En s’attaquant à l’allocation de solidarité spécifique, le filet de sécurité destiné aux chômeurs en fin de droits, pour la remplacer par le revenu de solidarité active, l’exécutif poursuit sa politique délibérée de précarisation des chômeurs et de démantèlement de l’assurance-chômage. Leur horizon : le contre-modèle allemand.
On peut reprocher beaucoup de choses à Emmanuel Macron, mais pas de manquer de constance : après avoir entamé son premier quinquennat en expliquant aux chômeurs qu’ils n’avaient qu’à « traverser la rue » pour retrouver du boulot et poursuivi en menant les réformes les plus régressives de l’histoire de l’assurance-chômage, le voici qui relance son second mandat en rouvrant le chantier de démolition.
La démission surprise de Christophe Kerrero, recteur de Paris, affaiblit la ministre de l’éducation nationale, déjà fortement fragilisée par les affaires à rebondissement et son style inimitable. D’autant que l’ancien recteur frappe là où la ministre est attaquée : sur la mixité sociale à Paris. Après avoirs mis les enseignants dans la rue, Amélie Oudéa-Castéra s’avère incapable de contrôler le haut encadrement de l’Education nationale. Et la critique portée contre la ministre vient de la droite, la cible courtisée par l’Elysée.
La lettre de C. Kerrero
“Je quitte aujourd’hui mes fonctions de recteur quand notre Ecole est en proie au doute… Je reste plus que jamais attaché au service public d’éducation”. Dans un message adressé le 2 février aux chefs d’établissement, Christophe Kerrero annonce sa démission du poste, si envié, de recteur de Paris. Il l’occupait depuis 2020, après avoir été directeur du cabinet de JM. Blanquer. Continuer la lecture de La démission du recteur de Paris charge Amélie Oudéa-Castéra
Une délégation menée par Fabien Roussel et composée de travailleurs a été reçue, samedi, par le cabinet de Gabriel Attal. Le secrétaire national du PCF était porteur de témoignages de personnes frappées par la vie chère.
Samedi 3 février en début d’après-midi, Fabien Roussel et la délégation qui l’accompagnait sortent de l’Hôtel de Matignon. Avec une annonce : le cabinet du premier ministre les a informés qu’un rapport rédigé par des économistes concernant le niveau des salaires en France serait remis d’ici l’été.
Un peu plus tôt, le secrétaire national du PCF, accompagné d’une délégation de salariés, de la tête de liste communiste aux élections européennes, Léon Deffontaines, et de deux sénateurs de son parti, Ian Brossat et Silvana Silvani, était reçu à Matignon afin de remettre une pétition contre la vie chère, et des milliers de fiches de paye reçues dans le cadre de l’opération « vérité sur les salaires ».
« Nous avons le sentiment que le gouvernement n’entend que de son oreille droite » dénonçait Fabien Roussel devant 200 personnes rassemblées à quelques pas du siège du gouvernement. « Nous voulons donc lui montrer la vraie vie » en lui présentant les fiches de paye recueillie par les communistes.
À ses côtés, Claudine, agente hospitalière, Alix, cuisinier dans la restauration collective, Lamia, salariée à Monoprix. Le dirigeant communiste évoque la retraite de Claudine. « Elle a attendu ses 67 ans pour partir, et bénéficier d’une pension à 1 400 euros. Si elle avait fait valoir ses droits à 62 ans, elle n’aurait perçu que 960 euros par mois… ».
Alix lui, travaille depuis 16 ans en tant que « chef de partie », cuisinier confirmé. Son salaire s’élève en moyenne à 1 600 euros par mois. « Je me fais rattraper petit à petit par le SMIC » explique le jeune homme. « Je travaille dans un métier en tension. Du coup, les patrons proposent des salaires attractifs pour embaucher du personnel. Et je me retrouve moins payé que des nouveaux qui viennent d’être embauchés ».
Des mots sévères à la sortie de la réunion
Ce phénomène de « Smicardisation » devient de plus en plus problématique avec l’inflation. Le salaire minimum, ainsi que le rappelle Fabien Roussel, a augmenté de 12 % en deux ans grâce à la loi. Ce n’est pas le cas des revenus supérieurs. « Nous allons demander une conférence sociale au premier ministre », annonce-t-il avant de se diriger à Matignon. « Il faut que l’ensemble des salaires soient indexés sur l’inflation, et augmentent de 12 % ».
