COMMUNISME ET NUMÉRISATION DE LA SOCIÉTÉ : QUAND LES DONNÉES (DATA) DEVIENNENT UN OUTIL SUPRÊME POUR L’EXPLOITATION CAPITALISTE

Par Jean-Paul LEGRAND
Marx nous a appris que l’histoire de l’humanité est avant tout celle des rapports de production : qui possède les outils, qui les utilise, qui en tire profit.
Au XIXᵉ siècle, il observait déjà que la machine industrielle n’était pas neutre : entre les mains du capital, elle devient un instrument d’exploitation, concentrant en elle le temps de travail des ouvriers, divisant celui-ci en multiples tâches pour produire massivement des marchandises, permettant aux capitalistes de réaliser des profits croissants par l’accumulation du temps de travail qu’il ne paye pas.
Aujourd’hui, ce ne sont plus seulement les machines-outils qui façonnent la société, mais les machines numériques : serveurs, algorithmes, bases de données. Ces nouvelles « usines invisibles » produisent un or moderne : la data autrement dit la masse d’informations utiles à toute production, son contrôle, sa logistique, sa commercialisation, sa consommation .
Comme hier la vapeur et l’acier, la donnée devient le levier indispensable de l’accumulation capitaliste du XXIeme siècle . Les profits des GAFAM en donnent la mesure : Alphabet (Google) a engrangé près de 84 milliards de dollars de bénéfices en 2023, Meta (Facebook) plus de 40 milliards, Amazon plus de 30 milliards. Ces chiffres vertigineux révèlent une vérité simple : ce n’est plus seulement le travail d’extraction et d’utilisation du pétrole ou la fabrication de l’acier qui sont les bases de l’enrichissement capitaliste, mais nos clics, nos gestes, nos mots, notre vie même qui contribuent involontairement au renforcement de cette exploitation.
C’est ce que nous allons tenter de démontrer ici.
L’homme et ses outils : une vieille histoire
Le préhistorien André Leroi-Gourhan nous rappelle que l’outil n’est pas seulement un objet extérieur à l’homme. Depuis la première pierre taillée, il est un prolongement du corps, une extension de la main, de l’œil, du cerveau. Sans outil, pas d’humanité ; sans humanité, pas d’outil. C’est une co-évolution.
Mais là où Leroi-Gourhan voyait une dynamique de libération — l’homme augmentant ses capacités grâce à ses instruments — Marx nous met en garde, cette dynamique homme-outil existe socialement dans des rapports de production dans lesquels s’opposent classe dominante et classe dominé : tout dépend donc entre quelles mains se trouvent alors ces outils. Dans le capitalisme, ils sont confisqués, car tous les moyens de production sont appropriés par une minorité qui les utilise pour exploiter la majorité.
Aujourd’hui, ce qui était vrai pour la pierre taillée ou la machine à vapeur l’est aussi pour les algorithmes et les mégabases de données. Ce sont de nouveaux outils anthropologiques. Mais sous le contrôle du capital, ils deviennent des armes de renforcement de la domination de classe.
L’outil numérique : prothèse de l’homme ou piège du capital ?
On pourrait dire que le smartphone est notre nouveau silex : il nous prolonge, il nous connecte, il nous donne accès à une puissance inédite. Mais à la différence du silex qui était propriété de son fabriquant, le smartphone ne nous appartient pas vraiment : l’appareil peut-être mais pas ce qui est nécessaire à son fonctionnement. D’ailleurs chacun sait qu’il doit faire des mises à jour des logiciels qui le font fonctionner et que le propriétaire du smartphone n’est aucunement propriétaire des données qui permettent ces mises à jour. Ce n’est donc pas nous qui décidons de son usage ultime : ce sont les grandes firmes qui captent et monétisent nos gestes les plus intimes.
Ainsi, ce prolongement technique de l’humain devient aussi dans le capitalisme une forme d’aliénation de l’homme exploité qui se voit utiliser des machines qui paraissent lui faciliter la vie c’est la valeur d’usage mais que cette facilité n’a qu’un but et est organisé pour faire du profit c’est la valeur d’échange.
