Parcoursup : 80 000 jeunes sans formation !

Alors que la phase principale d’admission de Parcoursup s’est terminée, les chiffres font état une nouvelle fois du caractère sélectif de la plateforme. À l’heure actuelle, près de 80 000 jeunes n’ont obtenu aucune proposition de formation.

Pour ces jeunes, c’est donc un été d’attente, de stress et d’angoisse qui s’ouvre, puisque ceux-ci peuvent attendre jusqu’à la mi-septembre pour obtenir une formation.

Dans ces conditions, la préparation de la rentrée, la recherche d’appartements, etc. deviennent ingérables, et pénalisent particulièrement les élèves des classes populaires.

La Ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche a beau tordre les chiffres comme elle veut et mentir à propos d’une plateforme “qui marche”, les faits sont là : Parcoursup, c’est la sélection !

Le MJCF revendique l’accès à toutes et tous à l’enseignement supérieur sans autre condition que l’obtention d’un baccalauréat
Le MJCF revendique la construction d’universités et le recrutement d’enseignants pour accueillir tous les élèves
Le MJCF revendique la création d’un Service public de l’orientation pour accompagner chaque élève, régulièrement, dès l’année de sixième, dans la préparation de son avenir.

Assan Lakehoul,
Secrétaire Général du MJCF

Cabinet de conseil : la Cour des comptes dénonce un usage « inapproprié »

La Cour des comptes a rendu lundi 10 juillet un rapport dans lequel elle estime que l’État doit redonner une place «  mieux maîtrisée » aux missions de conseil privées dont l’usage a parfois été «  inapproprié ». En mars 2022, une commission sénatoriale avait déjà épinglé le recours aux cabinets de conseil du gouvernement.

Une affiche de campagne d'Emmanuel Macron recouverte d'un écrit « Votez McKinsey » avant l'élection présidentielle de 2022.

Une affiche de campagne d’Emmanuel Macron recouverte d’un écrit « Votez McKinsey » avant l’élection présidentielle de 2022.
Fred MARVAUX/REA

La Cour des comptes publie lundi 10 juillet son rapport très attendu sur le recours par l’État aux cabinets de conseil privés. La polémique avait éclaté après l’affaire McKinsey et le rapport sénatorial dévoilé en mars 2022. Les termes employés par la Cour des comptes se veulent plus sages que ceux qui avaient alors condamné la gabgie, mais elle plaide tout de même pour que l’État redonne une place « mieux maîtrisée » aux missions de conseil privées, dont l’usage a parfois été «  inapproprié  ».

Parmi les usages « inappropriés » de ces externalisations, la Cour accuse notamment l’État de laisser certains prestataires privés remplir des missions relevant du «  cœur de métier de l’administration », voire de les laisser «  intervenir dans le processus de décision ». Continuer la lecture de Cabinet de conseil : la Cour des comptes dénonce un usage « inapproprié »

Moissac : toute honte bue (Communiqué PCF Castel/Moissac/Pays de Serres)

Lopez est reçu ce jour à l’Elysée parmi plus de 200 édiles locaux à l’invitation du président de la République qui tient là une opération de communication en or au lendemain des émeutes et exactions qui ont eu lieu partout en France.

Toute honte bue, le maire de Moissac se mêle à la foule des élus-es atteints par les violences de toutes sortes en essayant de faire oublier que depuis son accession à la mairie, il n’a eu de cesse de pratiquer une politique de fracture en opposant les quartiers et les communautés entre eux.

Pire, il a empêché MCV (Moissac Culture Vibration) d’exister, une association qui faisait le lien entre culture, patrimoine et citoyens-nes ; il a supprimé MAJ (Moissac Animation Jeunesse), seule association de loisirs pour les jeunes ; il a vidé l’action du CCAS de ses principes de solidarité, coupé les liens avec les populations les plus démunies et s’en prend désormais à Escale Confluence; il a annoncé son intention d’en finir avec l’OMS (Office Municipal des Sports) pour entamer un tri clientéliste auprès des clubs après la déstructuration du service des sports de la mairie.

Toute honte bue, M. Lopez n’en finit pas de flatter son électorat !

Pour parfaire le tout, il y a quelques semaines il remettait en cause les objectifs de la politique de la ville à Moissac, au prétexte d’un favoritisme des populations issues de l’immigration. Les autorités de l’état (Préfecture, Education Nationale…) ont été obligées de rappeler à M. Lopez les enjeux et la manne financière qu’il risquait de voir disparaitre…

Reçu ce 4 juillet par un président qui n’a eu de cesse de favoriser la casse sociale (Retraite, non augmentation du SMIC des salaires et des pensions…), il y a là des convergences qui ne disent pas leurs noms.