D’autres salariés sont encore plus pénalisés dans leur évolution de carrière. En charge de la commission du PCF sur les droits des personnes handicapées, Fatima Khallouk explique que les salariés en situation de handicap et bénéficiaires de l’AAH ne peuvent cumuler cette ressource au-delà d’un travail à mi-temps. « L’ancienneté et le handicap sont les premiers motifs de discrimination » dénonce-t-elle. Candidate sur la liste conduite par Léon Deffontaines, Sigrid Gérardin met l’accent sur les inégalités salariales entre hommes et femmes, et donne rendez-vous dans la rue le 8 mars prochain.
Si la délégation ne se faisait guère d’illusion sur la réponse du gouvernement, Fabien Roussel avait des mots sévères à la sortie de la réunion, malgré l’annonce d’un rapport pour cet été. « Ça veut dire que dans les 6 à 8 mois qui viennent, il ne se passera rien. C’est ce que je retiens de ce rendez-vous, et je le regrette ».
« Qu’il agisse au moins sur les factures ! » lance à ses côtés Léon Deffontaines, en faisant allusion à la hausse des factures d’électricité décidée par le ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire. « Nous écrirons des propositions que nous remettrons à nouveau à Matignon », promet Fabien Roussel, qui entend « démontrer que c’est le capital qui coûte cher et empêche d’augmenter les salaires ».
La manière dont le pseudo triomphe de la fin de la guerre froide se transforme en son contraire donne effectivement au “narratif” occidental un petit côté daté et assez paradoxal puisque c’est non seulement la libre circulation des êtres humains qui se transforme en charnier de la méditerranée mais les marchandises et la libre circulation des capitaux. (note de danielle Bleitrach pour histoireetsociete)
C’est très paradoxal en effet. Et c’est une vision datée. L’occident se représente encore comme ce qu’il fut et non comme ce qu’il est devenu. Les soi-disant partisan du monde ouvert et connecté ne cessent d’inventer des murs et des barrières, non seulement aux hommes, femmes et enfants des pays du sud, mais également au commerce et même à la libre circulation des capitaux.Franck Marsal
S’agissant des hommes et des femmes, citons la Méditerranée, transformée en cimetière, les murs et barbelés installés partout, de Ceuta et Mellila, aux forêts polonaises, ainsi qu’à la frontière etats-unio-mexicaine. Il fut un temps où la plus grande accusation portée par “l’impérialisme occidental” contre l’URSS était la fermeture des frontières des états socialistes d’Europe, le fameux “Rideau de fer”. Lorsque le Mur de Berlin tomba, Rostropovitch vint jouer du violoncelle, et tous les propagandistes du capitalisme célébrèrent la liberté retrouvée. Qui jouera et chantera lorsque le “Rideau de fer de l’UE” tombera ? Continuer la lecture de Quand les partisans de la liberté érigent partout des barrières ! par Franck Marsal
Pour le Modef, des contrôles annoncé par Bruno Le Maire ne suffiront pas. atricia Huchot-Boissier/ABACAPRESS.COM
Dès les annonces de Gabriel Attal égrainées jeudi, Pierre Thomas, président du Mouvement de défense des exploitations familiales (Modef), avait donné le ton. « Ces quelques mesures ne changent rien sur le fond. La crise que nous connaissons va donc se poursuivre. On continuera donc les actions. De toute façon, nous savons que la bataille sera longue à mener pour changer de système agricole. » Continuer la lecture de Agriculture : le Modef appelle à poursuivre les mobilisations
Avec des taux de grévistes importants et un cortège parisien fourni et dynamique, les personnels de l’éducation nationale se sont fortement mobilisés, jeudi. La raison de la colère : les mesures du « choc des savoirs », qui visent en premier lieu les élèves des familles populaires.
On disait les enseignants découragés, résignés, assommés par la succession de mauvaises réformes et de mépris depuis 2017 (au moins). Les syndicats eux-mêmes, qui appelaient à cette journée de grève et de manifestations du 1er février, semblaient parfois douter… Par son ampleur comme par son ambiance, le cortège parisien, entre le jardin du Luxembourg et la rue de Grenelle, a fait litière de ces doutes.
NDLR de MAC: Cet article éclaire l’argumentation contre l’adhésion de l’Ukraine à l’UE car les forces capitalistes sont déjà à la manœuvre pour libéraliser à outrance les marchés agricoles au profit des multinationales agroalimentaires… La guerre est aussi économique!
