» Nos vies valent plus que leurs profits » : les syndicats ne chôment pas pour la fête du travail in DDM

Le rassemblement et le défilé du 1er mai ont été une réussite avec plus de 500 personnes dans la rue, syndicalistes, politiques et quidams mêlés.

 par Éric Théron

Une météo au beau fixe, des menaces sur la pérennité du 1er mai férié et des revendications longues comme un discours de Sébastien Turon, leader de l’UD CGT, la mobilisation était au rendez-vous hier matin devant la Maison du peuple où 500 personnes se sont rassemblées pour la fête du travail. Exclu de l’intersyndicale l’an dernier, Force Ouvrière a fait son retour en catimini avec ses drapeaux mais sans prise de parole.

En préambule, le chef de file de la CGT a annoncé une bonne nouvelle à l’assistance : la grève à la crèche Babilou a pris fin jeudi soir après des négociations couronnées de succès entre la direction, l’Unsa et la CGT, pas invitée à débattre mais très présente dans les faits. « Les salariées se sont opposées à une direction qui a fini par écouter après une semaine de grève. L’exemple de Babilou doit être reproduit ailleurs », a souligné Sébastien Turon, qui a également évoqué le sort des 23 salariés de Quercy Interventions Services menacés de licenciement « malgré l’argent public investi ».

« Nos vies valent plus que leurs profits »

Mobilisation, lutte et blocage, le secrétaire de l’UD CGT s’est ensuite montré plus offensif. « La CGT sera toujours là pour mener le combat de la classe ouvrière, de ceux qui produisent mais à qui on refuse tout. Le capital s’enrichit alors que nos vies se dégradent, maos nos vies valent plus que leurs profits. Rien n’est donné, tout est arraché par la lutte. »

Guillaume Mangenot (FSU), après avoir déploré les attaques frontales du gouvernement sur le 1er mai, « faisant le lit de l’extrême droite », a réaffirmé au nom de son syndicat un message de paix. « En soutien aux Ukrainiens, aux Palestiniens, aux Iraniens et aux Libanais. » Et de conclure avec les présidentielles dans le viseur. « Nous avons un an pour créer une alternative. »

Les guerres, le pouvoir d’achat, l’avancée de l’extrême droite, le représentant de Solidaires 82, Bernard Garcès a repris à son compte les grands thèmes de ce 1er mai 2026. Enfin, le collectif « Nous Toutes » a porté la parole des femmes. « Il n’y a pas de justice sociale sans justice féminine. Elles sont les plus touchées par la précarité et sont victimes de violences dans tous les espaces, au travail comme chez elles. » Et de demander « plus de prévention, un renforcement de la formation sur les violences sexuelles et sexistes et plus de places d’hébergement. »

Le cortège, bigarré et coloré, a conclu sa matinée revendicative par une randonnée urbaine en passant devant le tribunal, l’hôtel de ville et le MIB.

École : une chute historique des effectifs sur fond de mobilisation sociale

  Alors que les mobilisations se multiplient partout en France contre les fermetures de classes et les suppressions de postes, le ministère de l’Éducation nationale vient de publier une note statistique intitulée « Projections d’effectifs scolaires à horizon 2035 ». Un calendrier qui ne doit certainement rien au hasard — mais qui ne semble pas non plus de nature à freiner un mouvement profond et déterminé.

Une baisse démographique qui s’accélère

En 2025, le nombre de décès a dépassé celui des naissances. Depuis une décennie, une bascule démographique s’opère qui se répercute déjà sur l’école, en particulier dans le premier degré. « Au total, la baisse des effectifs s’établirait à 1,7 million d’élèves en dix ans, avec des évolutions contrastées selon les académies et les départements », indiquent les auteurs de la note publiée le 7 avril 2026.

125 400 élèves en moins dès la rentrée 2026 Continuer la lecture de École : une chute historique des effectifs sur fond de mobilisation sociale

Un communisme de conquêtes : la proposition du Conseil National du PCF pour le 40ᵉ congrès

Les communistes et leurs amis de la Section Castelsarrasin, Valence et Lomagne se réuniront le vendredi 10 avril à l’Espace Métais à 18h30 pour lancer le débat du 40ème congrès.

 » Un communisme de conquêtes  » – Préambule de la base commune

Pour information, le Préambule de la Base commune sur les objectifs du 40e Congrès | Retrouvez le projet de base commune en intégralité sur le site du Congrès.