Autrement dit la globalité des machines qui sont produites qui pourrait devenir une source d’épanouissement et de bien être social toujours plus grand est détournée au seul objet d’exploiter le travail humain pour en tirer profit capitaliste.
Nos comportements, nos relations, nos désirs sont analysés, découpés, transformés en profits. Les données, censées être le langage de notre époque, se changent en chaînes invisibles d’exploitation.
Le risque d’un Léviathan numérique
Certains répondront : qu’à cela ne tienne, confions ces données à l’État, mettons-les sous contrôle public. Mais là surgit un autre question. Car l’État tel qu’il existe aujourd’hui, dans les pays capitalistes, est l’instrument de la grande bourgeoisie. Centraliser les données dans ses mains reviendrait à confier notre intimité, nos comportements, notre vie sociale à un Léviathan numérique, capable de contrôler la population avec une efficacité sans précédent. D’ailleurs des bases de données sont déjà sous « protection » étatique mais qui nous garantit qu’elles ne seraient pas utilisées pour des fins autres pour lesquelles nous avons théoriquement donné notre accord ?
Le risque est réel : un capitalisme de collecte de données et de surveillance peut se doubler d’un étatisme de surveillance. Dans les deux cas, l’individu est pris dans un double filet serré de domination et d’aliénation. Cette crainte est fondée : n’avons-nous pas vu, dans l’histoire, des régimes utiliser les fichiers, les statistiques, les technologies de communication pour renforcer leur pouvoir sur les citoyens au lieu de les libérer ?
Transformer l’État pour transformer l’usage des données
Lénine, dans L’État et la Révolution, rappelait que l’État est toujours un instrument de domination de classe. Sous le capitalisme, il sert à maintenir l’ordre bourgeois et à protéger les profits. Mais la classe ouvrière, lorsqu’elle prend le pouvoir, doit aussi s’emparer de l’État et le transformer en un instrument de dictature démocratique contre la bourgeoisie.
Pourquoi dictature ? Parce qu’il faut briser la résistance acharnée des capitalistes qui ne renonceront jamais d’eux-mêmes à leurs privilèges. Pourquoi démocratique ? Parce que cette dictature légale, décidée par le peuple, s’exerce au profit de la majorité, en mettant les leviers du pouvoir entre les mains des travailleurs et du peuple.
Appliqué au monde numérique, cela signifie deux choses :
1. Confisquer aux capitalistes les données et les machines qui permettent de les exploiter, pour les socialiser.
2. Utiliser ces données pour accroître la démocratie réelle : non pas pour surveiller les individus, mais pour élever leur niveau de connaissance, améliorer les services collectifs, et les associer aux décisions.
Imaginez un État où les données de santé, de mobilité, d’éducation servent à améliorer la vie collective, mais aussi à rendre chaque citoyen plus savant, plus acteur, plus capable de participer aux décisions autrement dit de mener un combat politique pour transformer l’Etat afin qu’il soit l’affaire de tous et dirigé par le plus grand nombre jusqu’au fil du temps arriver à son dépérissement.
Dans cet esprit, la donnée devient un instrument de connaissance partagée : elle peut accroître la puissance intellectuelle des citoyens par une politique d’éducation de masse de haut niveau et transformer le rapport entre gouvernés et gouvernants. C’est là l’idée léniniste de la démocratie prolétarienne : un État qui prépare son propre dépérissement en se vidant peu à peu de ses fonctions coercitives, au profit de la gestion consciente par la collectivité.
Le dépérissement de l’État : horizon communiste
Lénine insistait : ce nouvel État des travailleurs n’est pas une fin en soi. Sa fonction est transitoire. Plus il réussira à organiser la vie sociale de manière démocratique, plus il verra sa nécessité diminuer. À mesure que les citoyens deviendront capables de gérer collectivement la société, l’État commencera à dépérir, perdant ses fonctions répressives pour laisser place à une auto-organisation des producteurs et des citoyens.
