A l’occasion des élections européennes, la fédération Tarn et Garonne du Parti communiste français organise une réunion publique mercredi 22 mai à 18h30 à la salle Delbosc de Montech. Sigrid Gérardin, enseignante syndicaliste, et Pierre Lacaze, dirigeant national du PCF, tous deux candidats sur la liste « Gauche Unie pour le monde du travail » animeront la soirée pour présenter les propositions portées par Léon Deffontaines.
« J’ai été dirigeante syndicale pendant plus de dix ans et j’ai participé à des centaines de réunions avec les ministres successifs pour les alerter des effets de leurs politiques délétères sur la vie globale des élèves comme des personnels. A chaque fois nous avons eu des réponses hors sol. Ils nous ont répondu par des chiffres, des tableurs Excel et même par la dérision, avec toujours à la fin des restrictions budgétaires. Si je m’engage aujourd’hui, c’est que pour nous, la liste de la Gauche Unie pour le monde du travail, ce qui sera le fil conducteur de notre action politique tient en deux mots : l’humain d’abord ! Et quand on parle d’école, on pense aux professeurs, mais ceux qui font l’école au quotidien ce sont de nombreux métiers qui méritent aussi qu’on les défende. Les CPE, les AESH, les infirmières scolaires, les agents d’accueil, les agents d’entretien et tant d’autres. Ce sont toutes ces voix là que nous souhaitons faire entendre au parlement européen », a déclaré Sigrid Gérardin, numéro 2 sur la liste menée par Léon Deffontaines.
« Nous avons pour ambition de réveiller l’espoir. Comme nos aînés qui, au plus fort de l’occupation, imaginaient des « Jours heureux » pour la France, nous ne nous résignons pas à la régression sociale, à l‘abaissement de notre pays, à cette construction capitaliste de l’Europe qui creuse les inégalités et génère la compétition de tous contre tous. Nous appelons à ce que l’intérêt général prime sur celui des marchés financiers et des marchands de canons. Nous appelons à prendre le pouvoir sur le capital, grâce à la conquête de droits nouveaux pour les citoyens comme pour les travailleurs et les travailleuses dans les entreprises », a ajouté Pierre Lacaze lors de la présentation de la liste à la presse.
La liste « Gauche Unie pour le monde du travail » réuni des salariés, des agriculteurs, des entrepreneurs, des jeunes, des acteurs culturels engagés dans le syndicalisme ou dans le monde associatif. Ils et elles sont des élus, quotidiennement au service de l’intérêt général dans ces communes et ces départements qui font la richesse de la France. Ils défendront les principes universalistes et laïques de la République et combattront sans relâche toute forme d’antisémitisme et de racisme.
Cette liste est aussi celle qui rassemble plusieurs formations politiques : le Parti communiste français, la Gauche républicaine et socialiste, l’Engagement, les Radicaux de gauche. Elle est donc une liste qui unit la gauche, et dont les élus, au Parlement européen, s’opposeront avec la plus grande détermination aux projets des macronistes, de la droite et de l’extrême droite.
Nouveau coup d’éclat des organisations syndicales. Attendues par la ministre dans le cadre de « Grande concertation » sur l’autorité à l’École, la FSU, l’UNSA Éducation, la FNEC-FP-FO, le SGEN-CFDT, la CGT Éduc’action et SUD Éducation ont décidé de claquer la porte du ministère – le Snalc était absent. « Nous avons déjà eu l’occasion de dénoncer la visio du vendredi 3 mai : sans aucune interaction possible, elle a confirmé que l’exercice relève davantage de la parodie de dialogue social que d’un échange approfondi qui permettrait de mettre en perspective les défis auxquels est confronté notre système éducatif, qui ne se limitent pas à la vision orientée et simpliste portée par le Premier ministre », écrivent-elles dans un communiqué de presse. Elles estiment que « l’École mérite mieux que ce simulacre de dialogue social où l’École, ses élèves et ses personnels sont méprisés et réduits à de simples pions dans un exercice politicien ». Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, explique la position de l’intersyndicale.
Tous les syndicats qui claquent la porte, ça commence à être une habitude… Qu’est-ce que cela traduit ?
