Guerre commerciale ou coopération ? In l’Humanité

On doit saluer cet article de Robert Kissous, paru dans l’Humanité, un article qui tranche positivement sur l’ordinaire de l’international sous la férule et l’enfumage permanent de Kamenka et son adhésion aux thèses de l’OTAN. Mais cela nous paraît refléter l’exigence qui s’est manifestée dans l’université d’été et dont nous avons rendu compte. Malicieusement on se dit qu’on pourrait faire lire cet article à l’incroyable Clémentine Fauconnier qui s’est permis 45 minutes sur le thème Où va la Russie? en ignorant ce qu’étaient les BRICS… et n’ayant jamais entendu parler de la campagne du KPRF contre la réforme des retraites, comme elle ignorait le rôle de l’OTAN après la fin du pacte de Varsovie, et son avancée malgré les promesses de n’en rien faire. Si l’Humanité pouvait enfin être une aide pour recycler les conférenciers proposés par le secteur international du PCF ce serait une avancée incontestable pour les militants et ce serait plus “sérieux” que tout ce qui existe aujourd’hui dans le domaine politico-médiatique … (note de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)



Par Robert Kissous, économiste, militant associatif. Publié le 28 août 2024

Selon les projections d’institutions économico-financières d’ici 2050 sept pays émergents représenteraient 50 % du PIB mondial contre 20 % pour les pays du G7.

Les cinq pays du BRICS ont vu leur poids dans l’économie mondiale croître sans cesse et leur PIB dépasser, en parité de pouvoir d’achat (PPA), celle du G7 : 20 % en 2003 à 32 % en 2023 tandis que la part du G7 a reculé sur la même période de 42 % à 30 %. La part des BRICS + (élargis à dix Etats membres au 1er janvier 2024) dans le PIB (PPA) mondial est de 35 % contre 30 % pour le G7. En 2023, le G7 représentait 43,7 % du PIB (nominal) mondial contre 75 % à la fin des années 1990. En une trentaine d’années le recul du poids du G7 dans l’économie mondiale est considérable.

Plus généralement les pays du Sud global sont devenus le lieu où se créent de plus en plus les richesses, développant leur propre dynamique, leur poids dans l’économie mondiale croissant sans cesse. Les pays émergents sont les moteurs du développement économique mondial. Continuer la lecture de Guerre commerciale ou coopération ? In l’Humanité

Le racisme de classe, socle idéologique du macronisme … Olivier Barbarant

Ce diagnostic paru dans la revue Commune sous la signature d’Olivier Barbarant met en évidence la “nature” du pouvoir de Macron, on pense irrésistiblement à l’anarchiste couronné Heliogabale d’Artaud détruisant l’empire romain dont il est l’incarnation de la toute puissance illusoire de la décadence… Il y a la France, mais Macron et le défi lancé aujourd’hui à la raison “étatique”, celle de la bourgeoisie, est un des avatars de la crise politique de cette classe dominante occidentale… La bourgeoisie pouvoir de classe limite de l’exercice citoyen devient un racisme de classe pour tenter de survivre … La pièce centrale du dispositif en est les USA avec l’élection présidentielle, l’impossible régulation de la crise multiforme du capitalisme, aucune “démocratie” n’y échappe. C’est la chute d’une hégémonie, faut-il pour autant affirmer que la Ve République est morte ? Que l’impérialisme US n’est plus qu’un tigre de papier ? Au contraire, l’exigence “théorique”, celle de savoir où l’on va et sur quelle base on se rassemble, devient plus que jamais nécessaire. Il est suicidaire de passer du constat de l’anarchie dynamitant les institutions de l’Etat capitaliste à l’idée que l’appareil d’Etat est détruit par cet anarchiste couronné. C’est la tentation de ceux qui partagent le “spontanéisme” du capital à son stade ultime impérialiste. C’est la crainte de cette illusion qui mène aux massacres qui a poussé à l’Université d’été un certain nombre d’entre nous à mettre en cause l’opération derrière Lucie Castets, dans sa confusion idéologique en particulier en ce qui concerne la guerre et nous battre pour que le parti communiste opère un véritable travail théorique sur la reconquête d’un parti de classe en particulier sur la question de la paix et de la guerre, qui n’est que la volonté d’élargir le régime d’exploitation à l’intérieur comme à l’extérieur… et qui pour cela a besoin du fascisme… (note de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

