Trump kidnappe Maduro, déclare l’occupation et ouvre le pétrole vénézuélien aux entreprises américaines.

Les mensonges et les déclarations tonitruantes font partie de l’opération engagée contre le Venezuela. En particulier, la déclaration selon laquelle Marco Rubio est en contact avec la vice-présidente venezuelienne Delcy Rodriguez et qu’elle « est prête à faire ce qui doit être fait ». Cela contribue évidemment à semer le doute dans les rangs adverses et au niveau international : à quoi bon s’engager et soutenir le Venezuela si leurs dirigeants sont prêts à céder ? Il en est de même de toutes les menaces contre Cuba, le Mexique … C’est déjà une forme d’agression. Pourtant, les faits sont têtus. La doctrine Monroe appartient au passé. Elle date du 19ème siècle, à l’époque où les USA étaient en pleine ascension économique. Ils n’ont cessé depuis de piller les richesses du continent mais ne l’ont pas réellement développé. Eux-mêmes sont aux prises avec une grande pauvreté et le développement de leur économie s’appuie davantage sur l’exploitation des acquis, notamment le statut du dollar, leur domination financière (prélèvement de la rente), le commerce mondial d’armes et les monopoles établis sur internet qui constitue une sorte de taxe à l’égard de tous les pays du bloc dans lesquels ils sont présents, que sur la modernisation et l’élargissement de la production. Avec quels moyens pourront-ils remplacer la Chine dans le développement et la modernisation de l’Amérique Latine ? (note de Franck Marsal pour Histoire&Société)

Lire aussi: Venezuela, Trump confirme la finalité de son agression impérialiste, Macron approuve en vassal des USA


Jim Cason et David Brooks, correspondants

Washington et New York. Le commandant en chef Donald Trump a ordonné l’opération militaire visant à kidnapper Nicolás Maduro et son épouse Cilia Flores sous prétexte de lutte contre le trafic de stupéfiants et a déclaré que les États-Unis gouverneraient le pays sud-américain jusqu’à ce qu’une « transition en bonne et due forme » soit réalisée, que les compagnies pétrolières américaines seraient chargées de gérer le pétrole vénézuélien et que cela était un signe de la résurgence de la doctrine Monroe. Continuer la lecture de Trump kidnappe Maduro, déclare l’occupation et ouvre le pétrole vénézuélien aux entreprises américaines.

Venezuela : non à l’agression impérialiste, respect du droit international et de la souveraineté des peuples

Publié le 03 janvier 2026

Le Parti communiste français condamne avec la plus grande fermeté l’offensive militaire menée par les États-Unis contre le Venezuela, revendiquée par l’administration américaine dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026, ainsi que l’arrestation et l’exfiltration annoncées du président Nicolás Maduro.

Cette intervention constitue une violation flagrante de la souveraineté du Venezuela, du droit international et de la Charte des Nations unies.

Elle s’inscrit dans la continuité d’une stratégie d’ingérence et de déstabilisation que le PCF dénonce depuis de nombreuses années : sanctions économiques criminelles, pressions diplomatiques, tentatives de coups de force, reconnaissance de dirigeants autoproclamés, et désormais recours assumé à la force militaire. Elle révèle une nouvelle fois le fond réel de cette politique : l’accaparement des immenses ressources pétrolières du Venezuela au profit des intérêts économiques et financiers nord-américains.

Le PCF rappelle avec constance que le peuple vénézuélien est seul légitime à décider de son avenir, sans ingérence extérieure. Rien ne saurait justifier une agression militaire étrangère, encore moins une opération de changement de régime par la force.

Les premières informations font état d’attaques armées sur plusieurs zones du pays, de scènes de panique parmi la population et d’un risque élevé d’escalade régionale. Ce sont toujours les peuples qui paient le prix de ces aventures impérialistes : morts civiles, destructions d’infrastructures, aggravation des crises humanitaires.

Le PCF exige :

  • l’arrêt immédiat de toute opération militaire et la désescalade
  • le respect du droit international, de la souveraineté du Venezuela et de l’intégrité de son territoire ;
  • des preuves de vie et la libération immédiate des personnes arrêtées, en premier lieu le Président Maduro, et le respect strict de leurs droits fondamentaux ;
  • la levée des sanctions économiques qui étranglent la population vénézuélienne et constituent une forme de guerre contre le peuple ;
  • la convocation d’instances multilatérales, sous l’égide des Nations unies, pour favoriser une solution politique, pacifique et négociée.