Cela traduit une grande exaspération. Exaspération de voir qu’il n’y a pas de dialogue social au ministère de l’Éducation nationale, que tout est verrouillé par un tempo politique qui ne prend pas du tout en contact l’intérêt de l’école, les enjeux du terrain… On l’a souvent dit au ministère, le dialogue social ce n’est pas être d’accord sur tout. C’est certainement avoir des désaccords, mais c’est surtout l’occasion de faire remonter ce qui se passe sur le terrain, de faire valoir ce que nous, en tant qu’organisations syndicales, nous portons pour nos collègues. Là, tout est verrouillé. L’École est devenue un objet très politicien. Un objet utilisé notamment par le Premier ministre, mais aussi par le président de la République, dans des stratégies politiciennes pour se construire de statures politiques, pour jouer des coups de billard à trois bandes dans un contexte électoral difficile pour cette majorité. L’École, et ses enjeux, sont devenus un espace de pion au milieu de tout ça.
Nous ne sommes pas adeptes de la chaise vide, mais à un certain moment il faut prendre ses responsabilités. Depuis quelques mois, les méthodes sont de plus en plus insupportables.
Sur le dossier de l’autorité, vous évoquez des décisions déjà prises, un « simulacre de dialogue social ». Est-ce seulement sur la forme que le bât blesse ?
Non, bien évidemment. Le fond aussi pose problème. Nous avons été estomaqués du discours de Gabriel Attal à Viry-Châtillon. C’est un discours qui révèle une certaine vision de la jeunesse. Une jeunesse perçue comme dangereuse par ce Premier ministre et la majorité. Une jeunesse qu’il faudrait mettre au pas par des sanctions. Ce discours et les mesures annoncées font primer la dimension punitive, répressive sur la dimension éducative. Nous sommes enseignants, personnels de collèges et lycées. Nous savons qui sont nos élèves. Nous savons que ce sont des jeunes qui grandissent, qui se construisent, qui évoluent lors de leur scolarité. Mes élèves de Seconde que je retrouve en Terminale ne sont pas les mêmes, ils ont changé, c’est le processus éducatif. Quand Gabriel Attal dit qu’on pourra sanctionner des élèves pour leur comportement par une mention sur le Brevet, le Bac, ou Parcoursup… C’est nier toute la dimension éducative. C’est nier que nos élèves sont des êtres humains qui grandissent et se construisent à travers le temps. Pour le Premier ministre Attal, la jeunesse est étiquetée dangereuse, c’est comme cela qu’elle est vue et qu’elle est traitée.
Mais alors que faire face aux différents actes de violence, rares, mais persistants ?
Il existe des actes de violence, il ne fait pas les nier, mais il ne faut pas sur les surestimer non plus. Quand des collègues sont confrontés à ces faits, cela laisse des traces, cela traumatise. Il faut donc savoir regarder ces actes avec lucidité. Il faut aussi savoir les analyser.
La violence des jeunes est nécessairement complexe. Elle est multidimensionnelle. Elle est le résultat de ce qui se passe dans la société.
Aujourd’hui, notre jeunesse vit dans une société qui lui offre bien peu de perspectives. Quelles perspectives offre-t-on aux élèves qui vivent dans les quartiers les plus difficiles ? Aucune. Ils voient autour d’eux des quartiers relégués, leurs grands frères, leurs grandes sœurs, leurs amis qui ne trouvent pas d’emploi. C’est extrêmement violent aussi. La violence à l’école se nourrit de la violence de la société.
Il y a aussi des actes violents, notamment ceux de ces dernières semaines, qui révèlent toutes les failles de notre École. Le manque de suivi de nos élèves présentant des troubles psychologiques par exemple, ça peut finir par une agression d’enseignant. J’ai en tête cette élève à Rennes qui a tenté d’agresser sa professeure avec un couteau. La violence, au-delà du fait qu’elle soit parfois le reflet de la violence de notre société, peut être aussi le résultat de jeunes qui sont passés à travers les mailles du filet éducatif par manque de personnels. Aujourd’hui, on a des élèves qui ne vont pas bien, qui devraient être suivis pour prévenir le passage à l’école… Avoir des adultes dans les établissements pour entretenir le climat scolaire, pour repérer ce qui se passe, pour discuter avec les élèves est absolument indispensable.
