Télécoms. Plus de 1 200 emplois détruits chez Scopelec

Le tribunal de commerce a désigné le repreneur de la plus grosse Scop de France, avec une énorme casse sociale à la clé.

Scopelec assurait la pose de la fibre optique et l’entretien du réseau cuivre pour Orange avant la perte de ce marché en novembre 2021. © MaxPPP

Scopelec assurait la pose de la fibre optique et l’entretien du réseau cuivre pour Orange avant la perte de ce marché en novembre 2021. © MaxPPP

C’est un feuilleton de plusieurs mois qui vient de connaître un dénouement tragique : le tribunal de commerce de Lyon a finalement désigné le nom du repreneur de Scopelec, plus grosse coopérative de France et sous-traitant d’Orange. Le groupe Circet, mastodonte des télécoms détenu par un fonds d’investissement britannique, ICG, va donc reprendre les rênes de l’entreprise. 1 049 emplois seulement vont être sauvés sur les 2 300 que compte Scopelec. « C’est une catastrophe, le plus gros plan social de France, peste l’avocat des salariés, Ralph Blindauer. Les administrateurs judiciaires ont fait ce qu’ils ont pu avec les fonds disponibles dans l’entreprise, mais ils n’ont pu mobiliser que 2 millions d’euros pour le PSE, une misère » Continuer la lecture de Télécoms. Plus de 1 200 emplois détruits chez Scopelec

En Tarn-et-Garonne, les boulangeries artisanales craignent pour leur avenir in DDM

Christophe Passedat, boulanger artisanal à Saint-Nauphary et président du Syndicat de la profession depuis octobre, a pris le problème à bras-le-corps.
Christophe Passedat, boulanger artisanal à Saint-Nauphary et président du Syndicat de la profession depuis octobre, a pris le problème à bras-le-corps. DDM – DDM MANUEL MASSIP

Hausse des prix des matières premières, factures d’électricité qui explosent… Les artisans du pain tirent la sonnette d’alarme. Leur profession est aujourd’hui en danger.

Christophe Passedat, boulanger Chez Lucien à Saint-Nauphary depuis 2015, a pris la tête du Syndicat départemental de la profession fin octobre. Depuis deux mois, il a laissé de côté ses fournils pour se consacrer à l’avenir incertain des boulangeries artisanales. Cinq ont fermé ces derniers mois en Tarn-et-Garonne. Le coup de grâce : la hausse des factures d’électricité. « Une partie a reçu son nouvel échéancier et a déjà basculé mais la majorité va se faire assommer au 1er janvier », lâche Christophe Passedat.

Devant lui sur son bureau, les copies des courriers s’étalent. « Ce boulanger de Verdun-sur-Garonne a repris le commerce familial. L’année dernière à cette époque, son père payait 662 € d’électricité par mois, lui est actuellement à 1 009 €. À Valence d’Agen, celui-ci a vu le prix de son mégawatt-heure bondir de 139 € à 585 € en novembre. À Saint-Porquier, cet artisan qui fait aussi épicerie, bar-tabac et presse dans le petit village, va voir sa facture passer de 1 300 € à 4 228 €. Des exemples comme ceux-là, j’en ai plein », détaille-t-il. Continuer la lecture de En Tarn-et-Garonne, les boulangeries artisanales craignent pour leur avenir in DDM

LAICITE : Le RN/FN et Reconquête en manœuvres conjointes

D’une situation de tension au sein d’un établissement scolaire de notre département, qui plus est le plus important de l’académie de Toulouse, aux cris d’orfraie mâtinés de racisme, il n’y avait qu’un pas allégrement franchit par toute l’extrême droite locale.

