Le vote tactique pour Mélenchon, ce qu’il a été, ce qu’il n’est plus, par Gilles Questiaux + bon de soutien

 

Voici dans le cadre des multiples débats menés dans ce site, la contribution de Gilles Questiaux à la réflexion d’un vote communiste qui conserve son indépendance et ne renonce pas à marquer ses accords mais aussi ce qui lui parait être des insuffisances. Nous pensons en effet majoritairement dans ce site que le candidat communiste devrait s’adresser à toute une partie de son électorat naturel qui a déserté non seulement le pcf mais même le vote en sa faveur. Nous pensons également qu’au nom de l’unité de sommet dans le parti et dans le dialogue à gauche ignorer ce potentiel limite de plus en plus l’audience et le combat courageux de Fabien Roussel. C’est pourquoi nous nous félicitons que malgré ce silence, nombreux soient ceux qui se rallient, grâce à une analyse politique sur le fond, à cette candidature et nous leur donnons la parole. (note de Danielle bleitrach pour histoire et société)

Sera-t-il un bon choix tactique d’appeler au vote Mélenchon en 2022, comme en 2012 et en 2017 ? Continuer la lecture de Le vote tactique pour Mélenchon, ce qu’il a été, ce qu’il n’est plus, par Gilles Questiaux + bon de soutien

Laïcité : Blanquer menace les professeurs  in Caf. Péda.

JM Blanquer montre son vrai visage. « Transmettre les valeurs de la République » ou « quitter l’enseignement ». Le ministre de l’éducation nationale a énoncé une nouvelle règle d’interdiction professionnelle le 19 octobre  durant la première journée de formation à la laïcité organisée par son ministère. Ses menaces confirment la conception particulièrement excluante de la laïcité que porte JM Blanquer et son opposition avec la culture professionnelle des enseignants. Il ne s’agit pas de défendre la laïcité mais d’imposer la version du ministre qui, par ailleurs , est un fervent soutien du catholicisme dans son ministère. « L’école de la confiance » était bien un leurre. Ces propos font réagir des enseignants.

« Sortez de ce métier »

« Lorsqu’on devient professeur, on devient fonctionnaire. Lorsqu’on est fonctionnaire de la République, on connaît les valeurs de la République et on les transmet », déclare Jean-Michel Blanquer le 19 octobre. « Si quelqu’un a un problème avec les valeurs de la République, ça peut être possible sur le plan démocratique, en tant que citoyen français, par contre ce n’est pas possible en tant que fonctionnaire de la République… Si vous devenez professeur, vous transmettez les valeurs de la République. Et si vous ne les transmettez pas et si même vous militez contre les valeurs de la République, éventuellement sortez de ce métier, parce que vous vous êtes trompés à un moment donné ». Et JM Blanquer précise encore la menace : « Cela n’a peut-être pas été assez clair dans le présent et le futur, au travers de la formation comme de la gestion de la carrière des personnes ». Continuer la lecture de Laïcité : Blanquer menace les professeurs  in Caf. Péda.

La laïcité rabougrie de Jean-Michel Blanquer

Photo d'illustration Alain Jocard/AFP

Qu’a fait le ministère de l’Éducation nationale depuis un an pour rendre hommage à Samuel Paty et conforter les enseignants dans leur rôle ? Bien peu si ce n’est tenter d’imposer une certaine vision de la laïcité.

Il ne peut pas s’empêcher de brandir la trique. Jeudi 14 octobre, à la veille de cette journée nationale d’hommage à Samuel Paty dans tous les établissements scolaires sous la forme d’une minute de silence observée en fin de journée, Jean-Michel Blanquer a prévenu : tout fait de perturbation volontaire devra être « signalé et bien évidemment sanctionné ». Le ministre a pourtant dû rappeler que de tels faits « représentaient un pourcentage très faible », y compris l’an dernier, lors de l’hommage rendu au professeur assassiné. Continuer la lecture de La laïcité rabougrie de Jean-Michel Blanquer

Comment enseigner la laïcité aujourd’hui ? #2

© AFP

Rappel des faits   La laïcité permet à toutes et tous de vivre libres et égaux. Mais, dans un contexte de repli identitaire, quel enseignement proposer ?