Le PCF appelle solennellement le gouvernement français et l’Union européenne à rompre avec toute complaisance ou alignement sur la politique des États-Unis. La France doit porter une voix indépendante, fidèle à ses engagements internationaux, œuvrant pour la paix, la coopération et le règlement politique des conflits, et non cautionner une nouvelle violation du droit international. Elle doit saisir immédiatement le Conseil de sécurité de l’ONU.

Face aux logiques impérialistes, le PCF réaffirme sa solidarité avec les peuples qui subissent les guerres, les sanctions et les ingérences. La paix, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et le multilatéralisme sont des principes non négociables.

Parti communiste français

Que la lettre de l’année 2026 soit F comme France et pour la France fidèle à Fidel, la dignité en défense de l’humanité

Miguel Díaz-Canel Bermúdez est à Cuba.

 ·

Que 2026, Année du Centenaire du Commandant en Chef #Fidel Castro Ruz, nous trouve en train de nous battre et plus unis que jamais !

Vive la révolution cubaine !

Ce qui apparaît est la force et la justesse de l’analyse du commandant en chef de Cuba qui a choisi de résister quand la planète entière paraissait renoncer. Il a su voir en suivant Marx mais aussi José Marti la nature de l’impérialisme, ce qui est dans sa nature et que seul le socialisme dirigé par un parti communiste garant de la souveraineté et de l’unité nationale peut réaliser (tout dans la Révolution, rien en dehors de la révolution).

Les Cubains et ce n’est pas un hasard ont tous remis l’uniforme, celui en défense de la paix, de l’égalité, de la liberté réelle, celle des luttes…

Il suffit de voir comment Trump a terminé l’année 2025 non pas en « mettant fin aux guerres », mais en les multipliant. De Gaza au Venezuela, de la Somalie à l’Ukraine, Trump a perpétué la guerre tout en agitant la menace d’un cataclysme en Iran et à Taïwan pour satisfaire ses donateurs, qui demeurent les marchands d’armes et ceux qui vivent des ruines des guerres. Il a tenté de se libérer des parasites bellicistes européens mais ça a été pour être toujours plus la proie des pétroliers, des milliardaires du golfe persique et de leur alter ego le likoud de Netanyahou, les affairistes, les corrompus, il a accordé le feu vert à toutes les aventures y compris pétrolières, depuis l’acharnement contre l’Iran, le soutien au terrorisme, et a fait des Caraïbes, du Venezuela le terrain d’expérimentation pour la piraterie et les bombardements en train de s’étendre à la zone pacifique. Alors que tous les peuples y compris ceux des USA aspirent à la paix et qui cherchent désespérément une solution politique qui a été sciemment détruite dans les année 1980 et 90, alors que Fidel lui disait que la défaite du socialisme était temporaire et celle de l’impérialisme définitive.
Mais le danger est grand et peu de peuples ont la chance d’avoir eu une vision aussi claire de l’avenir. La France paraît dans un état désespéré, dans l’antichambre du fascisme et pétrifiée devant la guerre.

Danielle Bleitrach

Sur Lénine et le léninisme : Hô Chi Minh

Ce texte soulève plusieurs questions fondamentales dans la période que nous traversons, après des décennies d’une intense confusion idéologique qui a obscurci non seulement la compréhension des conditions historiques, mais la définition des tâches à résoudre et encore plus, celle de la méthode d’action politique. Le résumé que donne Ho Chi Minh de l’apport de Lenine est au fond simple. les nouvelles conditions historiques ont été clairement établies et les tâches qui en résultent peuvent être exprimées simplement. Sur cette base, il faut ensuite un long, acharné travail de réalisation qui doit être mené sans faiblir, sans hésiter et sans attendre. L’apport théorique de Lenine a porté non seulement sur la compréhension des conditions historiques, sur la formulation des tâches prioritaire, mais surtout sur la méthode, le travail acharné et patient autour de l’outil qu’est le parti révolutionnaire. Malgré les reculs de la fin du 20ème siècle, une poignée de pays ont franchi le seuil du socialisme et, sous la direction du parti communiste, travaillent sans relâche à le construire patiemment dans le développement des forces productives, ainsi qu’à changer les rapports internationaux, tant pour leur propre développement que pour libérer l’humanité de l’impérialisme et de la guerre. Pour nous autres, cette tâche de construction du parti et de conquête du pouvoir par la classe prolétarienne reste non résolue. Les contradictions s’accumulent autour de cette situation, entraînant régressions et confusion. Il ne faut pas réinventer la théorie mais principalement revoir les conditions de sa mise en pratique. Un long et acharné travail. (Note de Franck Marsal pour Histoire&Société).