Depuis la rentrée scolaire de 2022, le Lycée Bourdelle est traversé par une vague de prosélytisme religieux à caractère identitaire qui se traduit par le port de « l’abaya » chez plusieurs jeunes filles avec une pointe de provocation propre à l’adolescence. Rappels multiples au règlement intérieur, aux fondements de la laïcité, convocations…. Bref toute la panoplie en usage en pareil cas a été déployée par une équipe de direction épaulée par le rectorat et les services académiques. Le point de crispation est venu d’une altercation comme il en existe des centaines, entre une enseignante et une élève qui mettait en avant des signes ostentatoires d’appartenances religieuses et à partir de là, les choses se sont gâtées. Continuer la lecture de LAICITE : Le RN/FN et Reconquête en manœuvres conjointes

Le tueur de la rue d’Enghien en mission contre les militants kurdes + communiqué PCF

Selon les informations recueillies par l’Humanité, l’homme aurait été déposé par une voiture devant le siège du Conseil démocratique kurde de France (CDKF) alors que devait se tenir une réunion d’une soixantaine de femmes kurdes, finalement décalée d’une heure au dernier moment. Un massacre a été évité. Qui aurait renseigné le tueur ?

Le tueur aurait été déposé en voiture rue d'Enghien (Xe arrondissement) avant de commettre les meurtres. © Thomas Samson / AFP

Le tueur aurait été déposé en voiture rue d’Enghien (Xe arrondissement) avant de commettre les meurtres. © Thomas Samson / AFP

La tuerie qui s’est déroulée ce vendredi rue d’Enghien, dans le Xe arrondissement de la capitale serait-elle le fait d’un homme un peu détraqué, dont les motifs devraient être recherchés dans le racisme et la xénophobie ? L’homme arrêté, William M., 69 ans, ancien conducteur de train, est connu de la justice pour deux tentatives d’homicide commises en 2016 et décembre 2021.

Selon la procureure de la République de Paris, Laure Beccuau, l’homme serait connu pour «  des faits en Seine-Saint-Denis où il serait passé récemment en jugement, aurait été condamné, mais à la suite de la condamnation un appel aurait été interjeté par le parquet ». Il est aussi  « lié à des faits qui se sont passés du côté de Bercy à Paris », a poursuivi la magistrate. Les faits visés concerne l’attaque d’un camp de migrant le 8 décembre 2021 dans le parc de Bercy (XIIe arrondissement), qui avait bléssé deux personnes à l’arme blanche. Continuer la lecture de Le tueur de la rue d’Enghien en mission contre les militants kurdes + communiqué PCF

Fusillade à Paris contre le centre culturel kurde : ce que l’on sait + appel à Manifester

Plusieurs coups de feu ont été tirés dans le centre de Paris peu avant midi, faisant trois morts et quatre blessés. Le tireur visait le centre culturel kurde. L’auteur des coups de feu a été interpellé, un septuagénaire connu pour des faits de violence à composante raciste. Si le parquet antiterroriste n’a pas été saisi, pour les milieux kurdes il s’agit d’un attentat. Un appel à manifester demain samedi a été lancé.

L'auteur de la fusillade est connu des services de police, il avait notamment attaqué un camp de migrant en 2021 à Paris. © Thomas Samson / AFP

L’auteur de la fusillade est connu des services de police, il avait notamment attaqué un camp de migrant en 2021 à Paris. © Thomas Samson / AFP

Trois personnes, selon un nouveau bilan, sont décédées après avoir été touchées par des tirs, vendredi peu avant midi, dans le Xe arrondissent de Paris, et un homme a été interpellé et placé en garde à vue

Les faits se sont déroulés au 16 rue d’Enghien, au niveau d’un centre culturel kurde, dans un quartier commerçant et animé et notamment prisé de la communauté kurde.

Une enquête a été ouverte des chefs d’assassinat, homicides volontaires et violences aggravées. Le bilan provisoire fait état de trois personnes décédées, et quatre blessés.  Il n’y a pas à cet instant de saisine du parquet national terroriste. Continuer la lecture de Fusillade à Paris contre le centre culturel kurde : ce que l’on sait + appel à Manifester

La Base alternative de P. Laurent : beaucoup de bruit pour rien… ou peut-être une “scission” programmée… Par D.B.