La sanction sans prévention n’a aucun sens, elle condamne bien souvent à la récidive.
Cette fin d’année est particulièrement explosive. Choc des savoirs et groupes de niveau, réforme de la formation, labélisation des manuels, autorité… Comment appréhendez-vous, au Snes-FSU, mais aussi en intersyndicale, les semaines à venir ?
L’enjeu des dix prochains jours, c’est la construction et la réussite de la journée du samedi 25 mai contre le Choc des savoirs et pour l’École publique. C’est une initiative qui doit rassembler largement, y compris avec les parents d’élèves. Les actions locales, notamment les réunions publiques, sont toujours aussi nombreuses.
Au sein du Snes-FSU, on va très rapidement discuter de possibles actions de fin d’année et de la façon dont on appréhende la rentrée.
Il est important de relever qu’on travaille très bien en intersyndicale. Il y a un travail en confiance et de façon très fluide dans une unité syndicale très intéressante et prometteuse. Aujourd’hui, nous sommes focalisés sur le 25, mais nul doute que l’on continuera de travailler ensemble. On a parfois des stratégies d’action différentes, mais nous avons réussi à tenir cette intersyndicale depuis plusieurs mois. C’est important pour nous, mais aussi pour nos collègues.
Lorsque l’on voit les coups donnés par le gouvernement et la façon dont le ministère de l’Éducation nationale tente de nous imposer des choses à marche forcée, c’est parfois rude. Mais on sait que nous, organisations syndicales avons une grande responsabilité, notamment le Snes-FSU par sa position dans le second degré. Même si le combat est rude, on est motivés pour le mener et le gagner !
L’aggravation brutale de la crise en Nouvelle-Calédonie se solde par un bilan humain et matériel d’ores et déjà inacceptable et tragique : quatre morts dont un gendarme et de très nombreux blessés ainsi que la présence de milices armées qui agissent en toute impunité.
Nous adressons toute notre amitié et nos pensées aux familles des victimes et nous appelons à ce que toute la lumière soit faite sur ces drames .
Nous adressons également à la famille du gendarme décédé, à ses proches, ses collègues ainsi qu’à l’ensemble de la Gendarmerie nationale toutes nos condoléances.
La crise politique néo-calédonienne rappelle les heures les plus difficiles des années 1980.
Pourtant, depuis 30 ans, les présidents de la République et leurs premiers ministres successifs ont su préserver le cadre d’un processus fondé sur l’impartialité de l’Etat, la concertation, l’équilibre et le respect mutuel entre les différents partis.
Aujourd’hui ce processus qui a commencé par la poignée de main historique entre Jean-Marie Tjibaou et Jacques Lafleur au moment des Accords de Nouméa, est remis en cause.
Le seul responsable de cette crise est le président de la République Emmanuel Macron et son Gouvernement, qui avancent à coup d’ultimatums et de menaces, de l’imposition du calendrier du 3e référendum en dépit du deuil du peuple calédonien au moment de la pandémie à celle de la réforme du corps électoral.
La colère qui explose aujourd’hui est le fruit amer de cette politique destructrice, dont les conséquences sont accentuées par des inégalités sociales très fortes sur l’île .
Le PCF appelle au calme. Plus aucun drame humain, plus aucun mort, plus aucun blessé, autant parmi les manifestant·es que parmi les forces de l’ordre, ne doit être à déplorer.
Emmanuel Macron et le Premier ministre sont les responsables de cette crise. C’est à eux de trouver les ressorts pour en sortir.
Malheureusement, en décrétant l’État d’urgence, en annonçant d’ores et déjà que le Congrès sera convoqué fin juin, ils se comportent de la pire manière, comme les représentants d’un Etat colonial dont on pensait être définitivement débarrassés.
Il faut retrouver les voies du dialogue, sans ultimatum, ni coup de force, et dans le respect mutuel des différents partis. Pour cela, le PCF et ses parlementaires demandent que la réforme du corps électoral soit stoppée.
Ils appellent à l’envoi immédiat d’une mission gouvernementale dirigée par le Premier ministre, chargée de réunir l’ensemble des partis pour trouver une solution politique négociée et consensuelle à la crise dans le respect des Accords de Nouméa.
Ce lundi 13 mai, la FCPE a lancé la journée « Collège fantôme ». En n’envoyant pas leurs enfants en cours, les parents de collégiens ont ainsi protesté contre la réforme du « choc des savoirs ». Plusieurs collèges se sont particulièrement mobilisés comme à Labastide-Saint-Pierre, Moissac ou Lauzerte.
Des cours de récréation vides et des classes quasi désertes… Dans plusieurs établissements du Tarn-et-Garonne, cette journée de lundi a été particulièrement calme. En effet, à l’appel de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE), les parents ont été invités à ne pas envoyer leur enfant au collège. Un boycott inédit et qui va plutôt à contrecourant de la philosophie habituelle de la structure. Mais aux grands maux, les grands moyens ! Et c’est grâce à cette action que la fédération entend protester contre la réforme dite du « Choc des savoirs ». Continuer la lecture de Opération Collège fantôme : plus de 70 % d’élèves absents dans quatre établissements du Tarn-et-Garonne (DDM)
Le conflit en Ukraine et le massacre à Gaza percutent le scrutin du 9 juin, le premier, depuis vingt-cinq ans, à se tenir alors que des affrontements sont en cours sur le continent.
Laurence De Cock livre dans cette tribune une analyse sans concession du projet pour l’École lancé par Gabriel Attal et porté aujourd’hui par Nicole Belloubet. « Tout semble passer crème alors qu’il s’agit de la réforme la plus régressive qu’ait connu l’Éducation nationale depuis le régime de Vichy », s’indigne l’historienne qui interroge la conscience des un·es et des autres : « À ceux que l’idée de sélection ne répugne pas parce qu’elle active une petite touche de fierté personnelle je demande ceci : que pensez-vous de l’élimination qu’elle engendre en retour ? N’aurions-nous pas un peu honte de l’avoir accompagnée ? »
La mobilisation contre les réformes Attal-Belloubet bat son plein. Du moins est-ce l’impression que l’on a dans les nombreuses boucles de communication et les réunions publiques organisées pour informer les parents de ce qui se prépare dans les collèges à la rentrée. Mais le miroir est-il déformant ? À Paris par exemple, les arrondissements des quartiers populaires sont très mobilisés. Profs, parents et même certain·es élu·es sont vent debout contre la réforme. Mais un bref passage dans un arrondissement plus cossu du centre m’a particulièrement alertée : dans une réunion organisée dans l’un des lycées les plus célèbres du pays, seulement cinq parents. Continuer la lecture de Le « choc des savoirs » est un projet de société
Dans tous les pays de l’Union européenne, l’extrême droite progresse, emporte des élections, participe à des gouvernements, ou influe sur la vie et le débat politique dans de nombreux. Le risque est donc bien réel à l’échelle de l’Europe, et dans de nombreux pays dans le monde, de voir l’extrême droite conquérir le pouvoir.
C’est la raison pour laquelle le PCF a mis sur pied un groupe de travail d’analyse et de riposte, tant sur le fond, combattre les idées d’extrême droite, que sur les enjeux électoraux et politiques. Continuer la lecture de RN : dénoncer l’imposture sociale
Votes au service du capital et contre les droits des travailleurs, des femmes, des LGBT et des étrangers, connivences avec des groupuscules violents et racistes, résistance à son emprise en Europe… Dans un hors-série exceptionnel tiré du travail de ses journalistes depuis plus d’un an, « l’Humanité » donne les clés pour comprendre et résister à la bête immonde.
La France a fait ratifier le Ceta, accord de libre-échange entre l’UE et le Canada, de justesse à l’Assemblée nationale à l’été 2019. Puis le gouvernement a refusé pendant cinq ans d’envoyer le texte au Sénat, de peur d’un échec. Les sénateurs communistes ont fini par en imposer l’examen le 21 mars dernier, lors de leur « niche parlementaire », obtenant le rejet du texte. Celui-ci devrait être transmis à l’Assemblée pour une nouvelle lecture. Ce que refuse de faire le gouvernement. Élus de gauche, responsables politiques, syndicaux, associatifs lancent un appel dans « l’Humanité Magazine » pour que « que l’exécutif transmette sans plus attendre le Ceta à l’Assemblée nationale ».
2min
Publié le 2 mai 2024Mis à jour le 6 mai 2024 à 15:15
Les peuples ont-ils encore leur mot à dire sur le destin économique, social et environnemental de leur pays ?
Le 21 mars dernier, le Sénat français s’est opposé à la ratification du traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada, le fameux Ceta. Redoutant de voir ce texte rejeté également par les députés, le gouvernement – fait rarissime – refuse, depuis, de le transmettre à l’Assemblée nationale, bloquant ainsi son inscription à l’agenda et son examen, au mépris des représentants du peuple. Ce déni démocratique, tributaire des intérêts électoraux du moment, est inacceptable ! Continuer la lecture de Ceta : signez l’appel, le peuple doit décider !
NDLR de MAC: texte et vidéo à verser à la réflexion entamée lors de la venue de Dominique Pagani, le samedi 4 mai dernier à Castelsarrasin.
DES EXPÉRIENCES SOUVERAINISTES COMPLÉMENTAIRES par Roland Diagne
Roland Diagne a parfaitement raison sur l’invite qu’il adresse à ceux qui croient encore être les maîtres de l’Afrique : n’interprétez pas avec vos critères qui conduisent la démocratie capitaliste au fascisme quand vous perdez pied, l’Afrique cherche les voies de sa souveraineté et pas plus qu’en Amérique latine on ne peut opposer les solutions anti-impérialistes, écoutez ce que les peuples ont à vous dire. A ce propos, en matière d’anniversaire je voudrais reprendre le propos d’un lecteur sur l’anniversaire de Dien Ben Phu auquel Le Cornu a été invité… Quel chemin depuis ce temps où on joue avec le nucléaire: “L’histoire bégaie, au moment ou certains s’agitent sur le comment utiliser le nucléaire dans le conflit ukraino/russe, rappelons que Foster Dulles proposa à Georges Bidault, président du Conseil, d’utiliser la bombe atomique à Dien Bien Phu. La réponse fut négative, la bombe ne regarde pas qui sont les bons et les méchants.
Certains s’attarderont sur les erreurs de l’état-major français, le général Navarre en tête. Le colonel De Castries commandant le camp retranché ira jusqu’à provoquer le général Giap ” tu attaques quand? viens je t’attends”. Quelle outrecuidance ! Même sans ces erreurs, la défaite eut été consommée. La décolonisation était inéluctable. L’Algérie suivra….” Oui il serait temps de s’en pénétrer “la défaite est consommée” (note de danielle Bleitrach pour histoireetsociete)
Les chantres du néocolonialisme françafricain, eurafricain et usafricain s’évertuent à opposer le souverainisme sénégalais issu des urnes et celui issu du parachèvement militaire des luttes des peuples du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Leur doxa doctrinaire dans le sillage de leurs maîtres impérialistes est l’apologie décontextualisée de la « démocratie des urnes » tout comme la « démocratie multipartite » est érigée comme l’unique critère opposable aux démocraties populaires socialistes cubaine, vietnamienne, chinoise et coréenne. Leur credo permanent est « régime démocratique » versus « régime autoritaire » même si le monde entier voit de plus en plus la supercherie du double standard permanent et que la chimère opposant systématiquement « les institutions fortes et les hommes forts » laisse voir la réalité scandaleuse des Etats hors la loi dans les pays impérialistes, les pays dépendants et les néocolonies.
En effet l’histoire montre que la « démocratie » capitaliste engendre en temps de crise le fascisme, c’est-à-dire que la forme démocratique cède la place en temps de crise à la forme terroriste de la dictature de classe du capital.
Forme démocratique ou fasciste sont les moyens institutionnels (la superstructure) pour préserver coûte que coûte la propriété privée des moyens de productions et d’échanges sous le capitalisme en particulier à son stade suprême l’impérialisme dont la caractéristique tendancielle selon Lénine est « la réaction sur toute la ligne ».
Aux USA, dans les pays de l’UE, on assiste à la manifestation de cette tendance réactionnaire avec la fascisation des pouvoirs libéraux, sociaux libéraux, écologistes faisant le lit électoral des partis fascistes qui y redressent partout la tête. La fascisation se manifeste par l’islamophobie, la négrophobie, la rromophobie, les nombreux assassinats racistes policiers, les interdictions arbitraires des manifestations de solidarité avec la Palestine, la criminalisation de l’anti-sionisme, les atteintes liberticides au droit de grève, la soumission de plus en plus flagrante des pouvoirs législatif et judiciaire au pouvoir exécutif, l’économie de guerre et les guerres, etc.