gratuit

Publié pour la première fois dans la revue soviétique Socialisme : Théorie et Pratique en septembre 1985 

La vie de Hô Chi Minh (« sage » en vietnamien), figure emblématique de la lutte pour le bonheur du peuple, fut riche et mouvementée. De son vrai nom Nguyễn Tất Thịnh (1890-1969), il était le fils d’un instituteur de village. Il s’engagea très jeune dans la lutte révolutionnaire. À 15 ans, il servait d’intermédiaire entre les démocrates patriotes locaux et les colonialistes français qui régnaient sur le pays depuis le milieu du XIXe siècle. Continuer la lecture de Sur Lénine et le léninisme : Hô Chi Minh

6 décembre 1905 : la loi de séparation de l’Église et de l’État est définitivement votée, un souffle de libération et d’émancipation

Le 6 décembre 1905, la loi de séparation de l’Église et de l’État est définitivement votée. Fruit d’une longue lutte des républicains parmi lesquels Jaurès et Briand, la loi s’impose non sans résistances du clergé et de ses soutiens. Cette loi est une étape historique fondamentale entre les principes posés par la révolution et la consécration de la république laïque à la libération.

L’application de la loi ne va pas sans heurts. L’inventaire des biens de l’Église suscite la réaction des milieux catholiques. Dans l’église Sainte-Clotilde à Paris en 1906. © ROGER-VIOLLET

« Victoire historique. » Sous ce titre triomphant et sur trois colonnes à la Une, « l’Humanité » du 7 décembre 1905 publie un grand article de Francis de Pressensé, député socialiste de Lyon. La loi de séparation des Églises et de l’État, que la Chambre des députés a adopté le 3 juillet, vient de l’être par le Sénat, le 6 décembre, sans modification, par 181 voix contre 102. Le président de la République Émile Loubet n’a plus, malgré son opposition, qu’à la promulguer le 9. En dépit de multiples difficultés, la séparation, inscrite dans tous les programmes républicains depuis 1869, est enfin adoptée. Continuer la lecture de 6 décembre 1905 : la loi de séparation de l’Église et de l’État est définitivement votée, un souffle de libération et d’émancipation

Face aux pressions américaines, renforcer la régulation démocratique du numérique (PCF)

 

La décision de l’administration américaine de sanctionner par des restrictions de visa des responsables européens et des acteurs associatifs, dont Thierry Breton, en raison de leur rôle dans la régulation du numérique, constitue une ingérence inacceptable dans les choix démocratiques européens. Continuer la lecture de Face aux pressions américaines, renforcer la régulation démocratique du numérique (PCF)

Sur le concept d’écocivilisation

Un article encore plus explicite de John Bellamy Foster. Nous avons besoin de beaucoup de travail, il y a tant de choses à lire, à connaître et nous avons une telle crasse intellectuelle, qui dans la dérive politique qui s’est imposée en France, depuis l’eurocommunisme et s’est magnifié dans la débâcle de la gauche qui se poursuit, nous sommes dans une désagrégation « anomique » qui dépasse la volonté des individus et se traduit par un narcissisme pathologique, une limitation de l’horizon à de petites ambitions. On se demande parfois s’il est possible de reprendre pied tant il y a une manière de se vautrer dans l’ignorance des certitudes, le refus des débats sur le fond, c’est ce que je tente d’aborder dans le petit « cahier » que je viens de terminer, je crois que je jette les jalons d’une analyse. Au risque de vous étonner je crois que nous avançons. Nous ne partageons pas nécessairement tous les attendus de ceux qui tentent de sortir du marasme, mais il faut mettre en évidence les convergences. John Bellamy Foster a raison de refuser l »économisme » technocratique et d’accepter de comprendre la relation de Marx à Hegel, la critique de l’économie politique, la relation dialectique aux forces productives, Marx est d’abord la force du vivant. (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoire et societe)