 

Pierre Laurent lors de la présentation de ce texte « alternatif »

Temps de lecture 17 minutes

*Pierre Laurent et les siens publient aujourd’hui une base alternative qu’ils opposent à la base commune, publiera, publiera pas voilà qui est fait et entre nous singulièrement bâclé, il y a là beaucoup de hâte et l’art de s’engouffrer dans une voie qui vient d’ailleurs, la jonction se réalise mais elle n’aide pas à clarifier. Les raisons d’une telle publication? C’est néanmoins, nous en faisons le pari, une bonne chose, parce que ce texte malgré sa nullité assumée, aidera peut-être le parti et l’équipe qui a eu le courage du 38e Congrès à mener enfin le débat qui n’a été que trop longtemps évité. Parce que ce texte qui est intellectuellement et politiquement d’une rare indigence a l’immense mérite de nous montrer jusqu’où ces gens veulent mener la liquidation, la manière dont ils n’ont jamais admis ce 38e congrès et comment ils n’ont jamais arrêté au niveau des positions qu’on leur a laissées de torpiller tout espoir de renouveau. Ce texte à la limite du grotesque tant l’emphase masque mal l’abandon en rase campagne, est cependant un choix de tomber les masques auquel il faut se préparer en se renforçant. Fabien Roussel a jusqu’ici choisi de représenter l’unité du parti, et son renouveau, les deux positions étant souvent difficiles à mener ensemble face à une telle déstabilisation, désormais nous pouvons et il peut donner un sens plein et entier à ce renforcement unitaire.

Aujourd’hui l’Humanité, notre journal, va jusqu’au bout de la patiente réécriture de l’histoire et de son abandon volontaire de tout ce qui a fait l’identité communiste en publiant ce texte sous le titre grotesque « Urgence de communisme » et l’attaque est clairement dirigée d’abord contre la tentative de recréer le parti communiste et la tentative d”autonomie. Continuer la lecture de La Base alternative de P. Laurent : beaucoup de bruit pour rien… ou peut-être une “scission” programmée… Par D.B.

Relaxe pour les colleuses féministes

 À Nantes, quatre militantes risquaient de la prison avec sursis pour « rébellion » lors d’un contrôle policier. Rien n’a pu être retenu contre elles.

Le procès a eu lieu au lendemain des premières Assises nationales contre les violences sexistes à Nantes (Loire-Atlantique). Un signe ? Le 28 novembre, jour de convocation au tribunal correctionnel, ainsi que la semaine suivante au moment du délibéré, les militants et citoyens sont venus en nombre soutenir quatre colleuses dénonçant les féminicides. Elles risquaient jusqu’à quatre mois de prison avec sursis. Les policiers, parties civiles, ne se sont jamais présentés. Ni pendant l’audience ni au délibéré.

Le 14 juillet 2020, après avoir affiché sur les murs d’une banque les mots « Liberté, Égalité, Impunité », les quatre femmes, âgées de 26 à 55 ans, s’étaient fait contrôler à quelques pas de là, en raison du seau suspect qu’elles portaient. Refusant d’obtempérer, estimant ne pas avoir été prises en flagrant délit, les militantes avaient sorti un téléphone pour filmer la scène et s’étaient fait violemment interpeller. Juste après avoir reçu leur convocation, elles avaient révélé à l’Humanité leur angoisse ce soir-là, la garde à vue prolongée, les insultes sexistes au commissariat, les conditions de détention dégradées, et la peur de militer qui avait suivi. Continuer la lecture de Relaxe pour les colleuses féministes

La FI se déchire au sujet de la démocratie interne

Écartés de la nouvelle direction, les députés Alexis Corbière, Raquel Garrido, François Ruffin et Clémentine Autain ont pris publiquement la parole pour dénoncer le verrouillage du mouvement par une poignée de proches de Jean-Luc Mélenchon.

François Ruffin, Alexis Corbière et Clémentine Autain aux côtés de Jean-Luc Mélenchon, en juillet 2017. Les trois premiers, écartés de la direction de la FI, dénoncent un manque de démocratie.

François Ruffin, Alexis Corbière et Clémentine Autain aux côtés de Jean-Luc Mélenchon, en juillet 2017. Les trois premiers, écartés de la direction de la FI, dénoncent un manque de démocratie.
AFP