Dans cette perspective, la donnée devient un levier essentiel. Non pas une chaîne, mais une bibliothèque collective vivante, où chacun puise pour comprendre, décider, agir. Loin d’être un instrument de contrôle, elle devient un vecteur d’autonomie.
C’est ainsi que l’on évite à la fois la privatisation capitaliste et la centralisation autoritaire : en orientant la donnée vers l’émancipation, en transformant l’État bourgeois en État des travailleurs, puis en organisant progressivement sa disparition au profit d’une société communiste, où l’administration des choses remplacera le gouvernement des hommes.
D’aucuns diront que voilà une belle utopie. Mais songeons aux utopies des philosophes des Lumières qui se sont réalisées avec la révolution française. Certaines utopies liées à l’analyse de l’évolution des forces productives s’avèrent devenir des réalités, construites dans la lutte des classes.
Pour un socialisme cybernétique
Reprenant Marx, nous savons donc que le problème n’est pas la technique elle-même, mais le rapport social qui la commande. Reprenant Leroi-Gourhan, nous savons que la technique est inséparable de l’humain. Alors, pour que cette co-évolution devienne libératrice, il faut socialiser la donnée : la confier à une pratique légiférée et démocratique, transparente dans sa gestion, contrôlée et encadrée par les travailleurs et les citoyens de telle sorte qu’elle ne soit pas privatisée et utilisée par le capital mais pour le bien commun.
C’est ce que nous appelons un socialisme cybernétique : faire en sorte que les données et les algorithmes servent l’émancipation collective (soins de santé, transports écologiques, éducation, culture), au lieu de nourrir l’accumulation de profits privés ou d’être instrumentalisés par un État-bourgeois autoritaire.
L’horizon chinois : une voie socialiste de l’IA ?
Les réflexions des marxistes chinois apportent ici un éclairage précieux. Ils considèrent l’intelligence artificielle et la donnée comme des enjeux stratégiques de souveraineté. Inspirés par la méthode d’Ai Siqi, qui adaptait le marxisme aux transformations de son temps, ils cherchent à intégrer l’IA dans le développement socialiste.
Leur démarche est triple :
• Faire de l’IA un levier de puissance nationale, pour ne pas rester dépendants du capitalisme américain.
• Soumettre l’IA à une régulation éthique socialiste, afin qu’elle serve les masses et non une minorité.
• Utiliser la donnée et l’IA pour renforcer la démocratie socialiste et non pour consolider un capitalisme de surveillance.
Cette perspective ne résout pas encore toutes les contradictions, mais elle montre une voie : celle d’un usage socialiste de la technique, où l’accumulation de données ne serait plus une arme du capital ni un outil de coercition étatique, mais un bien commun au service de l’humanité:
Orienter le combat en faveur du socialisme pour vaincre l’exploitation et l’aliénation du capitalisme.
• Marx nous enseigne que l’outil peut devenir instrument d’exploitation dans la lutte des classes.
• Leroi-Gourhan nous rappelle que l’outil est constitutif de l’humanité.
• Lénine nous montre que l’État, transformé, peut devenir l’instrument de la libération avant de dépérir.
• Les marxistes chinois expérimentent déjà, dans la pratique, des formes de socialisme technologique.
Alors, pour rester pleinement humains et développer la civilisation à l’ère numérique, il nous faut arracher les données des mains du capital, refuser qu’elles deviennent un Léviathan d’État, et les réorienter vers une civilisation où la technique, socialisée démocratiquement, sera l’alliée des travailleurs et non un outil d’exploitation décuplée.
Rendez-vous à la fête de l’huma à l’espace « Sciences et Numérique »
 

