Dans tout le pays des élus et responsables politiques se mobilisent pour condamner les insultes calomnies et agressions, et exiger le respect du débat politique. Parmi les premiers signataires de cet appel à « construire le débat à gauche dans le respect de chacune et de chacun », on retrouve plus de 50 parlementaires de gauche, les 5 président.es de régions de gauche, 3 anciens candidat.es à la présidentielle et plusieurs dizaines de maires de gauche, communistes, socialistes et écologistes.
Fabien Roussel -ici à la fête de l’Humanité 2023- a été gravement insulté en étant comparé au collaborationniste Jacques Doriot par la députée FI Sophia Chikirou, puis par Jean-Luc Mélenchon. Des propos largement condamnés par de nombreuses personnalités politiques qui appellent également à mener le débat d’idées dans le respect. Photographie par Nicolas Cleuet/Le Pictorium.
Nous, responsables, élus, militantes et militants des forces de gauche et écologistes, condamnons les propos extrêmement graves assimilant Fabien Roussel au collaborationniste Doriot.
Une telle injure qui bafoue l’histoire et nos valeurs communes est sans précédent dans notre camp, celui du progrès social, écologique et démocratique. Elle est inacceptable.
Le nécessaire débat à gauche doit se mener avec l’ambition d’un rassemblement majoritaire qui se construit dans le respect de chacune et de chacun ainsi que des idées et des projets en présence, sans invective ni volonté hégémonique.
Le secrétaire national du Parti communiste français (PCF) appelle les Insoumis Sophia Chikirou et Jean-Luc Mélenchon « au dialogue » et « au débat respectueux », après leurs attaques sur les réseaux sociaux. Il répond aux questions de franceinfo.
Le secrétaire national du Parti communiste Français (PCF), Fabien Roussel, le 26 août 2023. (FREDERICK FLORIN / AFP)
« En aucune manière, dans notre pays, le débat politique doit être rabaissé à ce niveau-là, c’est extrêmement dangereux », affirme Fabien Roussel, jeudi 21 septembre. Très touché par les attaques de Sophia Chikirou et Jean-Luc Mélenchon sur leurs pages Facebook, le patron des communistes appelle malgré tout « au rassemblement » pour « que la gauche gagne et l’emporte ».
La députée Insoumise de Paris a relayé mercredi sur sa page Facebook une publication dans laquelle elle fait le parallèle entre le collaborationniste Jacques Doriot et Fabien Roussel, indiquant : « Il y a du Doriot dans Roussel ». Le leader de LFI, Jean-Luc Mélenchon a lui-même repris cette comparaison en la partageant sur sa propre page Facebook.
Quelques jours après une Fête de l’Humanité qui fut un grand succès populaire et un formidable évènement politique pour le PCF et toutes les forces de gauche et sociales qui y ont participé, certain·es ont décidé de mener une offensive injurieuse contre Fabien Roussel, secrétaire national du PCF.
Ainsi, le pire étant toujours possible, des dirigeants insoumis, dont des parlementaires, relayent sur les réseaux sociaux des commentaires injurieux et calomnieux, d’une extrême gravité, mettant en parallèle Fabien Roussel et le collaborationniste Doriot.
Relayer de tels propos est un véritable appel à la haine et à la violence contre Fabien Roussel. Nous leur demandons de supprimer ces publications et de présenter leurs excuses.
Ces responsables politiques ignorent-ils à ce point l’histoire pour associer au nom du secrétaire national du PCF à celui de Doriot, qui combattit sous l’uniforme nazi sur le front de l’Est, pendant que des dizaines de milliers de communistes donnaient leur vie pour la libération de la France ?
Mesurent-ils à quel point ils contribuent ainsi à minimiser les théories défendues par tous les collaborationnistes du régime nazi, nourries d’anticommunisme et d’antisémitisme, au moment même où les extrêmes-droites travaillent partout en Europe et en France, à habiller leurs projets d’une dangereuse respectabilité ?
Comment des dirigeants de gauche peuvent-ils emboîter le pas à des éditorialistes viscéralement anticommunistes au point de ne plus savoir gérer le débat contradictoire, celui qui élève les consciences et permet la mobilisation populaire face aux offensives néo-libérales ?