À la France insoumise, la fronde s’amplifie. Figure historique du mouvement « gazeux », ancien du Parti de gauche, Alexis Corbière a vivement critiqué la composition de la nouvelle direction présentée le samedi 10 décembre lors d’une « assemblée représentative », et resserrée autour de fidèles de Jean-Luc Mélenchon, comme les députés Manuel Bompard, Mathilde Panot, Gabriel Amard, Bastien Lachaud, Antoine Léaument, ou encore Sophia Chikirou. « J’ai un radical désaccord avec le résultat, conséquence d’un processus qui ne joue pas collectif, n’associe pas assez les militants et n’intègre pas les différentes sensibilités de notre mouvement qui s’incarnent dans certaines personnalités », a déclaré Alexis Corbière au journal Le Monde. « Il y a dans le pays une puissante soif de démocratie, et elle existe évidemment aussi dans la FI, ajoute-t-il. Pour les militants, ne pas voter tout le temps est une chose, ne voter jamais en est une autre. » Continuer la lecture de La FI se déchire au sujet de la démocratie interne

De la décomposition des institutions vue par le flâneur et le visionnaire par D. Bleitracht

 

temps de lecture: 15 minutes

« Je n’attends pas grand chose de bien réjouissant de la session de la Chambre des députés qui vient de s’ouvrir. Nous ne verrons là que querelles mesquines, disputes personnelles et impuissance, si ce n’est à la fin une stagnation complète. En effet, une Chambre doit renfermer des partis compacts, sans quoi toute la machinerie parlementaire ne saurait fonctionner. Si chaque député fait valoir une opinion singulière, différente et isolée, il ne pourra jamais en résulter un vote susceptible d’être regardé, ne serait-ce que tant soit peu comme l’expression d’une volonté commune, et pourtant c’est une condition essentielle du système représentatif qu’une telle volonté commune se manifeste. Tout comme l’ensemble de la société française, la Chambre s’est décomposée en tant de fractions et de parcelles qu’il n’y a plus là deux personnes dont les opinions se rejoignent tout à fait (…) Mais où mène cet éclatement de tous les liens de la pensée, ce particularisme, cette extinction de tout esprit de corps qui est la mort morale d’un peuple? – C’est le culte de l’intérêt matériel, de l’égoïsme, de l’argent qui a amené cet état de chose. » (1)

Vous reconnaitrez que la description est saisissante, et que l’analogie avec la période contemporaine s’impose : aujourd’hui de la même manière toutes les institutions, toutes les forces politiques sont la proie de cette décomposition accélérée, cela s’étend depuis le sommet de l’Etat et ruisselle sur la moindre notabilité. Continuer la lecture de De la décomposition des institutions vue par le flâneur et le visionnaire par D. Bleitracht

Israël a expulsé l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri

Le juriste a été placé dans un avion en direction de Paris, dimanche, aux premières heures de la journée. La mère de Salah avait écrit à Emmanuel Macron pour qu’il intervienne et empêche cette expulsion, visiblement sans résultats.

FETE DE L'HUMANITE 2019 - Samedi - Meeting grande scène - Salah Hamouri -Photo Patrick Nussbaum

FETE DE L’HUMANITE 2019 – Samedi – Meeting grande scène – Salah Hamouri -Photo Patrick Nussbaum

Le ministère israélien de l’Intérieur, vient d’annoncer l’expulsion de l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri, en détention administrative depuis le mois de mars – c’est-à-dire sans accusations formelles. Salah Hamouri «a été expulsé ce matin vers la France à la suite de la décision de la ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked de lui retirer son statut de résident», a indiqué le ministère israélien de l’Intérieur dans un communiqué.

Né à Jérusalem, Salah Hamouri, doit pourtant, comme tous les Palestiniens de la partie occupée de la ville, posséder une autorisation de résidence. Celle-ci lui avait retiré. Une mesure contestée et suspendue, qui devait être examinée par la Cour suprême israélienne en février prochain. Mais en réalité, les autorités israéliennes entendaient déporter Salah Hamouri au plus vite. Salah Hamouri avait appris fin novembre qu’il allait être expulsé en décembre vers la France. Mais son expulsion avait été reportée à la suite d’audiences devant la justice militaire, ses avocats remettant en cause son ordre d’expulsion et aussi la révocation de son statut de résident de Jérusalem-est. Début décembre, ces mêmes autorités israéliennes confirmaient la révocation du statut de l’avocat franco-palestinien, ouvrant ainsi la voie à une expulsion imminente malgré une nouvelle audience prévue le 1er janvier. Continuer la lecture de Israël a expulsé l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri