Présidentielle. Une campagne sous surveillance sanitaire

 

L’arrivée de la cinquième vague épidémique et du variant Omicron menace la bonne tenue de la campagne présidentielle, ses meetings, et les rencontres entre militants et citoyens.

Le Covid est un virus pour la démocratie. La crise sanitaire, gérée de manière autoritaire par un gouvernement qui aura mis le Parlement de côté dès qu’il en aura eu l’opportunité, menace désormais la bonne tenue de la campagne présidentielle. Face à la cinquième vague épidémique et à l’arrivée du variant Omicron, les grands rassemblements sont déjà remis en cause. Continuer la lecture de Présidentielle. Une campagne sous surveillance sanitaire

Rentrée 2022. L’étrange Noël de M. Blanquer

Du CE2 au CM2, les élèves, malgré le Covid, vont devoir apprendre dans des classes surchargées. Jeff Pachoud/AFP

Il y aura plus d’adultes devant les élèves en septembre, promet le ministre. En réalité, la Rue de Grenelle tire profit d’une politique qui pousse les familles vers le privé. Explications.

Ceci n’est pas un conte pour enfants. Au commencement était Luc Chatel, qui vendait du shampooing chez L’Oréal. Consacré ministre de l’Éducation nationale en 2009, il se voit adjoindre un directeur général de l’enseignement scolaire, véritable n° 2 du ministère, issu du sérail, ancien recteur, oint d’une parfaite connaissance du système : Jean-Michel Blanquer. Ce binôme façon auguste et clown blanc accoucha à la rentrée 2010 d’une « réforme » de la formation des enseignants consistant à jeter devant les élèves, sans autre forme de procès ni – surtout – de formation, des étudiants désormais recrutés à bac + 5 et venant tout juste de franchir l’obstacle des concours. Il y fut mis fin, sans fleurs ni couronnes, après 2012. Continuer la lecture de Rentrée 2022. L’étrange Noël de M. Blanquer

Des pro-Zemmour armés ciblent la gauche… A Moissac, collusions et confusions bien entretenues!

Capture d’écran Twitter.

Deux soutiens du polémiste ont publié une vidéo dans laquelle ils tirent « pour de faux » au fusil contre la France insoumise, les « antifas » et les « bougnoules ».

Un nouveau cap dans l’ignominie. Après le youtubeur d’extrême droite Papacito, qui en juin se mettait en scène en train de tirer sur un mannequin symbolisant un électeur insoumis ou communiste, une nouvelle vidéo de militants identitaires affole la Toile. Révélée sur Twitter par le militant antifasciste Raphaël Arnault, on y voit un jeune homme répondant au pseudonyme de Miles Christi (« Chevalier du Christ », en latin), armé d’un fusil à gros calibre. « Aujourd’hui, on va s’entraîner à tuer du Garrido sauvage, il faut des grosses cartouches »,déclare-t-il face caméra, en référence à l’avocate Raquel Garrido, ex-porte-parole de Jean-Luc ­Mélenchon. Continuer la lecture de Des pro-Zemmour armés ciblent la gauche… A Moissac, collusions et confusions bien entretenues!

Passe sanitaire au travail : les syndicats s’y opposent et expliquent pourquoi

Division des salariés, renforcement du pouvoir de l’employeur, atteinte au secret médical... Autant de dangers pointés par les organisations syndicales. © Bruno Levesque/IP3

Le gouvernement a entamé les consultations sur la généralisation de l’obligation vaccinale en entreprise. Si le patronat est réticent, les syndicats sont contre. Pour la CGT, une telle mesure serait même contre-productive.

L’exécutif veut transformer l’actuel « passe sanitaire » en « passe vaccinal ». Cela fera l’objet d’un texte de loi prévu dès janvier, et, parmi l’extension possible de ses champs d’application, le gouvernement réfléchit à l’imposer en entreprise. La ministre du Travail, Élisabeth Borne, a échangé ce lundi en visioconférence avec syndicats et patronat pour entendre leurs avis sur le sujet. « Rien n’est acté à ce stade », a-t-elle assuré. Les représentants des salariés sont unanimes sur le fait qu’il vaut mieux « convaincre et inciter » que « contraindre ». L’opposition au passe vaccinal au travail apparaît franche à la CGT, FO et la CFE-CGC, quand la CFDT se dit « très, très sceptique » et la CFTC « très réservée ». Continuer la lecture de Passe sanitaire au travail : les syndicats s’y opposent et expliquent pourquoi

VIDEO. Après le meeting de Zemmour, SOS Racisme appelle à se mobiliser contre la haine

 

Sylia, victime de violence lors du meeting d’Éric Zemmour à Villepinte le 5 décembre 2021, est revenue sur cet événement au studio de l’Humanité. Elle appelle chaque citoyen et chaque citoyenne à se mobiliser contre le racisme, l’antisémitisme et le sexisme du candidat d’extrême droite à la présidentielle. L’un des agresseurs présumés des militants de SOS racisme, membre du groupuscule d’extrême droite « les Zouaves », Marc de Caqueray-Valmenier, a été interpellé mardi 14 décembre.

