Ecole et société : la bonne distance ?

« On doit s’interroger sur la manière d’éduquer des jeunes pour leur permettre de faire face aux réalités de ce monde. On sait que notre système scolaire est très inégalitaire. Si les plus aisés s’en sortiront, que deviendront les autres ayant moins de ressources (capital) culturelles, économiques et cognitives ?» écrit Bruno Devauchelle. Comment résoudre les contradictions d’un pilotage qui oscille entre « tentation des limitations et interdictions »  et « nécessité de développer des compétences numériques dans la population pour faire face à l’évolution industrielle et économique » ? demande-t-il. Continuer la lecture de Ecole et société : la bonne distance ?

EVAR.S: Attaques contre l’éducation à la sexualité, un phénomène européen

L’absence de programme a longtemps retardé la mise en place effective de l’EVAR.S. Son entrée en vigueur à la rentrée de septembre 2025 constitue donc un tournant décisif dont on se félicite. Mais pour autant, la partie n’est pas gagnée. Sur le terrain les lobbies réactionnaires continuent d’exercer leur influence et de mener leur travail de sape. Et pas seulement en France. Un rapport inédit de février 2026 du Planning familial, « L’offensive contre l’éducation complète à la sexualité – Cartographie des acteurs et analyse des stratégies d’opposition en Europe », témoigne en effet de l’ampleur de ces attaques au niveau européen. L’association invite les états membres à réagir rapidement à ces menaces dont « les écoles et l’éducation sont l’une des cibles prioritaires ». Continuer la lecture de EVAR.S: Attaques contre l’éducation à la sexualité, un phénomène européen

Fabien Roussel…. Pouvoir d’achat : bloquer le prix de l’essence, est-ce possible ? (video)

Si la situation internationale joue un rôle (conflits, tensions géopolitiques, sanctions énergétiques) elle n’explique pas tout. En France aussi, des choix politiques aggravent la facture :

  • l’augmentation des certificats d’économie d’énergie, désormais payée par les consommateurs
  • un niveau de taxation parmi les plus élevés sur l’essence et l’électricité

👉 Résultat : ce sont les salariés, les ménages, les entreprises et les collectivités qui paient. Dans cette intervention, Fabien Roussel porte les propositions que nous défendons au Parti communiste français :

✔️ bloquer les prix du gaz et des carburants

✔️ encadrer les marges des grands groupes pétroliers

✔️ agir contre la spéculation

✔️ protéger concrètement le pouvoir d’achat

📊 Pendant que les factures explosent, les profits des grands groupes pétroliers ont fortement augmenté ces dernières années. L’argent existe : nous voulons qu’il serve à protéger la population, pas à enrichir quelques-uns.

Nous avons déposé une proposition de loi pour permettre un blocage des prix et garantir l’accès à l’énergie pour toutes et tous.

➡️ Notre objectif est clair : défendre le pouvoir d’achat, soutenir l’économie, et permettre à chacun de vivre dignement.

✊ C’est possible. À condition de le décider politiquement.

Éducation : pourquoi les enseignants sont en grève ce mardi ?

L’intersyndicale enseignante appelle à des mobilisations toute la semaine, pour empêcher une catastrophe annoncée à la rentrée 2026. Point d’orgue : la grève de ce mardi 31 mars.

Les enseignants se mobilisent durant une semaine, avec en point d’orgue la mobilisation du mardi 31 mars 2026.

Il y a le bruit médiatique et politique, soigneusement entretenu à droite et à l’extrême centre. Celui-là ne parle de l’école que quand des violences s’y commettent ou s’y subissent, entretient depuis le XIXe siècle l’idée que « le niveau baisse » et se livre avec délices au « prof bashing » en répétant à longueur d’antenne que les enseignants ne travaillent pas assez. Et puis il y a la réalité. Continuer la lecture de Éducation : pourquoi les enseignants sont en grève ce mardi ?

« Nous ne voulons pas faire un choix entre Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann » : pour 2027, le PCF veut un « communisme de conquêtes »

La direction du Parti communiste, réunie ce week-end, a approuvé le texte qui pourrait servir de base de discussion lors du 40e congrès, en juillet prochain. Proposition est faite d’une candidature « combative » pour 2027.

« C’est en ayant une candidature combative à l’élection présidentielle, comme nous avons su le faire en 2022, que nous serons en meilleure position pour avoir le plus de députés possible », souligne Fabien Roussel.

Le débat peut s’ouvrir. Ce dimanche à Paris, le Conseil national (CN) du PCF a approuvé à 77 % des voix le projet de base commune de discussion, « Un communisme de conquêtes », qu’il soumet aux adhérents à l’occasion du congrès du parti, qui se tiendra les 3, 4 et 5 juillet à Lille.

Les 38e et 39e congrès ont porté « l’ambition de rendre à nouveau visible notre parti dans le débat public » et « permis de renouveler notre projet et de préciser nos propositions », a rappelé en introduction Léon Deffontaines, responsable de la commission chargée de la rédaction du texte. Continuer la lecture de « Nous ne voulons pas faire un choix entre Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann » : pour 2027, le PCF veut un « communisme de conquêtes »

De l’école à la caserne : la jeunesse en uniforme ? In Caf. Péda.