La formation du jugement par la raison et la culture commune

Paul Devin, président de l’Institut de recherche de la FSU

Jean-Michel Blanquer voudrait nous faire croire à une incurie de l’éducation à la laïcité et à sa détermination personnelle à transformer cette situation. Pour imposer l’urgence de cette volonté, voilà revenu le temps des descriptions dramatisantes d’une école en proie au fanatisme islamiste, dont Jean-Pierre Obin, chargé du dossier de la formation à la laïcité par le ministre, expliquait les raisons devant le Sénat, le 10 mars dernier : naïveté, lâcheté et complaisance idéologique. Les acteurs du service public d’éducation n’ont guère apprécié que leur engagement soit l’objet d’accusations si violentes car la réalité est tout autre.

Les enseignantes et les enseignants, et avec eux l’ensemble des personnels, ne cessent d’œuvrer, au quotidien de leurs pratiques, pour lutter contre l’obscurantisme, les préjugés, les stéréotypes et pour convaincre des valeurs républicaines. Mais ils ne choisissent pas de le faire en assenant à leurs élèves une vérité dogmatique, en prescrivant leurs comportements ou en les sanctionnant par des mesures disciplinaires : ils optent pour une éducation patiente qui postule que les savoirs et la culture commune permettront à leurs élèves de fonder leurs jugements et leurs choix citoyens sur la raison et dans le respect des valeurs de la démocratie. Convaincus des vertus émancipatrices de l’école, ils en acceptent les lenteurs, les difficultés, parfois les échecs. Ils savent que la responsabilité du citoyen ne peut faire l’économie de la complexité d’une construction intellectuelle et culturelle.

Icon QuoteLes injonctions ministérielles poussent à ce que la lutte contre les manquements à la laïcité prenne une place majeure aux dépens du débat et de l’argumentation.

Sans doute ont-ils besoin d’être davantage formés à l’ensemble des dimensions de la question laïque, qu’elles soient historiques, philosophiques, sociologiques ou juridiques. Mais le paradoxe est que, disant vouloir mieux former les enseignantes et les enseignants, le ministère met fin aux activités de l’institution la plus active dans ce domaine : l’Observatoire de la laïcité. C’est qu’il ne s’agit sans doute pas tant de mieux former que de s’assurer de contenus conformes à l’idéologie ministérielle et gouvernementale. Car, obsédées par les prétendus risques du séparatisme, les injonctions ministérielles poussent à ce que la lutte contre les manquements à la laïcité prenne une place majeure aux dépens du débat et de l’argumentation.

En agissant ainsi, elles incitent à ce que l’affirmation de l’unité de la République submerge la réalité de la diversité des cultures en prenant le risque de la stigmatisation et du rejet. Faisant un tel choix, le ministère n’hésite plus à concevoir une campagne de publicité qui assigne une religion à des origines signifiées par un prénom ! L’enseignement de la laïcité doit tout d’abord affirmer le principe premier de la loi de 1905 : la République assure la liberté de conscience. Depuis la Déclaration de 1789, nous affirmons que les citoyennes et les citoyens ne peuvent être inquiétés pour leurs opinions, y compris religieuses. Mais affirmer ce droit, c’est admettre qu’il puisse nécessiter des contraintes, celle par exemple de la neutralité du service public, neutralité nécessaire pour garantir l’égalité de toutes et de tous.

Pour que les élèves puissent comprendre cela, nous devons faire le choix de l’argumentation et du débat, plutôt que celui de la lutte contre les manquements. Former à la laïcité, c’est considérer que l’exigence de soumission aux règles ne peut pas prendre le pas sur la compréhension des finalités de concorde et de tolérance du principe laïc. Former à la laïcité, c’est former aux exigences d’une dialectique qui admet la diversité des cultures tout en favorisant l’adhésion partagée aux valeurs de la République.

C’est pourquoi, plutôt que de hurler avec les loups, nous devons faire le choix du primat de l’éducation, celui de la formation du jugement par la raison et la culture commune, condition d’un exercice libre et responsable de la citoyenneté.

Les programmes doivent être élaborés démocratiquement

Texte collectif

Depuis les attentats islamistes de 2015, et plus encore après l’assassinat de Samuel Paty par un terroriste islamiste, il y a un an, l’enseignement de la laïcité apparaît à la fois comme une urgence et comme un défi. L’injonction à « enseigner la laïcité » est contredite par les politiques éducatives menées par Blanquer et Macron, qui font la part belle à l’enseignement privé, qui cherchent brutalement à transformer les enseignants en exécutants et font ainsi obstacle à la construction de l’esprit critique, et qui renoncent à l’ambition d’une école commune à toutes les classes sociales. La laïcité n’est pas un objet d’enseignement parmi d’autres. Pour enseigner la laïcité, il faut la mettre en pratique, et cela engage un projet pour l’éducation : celui d’une école commune qui permette à tous les élèves de s’approprier des savoirs pour comprendre le monde dans lequel ils vivent et le transformer.

Icon QuoteUn projet pour l’éducation : celui d’une école commune qui permette à tous les élèves de s’approprier des savoirs pour comprendre le monde dans lequel ils vivent et le transformer.

L’enseignement de la laïcité n’a donc rien à voir avec l’imposition de valeurs ou de principes, fussent-ils républicains. Il s’agit au contraire d’enseigner le processus historique dans lequel la laïcité s’est construite, de donner à comprendre les débats qu’elle a suscités, sa portée et ses enjeux, pour construire ensemble des valeurs et des principes partagés. Les perspectives disciplinaires, en histoire mais aussi en sciences économiques et sociales, en français, en philosophie ou en éducation physique et sportive, par exemple, sont à ce titre bien plus éclairantes qu’un enseignement dédié qui risquerait de tourner au catéchisme républicain. Encore faudrait-il avoir le temps de les développer : les politiques de réduction du temps scolaire menées depuis plus de dix ans, avec le passage à la semaine de 26 heures au collège ou la réduction des horaires de français et d’histoire à 1 h 30 hebdomadaire en lycée professionnel, rendent un tel enseignement de plus en plus difficile.

Tous les élèves sont capables de réflexion et d’échanges argumentés, mais ils ne le sont pas à n’importe quelles conditions. Pour que tous les élèves puissent s’approprier la culture scolaire, la faire dialoguer avec leur culture familiale et avec celle des autres, accéder à la réflexion critique et se construire comme personnes libres dans le collectif, la question du temps est essentielle : c’est pourquoi le PCF propose de revenir à une semaine de 27 heures de classe en primaire et d’arriver progressivement à 32 heures hebdomadaires dans le secondaire. Donner du temps est nécessaire, mais ne suffit pas.

Icon QuoteL’enseignement ne peut pas être émancipateur si les enseignantes et les enseignants ne sont pas en position de maîtriser leur métier.

L’enseignement ne peut pas être émancipateur si les enseignantes et les enseignants ne sont pas en position de maîtriser leur métier : les contenus qu’ils enseignent, les origines des difficultés des élèves, leurs propres pratiques d’enseignement. Cela implique de reconstruire une formation initiale et continue de haut niveau, mais aussi de rompre avec les politiques qui transforment les chefs d’établissement et les cadres de l’éducation nationale en managers. Pour enseigner les sujets qui font débat dans la société, les enseignantes et les enseignants ont besoin de pouvoir s’appuyer sur un collectif à la fois cohérent et démocratique.

Surtout, l’émancipation de nos élèves suppose un enseignement laïque, protégé de tous les dogmes, qu’ils soient religieux, politiques ou économiques. Il est dangereux qu’une conception de la laïcité très contestée par les spécialistes de la question soit imposée dans l’institution scolaire parce qu’un ministre en a décidé ainsi. Il est tout aussi dangereux que des lobbies patronaux, relayés par certains économistes, influencent les programmes de sciences économiques et sociales en faisant des postulats et des résultats de l’économie néoclassique une vérité révélée.

Pour éviter l’instrumentalisation des programmes au gré des alternances politiques, ils doivent être élaborés démocratiquement par les enseignantes et enseignants, les chercheuses et les chercheurs, en y associant l’ensemble des acteurs de l’éducation, de la vie culturelle, économique et sociale.

Signataires : Sébastien Laborde, Christiane Le Pennec, Erwan Lehoux, Marine Roussillon, Patrick Singéry, membres du réseau école PCF.

La distinction du privé et du public est capitale

Henri Pena-Ruiz, philosophe

D’abord une explication du mot. La laïcité, c’est l’indépendance des lois communes par rapport à toute religion, garantie par la séparation. «L’État chez lui, l’Église chez elle » : la formule célèbre de Victor Hugo, poète croyant, dit l’essentiel, comme l’a rappelé l’historien Jean-Paul Scot. Un peu d’étymologie. Le mot laïcité vient du grec laos, qui désigne l’ensemble du peuple, sans distinction ni domination.

La Révolution française, en abolissant les privilèges et en faisant de la souveraineté populaire le fondement de la souveraineté nationale, a promu l’émancipation individuelle et collective sur le plan juridique. Les lois communes sont désormais fondées sur les droits de l’être humain, et c’est tout le peuple qui se les donne à lui-même.

Icon QuoteLa laïcité impulse l’émancipation de la vie spirituelle, la façon de s’accomplir, et finalement la construction de soi, désormais délivrées de toute mise en tutelle.

Dans la foulée d’une telle refondation de la nation, la laïcité se définit par le triptyque qui réunit la liberté de conscience, l’égalité de droits, et l’intérêt général comme raison d’être de l’action publique. La séparation laïque n’est donc hostile ni aux religions ni à l’humanisme athée ou agnostique, qui sont des options spirituelles libres mais particulières en ce sens qu’elles n’engagent qu’une partie des citoyens et citoyennes. La laïcité impulse l’émancipation de la vie spirituelle, la façon de s’accomplir, et finalement la construction de soi, désormais délivrées de toute mise en tutelle. Elle est donc bonne pour toutes les personnes. Cet universalisme du souci de liberté en fait un authentique levier d’émancipation et de promotion du bien commun à tous.

La mise en œuvre de l’idéal laïque est exigeante, car elle se heurte à des résistances. Aux clergés crispés sur leurs privilèges, et aux traditionalistes attachés à leurs dominations, elle oppose sa logique émancipatrice. Quant aux responsables de l’action publique, elle leur impose une véritable déontologie, c’est-à-dire des règles qui assurent le respect de tous les citoyens et montrent l’exemple. La neutralité laïque interdit à un élu de privilégier une conviction spirituelle dans l’exercice de ses fonctions, par exemple en consacrant des deniers publics à la religion, ou à l’athéisme.

L’argent public, venu de tous, doit profiter à tous. Pas de clientélisme électoral, qui lèse le bien public. La chose est limpide et simple. Cette déontologie en actes fait de tout élu un instituteur de la laïcité. C’est dire qu’il doit réserver à sa sphère privée la manifestation de sa propre conviction spirituelle. Il en va de même pour les enseignants de l’école publique, qui assurent la promotion de l’autonomie de jugement de leurs élèves en évitant tout prosélytisme.

Icon QuoteUne boussole essentielle pour les citoyens comme pour les élus et les enseignants.

Le sens de l’intérêt général interdit tout privilège public de la religion comme de l’humanisme athée. En France, selon un sondage Ipsos récent, les athées, qui ne croient pas en Dieu, et les agnostiques, qui ne s’en soucient pas, sont aujourd’hui majoritaires. Mais pas plus qu’aux fidèles des religions, cela ne doit leur donner de privilèges. « L’égale liberté et l’égal traitement des options spirituelles » déploient le principe républicain d’égalité. Voilà une boussole essentielle pour les citoyens comme pour les élus et les enseignants. La distinction de ce qui est privé et de ce qui est public est ici capitale.

Pour expliquer pleinement la laïcité, il faut en montrer l’enjeu pour la paix et l’émancipation. Il ne s’agit pas de nier les différences, mais de faire en sorte que leur expression ne compromette pas le cadre commun qui assure leur coexistence. Une exigence qui vaut au regard de toutes les religions. Rien de compliqué à cela, et nul besoin d’adjectif pour le mot laïcité. La vouloir « ouverte », c’est insinuer qu’en elle-même elle serait fermée. Une calomnie commune aux adversaires de la laïcité, nostalgiques des privilèges perdus de la religion et bien souvent des traditions rétrogrades sacralisées par elle.

Le machisme patriarcal, la domination des femmes, la persécution des homosexuels et des athées, la réduction du sexe à la procréation, l’intolérance et le fanatisme mortifères, entre autres, sont dans toutes les mémoires. Des choses à rappeler, afin de montrer à quoi la laïcité et l’idéal humain qui la fondent nous permettent d’échapper.