Il est temps que les citoyens-nes reprennent en main leur vie dans la cité Uvale. Ils ne peuvent se satisfaire d’un maire qui parade aux frais du contribuables, s’agite médiatiquement et s’inscrit dans une extrême droite révisionniste et démagogue.

Maximilien Reynès-Dupleix, secrétaire de la section PCF Castel/Moissac/Pays de serres        

 

Appel pour la jeunesse populaire

Pourquoi brûlent-ils des écoles ?

Mort de Nahel : « La culture policière de la force s’appuie sur la frustration »

Pour le sociologue Jacques de Maillard, la constante dégradation de la relation police-population est due à l’absence d’évolution des politiques de « maintien de l’ordre » depuis les années 2000.

À Nanterre, le 29 juin, pendant la marche blanche pour Nahel, le dispositif policier déployé est important © Reuters

À Nanterre, le 29 juin, pendant la marche blanche pour Nahel, le dispositif policier déployé est important © Reuters
REUTERS

Les affrontements entre la police et certains habitants des quartiers populaires, indignés par le meurtre de Nahel, ne sont pas sans rappeler les violents événements qui avaient suivi la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré, en 2005. Jacques de Maillard, professeur de science politique et directeur du Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales, analyse l’évolution des pratiques de maintien de l’ordre et leurs répercussions sur les relations entre population et police. Il vient de codiriger, avec Wesley Skogan, l’ouvrage  Police et société en France (Presses de Sciences-Po, 2023).

Les relations entre les habitants des quartiers populaires et la police ont-elles changé depuis 2005 ?

Depuis cette époque-là, la dégradation des relations au quotidien, faites d’hostilité réciproque, de malentendus et de cercles vicieux, est restée particulièrement prégnante. Les politiques policières n’ont pas connu de changements majeurs. Continuer la lecture de Mort de Nahel : « La culture policière de la force s’appuie sur la frustration »

Embrasement (Edito de l’Huma)

Maud Vergnol, codirectrice de la rédaction.

Maud Vergnol, codirectrice de la rédaction.

Le gouvernement redoutait l’embrasement. Il a eu lieu. L’émotion après le meurtre de Nahel par un policier à Nanterre a laissé place à la colère chez une partie de la jeunesse des quartiers populaires. Les secousses se sont fait sentir sur tout le territoire, où des dizaines de commissariats et bâtiments publics ont été incendiés. Des nuits difficiles pour les habitants de ces quartiers, qui se sont réveillés sans transports, sans mairie ou sans école, autant de services publics si précieux. Ces dégradations reviennent, pour ceux qui les commettent, à retourner la violence contre eux-mêmes. « Oui, mais quand on ne crame pas les voitures, il ne se passe rien » a-t-on entendu ces derniers jours. Comment leur donner – entièrement – tort après l’année écoulée ? L’indifférence du pouvoir aux cris de la société ne peut qu’engendrer de la violence.

Alors bien sûr, le souvenir de 2005 est dans toutes les têtes. Le 27 octobre de cette année-là, la mort de Zyed Benna, 17 ans, et Bouna Traoré, 15 ans, électrocutés alors qu’ils tentaient d’échapper à un contrôle de police, avait embrasé les banlieues françaises. C’est le scénario que redoute aujourd’hui le pouvoir macroniste, tiraillé entre les tentatives d’apaisement et la surenchère sécuritaire qu’il n’a cessé d’alimenter dans sa compétition avec l’extrême droite. Pris entre deux feux, Emmanuel Macron, déjà fragilisé par le mouvement social des retraites, sait qu’il est assis sur une poudrière. Que l’étincelle est là, et qu’il sera plus difficile d’éteindre ce nouvel incendie face à cette jeunesse qui n’a rien à perdre. Elle ne demande pourtant que l’égalité et la justice.

La mort de Nahel, causée par des policiers qui n’ont plus grand-chose de « gardiens de la paix » et à qui la loi de 2017 a octroyé un « permis de tuer », devrait susciter un électrochoc pour toute la société sur la réalité des violences policières, que nous avons de si nombreuses fois documentées dans ces colonnes. L’état de la police française, de l’institution – et non de l’ensemble de ses agents –, est un symptôme alarmant de l’état de déliquescence de la promesse républicaine et des dangers qui guettent. Avec ce nouveau drame, la faillite de l’engrenage sécuritaire est patente.

Pourquoi le parc nucléaire ne peut pas suivre la cadence imposée par le gouvernement ?

Une étude présentée au conseil social et économique central d’EDF que nous révélons doute des capacités du parc existant à produire la moitié de nos besoins en électricité d’ici à 2035, objectif que lui a pourtant fixé le gouvernement.