Jamais dans l’histoire de la gauche, celles et ceux qui ont tant investi pour l’union dans les différentes formations n’ont subit des insultes d’une telle violence et d’une telle injustice. Les nombreux messages d’indignation que nous recevons montrent que militants et citoyens de toutes les sensibilités de gauche sont stupéfaits face à ces outrances.
Le PCF, ses militantes et militants, ses élu.e.s, n’accepteront jamais de se vautrer dans de telles dérives.
Nous avons toujours pris nos responsabilités face à l’extrême-droite et nous continuerons de le faire et de jouer pleinement notre rôle au service de notre pays et de sa classe travailleuse.
Jamais, nous n’avons choisi l’insulte pour alimenter le débat. Jamais nous n’utiliserons d’amalgames odieux pour faire vivre les idées.
Le PCF appelle les dirigeants de toute la gauche, les militants et sympathisants de tous les partis de gauche à exprimer leur refus de cette voie mortifère et calomnieuse. Il les invite au débat le plus exigeant sur les solutions à mettre en œuvre pour ouvrir enfin une véritable alternative à un système qui attise les divisions entre les peuples et les individus et rend insupportable vie de millions d’êtres humains et menace l’ensemble du vivant. C’est avec franchise, avec respect que les rassemblements les plus larges ont permis de construire des victoires.
Il les invite à venir commémorer le 22 octobre prochain, dans la carrière des fusillés de Chateaubriant, la mémoire de ces 27 militants du PCF et de la CGT, qui tombèrent sous les balles de l’occupant nazi et du collaborationniste Doriot, à entendre s’égrèner les noms de celles et ceux dont nous nous honorons qu’ils appartiennent à notre histoire commune.
Fabien Roussel y représentera le PCF et prononcera un discours en leur hommage.
Parti communiste français,
Paris, le 20 septembre 2023.
Installations vétustes, manque d’enseignants, formation dégradée, recul de la pratique : à moins d’un an de l’ouverture des jeux Olympiques de Paris, le sport scolaire se débat pour garder sa place… que lorgne le secteur privé, avec l’appui du gouvernement.
C’est comme si on avait deux réalités parallèles. Celle d’une France qui se réjouit d’accueillir, dans dix mois, les jeux Olympiques, la flamme, la clameur des stades, les cérémonies, la fraternité, les joies et les larmes… Et celle de jeunes Français qui, de l’école au lycée, tentent de faire du sport dans la grisaille de gymnases glacés et décrépits, dans des stades lointains ou des piscines au planning surchargé.
Pendant ce temps, fidèle au cliché du coq qui chante, les ergots plantés dans la fiente, le gouvernement vante les mérites de sa politique de sport scolaire à coups de slogans, « trente minutes de sport par jour » en primaire, « deux heures de sport » supplémentaires au collège… et pousse « en même temps » les pratiques sportives des jeunes vers le secteur marchand, avec ce que cela implique d’inégalités. Continuer la lecture de Éducation: À l’ombre des JO 2024, comment le sport scolaire est laissé à l’abandon
Après l’annonce de la présence d’Emmanuel Macron à la messe célébrée par le pape à Marseille samedi prochain, les réactions à droite et à gauche sont aux antipodes : la gauche dénonce une entrave à la laïcité quand la droite y voit la confirmation des « racines judéo-chrétiennes » de la France. Les discours se confrontent, y compris au Sénat, où Pierre Ouzoulias, sénateur communiste des Hauts-de-Seine, et Stéphane Le Rudulier, sénateur LR des Bouches-du-Rhône, les traduisent par des propositions de loi.
Tout est parti de la participation annoncée d’Emmanuel Macron à la messe célébrée par le pape ce samedi, dans le stade Vélodrome à Marseille. Elle suscite de vives critiques à gauche, qui fustigent une entrave à la laïcité. C’est dans ce contexte que le sénateur LR des Bouches-du-Rhône Stéphane Le Rudulier s’exprime le 18 septembre sur X (ex-Twitter) sur le sujet : « Messe du pape à Marseille en présence du président Macron. Pour sortir de toute polémique et hypocrisie j’ai déposé avec 34 sénateurs une proposition de loi pour consacrer les racines judéo-chrétiennes de la France Assumons nos racines et notre héritage au grand jour ! ».