 John Bellamy Foster

Durant la révolution industrielle du XIXe siècle en Angleterre, Newcastle était au cœur de l’industrie charbonnière. L’expression « transporter du charbon à Newcastle » désignait le fait d’acheminer inutilement une ressource précieuse vers un lieu où elle était déjà abondante.

Pour un penseur occidental, parler de civilisation écologique (ou écocivilisation) à un public chinois revient à apporter du charbon à Newcastle, car c’est en Chine que ce concept est le plus développé. Je soutiendrai néanmoins que la notion d’écocivilisation est intrinsèquement liée au marxisme. Par conséquent, cette intervention examinera le concept d’écocivilisation dans une perspective marxiste écologique élargie. À cet égard, je formulerai dix thèses préliminaires sur l’écocivilisation.

  • Le concept de civilisation écologique trouve ses origines dans le marxisme et est intrinsèquement socialiste. Apparu comme perspective systématique à la fin des années 1970 et dans les années 1980 en Union soviétique, inspiré par la pensée écologique de Karl Marx, il fut immédiatement adopté par les penseurs chinois. Il demeure pratiquement absent en Occident à ce jour, car il est radicalement éloigné de la notion de civilisation capitaliste, ainsi que des conceptions eurocentrées de la modernité .

(2) La perspective philosophique fondamentale de l’écocivilisation a des racines profondes dans les notions de modernité des civilisations anciennes, ou de la relation humaine active avec le monde organique-matériel, telles que décrites par les penseurs marxistes Joseph Needham et Samir Amin dans leurs critiques de l’eurocentrisme.

Cette perspective philosophique organico-matérialiste a émergé durant ce que l’on appelle l’Âge axial, notamment dans la civilisation hellénistique et pendant la période des Royaumes combattants en Chine, entre le Ve et le IIIe siècle avant J.-C. Marx lui-même a adopté dès le départ une vision organico-matérialiste, développant une conception de l’être humain comme être de nature auto-médiateur qui rompait avec le mécanisme occidental et les conceptions eurocentriques de la modernité, grâce à sa rencontre avec la philosophie matérialiste épicurienne .

Cependant, une grande partie de ces idées fut submergée par le marxisme ultérieur et complètement étouffée dans la tradition philosophique marxiste occidentale. En Chine, la continuité de la civilisation depuis le taoïsme (qui présentait des similitudes avec l’épicurisme), le confucianisme et le néo-confucianisme assura la perpétuation de ces conceptions matérialistes organiques antérieures, rendant la Chine plus réceptive à l’écologie et aux perspectives écologiques de Marx en particulier .

(3) Bien qu’elle puise ses racines dans des philosophies anciennes, la civilisation écologique, en tant que perspective historique transformatrice, est un produit de la société post-révolutionnaire et du développement du socialisme. Elle reflète l’idée que l’être humain est l’acteur de sa propre relation à la nature, notion qui faisait partie intégrante de la vision marxienne du développement humain durable, incarnée dans sa théorie de la perturbation métabolique. Cette approche rejette toute idée selon laquelle l’écocivilisation serait un produit direct du prémodernisme ou du postmodernisme, ou qu’elle puisse s’expliquer, comme l’ont proposé certains théoriciens écologiques chinois, par la succession des civilisations : civilisation traditionnelle, civilisation agricole, civilisation industrielle et enfin civilisation écologique. 4

(4) Le concept de civilisation écologique socialiste en Chine a mis ces idées en pratique de la manière la plus complète.

La civilisation écologique socialiste doit être considérée comme un développement au sein du socialisme. Il est important de souligner qu’il ne saurait y avoir de « civilisation écologique capitaliste », puisque le capitalisme est fondamentalement étranger à la nature et à l’écologie et les détruit. Parler de civilisation écologique socialiste, dès lors, revient simplement à parler du socialisme intégral comme plein épanouissement d’un développement humain durable qui intègre à la fois l’égalité réelle et la durabilité écologique. Il signifie la réconciliation de l’humanité avec la nature.

(5) La civilisation écologique met en lumière ce que les marxistes chinois ont présenté comme la nécessité de « la modernisation de l’existence harmonieuse entre l’humanité et la nature ».

Cette approche repose sur les principes fondamentaux du socialisme. Elle s’oppose donc à la modernisation dite écologique, conçue comme une philosophie mécaniste et un projet purement technocratique en Occident. Elle adopte certaines technologies nécessaires à la transformation écologique, mais les met en œuvre conformément aux principes socialistes, ce qui implique des relations sociales différentes. L’élément crucial réside ici dans la conception fondamentalement différente de la modernisation au sein du marxisme chinois et de la pensée écologique.

(6) Le concept de « communauté de vie » développé par la théorie écologique socialiste en Chine est essentiel pour définir la civilisation écologique.

Elle comporte trois composantes : 1) une communauté du vivant avec des écosystèmes ; 2) « la communauté du vivant de l’humanité et de la nature » ; et 3) une synthèse dialectique, qui constitue « la communauté de toute vie sur Terre » et un « avenir partagé ». Comme l’écrivait Aldo Leopold, grand défenseur de l’environnement américain du début du XXe siècle : « Nous maltraitons la terre parce que nous la considérons comme une marchandise qui nous appartient. Lorsque nous la percevons comme une communauté à laquelle nous appartenons, nous pouvons l’utiliser avec amour et respect. » Leopold proposait une éthique de la terre qui élargissait « le périmètre de la communauté… pour inclure les sols, les eaux, les plantes, les animaux, ou, collectivement : la terre ».

Marx soutenait que personne ne possède la terre, pas même tous les pays et tous les peuples de la planète ; ils en sont simplement « les locataires, les bénéficiaires, et ils doivent la léguer en meilleur état aux générations suivantes en tant que bons chefs de famille ». 

(7) La notion de durabilité écologique intégrée au concept de communauté de vie est illustrée dans la « Pensée de Xi Jinping sur la civilisation écologique ».

Xi Jinping a déclaré que s’il fallait choisir entre des « montagnes d’or » et des « montagnes vertes », il fallait privilégier les montagnes vertes, reconnaissant que « les eaux claires et les montagnes luxuriantes sont des richesses inestimables ». Adoptant une approche matérialiste marxiste de l’écologie, Xi Jinping a soutenu que l’écologie est « la forme la plus inclusive de bien-être public ». Reprenant les idées de Friedrich Engels sur la « vengeance » de la nature, Xi Jinping a indiqué que « tout dommage que nous infligeons à la nature finira par nous rattraper ». De plus, il insiste sur le fait que la question de la nature dépasse la simple durabilité matérielle et englobe l’esthétique, comme en témoigne son concept de « Belle Chine » .

Ainsi, la notion de civilisation écologique en tant que communauté de vie s’élargit et acquiert une signification sociale plus large pour le travailleur collectif, grâce au renouvellement de la ligne de masse.

(8) Marx a soutenu que le vol de la nature par le capitalisme, qui a conduit à l’effondrement métabolique, signifiait l’affaiblissement de la base naturelle ou écologique éternelle de la civilisation.

Cela signifie qu’il était nécessaire  de rétablir  les rapports métaboliques, ce qui n’est possible que sous le socialisme. 11 Face à une crise écologique planétaire sans précédent, ce rétablissement constitue la priorité absolue (outre la menace nucléaire) pour l’avenir de l’humanité.

Dans les pays riches caractérisés par une surcapacité, cela soulève la question de la décroissance. Pour l’humanité dans son ensemble, cela soulève la question du développement humain durable et, en définitive, d’une civilisation écologique dans le cadre d’un socialisme intégral.

(9) Le concept de décroissance n’existait pas dans le socialisme du XIXe siècle, bien que Marx ait eu une vision du développement humain durable. La décroissance, en tant que processus de désaccumulation, acquiert toute sa signification dans une perspective marxiste, découlant du système irrationnel du capitalisme monopolistique/impérialisme et de ses crises de suraccumulation.