Canicule : la chaleur est politique !

La canicule est désormais bien installée en France et les extrêmes de température qu’elle provoque tutoient les records historiques. Le PCF appelle à agir plus efficacement pour le climat et à mettre rapidement en place un plan de prévention des risques caniculaires pour les salariés et les populations fragiles.

L’augmentation des émissions des gaz à effet de serre qui causent ces canicules est un sujet éminemment politique, car conséquence de l’inaction coupable des gouvernements, des politiques libérales de l’Union européenne et d’industriels qui refusent de décarboner leurs activités. Continuer la lecture de Canicule : la chaleur est politique !

La paix en Ukraine n’est qu’un prétexte, l’objectif de Trump lors de sa rencontre avec Poutine est bien plus global

Sur la photo : le président russe Vladimir Poutine et le président américain Donald Trump (de gauche à droite) lors d’une rencontre bilatérale au sommet du G20, archives. (Photo : Mikhaïl Metzel/TASS)

En Russie, le célèbre politicien ukrainien Evgueni Mouraïev, actuellement en résidence à Pékin, a défini les principales craintes de l’administration américaine à l’heure actuelle. Ce qui se joue selon lui c’est la réalité des BRICS. Trump a essayé le bâton mais ça n’a pas marché, la Chine mais aussi l’inde, le Brésil, ont refusé de plier devant l’imposition de tarifs. Maintenant, il va tenter la « carotte ». L’Ukraine est secondaire, le but est de rompre l’alliance des BRICS. Les États-Unis ne renonceront pas si facilement à leur position dominante dans le monde. Ils ont délocalisé la quasi-totalité de leur production en Inde et en Chine, et l’économie américaine est désormais postindustrielle, basée sur la spéculation boursière et les services (la situation est encore plus dégradée en Europe et en France en particulier, ça et la position partisane disent la manière dont ils perdent leur influence réelle)… D’une manière ou d’une autre, ils ne pourront pas rivaliser technologiquement avec les pays du BRICS, et donc ils seront perdants. La Russie le sait et une bonne partie de l’Asie également. Cet enjeu que la planète entière comprend est complètement évacuée du débat public en France, celui de la gauche sans parler du caractère suicidaire des communistes français qui eux glissent dans l’insignifiance derrière l’UE, l’Ukraine et l’anti soviétisme, la sinophobie, l’anticommunisme primaire depuis des décennies. (note de Danielle Bleitrach traduction de Marianne Dunlop)

https://svpressa.ru/politic/article/476339

Texte : Alexeï Peskov

Dans la soirée du 8 août, Donald Trump a enfin révélé le lieu de la rencontre entre les présidents russe et américain. Quelques heures auparavant, le très populaire homme politique ukrainien Evgueni Mouraïev, qui réside actuellement à Pékin, avait diffusé une émission en direct de deux heures sur sa chaîne vidéo, au cours de laquelle il avait exprimé une série d’idées et d’hypothèses très intéressantes, voire sensationnelles. Continuer la lecture de La paix en Ukraine n’est qu’un prétexte, l’objectif de Trump lors de sa rencontre avec Poutine est bien plus global

Ces flammes, révélatrices des modifications climatiques et de l’austérité Par Patrick Le Hyaric

Solidaire des populations du département de l’Aude, et soutenant les efforts des forces de sécurité civile, des élus locaux, de toutes les habitantes et habitants engagés dans un combat sans merci contre le feu aux dimensions exceptionnelles, nous ne pouvons qu’une fois encore appeler à la réflexion sur les causes de cette catastrophe et à l’action nécessaire contre celles-ci.

On ne peut d’un côté verser des larmes de crocodile sur la détresse et l’angoisse des habitants, comme le fait le Premier ministre, et de l’autre imposer un « budget contraint ». Doux euphémisme pour dire que le pouvoir s’apprête à réduire encore les crédits publics indispensables à la sécurité civile, à la protection des habitants et à la lutte contre les modifications climatiques.

Un rapport parlementaire a alerté depuis un moment sur le manque de moyens de lutte contre l’incendie. On peut ainsi augmenter sans cesse le budget militaire, mais on ne peut pas acheter le nombre suffisant de Canadairs. Le prix de base d’un tel  engin de lutte contre les incendies de 35 millions d’euros doit être comparé au prix des engins de morts comme Le Rafale qui selon les options coûte entre 52,8 millions et 217 millions d’euros.

Celles et ceux qui ont approuvé la politique viticole européenne qui a conduit à la transformation de milliers d’hectares de vignobles en friches, combiné à l’affaiblissement de l’élevage, devraient rendre des comptes aujourd’hui, au moment où cette politique réactionnaire ouvre la route à l’agressivité des flammes.

Enfin, l’Aude comme  la Californie, subissent les mêmes phénomènes climatique où alternent des périodes de pluie intenses et une tendance générale à l’assèchement des sols. Une combinaison  de chaleur et de sécheresse qui transforme de grands espaces de la planète en bouilloire. Ce processus provoque un développement de la biomasse qui, par la suite, se transforme en feux géants dans une zone méditerranéenne où les modifications du climat conduisent à une élévation globale des températures. Celle-ci devient l’espace où s’aggrave la surchauffe planétaire. Rappelons qu’actuellement la moitié de notre pays fait l’objet « d’arrêtés préfectoraux sécheresse ».