Il arrive encore qu’on s’interroge sur ce que peut être le macronisme, qui partage avec la droite la totalité de son libéralisme économique, et tente de voler à la gauche sociétale l’essentiel de ses slogans pour l’égalité sexuelle ou le droit de certaines minorités – certaines et non pas toutes, en effet. Malgré les évidents démentis de l’expérience, on a même pu prendre pour du keynésianisme le moment désormais passé à la postérité sous le nom de « quoi qu’il en coûte ». Or ce considérable déversement de fonds publics n’a donné lieu à aucune contrepartie, aucune régulation étatique : il s’est agi, sous couvert d’intervention de l’Etat en matière économique, d’un pas supplémentaire dans son suicide programmé : affaiblir encore davantage les finances publiques, pour que le privé continue de tourner. Continuer la lecture de Le racisme de classe, socle idéologique du macronisme … Olivier Barbarant

Lucie Castets : « Je proposerai un gouvernement resserré et une orientation claire » + Vidéo Roussel/Castets

Dans un entretien à l’Humanité, suite à sa rencontre avec Emmanuel Macron à l’Élysée , Lucie Castets défend la nécessité de faire des compromis du fait de la majorité relative. Mais sans céder sur les « priorités » insiste-t-elle. Elle répond également à la Macronie et la droite qui jouent le blocage en menaçant d’une motion de censure immédiate dans le cas d’un Gouvernement comportant des ministres issus de LFI.
Ce vendredi, la candidate du Nouveau Front populaire à Matignon s’adresse aux communistes depuis leur université d’été de Montpellier.

 

À l’issue de sa rencontre avec le chef de l’État vendredi matin, accompagnée des dirigeants du Nouveau front populaire, Lucie Castets relève une évolution dans la posture d’Emmanuel Macron. Pas encore au point que celui-ci ne la nomme à Matignon la semaine prochaine.

Mais, dans un entretien accordé à l’Humanité au sortir du rendez-vous avec le chef de l’État, la candidate de la gauche assure être prête : elle détaille les mesures qu’elle prendra sitôt nommée et ce que sera la pratique du pouvoir de son gouvernement.

Avec les chefs de parti et les présidents de groupes parlementaires, vous avez été reçue par le président de la République. Que lui avez-vous dit pour le décider de vous nommer à Matignon ?

Je ne cherche pas à convaincre le président de me nommer à Matignon. C’est la logique des institutions qui veut que le président de la République désigne une Première ministre issue des forces politiques arrivées en tête des élections législatives. Le Nouveau Front Populaire est arrivé en tête, et ce sont les organisations politiques qui le composent qui m’ont désignée pour diriger le futur gouvernement. Continuer la lecture de Lucie Castets : « Je proposerai un gouvernement resserré et une orientation claire » + Vidéo Roussel/Castets

Mort de Catherine Ribeiro, étoile filante de la chanson

La chanteuse Catherine Ribeiro est morte à l’âge de 82 ans. Inclassable, irréductible, incorruptible, elle a chanté la passion, l’amour, la révolte. Elle est restée libre, jusqu’à son dernier souffle.

 

Elle aurait pu suivre cette route toute balisée empruntée par nombre de ses pairs à l’aune des années soixante. Elle figure d’ailleurs dans la « fameuse » photo de Jean-Marie Périer, photographe officiel de la génération yéyé. Mais déjà, peut-être instinctivement sent-elle qu’elle n’est pas à sa place, on la devine, au dernier rang, entre Hugues Auffray et Eddy Mitchell.

À peine la reconnaît-on. Elle ne sourit pas. Catherine Ribeiro refusera de jouer la carte de la jolie jeune fille qui se tient sage. En elle, ça bouillonne, ça tâtonne. Elle cherche, se cherche et, très vite, va bifurquer, laisser les chansons de midinettes pour midinettes. Elle rentre dans aucun moule, elle déborde, belle et rebelle, sauvage jusqu’au bout des mots des poètes dont elle va s’emparer, en catimini, ceux de Bob Dylan ou de Leonard Cohen. « La beauté insoumise de Catherine et sa colère chevillée à l’âme incommodent le show-business », disait d’elle Léo Ferré. Il avait tout juste. Continuer la lecture de Mort de Catherine Ribeiro, étoile filante de la chanson