Quelques heures plus tard, le sénateur communiste des Hauts-de-Seine Pierre Ouzoulias lui répond : « Je souhaite que le président n’assiste pas à cette messe, au nom du principe de laïcité, consubstantiel de notre République laïque et sociale. Mieux, je propose de constitutionnaliser l’article 2 de la loi de 1905 afin d’acter une séparation totale ». Continuer la lecture de Emmanuel Macron à la messe du pape : au Sénat, des discours totalement opposés sur la laïcité
Eddie Jacquemart, président de la Confédération nationale du logement (CNL), revient sur l’impact des hausses de charges sur les résidents et sur l’insuffisance des mesures gouvernementales.
« Pour certains locataires, c’est la triple peine : pas de rénovation thermique, des charges qui explosent, des déplacements coûteux. Ce sont toujours les plus pauvres qui cumulent les difficultés », explique Eddie Jacquemart, président de la CNL.
Quelle situation observe la CNL sur le terrain ?
Eddie Jacquemart, Président de la Confédération nationale du logement (CNL)
De nombreux locataires du parc social viennent nous voir avec des rappels de charges locatives pour 2022 dont les montants sont parfois abyssaux, de 400 à 1 500 euros. En parallèle, ils sont confrontés à une hausse des provisions pour les charges mensuelles de l’année 2023. Il y a aussi le problème de ceux qui se chauffent en individuel, dont les factures d’énergie explosent depuis la fin des tarifs réglementés du gaz, le 30 juin. Beaucoup sont très inquiets.
Les plus touchés sont les célibataires ou ceux qui vivent dans des appartements Plai (types de HLM aux loyers les plus bas), avec des petits loyers. Quand ils voient arriver les régulations de charges, qui peuvent représenter jusqu’à trois fois leur loyer, ils sont complètement paniqués. Cette augmentation est orchestrée par le gouvernement. Cela représente quand même 17,1 % de hausse en deux ans, rien que sur les fluides. Et c’est compter sans ce qui va encore tomber au 1er janvier 2024.
Est-ce le seul sujet d’inquiétude ?
Non, bien sûr. S’ajoutent aux charges le problème du coût de la rentrée des classes et celui de l’alimentaire surtout, avec l’inflation qui a fait bondir les prix des produits de première nécessité. Enfin, il y a la hausse de l’essence, alors que dans les quartiers isolés, où il y a peu de transports publics, la voiture est nécessaire.
Pour certains locataires, c’est la triple peine : pas de rénovation thermique, des charges qui explosent, des déplacements coûteux. Ce sont toujours les plus pauvres qui cumulent les difficultés. Du coup, les familles sont aux abois. Il y aurait vraiment de quoi lancer une mobilisation des locataires. Au sein de la CNL, nous avons également lancé une pétition pour exiger un service public de l’énergie, seul rempart possible à cette explosion des coûts des fluides.
Et c’est compter sans la baisse des allocations logement…
Le perpétuel rabotage de l’APL (aide personnalisée au logement) est un vrai problème. Les plafonds n’ont pas été augmentés depuis des années et elle n’a pas été revalorisée à hauteur de l’inflation. Depuis 2022, une hausse de 3,5 % a bien été actée, mais cela permet juste de compenser une partie de l’augmentation des loyers, estimée à 7 % en deux ans.
En outre, cela concerne peu de locataires, les barèmes pour obtenir l’APL étant très bas. Mais concernant les charges, il n’existe aucun amortisseur. Le forfait charges, qui tourne autour de 50 euros, n’a pas été modifié, malgré la hausse des prix. Quand aux chèques énergie, leur utilisation est tellement complexe que beaucoup renoncent à s’en servir.
Au-delà de l’APL, que pensez-vous des aides mises en place pour amortir l’inflation ?
Les mesures gouvernementales ne sont que conjoncturelles, telle une rustine sur une jambe de bois. Ce que nous voulons, au contraire, ce sont des mesures structurelles, comme le gel des loyers que nous avons demandé à travers une pétition.
Quant à la rénovation énergétique, cela prend du temps. En attendant, il faut des mesures immédiates pour maintenir le pouvoir d’achat. Sinon, dès cet automne, cela risque d’être très compliqué pour les familles. Mais les déclarations du nouveau ministre du Logement, qui a rejeté la piste de l’augmentation de l’APL, ne vont pas dans ce sens, pas plus que celle du budget logement pour 2024, lequel devrait encore être revu à la baisse. On va laisser les gens dans des situations dramatiques, en se contentant de distribuer, çà et là, des subsides ponctuels qui ne sécurisent pas les familles.
