent le mouvement ouvrier sous prétexte de radicalisme, voir l’assemblée nationale française contribuer à promouvoir debout un « Horst Wessel » (pour ceux qui ignoreraient de quoi il s’agit, je leur conseille une petite recherche). Le véritable problème est l’affaiblissement du PCF, en nombre de militants mais aussi dans leur formation dont l’état de la presse et des débats est l’illustration. C’est contre cet affaiblissement que quelle que soit l’adhésion ou non de ses membres définit sa propre ligne éditoriale. merci de l’avoir compris. C’est d’ailleurs le sens du livre que je viens de publier : Le Zugzwang, la fin du libéralisme libertaire, et Après? qui se situe dans le prolongement de notre livre précédent sur la nécessité pour la France de s’éveiller à la Chine et au monde multipolaire. Il ne s’agit pas de régler des comptes mais d’insister sur l’urgence de retrouver la profondeur historique et géopolitique de l’événement (note de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete).
Commentaires d’un militant sur l’Humanité du 16 février
Une nouvelle fois l’Humanité fait la démonstration de son désintérêt pour les communistes, illustrant ainsi sa lente dérive qui l’éloigne de la lutte des classes et l’installe dans le mouvement gazeux de l’intersectionnalité où les luttes sociétales sont rendues dominantes.
Ce lundi 16 février j’attendais autre chose qu’un article insignifiant, voire méprisant pour le PCF, seul parti d’envergure ayant appelé et organisé les rassemblements pour CUBA. En marge de la double page consacrée à Francesca Albanese (rien à dire) un petit article de 3 paragraphes titre sur « Un élan de solidarité mondial pour Cuba »… C’est un peu juste, pour un élan de solidarité mondial, non? Plus grave, sur les 3 paragraphes un est intitulé « La société civile s’organise » où l’on cite pêle-mêle les initiatives, et en fin d’article le pseudo-journaliste qui ne s’est manifestement pas rendu sur les lieux de manifestations écrit qu’ »à l’appel d’associations et de partis politiques, dont le PCF, des rassemblements se sont tenus dans de nombreuses villes de France ».
Si ce journaliste avait fait son boulot il aurait vite vu que le PRCF, Révolution Permanente, la CGT etc. ont appelé à rejoindre l’action initiée par… le PCF. Pas par le PS, pas par LFI, pas par EELV, par le PCF ! Je me suis dit, c’est pas possible il y aura quelque chose mardi. Non mardi, il n’y avait rien sur CUBA ni sur le PCF d’ailleurs.
J’ai trouvé le même lundi 16 février deux autres exemples assez caractéristiques. En page 9, dans la rubrique Politique et Société, on trouve un article ovni, comme ça arrive régulièrement dans l’Humanité, sorti d’on ne sait où mais pas de la rédaction à priori. Ici, il s’agit, avec une seule photo et de quelques mots d’exploiter le scandale Epstein contre la Chine. La photo présente un diplomate français mouillé dans cette sordide affaire avec Wang Yi, une des personnalités politiques chinoises la plus importante. C’est rien vous me direz, mais lire « En 2014, le prédateur sexuel a sollicité le Consul général de France aux Etats-Unis pour faciliter la venue de « trois assistantes » (à la demande, c’est dans l’article, d’un conseiller diplomatique de Sarkozy, amis d’Epstein et pas clair du tout). Aujourd’hui, le diplomate est ambassadeur de France en Chine ».
Pourquoi avoir choisi cette photo avec Wang Yi qui est sans rapport avec le contenu de l’article ?
L’autre article est celui relatif à la conférence de Munich. Si l’analyse globale n’est pas mauvaise, elle est toutefois assez faible et largement sous-documentée. un conseil : réduire la taille des photos, surtout celle de Rubio, et augmenter le texte… Bref, le journaliste n’a retenu comme réponse à Rubio que l’intervention de la Démocrate américaine Alexandra-Ocasio-Cortez qui semble faire fi des enjeux internationaux, comme la paix par exemple. Si on n’est pas un peu curieux, on en reste à cette information très en-deça de ce qu’un journal dit communiste devrait produire. Je conseille donc aux journalistes de l’Humanité traitant des questions internationales de consulter le site Histoire et société où l’on retrouve pléthore d’articles autrement documentés. A la conférence de Munich il y avait aussi Wang Yi, tiens c’est étrange, et l’article trouvé sur le site Histoire et société dit ceci, ce qui me parait bien plus… communiste !
« Dans les salles de conférence, la seule alternative crédible à la dystopie proposée par Rubio est venue du ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi , qui a insisté sur l’importance des mécanismes internationaux fondés sur la coopération mondiale – et non sur la bonne volonté des puissances occidentales, comme le suggérait l’intervention américaine – ainsi que sur les alternatives à la confrontation armée. « Si le système international ne fonctionne pas correctement, ce n’est pas l’ONU elle-même qui en est responsable, mais plutôt un certain pays qui cherche à exacerber les divergences et les désaccords, à se placer au-dessus de tous, à attiser les tensions entre blocs et même à raviver la mentalité de la Guerre froide », a déclaré Wang.
« La Chine sera une force inébranlable pour la paix », a-t-il poursuivi. « Nous nous engageons sur la voie du développement pacifique et appelons tous les pays à faire de même. La Chine sera un pilier de stabilité. […] La Chine sera une force de progrès dans l’histoire. Nous défendrons avec résolution les acquis du progrès de la civilisation humaine, ferons progresser les quatre grandes initiatives mondiales et œuvrerons à la construction d’une communauté de destin pour l’humanité. » sources : Histoire et société
De deux choses l’une, soit le sénateur de l’année et par ailleurs directeur de l’Humanité (c’est beaucoup quand même…) est complètement dépassé, soit il est l’artisan de cette dérive. A suivre…