Exclusif, la Carte scolaire : Les comptes fantastiques de la rue de Grenelle In Caf. Péda.

A quelle discipline appartient la constitution des cartes scolaires ? A la froide comptabilité budgétaire ? Ou à la littérature d’imagination ? Pour la rue de Grenelle c’est tout choisi. Après un premier essai littéraire l’année dernière, le ministère préfère parler « moyens d’enseignement » plutôt que « postes ». En année électorale, la gestion a rendez vous avec la lune. La réalité c’est que c’est le premier budget sans création de postes au primaire, ce qui oblitère la « priorité au primaire » tant répétée par le ministre. Et que les académies comptant le plus d’élèves défavorisés sont désavantagées dans le partage des « moyens », ce qui oblitère la « priorité au social »…

Postes budgétaires et « moyens d’enseignement »

On croyait tout savoir sur les cartes scolaires 2022. Ou du moins sur le nombre de postes disponibles et à peu près sur les charges résultant de la politique ministérielle, comme les dédoublements. On avait tort. Présentées le 15 décembre en CTM ministériel, les cartes scolaires du 1er et du 2d degré s’affranchissent cette année des normes comptables et des frontières, notamment de celle entre titulaires et contractuels. Continuer la lecture de Exclusif, la Carte scolaire : Les comptes fantastiques de la rue de Grenelle In Caf. Péda.

Économie. Pourquoi l’inflation fait trembler patrons et financiers

La hausse des prix fait son retour en France et en Europe, accompagnée d’un discours catastrophiste. Pour les syndicats, les salaires doivent revenir au centre du jeu. 

Un spectre hante l’Europe, celui de l’inflation… À en croire de nombreux médias, la spectaculaire hausse des prix (+ 4,9 % sur un an en zone euro) constitue une bombe à fragmentation qui pourrait menacer la reprise économique, mettre les entreprises à genoux et miner le revenu des citoyens. Ces craintes sont-elles fondées ? L’inflation peut-elle servir de prétexte à des politiques économiques austéritaires ? Décryptage.

1. Aux origines d’un phénomène mondial

Jusqu’ici, avec la modération salariale et la concurrence entre travailleurs imposée par la mondialisation, les prix évoluaient peu. La crise du Covid a bouleversé ce contexte. Le circuit économique, mis à l’arrêt en 2020, est reparti aujourd’hui de plus belle. La demande, portée notamment par la Chine, les États-Unis et le continent européen, s’est accélérée. Une sorte de rattrapage à la suite de la fermeture des commerces pendant de longs mois. Ce boom de la consommation, alors que la pandémie est toujours active, a pris de court les usines. Les pénuries se sont accumulées et même amplifiées avec la désorganisation mondiale des chaînes de production et de livraison. Résultat : le prix des biens intermédiaires nécessaires à la production comme les semi-conducteurs a grimpé. À cela s’est ajoutée une explosion des tarifs des matières premières, dont ceux de l’énergie. Rien qu’en France, ils ont progressé de 21,6 % en un an, selon l’Insee. Continuer la lecture de Économie. Pourquoi l’inflation fait trembler patrons et financiers

Appel Collectif: L’École ne doit pas être le laboratoire de la République capitaliste et de son monstre fasciste

 

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Texte collectif

Nous sommes enseignants, mais aussi CPE, AESH… Salariés modestes ou précaires de l’Éducation nationale, nous qui sommes sur le terrain, nous fulminons devant les propos proférés avec tant d’ignorance dans nombre de médias à l’égard de l’École.

Dans un climat qui se fascise, de faux amis qui « refusent la récupération de leurs combats » par l’extrême-droite prétendent défendre l’École sans dire un mot de ses destructeurs, des marchepieds des propagateurs de haine.

Pendant ce temps, nous sommes confrontés tous les jours aux difficultés d’une Éducation que les responsables politiques s’appliquent à dégrader et vilipender pour mieux l’achever.

Professionnels anonymes, nous ne nous rangeons derrière aucune autre fondation « républicaine » que celle de l’École.

La République contre ses valeurs ? Continuer la lecture de Appel Collectif: L’École ne doit pas être le laboratoire de la République capitaliste et de son monstre fasciste

Présidentielle 2022. Appel à respecter la liberté de la presse

A cinq mois de l’élection présidentielle, alors que les actes de menaces et d’intimidations de l’extrême droite se multiplient contre la presse, des sociétés de journalistes dont celle de l’Humanité interpellent tous les candidats déclarés à l’élection présidentielle à s’engager publiquement à respecter le travail des journalistes.

La France est entrée dans une campagne électorale où passions et tensions s’exacerbent. Nous, sociétés de journalistes et sociétés de rédacteurs, déplorons la manière dont plusieurs de nos confrères ont été traités récemment par des militants ou des équipes de candidats : menaces, agressions, exclusions d’événements de campagne…

Dans un contexte où les menaces envers les journalistes sont de plus en plus fréquentes, nous appelons tous les candidats déclarés à l’élection présidentielle à s’engager publiquement à respecter le fait que tous les journalistes puissent couvrir la campagne dans des conditions satisfaisantes. Nous leur demandons solennellement de :

  • garantir, sans aucune discrimination, le libre accès aux diverses réunions et manifestations publiques, selon les conditions habituelles d’accréditation ;
  • s’abstenir de prendre la presse pour cible dans des termes susceptibles de créer un climat hostile préjudiciable à la liberté d’information ;
  • s’assurer que l’intégrité physique des journalistes soit pleinement préservée lors des événements dont ils ont la responsabilité.

Nous enjoignons les candidats à prendre la pleine mesure des conditions de plus en plus critiques dans lesquelles travaillent les journalistes. La santé démocratique de notre pays aurait tout à perdre d’atteintes répétées au libre exercice de leur métier.

Signataires : les sociétés des journalistes, des rédacteurs et/ou des personnels de l’AFP, APM, Arrêt sur Images, BFMTV, Challenges, CNews, Courrier International, Les Echos, L’Express, Le Figaro, France 2, France 3 National, FranceinfoTV, franceinfo.fr, L’Humanité, Le Journal du Dimanche (JDD), LCP, Les JT de M6, Marianne, LCI, Le Monde, L’Obs, Paris Match, Le Point, Premières Lignes, Public Sénat, Radio France, RTL, Sud Ouest, Télérama, TF1, La Tribune, TV5Monde, La Vie.

Fonction publique. Les syndicats se préparent à une réunion explosive sur les salaires

Le 7 décembre, à Créteil. Les agents territoriaux sont rassemblés devant la préfecture du Val-de-Marne pour protester contre la loi de transformation de la fonction publique. Guillaume Clément

Alors que l’inflation a fait repasser les plus basses rémunérations au niveau du Smic, les organisations sont reçues ce jeudi par le gouvernement. Si le ministère ne propose pas de hausse du point d’indice, elles quitteront les négociations.

Les agents de la fonction publique ont-ils enfin ­retenu l’attention du gouvernement ? Après des mois de tensions autour de la question salariale, la ministre de la Fonction publique a convoqué, ce jeudi, les représentants des syndicats représentatifs des agents à une rencontre, non prévue à l’agenda, au sujet de leur pouvoir d’achat. Alors même qu’aucun ordre du jour n’a été communiqué, la rencontre s’annonce sous haute tension. « Nous avons décidé en intersyndicale (CGT, FSU, Solidaires – NDLR) que nous nous autoriserons à quitter la salle si aucune annonce n’est faite dans le sens d’une augmentation générale des salaires  !  », lance d’emblée Natacha Pommet, secrétaire générale de la CGT services publics. Sur la question, l’ensemble des organisations offre un front commun. « Il n’y a pour nous qu’une seule solution, c’est d’augmenter le point d’indice et d’engager une refonte des grilles », ajoute Christian Grolier, secrétaire général FO fonction publique. Si le gouvernement n’est pas prêt à proposer 2 % d’augmentation du point d’indice au minimum, il se retrouvera seul autour de la table. Continuer la lecture de Fonction publique. Les syndicats se préparent à une réunion explosive sur les salaires

Violences faites aux femmes. « S’il n’y a pas de sang, madame, on ne se déplace pas »

Myriam, Marine et Sarah sont membres de l’association la Collective des mères isolées de Montreuil qui dénonce les manquements à la déontologie du commissariat de leur ville, lors de dépôts de plaintes pour violences conjugales. Teresa Suarez

À Montreuil, six femmes victimes de violences conjugales ont décidé de dénoncer l’accueil déficient du commissariat de leur ville lors des dépôts de plainte. IGPN et Défenseur des droits sont saisis.