Le néocolonialisme, qui n’est qu’un capitalisme sous développé dépendant, ne fait que répercuter ces caractéristiques anti-démocratiques inhérentes à la dictature de classe de la bourgeoisie sous la forme multipartite ou militariste comme l’Afrique l’a connu avec les coups d’états françafricains post-1960. Les seules exceptions dans cette période furent les coups d’État souverainistes de Thomas Sankara et jusqu’à un certain point de Jerry Rawlings.
Mali, Burkina, Niger renouent avec le souverainisme Sankariste
Sankara disait fort justement qu’un « militaire sans conscience politique est un criminel en puissance ». Est-on au Mali, Burkina, Niger en présence d’un retour au retour des putschs des Eyadéma assassin de Olympio, Mobutu assassin de Lumumba, Moussa Traoré assassin de Modibo, etc ? Ou avons-nous plutôt affaire au retour des coups d’états souverainistes types Sankara ou Rawlings ?
Pour éviter le piège doctrinaire libéral bourgeois néocolonial opposant systématiquement et par principe coups d’états et urnes, il est indispensable de prendre en compte les facteurs suivants : – le rapport réel des forces atteint par les luttes populaires contre les pouvoirs néocoloniaux, le contexte et les objectifs pour lesquels la fraction du peuple dans l’armée est intervenue.
Au Mali, Burkina, Niger, les peuples se sont insurgés contre la « démocratie multipartite » des corrupteurs et des corrompus engendrée par le prétendu « vent de la démocratie » vendu par l’impérialisme françafricain, eurafricain et usafricain dans les années 90 contre les putschistes militaristes qu’ils avaient soutenu dans la période précédente pour renverser les pouvoirs souverainistes (Olympio, Modibo, Lumumba, etc) qui avaient été portés au pouvoir lors de la première phase de la lutte indépendantiste en Afrique.
La « démocratie multipartite » et « l’individualisme technocratique » devenaient ainsi les deux mamelles principales de l’intégration des gouvernances libérales néocoloniales dans la mondialisation libérale pilotée par le Fond Monétaire Internationale, la Banque Mondiale et l’OMC.
Le « there is no alternativ » au libéralisme était la pensée unique sous le vernis de la « démocratie multipartite » devenue des « démocratures » qui affament le peuple et enrichissent en milliards de francs cfa des bureaucraties d’États néocoloniales.
Le chemin le plus court pour devenir milliardaire est d’être ministre ou PDG des multiples agences parapubliques pendant que les secteurs stratégiques (eau, électricité, télécoms, ports, chemins de fer, aviation, le foncier, les mines, etc) étaient bradés aux privés surtout impérialistes par suite de la dévaluation du franc cfa.
Ces politiques libérales livraient les économies nationales aux privés étrangers au nom de la « croissance du PIB » tout en interdisant les recrutements dans la fonction publique finirent par conduire aux tragédies de l’émigration piroguière meurtrière et aux sans papiers traqués et surexploités par l’économie souterraine des pays de l’UE, des USA, du Canada, etc.
Vient se surajouter l’insécurité permanente provoquée par le djihado-terrorisme dans le Sahel à partir de la destruction criminelle de la Libye. Cette infestation du Mali, du Burkina, du Niger est consécutive de la stratégie US/UE/Otanienne des « guerres de religions, des cultures, des civilisations » n’ayant d’autres objectifs réels que la mainmise des firmes capitalistes impérialistes sur les richesses du sol et du sous sol africain.
« Démocratures » et insécurité djihado-terroriste ont été le terreau des révoltes populaires au Mali, Burkina, Niger et de la découverte puis la prise de conscience dans ces peuples et la fraction nationaliste des armées de ces pays de la duplicité des impérialistes faisant semblant de soutenir les États néocoloniaux tout en étant complices des terroristes séparatistes comme l’a révélé au grand jour le refus par l’armée française que l’armée malienne entre dans Kidal.
Les luttes populaires ont renversé au Burkina l’assassin de Sankara, ci-devant dictateur de la « démocratie multipartite ». Ce fut le cas au Mali d’ ATT, puis IBK et au Niger de Bazoum. Tous ces « présidents élus démocratiquement » par la fraude ont été chassés du pouvoir de la « démocrature » après avoir réprimé de façon sanglante la résistance populaire. Les militaires de terrain qui ont défendu au quotidien l’intégrité territoriale, l’unité nationale contre l’insécurité endémique du terrorisme et la duplicité des impérialistes ont décidé de parachever la volonté populaire en renversant les apatrides.
Ces régimes militaires de transition se sont fixés comme tâche principale de rétablir l’intégrité et l’unité territoriale et nationale contre les menées spoliatrices des impérialistes et contre la servilité de l’UEMOA/CEDEAO. Ce faisant, ils ont été amenés à forger leur union panafricaine sur le plan militaire, puis œuvrent maintenant à le prolonger sur les plans politique et économique tout en développant une coopération souveraine avec les BRICS+ contre l’hégémonisme prédateur séculaire de l’impérialisme françafricain, eurafricain, usafricain.
Après deux alternances libérales, le Sénégal s’oriente vers l’alternative souverainiste
Par deux fois l’espérance de changement au Sénégal a été déçue, de surcroît avec, comme au Mali et au Burkina, des trahisons de la gauche révolutionnaire communiste qui a jeté le bébé souverainiste avec l’eau du bain de la participation à des pouvoirs sociaux libéraux (PS) et libéraux (PDS, APR/BBY). Les renégats de la gauche communiste considérant que «le mouvement est tout, le but n’est rien » ont tout simplement jeté aux orties l’enseignement suivant de Engels : « Après la victoire commune, on pourrait nous offrir quelques sièges au nouveau gouvernement – mais toujours en minorité. Cela est le plus grand danger. Après février 1848, les démocrates socialistes français (…) ont commis la faute d’accepter des sièges pareils. Minorité au gouvernement des républicains purs, ils ont partagé volontairement la responsabilité de toutes les infamies votées et commises par la majorité, de toutes les trahisons de la classe ouvrière à l’intérieur. Et pendant que tout cela se passait, la classe ouvrière était paralysée par la présence au gouvernement de ces messieurs, qui prétendaient l’y représenter » (La révolution italienne à venir et le Parti Socialiste – P.486). C’est là que réside la source de cette scandaleuse absence du mouvement syndical dans la lutte qui a débouché au Sénégal sur la victoire électorale du camp souverainiste.
La nature ayant horreur du vide, la jeunesse souverainiste désillusionnée par l’immensité de la mal-gouvernance et ayant marre de risquer sa vie dans l’émigration piroguière meurtrière a rempli le vide politique contre la « démocrature multipartite » des corrupteurs et des corrompus comme au Mali, Burkina, Niger et bientôt dans les autres pays d’Afrique.
Ayant gagné l’hégémonie culturelle du souverainisme dans la jeunesse, puis dans le peuple, l’offre politique patriotique avec un parti-front rassemblant les courants souverainistes libéral, conservateur et révolutionnaire dans Pastef/Les Patriotes et doté des leaders charismatiques comme Sonko, Diomaye, Guy Marius, etc est devenue majoritaire dans le pays. Le camp souverainiste est entré en résistance contre les complots, embastillements, tortures, assassinats de l’État hors la loi de Macky/APR/BBY rejoints un moment par le PDS et d’autres concurrents transfuges avant que le peuple ne le fasse triompher dans les urnes.
La différence entre la victoire du souverainisme au Mali, Burkina, Niger et le Sénégal réside dans les formes d’accès au pouvoir déterminées par les trajectoires historiques distinctes. Dans les trois premiers pays, les coups d’État françafricains ont favorisé une tradition d’intervention des militaires dans les conflits politiques qui ont ouvert la voie à des contre-exemples souverainistes types Sankara et/ou Rawlings. Au Sénégal, le seul coup d’État fut civil, celui de LS Senghor contre Mamadou Dia en 1962 sans intervention directe de l’armée. Dans tous nos pays, les alternances néocoloniales ont montré que changer les hommes au pouvoir soumis aux diktats libéraux du FMI, de la Banque Mondiale, ce n’est ni changer de politique, donc la vie des populations, ni retrouver notre indépendance nationale.
Le nécessaire panafricanisme des transitions militaires et élections souverainistes
Les trajectoires et formes différentes ne doivent pas nous cacher le lien dialectique entre « mouvement et but » dans la quête du souverainisme dans cette seconde phase de libération nationale et panafricaine. Les expériences en cours frayent des chemins reflétant tout simplement des histoires nationales spécifiques à chacun des pays. Il n’y a pas et ne peut y avoir de modèle unique par lequel chaque pays doit passer. Les formes nationales dans lesquelles s’expriment les lois des processus de transformations révolutionnaires sont incontournables conformément aux lois du matérialisme dialectique. Pour comprendre cela il faut comme l’enseignement le matérialisme dialectique séparé « l’apparent de l’essence » selon la juste expression de Lénine. L’apparent ici réside dans les formes nationales propres, l’essence est dans l’option souverainiste de chaque expérience en cours manifestant la tendance historique actuelle de la lutte du monde du travail et des peuples contre la « mondialisation » libéral du capitalisme impérialiste.
Les expériences de l’AES et du Sénégal vont devoir converger en fonction de l’avancée de la consolidation du souverainisme dans chacun des pays. En effet, dans chacun d’eux, le nouveau pouvoir souverainiste de transition militaire ou élu a hérité d’un État néocolonial qui perdure depuis des décennies. L’assainissement progressif de l’appareil d’État néocolonial, la lutte contre la bourgeoisie bureaucratique compradore et la force des habitudes serviles pro-impérialistes, la pénétration peu à peu de l’esprit du « don de soi » souverainiste et l’exemplarité, l’éthique, la morale dans la gouvernance des responsables seront des facteurs importants pour la consolidation du souverainisme d’État.
Au Mali, Burkina, Niger, la transition militaire peut et doit relever le défi d’associer les vraies forces vives politiques, syndicales, associatives et populaires souverainistes du pays dans le cadre des politiques d’union nationale démocratique des nationalités composant le peuple tout en poursuivant la lutte armée sans concession contre l’insécurité djihado-terroriste et les manigances des impérialistes. Le nécessaire passage de la transition militaire à l’élection civile doit assurer la poursuite et la transmission de l’expérience souverainiste en cours. Une recomposition politique est à l’horizon portée par la jeunesse, y compris au sein de la fraction de la gauche qui n’a pas trahi son engagement révolutionnaire.
Au Sénégal, la consolidation du souverainisme passe par le congrès du parti-front Pastef/Les Patriotes avant et pour préparer les législatives pendant que se poursuivent les audits de la gestion calamiteuse voleuse du pouvoir néocolonial déchu. Le Congrès de Pastef/Les Patriotes doit à la fois concrétiser du sommet à la base les fusions annoncées, dépasser la nature provisoire des organes, structures, responsables du parti pour le mettre en rang de bataille pour gagner les législatives puis les locales. Le parti doit être la cheville ouvrière de la poursuite de la mobilisation du peuple pour préparer l’inévitable bras de fer avec les impérialistes au moment de la concrétisation du souverainisme économique.
Pastef/Les Patriotes et les Organisations de la Société Civile (OSC) souverainistes doivent continuer leur travail de liaison avec les masses populaires pour contrer la propagande néocoloniale et impérialiste qui fera tout pour faire échouer l’expérience en cours.
Il n’y a donc aucune raison sérieuse d’opposer les expériences souverainistes nationales en cours et celles à venir qui épouseront toutes des formes nationales spécifiques mais s’orientent nécessairement, si elles veulent tenir les promesses indépendantistes, vers l’union panafricaine des pays souverains d’Afrique sans et contre les bourgeoisies compradores valets de l’impérialisme sur fond d’avènement du monde multilatéral versus le monde unilatéral sous hégémonie de l’impérialisme US/UE/Otan.
Refaisons revivre le chemin de fer Dakar/Bamako pour retrouver la voie de la Fédération du Mali et de la fondation du RDA au congrès d’octobre 1946 à Bamako sabotées par le néocolonialisme françafricain.