Quelles sont les conséquences concrètes dans les quartiers ?
On constate de plus en plus de retards et d’impayés de loyers. On voit également de plus en plus de locataires contraints de faire des choix, sur l’alimentaire d’abord. Ils ont aussi renoncé aux loisirs, aux vacances. C’est terrible, surtout pour les enfants. L’hiver venu, certains ne se chaufferont pas, comme on l’avait déjà observé l’année dernière. La situation est très compliquée. Les gens doivent faire attention à tout, se priver. Les quartiers sont en souffrance. Malgré tout, l’entraide entre pauvres reste réelle. Les locataires, dans les quartiers, restent humains. Ils s’épaulent, se prêtent des choses. C’est incroyable, dans cette jungle libérale qu’on nous impose. Preuve que les dirigeants n’ont pas encore réussi à casser la solidarité dans les quartiers populaires.
Par Basile André, Militant communiste, lecteur passionné
Le dimanche est un jour destructeur pour celles et ceux qui vivent sur le continent de la nostalgie. Ce fait est particulièrement prégnant pour les militantes et les militants communistes au soir du dernier jour de la fête de l’Huma. À cet instant, l’immense satisfaction d’avoir vécu quelques heures dans un espace chimérique et partagé des moments de fraternité avec des milliers de personnes est balayée par la triste réalité matérielle. En dépit de la fatigue, tout doit être rangé et nettoyé, avant de retourner dans un quotidien à la saveur bien terne.
Hélas, le tribut est encore plus lourd à payer cette année, la faute à quelques individus qui ont décidé de transformer cet évènement populaire en festival de la bêtise crasse, où la part belle est donnée aux propos stigmatisants, méprisants et malhonnêtes.
Beaucoup d’entre nous avaient un mauvais pressentiment avant l’ouverture de la fête. Après la polémique « Médine » (lisez mon précédent billet si vous désirez connaître mon avis sur le sujet), il ne fallait pas être grand clerc pour estimer que les dérapages risquaient d’être nombreux.
Mais, un peu candide et sans doute trop rousseauiste sur les bords, j’avais espéré que le contexte social dramatique favoriserait une concorde temporaire qui n’empêcherait en rien l’indispensable débat d’idées qui doit avoir lieu entre nous. Il en était manifestement trop pour certaines personnes, incapables de masquer le mépris qui est le leur pour les militantes et les militants communistes.Continuer la lecture de « Le cœur n’est plus à la fête de l’Humanité » Par Basile André
Inflation, blocage des prix, salaires, réindustrialisation, retraites, 49.3, extrême droite… Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, et l’ex-premier ministre et actuel maire du Havre, Édouard Philippe, se sont livrés à un véritable débat gauche-droite dimanche, lors de la 88e édition de la Fête de l’Humanité.
Ce qui s’est passé à la fête de l’Humanité et le positionnement de Fabien Roussel face à la NUPES et à la liste des élections européennes était l’étape indispensable non seulement pour le PCF, la gauche mais pour offrir une perspective politique à notre pays. S’émanciper de la NUPES et de ces “mouvements” qui privilégient le sociétal, finissent par approuver les politiques de l’OTAN et des marchés financiers à la Syriza, était indispensable, le faire en mettant en avant un programme et des propositions d’action contre l’inflation était encore mieux. Roussel a choisi enfin d’affronter politiquement le consensus autour de Macron mais cette orientation que nous approuvons doit être approfondie et l’essentiel reste d’avoir un parti avec des militants organisés et formés pour être plus que de simples distributeurs de tracts. Même si nous éprouvons quelque joie moqueuse à voir Melenchon dénoncer le caractère “insurrrectionnel” supposé du PCF après avoir suporté à peu près toutes les foucades du maître autoproclamé de la France isoumise, tout étant toléré à condition que cela serve l’image du chef, il ne faut surtout pas jouer le même jeu qui épuise vite, et pour cela il faut reconstruire le collectif partout et toujours.