Pourquoi vous êtes-vous rendus au meeting de Zemmour à Villepinte ? 

SYLIA Nous sommes une quinzaine de militants de SOS Racisme à nous être rendus au meeting, pour pouvoir faire entendre un message dissonant avec ce qui était proposé lors de cet événement par Éric Zemmour. Nous voulions faire entendre un message pacifique de lutte contre le racisme, en opposition au discours morbide, raciste, antisémite, sexiste d’Éric Zemmour. Continuer la lecture de VIDEO. Après le meeting de Zemmour, SOS Racisme appelle à se mobiliser contre la haine

Chili. Avec Gabriel Boric, la victoire de la démocratie sur les vestiges de la dictature

Gabriel Boric, nouveau président du Chili. © Martin Bernetti /AFP.

 

(Mise à jour le 20 décembre 2021 8h00).

Victoire historique du candidat du bloc de gauche, Gabriel Boric. L’ancien responsable étudiant, à la tête d’une  alliance allant du parti communiste au centre gauche, devient le nouveau président du Chili,  et l’emporte avec près de 56 % des voix contre le candidat d’extrême droite, José Antonio Kast, zélateur du pinochétisme. Les premiers mots de Boric : « plus de droits sociaux » tout en étant « fiscalement responsable ».

Postée sur les réseaux sociaux par le député d’ultradroite Gonzalo de la Carrera, l’image est aussitôt devenue virale. Elle figure le candidat de gauche à l’élection présidentielle, Gabriel Boric, cheveux en bataille, l’air grave, avec, à l’arrière-plan, des manifestants mettant à bas des barrières plaza de la Dignidad, l’épicentre de la révolte sociale de 2019, dans le centre de Santiago du Chili. Commentaire : « Voilà comment Boric envisage de réformer les carabiniers. »

Résultats du premier tour de l’élection présidentielle au Chili.
José Antonio Kast, 55 ans, obtient 27,91 % des voix, devant le candidat de gauche Gabriel Boric (25,83 %). L’abstention a atteint 53%

Mise en scène du désordre pour susciter le rappel à l’ordre Continuer la lecture de Chili. Avec Gabriel Boric, la victoire de la démocratie sur les vestiges de la dictature

Vaccins anti-Covid : l’Europe à la botte de Big Pharma

Le 13 octobre 2021, à Genève, manifestation pour la levée des brevets. © Fabrice COFFRINI / AFP

Malgré l’inégalité d’accès – seuls 3 % des doses mondiales ont été administrées en Afrique –, malgré l’échec du programme Covax, malgré l’émergence du variant Omicron… l’UE, désormais quasi seule, s’oppose obstinément à une levée temporaire des brevets. Pendant ce temps-là, Pfizer-BioNTech et consorts se gavent. Et la pandémie court toujours.

D’après les indiscrétions parues dans la presse spécialisée, l’acteur américain Danny DeVito vient d’achever un script dans lequel le Pingouin, son personnage de vilain qui, face à Batman, cherche d’ordinaire à mettre la main sur les bijoux les plus précieux de la ville, tomberait amoureux de Catwoman et, avec elle, partirait plutôt dérober les stocks de vaccins retenus par les multinationales pharmaceutiques en vue d’une spéculation effrénée et cynique. Coup de théâtre : le couple, déjà improbable, ferait en réalité tout ça pour distribuer les doses aux plus pauvres et sauver le monde entier du Covid-19… Loin de Gotham City, l’Union européenne, c’est un peu le contraire : un bon petit gars, visage avenant, ton affable, à qui on donnerait le bon dieu sans confession dans le prégénérique, mais qui deviendrait un terrible méchant avant la fin du film.