La théorie et l’histoire du PCF… Par F. Marsal

Le débat qui s’est ouvert ici pose une question d’autant plus incontournable que désormais personne ne peut l’éluder. La Théorie parait une activité intellectuelle réservée à quelques initiés, c’est tout le contraire et c’est pourquoi elle est “pratique” parce qu’elle est le sens de l’intervention populaire sans laquelle il n’y a pas d’issue et aujourd’hui le danger est celui de l’autodestruction mortifère de l’impérialisme qui confond son agonie avec celle de la planète. Comme le dit Lénine “sans théorie révolutionnaire pas de mouvement révolutionnaire. On ne saurait trop insister sur cette idée à une époque où l’engouement pour les formes les plus étroites de l’action pratique va de pair avec la propagande à la mode de l’opportunisme” (Que faire ?) et tu montres que ce régime vient de loin, il faut ajouter jusqu’au point où cet engouement pour les formes les plus étroites de l’action pratique a débouché sur l’inertie, sur l’abandon massif de toute activité spécifique du parti, des activités désordonnées, d’autres isolées qui tentent de reprendre pied sans aucune coordination… Le choix de l’opportunisme devient celui de la trahison quand il s’agit du fascisme et de la guerre. Oui il y a eu un sursaut au 38e congrès mais ce que tu décris du 39e congrès qui est bien le refus d’une théorie révolutionnaire est tout sauf une “consolidation”, c’est un désarmement programmé d’un peuple que l’on conduit à l’abattoir alors qu’il cherche en vain les chemins de la résistance, désorienté comme il l’est par l’expérience d’une gauche et d’une droite qui mènent la même politique, qui adhèrent à la même propagande, la théorie c’est ce qui permet justement de rompre avec ce bourrage de crâne autrement que dans des illusions gauchistes et pseudos radicales qui ne servent que les ambitions personnelles c’est pour cela qu’elle est “avant” le parti comme avant le mouvement révolutionnaire, sans elle tout cela est mort. (note de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)


Le seul juge de la validité de la théorie, c’est l’histoire. La théorie véritablement révolutionnaire est celle qui permet de faire la révolution. La difficulté réside dans deux choses

  1. avant qu’une théorie soit éprouvée par l’histoire, elle doit avoir créé et trouvé les conditions d’être expérimentée, parfois dans la durée, car une situation historique difficile ne se résout pas d’un seul élan, cela signifie qu’avoir une théorie, c’est en fait avoir tout un système d’analyse et de pensée, largement partagé et en interaction permanente au sein du parti, Continuer la lecture de La théorie et l’histoire du PCF… Par F. Marsal

À gauche, quelle suite donner aux Jeux olympiques ?

Entre analyse critique et respect absolu de ce moment de cohésion nationale, les différentes forces progressistes s’interrogent sur les suites politiques à donner aux jeux Olympiques de Paris.

La flamme s’est éteinte, mais reste une lueur. Après de longues semaines de crises (politique, géopolitique, agricole) et de fatigue généralisée, la France a découvert la possibilité d’une île, d’un répit. En deux semaines, par l’organisation et l’accueil de Jeux olympiques à Paris, elle a réappris à s’aimer, à se retrouver.

« C’est pas complètement foutu, on peut être ensemble et heureux ensemble ! s’est félicitée Anne Hidalgo, la maire socialiste de la ville. Le message de l’extrême droite est écrabouillé par ces Jeux. » Ce soulagement intense, d’autant plus fort que le Rassemblement national (RN) menaçait d’accéder au pouvoir, ne doit cependant pas faire oublier certains aspects peu reluisants de ces JO. Nettoyage social, dégâts sur l’environnement, exploitation des travailleursContinuer la lecture de À gauche, quelle suite donner aux Jeux olympiques ?

Paris 2024 : ce que nous avons retenu des Jeux olympiques dans la Ville lumière

Épreuves au cœur de la cité, engouement populaire, rôle des services publics : ces Jeux dans la Ville lumière ont (un peu) renouvelé le genre de l’organisation olympique.

« La France semble avoir pris des vacances d’elle-même. » D’une formule séduisante, El Pais a tenté de capter cette drôle d’atmosphère dans laquelle le pays a baigné durant cette quinzaine olympique. Séduisante, la formule du quotidien espagnol semble trompeuse tant elle assigne la France à un chapelet de clichés, entre pessimisme congénital et « grogne » cultivée comme un sport national. Et si la France s’était simplement un peu retrouvée ?

Un engouement populaire subversif

Le fait n’est pas vraiment nouveau : les jeux Olympiques, à l’instar d’une Coupe du monde de football, sont devenus des événements pour VIP et supporters aisés ou cassant leur tirelire pour l’occasion. La sociologie des stades, pistes et dojos confirme cette règle de ce petit laboratoire capitaliste qu’est devenue la compétition sportive mondialisée. Paris 2024 se distingue pourtant par le niveau « décibélique » des foules, peut-être une expression profonde de l’esprit frondeur du pays, allez savoir. Continuer la lecture de Paris 2024 : ce que nous avons retenu des Jeux olympiques dans la Ville lumière

Après les émeutes d’extrême droite au Royaume-Uni, comment les syndicats se mobilisent contre la peste brune

Les organisations ouvrières appellent à la riposte du monde du travail après la déferlante raciste et xénophobe de ces derniers jours. La secrétaire générale du syndicat Unite martèle que « ce n’est pas le migrant qui a imposé l’austérité ».

 

D’une violence inouïe, les images ont fait le tour de la planète. Des centaines de personnes, certaines faisant le salut nazi, se sont attaquées à des hôtels et des lieux d’hébergement où se trouvaient des migrants. À l’origine de ces manifestations soutenues par l’extrême droite, de fausses informations accusant l’auteur du meurtre, le 29 juillet, de trois petites filles dans le nord-ouest de l’Angleterre, d’être un migrant musulman. Il s’agit en réalité d’un jeune homme né à Cardiff, de parents rwandais chrétiens.

Peu importe pour l’extrême droite, qui a décidé de l’ouverture de la chasse aux étrangers. Selon la chaîne Sky News, qui cite des gardes de sécurité, des demandeurs d’asile ont été forcés de dormir dans les bois après que des manifestants ont attaqué leur hôtel et tenté de l’incendier, dimanche, à Rotherham (nord-est de l’Angleterre). Un « acte de voyous d’extrême droite », a dénoncé le premier ministre travailliste Keir Starmer. Continuer la lecture de Après les émeutes d’extrême droite au Royaume-Uni, comment les syndicats se mobilisent contre la peste brune

Politique scolaire : il n’est plus temps de tergiverser !

Pour atteindre l’égalité sociale entre les élèves, collégiens et lycéens , il faut combattre les politiques néolibérales à l’œuvre. La première solution passe par la gratuité totale de l’école.

Par Paul Devin, président de l’Institut de recherches de la FSU

Il faut que nous arrêtions de tergiverser à propos de la politique scolaire. On peut débattre de bien des aspects de sa mise en œuvre mais il y a une question autour de laquelle il faut que nous cessions de louvoyer : voulons-nous que le principe cardinal de l’école publique soit la construction d’une plus grande égalité sociale ? Continuer la lecture de Politique scolaire : il n’est plus temps de tergiverser !

L’intérêt d’une formation théorique pour les nouveaux et anciens adhérents… France pays de la lutte des classes…

Faire adhérer des communistes c’est bien, et on est étonné de l’accueil que l’on a quand on propose l’adhésion au PCF, ce que paradoxalement je fais alors que je l’ai définitivement quitté… Il y a actuellement un nombre grandissant de gens qui souhaitent s’engager et qui n’ont pas la moindre idée de comment le faire, ce n’est même pas très clair pour eux de savoir là où ils adhèrent, simplement si l’enthousiasme de ce qu’on peut attendre d’une élection s’est refroidi pour un certain nombre ce qui a surgi est nettement plus positif : voter ne suffit pas, cette conscience-là embryonnaire peut s’élargir…

Le véritable problème est de savoir dans quoi ils tombent et de ce point de vue le PCF n’est pas la pire expérience même s’il y a désormais de véritables déserts dans lesquels leur adhésion s’enfonce dans l’oubli. Continuer la lecture de L’intérêt d’une formation théorique pour les nouveaux et anciens adhérents… France pays de la lutte des classes…