Par conséquent, toute initiative résolue en faveur de l’écologie dans les principaux pays capitalistes au cœur du système mondial exige une rupture avec les structures du capitalisme monopolistique et de l’impérialisme. Les pays capitalistes dominants, qui sont aussi les principaux pays capitalistes monopolistiques et impérialistes, se caractérisent écologiquement par une surexploitation de l’environnement, avec des empreintes écologiques qui dépassent – ​​parfois de trois ou quatre fois – la capacité de la Terre à supporter les ressources si l’on généralisait ce phénomène à l’ensemble de l’humanité.

Ces empreintes écologiques colossales témoignent d’un impérialisme économique et écologique. Par conséquent, du point de vue de l’humanité tout entière, ces nations doivent réduire drastiquement et de manière disproportionnée leur consommation d’énergie par habitant, leur utilisation des ressources et leurs émissions de carbone, ainsi que leur accaparement net des richesses du reste du monde.

Étant donné que le capitalisme monopolistique favorise un gaspillage économique considérable comme moyen d’accumulation/financiarisation, engendrant une pauvreté artificielle et présentant des niveaux d’inégalité astronomiques (une poignée d’individus possédant plus de richesses que la moitié de la population), une stratégie de décroissance planifiée est compatible avec une amélioration spectaculaire des conditions économiques et sociales de la majorité de la classe ouvrière.

(10) Dans tous les pays du monde, la crise écologique planétaire exige une révolution écologique qui englobe à la fois les forces productives et les relations sociales.

Dans tous les cas, cela implique le développement d’un prolétariat environnemental en conflit avec le capitalisme monopolistique généralisé et l’impérialisme. En Chine et dans certains autres pays post-révolutionnaires, cela peut se réaliser grâce à une ligne de masse éco-révolutionnaire et à la construction d’une société durable fondée sur les structures communautaires et collectives existantes. Pour la plupart des pays du Sud, le développement humain durable requiert une rupture avec le système de valeurs impérial et une action révolutionnaire d’un prolétariat environnemental visant la survie de l’humanité et la création planifiée d’une société de développement humain durable.

Même dans les pays du Nord, la révolution écologique exige la destruction de l’impérialisme et la réintégration de toute l’humanité sur un pied d’égalité, dans le cadre d’un processus de solidarité mondiale. L’empreinte écologique doit être égalisée sur toute la planète. Les actions menées dans les pays riches ne peuvent être écologiques si les fondements de l’existence écologique sont mis à mal dans les pays pauvres (et sur la planète entière).

Notes

  1.  Voir l’analyse de cette histoire dans John Bellamy Foster,  The Dialectics of Ecology (New York : Monthly Review Press, 2023), 161–66. Édition espagnole à paraître chez El Viejo Topo.
  2.  Karl Marx,  Premiers écrits  (Londres : Penguin, 1974), 356 ; István Mészáros,  La théorie de l’aliénation de Marx  (Londres : Merlin Press, 1975), 162-165 ; John Bellamy Foster,  Briser les liens du destin : Épicure et Marx  (New York : Monthly Review Press, à paraître, 2025).
  3.  Joseph Needham,  Within the Four Seas: The Dialogue of East and West  (Toronto: University of Toronto Press, 1969), 27, 66–68, 93–97, 212; Samir Amin,  Eurocentrism  (New York: Monthly Review Press, 2009), 13, 22, 108–11, 212–13; Foster, The Dialectics of Ecology, 171–74.
  4.  Voir Chen Yiwen, «  L’écologie marxiste en Chine : de l’écologie marxiste à la théorie de l’éco-civilisation socialiste  »,  Monthly Review  76, n° 5 (octobre 2024) : 32-46 ; Zhihe Wang, Huili He et Meijun Fan, «  Le débat sur la civilisation écologique en Chine : le rôle du marxisme écologique et du postmodernisme constructif – au-delà du dilemme législatif  »,  Monthly Review  66, n° 6 (novembre 2014) : 37-59.
  5.  Chen Yiwen, « L’écologie marxiste en Chine », 41–42 ; John Bellamy Foster, Brett Clark et Richard York,  The Ecological Rift  (New York : Monthly Review Press, 2010), 41–43, 253–58.
  6.  Chen Xueming,  La crise écologique et la logique du capital  (Boston : Brill, 2017), 467–72, 566–70.
  7.  Chen Yiwen, « L’écologie marxiste en Chine », 41–43 ; Foster,  La dialectique de l’écologie  , 13.
  8.  Aldo Leopold,  The Sand County Almanac  (New York : Oxford University Press, 1949), viii ; John Bellamy Foster,  Ecology Against Capitalism  (New York : Monthly Review Press, 2002), 86–87.
  9.  Karl Marx,  Le Capital , vol. 3 (Londres : Penguin, 1981), 911.
  10.  Chen Yiwen, « L’écologie marxiste en Chine », 42–43 ; Xi Jinping,  La gouvernance de la Chine (Pékin : Foreign Languages ​​Press, 2020), 3, 6, 20, 25, 54, 417–24.
  11.  Karl Marx,  Le Capital , vol. 1 (Londres : Penguin, 1976), 637–78 ; John Bellamy Foster et Brett Clark,  Le Vol de la nature  (New York : Monthly Review Press, 2000), 12–13.
  12.  Paul Burkett, «  La vision de Marx du développement humain durable  »,  Monthly Review  57, n° 5 (octobre 2005) : 34-62 ; Brian M. Napoletano, «  Karl Marx était-il un communiste de la décroissance ?  »,  Monthly Review  76, n° 2 (juin 2024) : 9-36.
  13.  John Bellamy Foster, «  Décroissance planifiée : écosocialisme et développement humain durable  »,  Monthly Review  75, n° 3 (juillet-août 2023) : 1–29.