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Alyson McGregor : « Notre système de santé néglige les femmes »

Alyson McGregor enseigne la médecine à l’université Brown (États-Unis), où elle a fondé une division d’étude du sexe et du genre en médecine d’urgence. © Angela C. Brown

Mauvaise prise en charge des pathologies, absence de recherche médicale spécifique liée au genre… Dans « le Sexe de la santé », Alyson McGregor, médecin urgentiste américaine, fait le procès d’une médecine occidentale « androcentrée » qui met en danger la moitié de la population. Entretien.

Alyson McGregor est médecin urgentiste, spécialiste des questions de genre et de sexe. Elle enseigne la médecine à l’université Brown  (États-Unis), où elle a fondé une division d’étude du sexe et du genre en médecine d’urgence. Signataire de nombreux articles scientifiques sur ce thème, elle a cofondé le collectif Sex and Gender Women’s Health Collaborative, qui regroupe connaissances et pistes de formation.

Le Sexe de la santé, d'Alyson McGregor (Érès)

À pathologie cardiaque similaire, les femmes meurent plus que les hommes. Parmi tous les médicaments mis sur le marché, la grande majorité n’est jamais testée sur des femmes. La plupart de celles qui se présentent aux urgences à la suite d’un malaise risquent bien souvent de se voir renvoyées chez elles avec un diagnostic d’anxiété…

En s’appuyant sur des exemples cliniques, sur des études médicales à grande échelle et sur sa propre expérience de médecin urgentiste, Alyson McGregor fait le constat effarant de la différence abyssale existant entre le soin des patients et celui des patientes. Son livre, « le Sexe de la santé » (éditions Érès) se présente comme une source d’information pour les soignants comme pour le grand public, mais aussi comme un manuel destiné aux femmes, qui leur donne des armes pour être mieux entendues et donc mieux soignées.

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Démocratie. Politiques et médias, rien ne va plus et ce n’est pas un hasard

Symptômes de la crise démocratique, les charges des politiques à l’encontre de la presse s’intensifient depuis quinze ans. À l’approche de la présidentielle 2022, un nouveau cap est franchi par Éric Zemmour. Des rédactions s’en alertent.

Et le tapis rouge fut déroulé. À l’aube de l’annonce de sa candidature à une réélection, Emmanuel Macron était l’invité de TF1 pendant deux heures, mercredi, dans une émission taillée sur mesure. Vantant le bilan de son quinquennat, le chef de l’État en a profité pour détailler les pistes de son futur programme. Un événement que n’ont pas manqué de dénoncer l’ensemble de ses opposants, accusant la chaîne privée de servir les intérêts de l’actuel président de la République. Les médias sont ainsi de plus en plus ciblés pour leur manque d’indépendance et de déontologie. Les charges se multiplient d’ailleurs depuis une quinzaine d’années de la part des politiques. Parfois pour dénoncer les concentrations capitalistiques qui étouffent la presse, parfois pour lui cracher dessus alors qu’elle remplit son rôle de contre-pouvoir indispensable de la vie démocratique… « Ils attaquent autant la presse qu’ils ne l’utilisent », note Emmanuel Vire, secrétaire général du SNJ-CGT, au point de rendre le travail des journalistes de terrain toujours plus compliqué. Continuer la lecture de Démocratie. Politiques et médias, rien ne va plus et ce n’est pas un hasard

Exclusif, la Carte scolaire : Les comptes fantastiques de la rue de Grenelle In Caf. Péda.

A quelle discipline appartient la constitution des cartes scolaires ? A la froide comptabilité budgétaire ? Ou à la littérature d’imagination ? Pour la rue de Grenelle c’est tout choisi. Après un premier essai littéraire l’année dernière, le ministère préfère parler « moyens d’enseignement » plutôt que « postes ». En année électorale, la gestion a rendez vous avec la lune. La réalité c’est que c’est le premier budget sans création de postes au primaire, ce qui oblitère la « priorité au primaire » tant répétée par le ministre. Et que les académies comptant le plus d’élèves défavorisés sont désavantagées dans le partage des « moyens », ce qui oblitère la « priorité au social »…

Postes budgétaires et « moyens d’enseignement »

On croyait tout savoir sur les cartes scolaires 2022. Ou du moins sur le nombre de postes disponibles et à peu près sur les charges résultant de la politique ministérielle, comme les dédoublements. On avait tort. Présentées le 15 décembre en CTM ministériel, les cartes scolaires du 1er et du 2d degré s’affranchissent cette année des normes comptables et des frontières, notamment de celle entre titulaires et contractuels. Continuer la lecture de Exclusif, la Carte scolaire : Les comptes fantastiques de la rue de Grenelle In Caf. Péda.