Icon Education Henri Pena-Ruiz est notamment l’auteur du Dictionnaire amoureux de la laïcité (Plon, 2014)

Lire aussi Comment enseigner la laïcité aujourd’hui ? #1

Guislaine David : Le travail collégial va être mis à mal par la loi Rilhac in Caf. Péda.

Si la question des directeurs d’école divise les syndicats enseignants, le premier syndicat des professeurs des écoles, le Snuipp Fsu, a bataillé contre la loi Rilhac. Après son adoption par l’Assemblée, quels consignes le syndicat va t-il donner ? Comment explique t-il la mobilisation insuffisante des enseignants qui avaient pourtant obtenu le retrait du projet Rilhac en 2019 et 2020 ? Guislaine David, co-secrétaire générale du Snuipp Fsu fait le point.

La loi Rilhac est passée. Que va t-elle changer pour les directeurs d’école ?

Ce qui est certain c’est qu’elle ne va pas améliorer leurs conditions de travail. Elle va plutôt alourdir leur charge de travail. Avec l’autorité fonctionnelle de nouvelles compétences vont leur être attribuées. Or ils n’ont aucune assurance d’avoir une aide administrative car la loi n’oblige ni l’Etat ni les communes à en fournir. Certaines communes le feront et on aura encore plus d’inégalité entre les écoles. La loi ne dit pas non plus qu’il y aura moins d’enquêtes et de taches administratives. Il n’y a plus d’assurance d’avoir des décharges en fonction du nombre de classes. La loi prévoit de les attribuer en fonction des « spécificités » des écoles. Elles pourront donc varier selon les écoles même dans une même commune sans critère objectif. C’est inquiétant. Et cela ne répond pas aux besoins du terrain. Continuer la lecture de Guislaine David : Le travail collégial va être mis à mal par la loi Rilhac in Caf. Péda.

Loi Rilhac : Des amendements pour la libéralisation intégrale de l’Ecole in Caf. Péda.

Que restera t-il des relations professeurs – directeurs d’école mercredi soir ? Alors que la loi Rilhac arrive en 2de lecture à l’Assemblée le 29 septembre, on connait déjà les amendements qui seront examinés. Sous l’impulsion du discours d’Emmanuel Macron à Marseille, plusieurs invitent à donner le pouvoir de recrutement aux directeurs d’école partout et dès maintenant. Certains vont encore plus loin en lui reconnaissant aussi le droit de fixer les rythmes, les récréations et même « la façon d’enseigner ». Après Marseille, la loi Rilhac est dépassée par l’élan libéral lancé par le président de la République dans une surenchère dévastatrice.

Le texte issu de la commission

Examinée en commission le 22 septembre, la loi Rilhac a vu la majorité faire bloc pour imposer un directeur d’école ayant autorité fonctionnelle sur les professeurs des écoles. « Il bénéficie d’une délégation de compétences de l’autorité académique pour le bon fonctionnement de l’école qu’il dirige. Il dispose d’une autorité fonctionnelle permettant le bon fonctionnement de l’école et la réalisation des missions qui lui sont confiées », affirme l’article 1 de la loi. En même temps la commission a retiré de la proposition de loi toutes les contraintes pour l’Etat. Les décharges ne sont plus fixées en fonction du nombre de classes mais en fonction de ce nombre et des « spécificités » de l’école, ce qui rebat les cartes. Continuer la lecture de Loi Rilhac : Des amendements pour la libéralisation intégrale de l’Ecole in Caf. Péda.

Sondage exclusif. Le peuple de gauche livre sa feuille de route pour 2022

Salaires, répartition des richesses, environnement… À sept mois de la présidentielle, la 8e vague de notre baromètre Ifop révèle les priorités et les attentes de sympathisants de gauche, plus nombreux que ce que laissent entrevoir les intentions de vote actuelles.