« Monsieur le président, je vous fais une lettre que vous lirez peut-être… » Quelle école voulons-nous : l’école doit-elle devenir un instrument de défense nationale ?

Enseigner la citoyenneté et la cohésion ne pourrait-il pas se faire dans une Ecole où tous les élèves apprennent ensemble, dès lors ne faudrait-il pas s’acharner à lutter contre le tri social, la ségrégation subie comme choisie et le phénomène de séparatisme croissant à l’œuvre aujourd’hui dans nos écoles ? Continuer la lecture de De l’école à la caserne : la jeunesse en uniforme ? In Caf. Péda.

La post-vérité a-t-elle gagné sur la politique ?

La fabrication du faux ne semble pas avoir été enrayée par la démultiplication des sources d’information. Dans un monde politiquement fragmenté et producteur de discours à foison, la lutte pour l’accès à la vérité redevient un enjeu central.

« Les mécanismes de polarisation sont omniprésents dans la période récente », souligne le philosophe Mathias Girel.

Depuis une dizaine d’années, le terme de « post-vérité » est devenu un concept couramment utilisé dans le débat public. La communication trumpienne, la montée en puissance des extrêmes droites et le retour de troubles géopolitiques majeurs alimentent le questionnement citoyen autour de l’accès aux faits et à la vérité.

La post-vérité est-elle un concept inventé de toutes pièces ou est-il possible d’en observer des manifestations en acte ?

Gloria Origgi, Philosophe et autrice de La vérité est une question politique (Albin Michel, 2024)

 

En 2016, les dictionnaires d’Oxford avaient désigné la post-vérité comme mot de l’année et la définissaient comme faisant référence à « des circonstances dans lesquelles les faits objectifs ont moins d’influence pour modeler l’opinion publique que les appels à l’émotion ». Continuer la lecture de La post-vérité a-t-elle gagné sur la politique ?

Femmes artistes : les chiffres édifiants du sexisme

Qu’elles soient scientifiques, philosophes, écrivaines… les femmes n’ont cessé, et ne cessent encore, d’être confrontées aux inégalités de genre. Existences ignorées, œuvres invisibilisées, travaux minimisés – si ce n’est réattribués à des hommes – dans de nombreux domaines, même très présentes, il leur est difficile d’exister. C’est particulièrement le cas dans le monde de l’art, comme en fait la démonstration édifiante Anne Bourrassé, commissaire d’exposition et critique d’art, dans un essai passionnant, Les Refusées, au sous-titre évocateur : Les artistes femmes n’existent pas. Une enquête à travers le temps qui réussit haut la main le pari de s’adresser autant au milieu de l’art qu’aux non-spécialistes. Face à cet effacement, quel rôle l’Ecole peut-elle jouer ? Anne Bourrassé répond aux questions du Café pédagogique. Continuer la lecture de Femmes artistes : les chiffres édifiants du sexisme

Les années quatre-vingt et la « vertu » incarnée par Lionel Jospin avec le tournant de la « rigueur » et l’atlantisme, démonstration… par Danielle Bleitrach

 

Lionel Jospin est mon contemporain et quand j’ai vu que l’on ressortait à la télévision le débat qui l’avait opposé à Georges Marchais cela m’a paru dans la logique d’une situation qui continue à peser sur la France, la fin du parti communiste et son remplacement par diverses formes de social démocratie. Nous étions le 29 avril 1980. Alors que les socialistes et les communistes ne se parlent plus depuis trois ans après la rupture du Programme commun de gouvernement, Lionel Jospin, alors n°2 du PS et Georges Marchais, secrétaire général du PCF, se retrouvent à la télévision dans l’émission « Les Dossiers de l’écran », à l’occasion des 60 ans du congrès de Tours. Lionel Jospin jusque-là inconnu y pratique une technique qui est celle de l’OCI, des débats pugnaces déstabilisateurs dans lequel il lance « cela fait soixante ans que vous n’êtes plus ouvrier. Moi ce matin je travaillais en faisant mon métier d’enseignant ». Ce qui est la négation du léninisme, d’un parti de la classe ouvrière constituant son propre personnel d’Etat face à la bourgeoisie et le retour à un parti dominé par ceux qui ont du temps et un savoir acquis dans les institutions bourgeoises sans la possibilité de leur propre formation. Cette domination supposée des couches moyennes, le retour des notables avec le primat des élections pour financer les postes de responsables du parti et une presse qui n’est plus partisane se dévoile dans cet affrontement. C’est la démocratie des préaux et la fin de celle de la dictature du prolétariat ou la démocratie élargie à toute la population, dont les travailleurs, les ouvriers ne sont pas exclus. C’est la désaffection d’aujourd’hui, l’abstention et le vote pour le RN, les divisions exacerbées à l’intérieur du monde du travail.

C’est déjà Mélenchon disant à ce qu’il reste du PCF, « vous êtes le néant » et s’acharnant hors toute vraisemblance lui et ses sbires sur tout ce qui relève la tête et rappelle ce que fut le communisme. Continuer la lecture de Les années quatre-vingt et la « vertu » incarnée par Lionel Jospin avec le tournant de la « rigueur » et l’atlantisme, démonstration… par Danielle Bleitrach

Guerre au Moyen-Orient : « Nous refusons un monde où la force prime » – Cécile Cukierman (Vidéo)