Le rapport auquel l'Humanité a eu accès pointe des niveaux de production comparables à ceux des années 1990, une période où le parc nucléaire comptait six réacteurs de moins qu’aujourd’hui. © Laurent GRANDGUILLOT/REA

Le rapport auquel l’Humanité a eu accès pointe des niveaux de production comparables à ceux des années 1990, une période où le parc nucléaire comptait six réacteurs de moins qu’aujourd’hui. © Laurent GRANDGUILLOT/REA

Coupures, baisses de tension et même black-out ? L es risques soulevés cet hiver vont-ils devenir de plus en plus fréquents ? Dans une étude que nous dévoilons, les experts des cabinets Degest et IED cachent mal leur pessimisme.

Mandatés par les élus du personnel d’EDF, pendant un an, Lambert Lanoë, Arnaud Eymery et Jean Barra ont rencontré plus de 130 acteurs afin d’évaluer la capacité réelle de production de notre parc nucléaire, qui, en 2022, n’a produit que 279 térawattheures (TWh), soit le « plus bas niveau de production de son histoire ».

Si celui-ci devrait atteindre 315 TWh en 2023, puis 330 TWh en 2024, il correspond à « des niveaux de production comparables à ceux des années 1990 », expliquent les auteurs du rapport. « Une période où le parc nucléaire comptait six réacteurs de moins qu’aujourd’hui. »

Sauf que, pour répondre aux enjeux climatiques, géopolitiques ou encore au défi de la réindustrialisation, la consommation d’électricité devrait augmenter et même plus vite que prévu, à en croire RTE, le gestionnaire du réseau de transport électrique.

Celle-ci devrait même doubler, entre 580 et 640 TWh en 2035. En 2022, les Français ont consommé 395 TWh. Pour parvenir à satisfaire ces futurs besoins, le plan de RTE consiste à faire monter la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique français à 40 % en 2030 et à 50 % en 2035. Et surtout, pour les centrales nucléaires, à assurer une production comprise entre 360 et 400 TWh/an.

Soit grosso modo l’objectif fixé en 2015 par EDF (405 TWh/an), mais jamais atteint jusqu’ici. Autant dire que, face à un tel scénario, les incertitudes quant à sa réalisation demeurent. Continuer la lecture de Pourquoi le parc nucléaire ne peut pas suivre la cadence imposée par le gouvernement ?

À Nanterre, un jeune victime de la gâchette facile des policiers 

Un conducteur de 17 ans a été tué, mardi 27 juin, par le tir d’un agent dans le cadre d’un refus d’obtempérer. Une vidéo semble démontrer que le coup de feu ne se justifiait pas. Plusieurs enquêtes sont ouvertes.

Capture d’écran de la vidéo des faits qui se sont déroulés à Nanterre, le 27 juin.

Capture d’écran de la vidéo des faits qui se sont déroulés à Nanterre, le 27 juin.

«Il est mort, wesh ! C’est fini… » Ce sont les derniers mots qu’on peut entendre sur la vidéo qui circule, depuis ce mardi 27 juin, à la suite du tir mortel d’un policier de la Direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC) sur un mineur de 17 ans, au volant d’une Mercedes jaune, à Nanterre (Hauts-de-Seine). L’adolescent est mort quelques instants après.

Au début de la scène, filmée par une jeune fille se trouvant aux abords de la station de RER « Nanterre-Préfecture », on observe deux policiers casqués appuyés contre la portière gauche du véhicule. L’un deux tient en joue le jeune conducteur.

« Je te mets une balle dans la tête ! » entend-on crier. La voiture démarre, laissant tout de même le temps à un des deux agents de donner un coup au jeune homme à travers la fenêtre et, à l’autre, de lui tirer à bout portant une balle dans le thorax. On le voit ensuite se diriger sans précipitation vers sa moto, donnant l’impression d’avoir agi de sang-froid. Le véhicule jaune, lui, est rapidement venu percuter un panneau de signalisation, quelques mètres plus loin, sur la place Nelson-Mandela. Continuer la lecture de À Nanterre, un jeune victime de la gâchette facile des policiers 

Décès d’un mineur dans un contrôle routier : nous exigeons la vérité et la justice

Ce mardi matin à Nanterre dans les Hauts-de-Seine, un contrôle routier a débouché sur la mort d’un mineur de 17 ans.

Notre émotion est immense et nos pensées vont à la famille et aux proches de la victime. Un refus d’obtempérer ne doit pas entraîner la mort !
Une enquête est désormais ouverte pour homicide volontaire par personne dépositaire de l’autorité publique et confiée à l’inspection générale de la Police nationale.

Alors que de premières images terribles du contrôle et du tir ont été diffusées sur les réseaux sociaux, le PCF appelle à ce que cette enquête établisse dans les meilleurs délais la vérité sur les conditions de l’utilisation de son arme par le policier et à ce que justice soit faite.

Parti communiste français,
Paris, le 27 juin 2023.