« Maman, il est là. » Lorsqu’elle l’alerte une première fois, en janvier 2021, Katia se dit que sa fille se fait des films. Mais le lendemain, l’adolescente la rappelle en lui expliquant que son père la filme sur le chemin du conservatoire et qu’il lui a crié : « Vous allez me le payer. » Katia rejoint alors sa fille et fonce au commissariat de Montreuil (Seine-Saint-Denis) pour porter plainte. « Les agents ont d’abord refusé, en disant que c’était son père – alors qu’il est déchu de ses droits parentaux – et que filmer sur la voie publique était un droit. Mais je ne suis plus celle que j’étais en 2013 : j’ai hurlé jusqu’à ce qu’ils acceptent de prendre ma plainte. » Août 2013 : c’est le mois où Katia, après six ans de violences conjugales, finit par appeler la police. Continuer la lecture de Violences faites aux femmes. « S’il n’y a pas de sang, madame, on ne se déplace pas »

Disparition. Rabhi, l’écologie spiritualiste et individualiste

Pierre Rabhi, en 2011, dans sa ferme de Montchamp, près de Berrias-et-Casteljau, dans l’Ardèche, où il s’était installé au début des années 1960. Philippe Desmazes/AFP

Saint laïc idolâtré par les libéraux, le fondateur des Colibris a su mobiliser l’imaginaire du paradis perdu et en faire un produit de consommation de masse. Il est mort à 83 ans.

En se répétant presque mot pour mot d’une apparition médiatique à une autre, Pierre Rabhi a ciselé durant plus d’un demi-siècle un récit autobiographique qui tient lieu à la fois de produit de consommation de masse et de manifeste articulé autour d’un choix personnel effectué en 1960 : celui d’un « retour à la terre ». Il est mort, samedi, à l’âge de 83 ans. Ses ouvrages centrés sur sa personne, ses centaines de discours et d’entretiens qui, tous, racontent sa vie ont abouti à ce résultat singulier : cet homme qui parlait continuellement de lui-même a incarné aux yeux de ses admirateurs et des journalistes la modestie et le sens des limites. Continuer la lecture de Disparition. Rabhi, l’écologie spiritualiste et individualiste

Avec Malik Oussekine, la conscientisation d’une génération

Rassemblement d’étudiants et de lycéens, le lendemain de la mort de Malik Oussekine, à Paris. Photo : Michel Gangne/AFP

Mise à jour le 6 décembre 2021). Il y a tout juste 35 ans, dans la nuit du 5 au 6 décembre 1986, Malik Oussekine, âgé de 22 ans, meurt sous les coups des policiers voltigeurs, en marge des défilés. Depuis le 25 novembre 1986, étudiants et lycéens manifestent contre le projet Devaquet. La situation bascule alors. Le projet de loi est retiré.

En novembre 1986, toute une génération étudiante et lycéenne se met en mouvement pour obtenir le retrait du projet Devaquet du nom du ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur. Elle obtient gain de cause après une mobilisation extraordinaire aux formes originales. Une mobilisation qui doit aussi faire face à la répression qui aboutit à la mort de Malik Oussekine Continuer la lecture de Avec Malik Oussekine, la conscientisation d’une génération

Mobilisation générale : ce samedi, l’union fait la force pour sauver l’hôpital public

© Alain Jocard/AFP

Alors que les annonces de fermetures de services et de lits se multiplient, dégradant toujours plus la prise en charge des patients, 80 syndicats, associations et collectifs d’usagers appellent à se mobiliser ce samedi à travers la France.

Icon Quote L’hôpital public se désintègre. » Ce samedi, plus de 80 associations, syndicats et collectifs appellent à manifester partout en France avant qu’il ne soit trop tard. Alors que la cinquième vague de Covid commence à déferler sur le pays, pas un jour ne passe sans que ne soit annoncée la fermeture d’un service d’urgences. En matière de dégradation de la qualité des soins, tous les indicateurs sont au-delà du rouge. Même le président de la commission médicale d’établissement de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), Rémi Salomon, n’a pas mâché ses mots le 12 novembre : « On est dans une situation où, dans quelques mois, on peut avoir un effondrement de l’hôpital. »

Tiou- Jeux de mains un clip déconfiné….