Par les temps qui courent, à gauche, la lecture d’un sondage s’accompagne toujours d’une dose d’appréhension. La 8e vague de notre baromètre Ifop « être de gauche aujourd’hui » échappe, au moins par certains aspects, à la règle. Alors que le spectre d’un remake Macron-Le Pen hante les enquêtes, à quelques mois de l’élection présidentielle, « le positionnement de gauche progresse symboliquement pour la première fois depuis 2016 », relève Frédéric Dabi, le directeur général de l’Ifop. Au total, 45 % des sondés affirment se situer à gauche de l’échiquier politique, soit une progression de 3 points par rapport à 2020. Un score dont la traduction en intentions de vote est loin d’être automatique quand le total de la gauche peine à atteindre les 30 % et son candidat le mieux placé à franchir la barre des 10 %. Continuer la lecture de Sondage exclusif. Le peuple de gauche livre sa feuille de route pour 2022

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Marseille : Des directeurs en colère parlent in Caf. Peda.

Qui du président ou du candidat aux futures élections présidentielles s’est exprimé le 2 septembre dernier ? Une question qu’il est légitime de se poser à l’écoute des annonces faites lors du discours de clôture des trois jours de visite de la cité phocéenne. Loin d’apporter des réponses concrètes aux marseillais et marseillaises sur l’état de leurs écoles, Emmanuel Macron s’est prêté au jeu des slogans grandiloquents, « Marseille en grand », « École du futur » … Mais l’annonce de trop, celle qui fait sortir de leur gonds tous les syndicats, même les plus réformistes, c’est celle qui prévoit « plus de liberté aux directeurs » dans le choix de leur équipe pédagogique dans une cinquantaine d’écoles des quartiers nord marseillais. « Nos élèves ne sont pas des rats de laboratoire et n’ont pas besoin d’un traitement en dehors du cadre de la République » lui répond le SNUipp-FSU des Bouches-du-Rhône. Les remarques d’Anne Catherine Marigot et Benjamin – qui a préféré garder l’anonymat, tous deux directeurs d’école des quartiers nord, abondent dans le même sens.

L’état des écoles à Marseille, cela fait des années que tout le monde s’en offusque. Rats et cafards qui se baladent entre les chaises des élèves, plafond qui s’effondre à cause de la pluie… Il faudrait plus d’un milliard d’euros pour rénover toutes les écoles de la ville et reconstruire, les quelques 174 écoles vétustes, principalement situées dans les quartiers nord. Difficile de rattraper plus de trente ans d’abandon de l’ère Gaudin… En 2016, ce sont cinq millions d’euros qu’avait investi l’état dans la réhabilitation des écoles lors d’une visite de Najat Vallaud-Balkacem, alors ministre de l’Éducation nationale. Continuer la lecture de Marseille : Des directeurs en colère parlent in Caf. Peda.

E Macron lance à Marseille la transformation libérale de l’école 

Bonne nouvelle, l’Ecole va bien se retrouver au centre du débat de la présidentielle. Mauvaise nouvelle : E Macron va faire campagne sur un programme ultra libéral pour l’école publique. Présentant le 2 septembre son plan pour le Grand Marseille, le président de la République a annoncé un statut dérogatoire spécial pour 50 écoles marseillaises dès la rentrée 2022. Dans ces écoles, les directeurs choisiront les enseignants et disposeront d’une large autonomie pour adapter les horaires, les rythmes scolaires avec la participation  « d’acteurs extrascolaires ». Cette « école du futur » reprend le vieux projet libéral d’une école privatisée. On pouvait penser que le gouvernement stopperait ses réformes d’ici les élections. Il fait le choix inverse, d’aller plus loin dans la libéralisation de l’Ecole. Et probablement d’inscrire cette contre révolution libérale dans le programme d’E Macron aux présidentielles.

Les directeurs embaucheront les enseignants

On s’attendait à un plan d’investissement dans les écoles marseillaises. C’est ce que l’Elysée avait annoncé. Et le chiffre du milliard circulait pour rénover les 174 écoles marseillaises laissées à l’état de ruine par la municipalité précédente. On verra qu’il y a bien un plan à ce sujet. Mais il reste flou sur le concret et précis sur le politique car il vise surtout à lier la nouvelle municipalité de gauche à un projet libéral.

Ce qui est précis c’est la volonté de casser les règles de fonctionnement des écoles publiques pour les aligner sur celles des écoles privées. Et là dessus le président de la République veut aller très vite et très loin. Continuer la lecture de E Macron lance à Marseille la transformation libérale de l’école