Le feu et ses destructions, humaines, naturelles, de maisons et d’équipements ne sont pas fatals. Le feu peut être évité et combattu.

Cela nécessite des moyens humains et financiers donc la sortie de l’austérité et de la militarisation. 

Cela appelle aussi une autre politique agricole et forestière basée d’abord sur la valorisation et la rémunération du travail humain, de l’économie familiale combinée avec la coopération, un développement harmonieux des territoires. Une telle orientation doit être reliée avec un grand combat international pour des réorientations économiques réduisant l’utilisation des énergies carbonées dans l’objectif de protéger le climat.

Bien loin de la collaboration Trump-Von Der Leyen qui prévoit d’importer la valeur de centaines de milliards d’euros de pétrole et de gaz de schiste américain.

Si rien n’est fait, des incendies comme celui que subissent dramatiquement les populations de l’Aude et d’autres en Europe auront lieu plus souvent et sur de nouveaux espaces du territoire français et européen.

Non, décidément, ce n’est pas l’écologie qui est punitive !


Image by Matthias Fischer from Pixabay.

 

Incendies dans l’Aude : « Nous vivons une double catastrophe, écologique et économique » alerte le maire PCF de Camplong-d’Aude

Le mégafeu de Ribaute (Aude), un désastre en lui-même, intervient sur un territoire déjà éprouvé par les crises viticoles et par une sécheresse sans précédent, où les flammes trouvent un terrain d’autant plus favorable.

 

Avec le gigantesque incendie qui dévore les Corbières depuis mardi 5 août vers 16 heures, le pays cathare endure un martyre. Camplong-d’Aude, petite commune située au pied du mont Alaric, à un jet de pierre du départ de l’incendie, à Ribaute, a été épargnée de justesse par les flammes.

Mais son maire, Serge Lépine (PCF), joint mercredi matin par l’Humanité, redoute que cette nouvelle catastrophe porte le coup de grâce à ce territoire historique de la viticulture française, déjà en grande difficulté économique.

Votre commune a-t-elle été touchée par l’incendie ?

Serge Lépine, Maire PCF de Camplong-d’Aude (Aude)

 

 

Non, nous avons eu de la chance, Camplong a été épargnée. La tramontane, qui souffle terriblement depuis le nord-ouest, a poussé les flammes à toute vitesse directement de Ribaute vers Tournissan et Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse, qui ont brûlé. C’est là qu’il y a des victimes. Continuer la lecture de Incendies dans l’Aude : « Nous vivons une double catastrophe, écologique et économique » alerte le maire PCF de Camplong-d’Aude

« J’ai été pompier pendant vingt ans, je n’ai jamais vu ça » : l’Aude à l’épreuve de l’incendie le plus violent de l’histoire récente

Le massif des Corbières est, depuis mardi, le théâtre d’incendies incontrôlables qui se propagent à une vitesse fulgurante en direction de l’est du département. Plus de 16 000 hectares sont déjà partis en fumée.

 

Aude, envoyé spécial.

Il suffit de pénétrer dans le massif des Corbières pour voir un nouveau monde s’ouvrir devant soi, un monde aux allures apocalyptiques, recouvert de cendres. Une terre désolée d’où s’échappe une fumée qui irrite les bronches. L’incendie d’une ampleur considérable – c’est le pire de la saison estivale, pour l’heure – s’est déclaré mardi, aux alentours de 16 heures, dans l’Aude, au niveau de la commune de Ribaute. Continuer la lecture de « J’ai été pompier pendant vingt ans, je n’ai jamais vu ça » : l’Aude à l’épreuve de l’incendie le plus violent de l’histoire récente

Rupture(s) démocratique… Par Patrick Le Hyaric

Nous n’en avons pas fini avec les puissantes répliques sismiques provoquées par la loi « Duplomb », improprement baptisée « loi pour lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur ».

Ce texte soutenu par les macronistes en perdition, les droites et l’extrême droite shootées au trumpisme a été imposé grâce à l’utilisation, par les soutiens de cette loi, d’artifices législatifs empêchant tout débat à l’Assemblée nationale, dans le but de réunir une commission mixte paritaire où ces mêmes forces politiques vivent dans un entre-soi donnant raison à Robespierre sur « la perfide tranquillité du despotisme représentatif * ».