Le secrétaire national du PCF a également appelé la gauche à faire union pour les européennes 2024… autour de son parti et la liste menée par Léon Deffontaines. Les commentateurs l’ont tous noté : Fabien Roussel a assumé s’éloigner de la NUPES, un pari qui apparement est risqué à la veille des sénatoriales, en fait même dans ce contexte la LFI ne sert pas à grand chose.
Jean Luc Melenchon qui est entré dans une zone de désaveu assez comparable à celle de Macron, celui où “les mouvements” autour de leaders qui prétendent dépasser les clivages traditionnels en collant à des préoccupations définies par des sondages, une “modernité” qui vieillit vite, dans un temps où la vie devient de plus en plus difficile, s’est lancé dans un mauvais procès sur “l’appel à envahir les préfectures” en raison de l’inflation.
Fabien Roussel a eu le mérite tout à fait nouveau d’affronter toutes les hostilités dans une fête de l’humanité qui pourtant n’avait pas été conçue en sa faveur en assumant mieux que cela avait été fait lors du Congrès de Marseille une orientation qui était celle voulue par l’immense majorité des militants et qui correspond à l’opinion des couches populaires, même s’il reste tout à faire pour concrétiser. La faiblesse de Fabien Roussel était dans le compromis permanent avec “les liquidateurs”, il ne leur a laissé aucun espace dans cette fête. Dans son discours de ce samedi 16 septembre, le secrétaire national du PCF a assumé ses propos. Il l’a fait avec franchise à partir non de sa personne mais des idées, d’un programme et quand un groupe de “jeunes” de la NUPES a tenté de le provoquer, sans agressivité il leur a répondu « C’est d’abord autour des idées que l’on doit se rassembler. Or, nous n’avons pas les mêmes, je le regrette. Nous n’avons pas les mêmes priorités pour la France », a-t-il déclaré dans des propos relayés par Franceinfo.
Les jeunes ne sont pas ignorés et la place qui leur est faite n’est pas négligeable mais pour le moment ils sont dans un collectif avec un programme: nouveau responsable des Jeunes communistes à la suite de Léon Deffontaines – devenu tête de liste du PCF aux Européennes – le toulousain Assan Lakehoul est formel : «Nous devons absolument être au plus près des préoccupations des Français qui sont dans la colère, des jeunes en particulier. En 2027, il faudra faire le poids face au RN». Or selon lui «pour le moment,Jordan BardellaetMarine Le Penarrivent à parler à une génération que la gauche a perdue et qui oscille entre le RN ou l’abstention.»
Sur quelle base peut-on parler à la jeunesse ? En tous les cas pour Fabien Roussel cela reste sans démagogie et sur le fond, sur des préoccupations concrètes, non gadgétisées concernant la possibilité d’études, d’un emploi, d’un logement.
Vendredi dans les travées de la Fête, aux militants qu’il rencontre comme dans les débats qui vont émailler les trois jours, le député du Nord le dit et compte le faire savoir. Avec lui, pas question «de marcher à côté de militants qui crient ’tout le monde déteste la police’», même s’il dénonce «des violences et du racisme dans l’institution, mais pas de façon systémique». Il ne serait donc pas de la manifestation organisée le 23 septembre par les Insoumis contre les violences policières. Et puis avec lui encore, «pas de décroissance». Et puis «dunucléaireaussi»
Fabien Roussel cultive son indépendance et son envie d’être une voix alternative à la Nupes. « Le nombre de gens qui m’ont arrêté pendant les émeutes pour me dire « Ouf, quelqu’un de gauche parle comme nous ». Ça m’encourage ! », a-t-il expliqué à la presse vendredi, rapporte l’AFP.
Roussel a eu l’habileté de prendre appui sur les spécificités du PCF dans les solutions concrètes pour notre pays. Ainsi en est-il du dossier nucléaire face à une majorité de socialistes, aux écologistes et aux Insoumis… «Le nucléaire, dit Roussel, j’en fais le sujet central de la reconstruction de la France, de notre industrie et de notre lutte en faveur du climat». Il le dit samedi dans son grand discours en fin de matinée. Et il le répéte dimanche dans un débat en début d’après-midi avec l’ancien Premier ministre Édouard Philippe dans un débat d’idée droite et gauche dans l’application de cette orientation . Car si l’un et l’autre défendent cette énergie, Roussel lui, veut «sortir du marché spéculatif de l’énergie».Or selon lui, «Edouard Philippe est prêt à sacrifier l’avantage énergétique français pour préserver le couple franco-Allemand». «Tout accepter des Allemands au nom de notre histoire et du pacte, assure Roussel, c’est prendre le risque d’un bond en arrière qui ouvre la porte à l’extrême-droite». La hausse du prix de l’électricité est en effet pour lui, «un véritable déclencheur de crise majeure».