En Ukraine, pendant que les pauvres meurent au front …..” merci à Carole Auge qui nous transmet ce rapport et félicitons-nous que face à la thatcherisation française, il y ait chez Fabien Roussel pour la première fois l’affirmation d’une ligne politique qui défende la paix. Parce que c’est en partant des faits, de ce à quoi se heurtent réellement les couches populaires, les agriculteurs, les ouvriers, les jeunes en formation, que l’on a des chances d’intervenir efficacement et pas dans des idéologies “gauchisantes” inspirées par les faits divers de l’instant et les stéréotypes datant de la deuxième guerre mondiale, d’une conception de la “gauche” qui l’a réduite a quia. (note de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)
“Aujourd’hui, des milliers de garçons et de filles de la campagne, des agriculteurs, se battent et meurent à la guerre. Ils ont tout perdu. Les processus de vente et d’achat de terres sont de plus en plus libéralisés et font l’objet de publicité. Cela menace réellement les droits des Ukrainiens sur leur terre, pour laquelle ils donnent leur vie.” Ce rapport sur la prise de contrôle des terres agricoles ukrainiennes identifie les intérêts qui contrôlent les terres agricoles ukrainiennes, en présentant une analyse des dynamiques en jeu autour du régime foncier dans le pays. Cela inclut la très controversée réforme agraire qui a eu lieu en 2021 dans le cadre du programme d’ajustement structurel lancé sous les auspices des institutions financières occidentales, après l’installation d’un gouvernement pro-UE à la suite de la révolution de Maïdan en 2014. Avec 33 millions d’ht de terres arables, l’Ukraine possède de vastes étendues de terres agricoles parmi les plus fertiles du monde. Depuis le début des années 1990, des privatisations et une gouvernance corrompue ont concentré les terres entre les mains d’une nouvelle classe oligarchique. Environ 4,3 millions d’hectares sont consacrés à l’agriculture industrielle, la majeure partie, soit 3 millions d’ht, étant aux mains d’une douzaine de grandes entreprises agroalimentaires. Environ 5 millions d’hectares (2 fois la Crimée), ont été “volés” à l’État ukrainien par des intérêts privés.Continuer la lecture de Agriculture: GUERRE ET SPOLIATION
Tous les syndicats ont annoncé la poursuite et l’intensification de leurs actions, chacun de leur côté, jusqu’à au moins jeudi. Les cinq minutes réservées par le premier ministre au malaise paysan dans son discours de politique générale ont été prises comme un camouflet par les agriculteurs.
Est-ce un malentendu, une bourde ou l’aveu qu’il n’y a plus rien à attendre du gouvernement ? Quinze jours après le début des mobilisations du monde paysan, les participants aux blocages autour de Paris, de Lyon et d’autres grandes agglomérations avaient coché ce mardi après-midi, et le discours de présentation de politique générale de Gabriel Attal à l’Assemblée nationale, comme un possible moment de nouvelles annonces censées répondre à la crise du modèle agricole. La porte-parole du gouvernement l’avait laissé entendre la veille. C’est peu dire que le moment fut déceptif.
À l’appel des organisations syndicales, les agriculteurs poursuivent leur mobilisation cette semaine. Ils revendiquent de pouvoir vivre décemment de leur travail.
Les agriculteurs se sentent abandonnés et estiment que leur dignité est bafouée. Ils exigent une meilleure rémunération.
Arnaud Gaillot
Président des Jeunes Agriculteurs
Depuis des années, nous n’avons cessé d’alerter sur la colère grandissante du monde agricole. Nous avons besoin d’un cap. Grâce à la mobilisation, fin 2023, de tous nos départements qui dénonçait les incohérences de nos politiques, nous avons pu obtenir de premières avancées. Mais trop de sujets demeurent en suspens et la colère persiste. Un mouvement inédit s’est amorcé pour faire entendre notre voix encore plus fort. Continuer la lecture de Quelles sont les causes du mal-être agricole ?
Cela fait des semaines, voire des mois, que les syndicats d’enseignantes et enseignants de lycée agricole alertent, le Café pédagogique évoquait déjà leur situation le 15 novembre dernier. Pourtant, le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau reste sourd à leurs revendications. À l’image de l’action des agriculteurs, ces professeur·es ont occupé cinq DRAAF (Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt) – autorité académique de l’enseignement technique et supérieur agricole. Mais la réponse à leur mobilisation n’a pas reçu la même réponse que celle apportée à celle des agriculteurs et agricultrices…
Le 14 novembre dernier, une centaine d’enseignantes et enseignants de lycée avaient manifesté contre le changement de la méthode de calcul de leur temps d’enseignement dans le cadre de la réforme de la voie professionnelle. Pour ces enseignants, dès le 1er septembre, il s’agira de travailler plus pour gagner autant, voire moins dans certains cas. Continuer la lecture de Métiers agricoles : chez les professeurs aussi, c’est la crise