Le souci du détail nous conduit à préciser que sur les quatorze membres de cette commission, trois ont été d’éminents responsables de la FNSEA. Continuer la lecture de Rupture(s) démocratique… Par Patrick Le Hyaric

Le PCF opte pour un « large front contre l’impérialisme américain »

Voilà qui est satisfaisant… Franck excuse-moi je ne peux m’empêcher de mettre un point final à ta livraison du jour avec cette déclaration de Fabien Roussel… Tu devrais demander à notre préfacier qu’il vienne débattre avec toi sur ce que nous Français nous devons construire pour entrer dans cette alliance non pas contre les États-Unis mais au nom de tous les peuples y compris celui que l’on nomme américain, avec la proposition chinoise d’un destin commun… Ce que nous pouvons apporter, défendre, vouloir… (note de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

par Esteban Evrard

Sous couvert de « stabilisation commerciale », Ursula Von der Leyen a négocié en catimini un « accord » qui livre les clés de notre avenir industriel, énergétique et militaire aux États-Unis de Donald Trump. Dans un communiqué, le Parti communiste français (PCF) dénonce une reddition pure et simple et appelle à construire un front large et populaire contre cette soumission organisée. Continuer la lecture de Le PCF opte pour un « large front contre l’impérialisme américain »

Projet de loi de Finances 2026 : refuser le spectre de la récession !

Jean-Marc DURAND,  membre du conseil national – PCF

Les lendemains du 14 juillet, journée de fête nationale pour commémorer la Révolution française de 1789, ont cette année un goût amer pour des millions de Françaises et de Français, après le catalogue de mesures, toutes plus réactionnaires les unes que les autres, débité par François Bayrou le 15 juillet.

Dans les faits, ce budget est une déclaration de guerre au monde salarié. Il montre deux choses en parallèle. L’ampleur des dégâts commis par plusieurs décennies d’un ultralibéralisme économique décomplexé – car ce sont bien les choix successifs, surtout sous l’ère Macron mais dont de sérieux prémices étaient perceptibles chez ses deux derniers prédécesseurs au moins, qui ont conduit à un tel tarissement des recettes budgétaires et de l’activité productive dans notre pays, avec des services publics mis dans l’incapacité d’accomplir leurs missions et une industrie lapidée (la production industrielle représente désormais tout juste 9,6 % du PIB national). Continuer la lecture de Projet de loi de Finances 2026 : refuser le spectre de la récession !

Droits de douane UE – USA Face à l’impérialisme américain, dans la diversité de nos opinions : RÉSISTONS!

Publié le 30 juillet 2025

Des droits de douane multipliés par neuf pour atteindre 15%, une obligation d’achat de 750 milliards de dollars d’hydrocarbures ultra-polluants et d’armements US, 600 milliards d’investissements outre-Atlantique qui n’auront donc pas lieu en Europe, un vague espoir de réouverture du marché US de l’acier à condition que l’UE aide les États-Unis à y affronter les pays émergents, des clauses géostratégiques inconnues dont on ne doute pas qu’elles visent à enrôler encore plus les États européens derrière les entreprises belliqueuses de l’impérialisme étasunien… le prétendu « accord » entre Ursula Von der Leyen et Donald Trump est d’une violence rare et constitue une véritable déclaration de guerre contre les peuples européens, contre la paix, contre l’environnement. Nous devons résister et bâtir un large front des nations et des peuples pour empêcher sa mise en œuvre, pour bloquer Trump une bonne fois pour toute. Que les peuples reprennent la main !

En effet, la présidente de la Commission européenne offre une victoire politique à Donald Trump et un encouragement à tous les nationalistes, apprentis fascistes qui, de ce côté de l’Atlantique, rêvent de l’imiter. Le Premier ministre François Bayrou et son ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau peuvent verser des larmes de crocodile, ils portent la responsabilité de cette déroute en ayant soutenu Ursula von der Leyen à la tête de la Commission et accompagné les fermetures en France d’entreprises stratégiques. De même, le grand patronat français, Bernard Arnault en tête, tout comme l’extrême droite soutiennent cette politique et sont prêts à toutes les compromissions avec le nationaliste Trump.