Source : Observatoire des crises

 

Halte à la frénésie belliciste ! (Le Comité de la Paix du Bruaysis et du Béthunois)

Qui pour relayer cet appel ? A part ce courageux comité de la région de Béthune, on entend peu de voix qui osent réellement lutter contre la guerre, pour la paix, en tenant un discours clair et compréhensible. En effet, il ne sert à rien de faire des proclamations pour la paix, tant que les coupables ne sont pas clairement désignés. Comme le dit la devise du Mouvement de la Paix, « Pour arrêter les guerres, il faut en comprendre les causes ». Encore faudrait-il passer des paroles aux actes ! (note de Marianne Dunlop pour histoire et société)

En 1981 déjà, à l’approche de l’élection présidentielle, des dirigeants politiques de droite, à l’instar de Michel Poniatowski, ex-ministre de l’Intérieur, nous exprimaient la crainte d’un déferlement de « chars russes à Paris », qui ne sait bien évidemment au final jamais produit.

A l’heure de la guerre en Ukraine qui a bien débuté en 2014 avec le bombardement des populations civiles russophones du Donbass par le régime de Kiev né du coup d’État du Maïdan, le même narratif s’impose dans nos médias aux ordres.

Pourtant largement encerclée par des bases américaines et confrontée, depuis la chute de l’URSS, à l’extension de l’OTAN vers l’est, la Russie serait paradoxalement « devenue une menace pour la France et l’Europe », selon Emmanuel Macron qui ne prend guère soin d’étayer sa démonstration de la moindre preuve.

Fabien Mandon, chef d’État-major de l’armée française, invite quant à lui le pays à se tenir prêt « à sacrifier ses enfants ».

Des messages largement relayés sur le plan européen par Friedrich Merz, chancelier allemand, Ursula Van der Leyen, présidente de la commission européenne, ou encore Kaja Kallas, haute représentante de l’Union européenne (UE) pour les affaires étrangères.

A l’heure où des perspectives d’un règlement pacifique du conflit en Ukraine se font jour, nos va-t-en-guerre attisent les tensions… au prix de dizaines de vies sacrifiées sur les champs de bataille.

Ne soyons pas dupes, cette hystérie des dirigeants de l’UE, cette frénésie belliciste face à une menace russe fantasmée poursuivent plusieurs objectifs :

  • imposer à nos populations, au détriment de la consolidation de nos services publics, des sacrifices dans le cadre d’une « économie de guerre », d’une militarisation à outrance. Celle-ci s’est récemment traduite par le vote au Parlement d’une hausse de 6, 7 milliards dans le budget 2026 des crédits de la mission de Défense, dans la perspective de porter ce budget à hauteur de 5 % du PIB à l’horizon 2035. Une explosion des dépenses qui ne profitera qu’aux marchands de canon.
  • étouffer la dissidence et discréditer toutes voix contrariant le discours officiel. Des voix discordantes aussitôt suspectées de faiblesse, d’angélisme, voire de « complicité avec l’ennemi ».
  • maintenir la population dans un état d’alerte et de peur permanent.