Le PCF, tout comme le PS et EELV, ont depuis quelque temps acté leur refus d’élaborer une liste commune pour les élections européennes. Sur scène ce samedi, Fabien Roussel a fait le service après-vente de la liste communiste, menée par Léon Deffontaines. « La liste d’union elle est là, elle est à votre disposition. Venez ! », lance-t-il.
Face à une fête de l’humanité qui avait été conçue pas nécessairement pour être celle du PCF, Fabien Roussel a eu la grande habileté de refuser un match provocateur avec Jean Luc Melenchon, il s’est contenté d’affirmer être trop occupé et de hausser les épaules face au rappel des propos que Jean-Luc Mélenchon a tancé vendredi le communiste, lors d’un débat dans l’émission Backseat diffusée sur Twitch, à propos de son appel « à envahir les préfectures », en raison de l’inflation. « Jamais un chef ne devrait appeler à des actions d’un tel niveau de violence sans consulter personne », a estimé le triple candidat à la présidentielle.
Donc le bilan de cette fête de l’humanité, la prestation de Fabien Roussel et des militants communistes a relevé du sans faute. Est-ce que pour autant tout est résolu : non tout reste à accomplir .
2014 : aujourd’hui cela est bien dépassé
CE PAS EN AVANT INDISPENSABLE APPELLE D’AUTRES AVANCEES
Il y a eu de grands absents dans cette fête : si l’on excepte un meeting autour de Cuba dans lequel André Chassaigne et l’ambassadeur de Cuba ont donné à la fête une dimension de lutte et de justice internationale, c’est peu dire que le contenu réel de l’indispensable mouvement de la paix, la nécessité d’affronter la politique de Macron que ce soit en Europe comme en Afrique a été éludée. Pourtant on ne peut pas limiter la question de l’inflation a une bataille pour l’énergie en ignorant totalement comment elle est déjà engagée au niveau géopolitique.
Macron c’est le choix d’une vassalisation au coût monstrueux.
S’il est nécessaire comme cela a été fait par Roussel de rompre avec la logique des banquets consensuels dans lesquels Macron, malgré la provocation des retraites et le choix de la guerre partout, tente d’apparaître comme le président du “dialogue”, en appelant le peuple français à exiger de l’Etat une autre politique, nous ne sommes qu’au milieu du gué. Il n’y a pas de consensus social, le président méprise la représentation nationale et l’opinion majoritaire des Français, le député communiste réclame l’intervention citoyenne et dans le fond en revient à la force de la Constitution de l’an II: la proclamation du droit à l’insurrection citoyenne, sans pour autant donner à cette intervention une autre visée que la démocratie directe. Oui mais le consensus autour de Macron ne se limite pas à entériner ses choix en matière d’énergie, le pire même si l’on en reste à cette conception républicaine est de priver les citoyens du droit à décider de la paix et de la guerre.
De ce point de vue, si ceux qui parmi les communistes encartés ou non, de la base au sommet ont dénoncé les opportunismes, les lâchetés de la représentation nationale ont sans doute aidé Fabien Roussel à éviter la question en restant sur la question sociale. Mais l’une mène à l’autre surtout dans le contexte des Européennes.
En outre si nous sommes convaincus que pour rompre avec l’inféodation aux marchés financiers, aux trusts de l’armement qui gouvernent en maître une UE de plus en plus vassalisée et d’identifiant avec l’OTAN, la rupture avec la NUPES est absolument indispensable parce qu’il est nécessaire de créer un autre rassemblement dans lequel peuvent apparaître les véritables adversaires, nous sommes encore loin de cette mise en évidence et plus nous nous en rapprocherons plus le combat va devenir rude, et moins on pourra compter sur les médias.
L’enjeu reste donc un parti apte à mener cette bataille qui ne peut pas être seulement électorale.
Ce qui s’est passé à la fête de l’humanité témoigne plus que jamais du sens de qui est à accomplir.