Avec « Un communisme de conquêtes », il s’agit aujourd’hui de franchir une étape decisive : doter le PCF d’une démarche dans la durée, affirmer le rôle central du PCF dans la conquête des pouvoirs par le monde du travail. Volontairement, ce texte d’orientation ne reprend donc pas l’ensemble des travaux du précédent congrès. Le 40e Congrès du Parti communiste français s’inscrit dans la continuité des orientations définies lors des précédents congrès. Le texte du 38ᵉ Congrès, « Manifeste du Parti communiste », portait l’ambition d’arrêter l’effacement du PCF et de le rendre à nouveau visible dans le débat public. Celui du 39ᵉ Congrès, « L’ambition pour de nouveaux jours heureux », a permis de renouveler le projet communiste et de préciser ses propositions. Ce projet de base commune n’est pas un programme électoral mais se veut être un texte de visée communiste, fixant des priorités politiques et stratégiques, et donnant mandat à la future direction nationale pour mettre en œuvre ces orientations d’ici le prochain congrès.

Ce texte a vocation à s’appuyer sur les acquis existants et à être complété par les productions les plus récentes du Parti qui constituent des contributions essentielles à l’élaboration et à la mise en œuvre de son projet.

La crise systémique du capitalisme suscite de profonds bouleversements : guerres, menaces nucléaires, effondrement des principaux indicateurs écologiques, crise sociale, crise démocratique. L’ordre international est traversé par des recompositions majeures, marquées à la fois par la volonté du capital étatsunien d’asseoir sa domination internationale sur un nouveau mode d’accumulation, mais aussi par la contestation de l’hégémonie du dollar et la montée de nouvelles puissances. Les tensions s’exacerbent à mesure que l’administration Trump entend conserver sa suprématie dans un ordre mondial devenu multipolaire, et qu’elle s’affranchit à cette fin du droit international pour affirmer sa volonté impérialiste et guerrière.

Dans ce contexte, la France s’enfonce dans une crise majeure. Elle apparaît affaiblie. Du fait de l’alignement de tous ses gouvernements sur l’impérialisme étatsunien et de leur acceptation des orientations mises en œuvre au sein de l’Union européenne, sa voix s’est progressivement marginalisée sur la scène internationale.

Ce déclassement est indissociable des choix économiques et sociaux opérés depuis plusieurs décennies. Les politiques néolibérales ont profondément fragilisé l’appareil productif, accéléré la désindustrialisation, affaibli le modèle agricole français et contribué au recul des infrastructures publiques. En privilégiant la financiarisation au détriment du travail et de la production, elles ont aggravé les inégalités et réduit ses capacités de répondre aux défis du siècle, en particulier le dérèglement climatique.

Cette situation alimente une crise sociale catastrophique, tandis que l’échec du macronisme a plongé le pays dans une crise de régime inédite depuis les origines de la Ve République. Le recul de la conscience de classe et l’atomisation du salariat, la peur de l’avenir qui s’empare des catégories populaires nourrissent les replies identitaires. Elles favorisent la progression de plus en plus dangereuse de l’extrême droite. Aucune des réponses politiques existantes n’est aujourd’hui à la hauteur pour combattre ce phénomène et le faire refluer durablement.

Face à ces défis, « Un communisme de conquêtes » propose une orientation ambitieuse autour d’un projet de dépassement du capitalisme et d’unir le peuple de France. Pour cela, il importe de bâtir une force politique solidement ancrée dans le monde du travail et de la création, capable de rassembler largement les travailleuses et les travailleurs, de faire progresser la conscience de classe et de donner à la gauche une base sociale forte.
C’est par la mobilisation du monde du travail que pourra être inversé le rapport de force. Cette dynamique est indispensable pour faire reculer l’extrême droite et ouvrir une perspective politique capable de répondre aux défis économiques, sociaux et environnementaux de notre temps. Elle constitue la condition pour la conquête des pouvoirs et la construction d’une société d’émancipation.

Comme ils l’ont fait à l’occasion de leurs derniers congrès, c’est aux communistes qu’il appartient de s’emparer à présent de cette proposition de base commune, de l’enrichir de leurs expériences et de leurs réflexions, d’en faire le levier collectif du déploiement de leur parti afin de lui permettre de se hisser au niveau de secousses historiques.