Aux antipodes de ces postures bellicistes et irresponsables pouvant nous conduire à une IIIe Guerre mondiale potentiellement exterminatrice, notre comité invite la population à se mobiliser en faveur d’une désescalade sur le front ukraino-russe et à un règlement du conflit sous l’égide de l’ONU dans le respect du droit des peuples à l’autodétermination et à vivre en paix.

Bruay-La-Buissière, le 14 décembre 2025

Le Comité de la Paix du Bruaysis et du Béthunois

Le socialisme chinois à Grenoble : c’est l’ensemble du Parti qui doit s’emparer de ce débat

Débat sans tabou avec Marianne Dunlop, par Didier Gosselin

“Le vieux monde se meurt. Le nouveau tarde à apparaître. Et dans ce clair-obscur surgissent les monstres.” (Gramsci)

De notre capacité à comprendre la Chine dépend désormais la possibilité d’envisager de construire une perspective socialiste tant en France qu’au niveau international faite de coopération, de multilatéralisme, de respect des peuples et des souverainetés. Faute de quoi l’enlisement dans la crise capitaliste s’approfondira avec son cortège de concurrence, de précarité et de pauvreté, voire son issue fasciste et guerrière…

Initié par la section communiste de Grenoble et soutenu par la Fédération de l’Isère, un débat s’est tenu lundi 8 décembre dans les locaux de la Fédération avec Marianne Dunlop, co-autrice avec Danielle Bleitrach, Jean Jullien et Franck Marsal du livre « Quand la France s’éveillera à la Chine », publié aux Editions Delga en avril 2025 et préfacé par Fabien Roussel. Par les temps qui courent de propagande contre le « péril jaune », et vu la censure contre ce livre, c’est quasiment un évènement politique… Le secrétaire fédéral, Jérémie Giono, a introduit la soirée en indiquant que la préoccupation actuelle sur les municipales ne devait pas nous empêcher de continuer à réfléchir à l’état du monde, d’où la grande utilité de cette rencontre. Laquelle, pour être clair, vient d’un communiste grenoblois qui a rencontré Franck Marsal à l’Université du PCF en août, ce qui confirme que la démarche des auteurs et autrices et notamment Danielle Bleitrach pour imposer la présence d’un débat avec Franck Marsal, à l’Université d’été du PCF, était plus que pertinente… Continuer la lecture de Le socialisme chinois à Grenoble : c’est l’ensemble du Parti qui doit s’emparer de ce débat

A propos des élections chiliennes (Vidéo)

L’analyse des élections chiliennes demanderait d’autres développements encore, sur le rôle destructeur de la social-démocratie, et sur le retour de la doctrine Monroe, mais voici l’essentiel de ce qu’il faut savoir au préalable (article signalé par Danielle Bleitrach, note et traduction de Marianne Dunlop)

Oleg Yasinsky

Il y a environ 15 ans, nous parcourions avec une équipe de tournage de la télévision ukrainienne la ville argentine de Bariloche à la recherche de traces de fascistes en fuite. On y trouvait l’hôtel nazi « Campana », acheté par Reinhard Kopp, qui avait participé à l’extermination des habitants des Balkans et de Hongrie et organisé la fuite des fascistes vers l’Amérique du Sud. Dans les années 50, Josef Mengele, le « docteur la mort » qui menait des expériences sur les prisonniers à Auschwitz, y avait ses quartiers, tout comme Adolf Eichmann, « l’architecte en chef de l’Holocauste », responsable dans l’Allemagne nazie de la logistique de la « solution finale de la question juive », qui s’est ensuite installé dans la capitale, où il a été découvert par le Mossad, qui l’a enlevé et transféré en Israël pour y être jugé et exécuté.

Continuer la lecture de A propos des élections chiliennes (Vidéo)