Unissons-nous dans notre diversité ! C’est essentiel pour empêcher que les travailleurs, notre industrie, nos PME, notre agriculture et tous les activités qui y sont liées soient les premiers à pâtir de ces mesures. A part une minorité de financiers, c’est toute la société qui sera impactée.

Refusons des mesures dévastatrices pour le coût de la vie, l’emploi et le climat.

De telles mesures pourraient conduire tout droit l’Europe à la récession, augmenteraient le coût de la vie pour les salariés européens, amplifieraient « le chacun pour soi » entre Etats membres de l’UE et seraient dévastatrices pour l’emploi, pour la paix et le climat !

Elles renforceraient les orientations stratégiques des grands groupes pour soutenir les profits contre les salaires et l’emploi et viendraient justifier de nouveaux plans de licenciements, fermetures de sites et délocalisations. De nombreuses PME, des exploitations agricoles seront mises en difficulté par la baisse d’activité, le coût élevé de l’énergie et la baisse des investissements en France.

Beaucoup de secteurs seront aussi lourdement taxés, telle la métallurgie.

Surtout la guerre énergétique que nous mène Trump pèsera sur notre économie. Le coût de l’électricité et du gaz restera élevé pour les ménages comme pour les entreprises. L’achat de 250 milliards par an d’énergie aux Etats-Unis conduira aussi à un immense recul écologique conduisant à l’abandon des objectifs français et européens de réduction de l’utilisation des énergies fossiles, gaz et pétrole. De plus, la production américaine de gaz de schiste émet beaucoup plus de CO2 que l’utilisation du gaz conventionnel !

Avec un tel accord, le solde de la balance commerciale française va encore plonger !

L’impérialisme américain n’a pour autre objectif que de liquider l’économie européenne !

Il sera impossible de redresser les comptes de la nation avec un tel accord ! Idem en Allemagne et dans tant d’autres pays.

Enfin, ces mesures renforcent la dépendance technologique et militaire, voire la soumission, des Etats du continent pour un plat de lentilles, les profits de quelques multinationales apatrides.

Il est temps de résister et de siffler la fin de la récréation !

Pour le PCF, l’échange entre la Présidente de la Commission européenne et le Président des Etats-Unis ne peut constituer un « accord » dont Madame Von der Leyen n’a pas le pouvoir !

Nous refusons ce déni démocratique aux conséquences gravissimes pour les peuples, pour les travailleurs et travailleuses de part et d’autre de l’Atlantique qui paieraient ainsi très cher ces mesures si elles se concrétisaient.

La France, par la voix de son président, doit exiger la tenue d’un conseil européen exceptionnel. De même, la France et ses parlementaires européens comme nationaux doivent appeler à convoquer les parlements au plus vite. Chaque nation de l’UE, comme pour la ratification d’un traité, a le pouvoir de dire NON !

C’est maintenant qu’il faut agir contre cette politique américaine qui s’en prend à tous les continents. D’autres pays résistent tels le Brésil, le Mexique ou la Chine. La France doit aussi s’engager et résister en refusant cet accord.

Nous appelons à un large mouvement de résistance des nations et des peuples de tous les continents face à l’impérialisme américain.

En France, n’ayons pas peur de redonner la parole au peuple et à s’appuyer sur sa légitimité pour refuser un tel accord.

L’heure est à reprendre la main sur nos choix, sur notre politique pour ne pas laisser la Commission européenne décider à notre place.

Travaillons aussi à unir les pays de l’Union européenne qui vont souffrir d’un tel accord.

Entre l’UE et le Sud global, il est temps d’engager le dialogue et de résister ensemble à l’administration Trump et ses alliés nationalistes !

Il faut siffler la fin de la recréation.

Ne rien faire, c’est laisser faire.

Alors agissons, ensemble, dans la diversité de nos opinions. L’avenir de la France, de notre République est en danger.

Construisons l’arc de la résistance le plus large et le plus populaire possible.

Paris, le 31 juillet 2025

Parti communiste français.



Retrouvez les 5 propositions et les 3 négociations internationales portées par le PCF dans sa déclaration du 17 mai dernier.