EVAR.S: Attaques contre l’éducation à la sexualité, un phénomène européen

L’absence de programme a longtemps retardé la mise en place effective de l’EVAR.S. Son entrée en vigueur à la rentrée de septembre 2025 constitue donc un tournant décisif dont on se félicite. Mais pour autant, la partie n’est pas gagnée. Sur le terrain les lobbies réactionnaires continuent d’exercer leur influence et de mener leur travail de sape. Et pas seulement en France. Un rapport inédit de février 2026 du Planning familial, « L’offensive contre l’éducation complète à la sexualité – Cartographie des acteurs et analyse des stratégies d’opposition en Europe », témoigne en effet de l’ampleur de ces attaques au niveau européen. L’association invite les états membres à réagir rapidement à ces menaces dont « les écoles et l’éducation sont l’une des cibles prioritaires ». Continuer la lecture de EVAR.S: Attaques contre l’éducation à la sexualité, un phénomène européen

Au tribunal, l’école face aux offensives de l’extrême droite

« Ce dossier est une bande-annonce de ce qui arrivera aux libertés académiques si un jour l’extrême droite arrive au pouvoir » a déclaré l’avocat du SNES-FSU, Me Ortin.
À la barre du tribunal judiciaire de Paris, la professeure de philosophie Sophie Djigo a défendu bien plus que sa personne les 30 et 31 mars. À travers sa plainte pour diffamation et injures publiques visant neuf personnes, c’est une certaine idée de l’enseignement et de la liberté pédagogique qui se joue. Son procès met en lumière une dynamique plus large : la montée de pressions politiques, souvent portées par l’extrême droite, sur le monde éducatif. Continuer la lecture de Au tribunal, l’école face aux offensives de l’extrême droite

La post-vérité a-t-elle gagné sur la politique ?

La fabrication du faux ne semble pas avoir été enrayée par la démultiplication des sources d’information. Dans un monde politiquement fragmenté et producteur de discours à foison, la lutte pour l’accès à la vérité redevient un enjeu central.

« Les mécanismes de polarisation sont omniprésents dans la période récente », souligne le philosophe Mathias Girel.

Depuis une dizaine d’années, le terme de « post-vérité » est devenu un concept couramment utilisé dans le débat public. La communication trumpienne, la montée en puissance des extrêmes droites et le retour de troubles géopolitiques majeurs alimentent le questionnement citoyen autour de l’accès aux faits et à la vérité.

La post-vérité est-elle un concept inventé de toutes pièces ou est-il possible d’en observer des manifestations en acte ?

Gloria Origgi, Philosophe et autrice de La vérité est une question politique (Albin Michel, 2024)

 

En 2016, les dictionnaires d’Oxford avaient désigné la post-vérité comme mot de l’année et la définissaient comme faisant référence à « des circonstances dans lesquelles les faits objectifs ont moins d’influence pour modeler l’opinion publique que les appels à l’émotion ». Continuer la lecture de La post-vérité a-t-elle gagné sur la politique ?

Femmes artistes : les chiffres édifiants du sexisme

Qu’elles soient scientifiques, philosophes, écrivaines… les femmes n’ont cessé, et ne cessent encore, d’être confrontées aux inégalités de genre. Existences ignorées, œuvres invisibilisées, travaux minimisés – si ce n’est réattribués à des hommes – dans de nombreux domaines, même très présentes, il leur est difficile d’exister. C’est particulièrement le cas dans le monde de l’art, comme en fait la démonstration édifiante Anne Bourrassé, commissaire d’exposition et critique d’art, dans un essai passionnant, Les Refusées, au sous-titre évocateur : Les artistes femmes n’existent pas. Une enquête à travers le temps qui réussit haut la main le pari de s’adresser autant au milieu de l’art qu’aux non-spécialistes. Face à cet effacement, quel rôle l’Ecole peut-elle jouer ? Anne Bourrassé répond aux questions du Café pédagogique. Continuer la lecture de Femmes artistes : les chiffres édifiants du sexisme

Incidents graves à l’école : des écarts qui en disent long (Rapport de la DEPP)

En légère baisse en 2024-2025, les incidents graves signalés dans les établissements scolaires restent un révélateur des inégalités du système éducatif. Marqueurs de tensions et de difficultés, à la fois sociales et scolaires, ils sont beaucoup plus présents dans les établissements publics que privés, et davantage en lycée professionnel qu’en lycée général.

Des signalements plus fréquents dans le second degré

On compte 14 incidents graves pour 1 000 élèves dans le second degré, contre 4 pour 1 000 élèves dans le premier degré. La majorité des incidents graves sont des atteintes aux personnes, essentiellement verbales. 79 % des écoles et 28 % des collèges déclarent une absence d’incident grave.

Un incident sur dix dans le second degré est d’ordre raciste, antisémite, xénophobe ou homophobe, contre un sur vingt dans le premier degré, principalement à l’école élémentaire.

Les auteurs des faits sont majoritairement des élèves, et les victimes sont pour moitié des élèves et pour moitié des personnels. Dans le premier degré, les personnels sont davantage représentés parmi les victimes. Ce sont les principaux résultats de l’enquête annuelle Sivis menée auprès des chefs d’établissement, notamment à la suite de conseils de discipline ou de commissions éducatives.

Des écarts marqués selon les établissements

Derrière les moyennes se cachent de fortes disparités. Les différences entre types d’établissements restent importantes. Dans le second degré, on recense 14 incidents graves pour 1 000 élèves. Ce taux atteint 20 pour 1 000 en lycée professionnel, contre 6 pour 1 000 en lycée général, illustrant les inégalités structurelles du système éducatif.

Le recul du nombre d’incidents correspond à une baisse des signalements déclarés dans les établissements publics. Toutefois, le caractère déclaratif de ces données invite à la prudence dans leur interprétation : certains établissements privés peuvent ne pas souhaiter communiquer sur ces incidents, tandis qu’une hausse des signalements peut aussi refléter une meilleure formation ou une sensibilisation accrue. La note d’information de la DEPP souligne ainsi qu’« une augmentation des signalements peut s’expliquer par une amélioration de la culture de la prévention ou par la reconnaissance progressive de certaines atteintes (par exemple les violences sexistes et sexuelles, le harcèlement, etc.). À l’inverse, un manque de temps des équipes pédagogiques ou d’encadrement, ou la méconnaissance de certains incidents (par exemple lorsque davantage de faits ont lieu sur les réseaux sociaux), peut conduire à une baisse des signalements ».

Les élèves sont très majoritairement les auteurs des faits : 92 % dans le second degré, contre 59 % dans le premier degré, où les atteintes peuvent aussi être commises par des familles d’élèves (30 % dans le premier degré contre 3 % dans le second degré). Dans le premier degré, plus de la moitié des victimes sont des personnels (61 %). Dans le second degré, les victimes sont élèves et personnels à parts égales (41 % chacun).

Des atteintes majoritairement verbales

Huit incidents graves sur dix signalés au collège sont des atteintes verbales aux personnes. Dans le premier degré, 87 % des incidents graves sont des atteintes verbales, contre 80 % dans le second degré. La moitié de ces incidents correspond à des violences verbales.

Les violences physiques représentent 34 % des incidents dans le premier degré, contre 21 % dans le second degré.

Enfin, 12 % des incidents graves relèvent du racisme, de l’antisémitisme, de la xénophobie ou de l’homophobie dans le second degré, contre 4 % dans le premier degré. Par ailleurs, 15 % des incidents signalés dans le premier degré sont liés au harcèlement, contre 10 % dans le second degré.

Djéhanne Gani

La note de la Depp : Rakotobe M., 2026, « Les signalements d’incidents graves dans les écoles et établissements publics et privés sous contrat en 2024-2025« , Note d’Information, n° 26-03, DEPP

Castelsarrasin. « Beaucoup souhaitent voir la ville repartir de l’avant »

  • "Nous avons construit une liste d’union de la gauche mais aussi une liste citoyenne qui reflète bien la diversité de Castelsarrasin.Photo fournie par le candidat
    « Nous avons construit une liste d’union de la gauche mais aussi une liste citoyenne qui reflète bien la diversité de Castelsarrasin.Photo fournie par le candidat

Article rédigé par Pierre-Jean Pyrda in DDM

Julien Sueres, tête de liste de « Castelsarrasin en commun », clôt sa campagne de 1er tour avec une réunion publique ce vendredi à 19 heures, salle Descazeaux. 

La campagne du 1er tour se termine ce vendredi soir. Comment avez-vous vécu personnellement cette campagne, très longue pour vous puisque vous avez été le premier à vous déclarer ?

J’ai vécu cette campagne avec beaucoup d’intensité mais surtout beaucoup d’enthousiasme. Nous avons été les premiers à nous déclarer, et cela nous a permis de mener une vraie campagne de terrain.

Depuis l’été, nous avons frappé à des centaines de portes, échangé sur les marchés, tenu un local de campagne ouvert pendant plusieurs mois et distribué plus de 6 000 questionnaires citoyens. Cette campagne a été avant tout une campagne d’écoute. Continuer la lecture de Castelsarrasin. « Beaucoup souhaitent voir la ville repartir de l’avant »

Municipales 2026 : 54 associations appellent à créer une délégation aux droits de l’enfant dans chaque commune