« Tant que l’abattage total ne sera pas abandonné, on restera ! » : à Tarascon-sur-Ariège, une mobilisation au-delà des clivages contre la DNC

À Tarascon-sur-Ariège, la Confédération Paysanne et la Coordination Rurale dépassent leurs différences pour s’opposer au protocole d’abattage systématique lié à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Déçus par les rencontres syndicales avec le premier ministre « sans avancées significatives », les paysans ariégeois ont décidé de maintenir le blocage de cet axe stratégique de la RN20.

À Tarascon-sur-Ariège, le 18 décembre 2025, les éleveurs et agriculteurs bloquent un rond-point sur la N20. © Vincent NGUYEN / Riva Press

 

À Tarascon-sur-Ariège, les paysans ne lèveront pas le camp d’aussi tôt. Reçus ce vendredi à Matignon par le premier ministre Sébastien Lecornu, les syndicats agricoles espéraient une inflexion du protocole sanitaire lié à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Ils en sont ressortis amers. Si le gouvernement ne renonce en aucun cas au protocole actuel qui prévoit le « dépeuplement » (abattage) des troupeaux dès qu’une bête est atteinte, il souhaite accélérer la vaccination. « Près de 50 % du cheptel ariégeois est vacciné contre la DNC. Dans l’Aude, nous dépassons les 70 %, tandis que 100 % du cheptel est protégé dans les Pyrénées-Orientales. Au total, près d’un bovin sur cinq est vacciné dans les dix départements » du Sud-Ouest concernés par les mesures contre la DNC, se félicitait samedi Sébastien Lecornu.

Dans un courrier adressé aux syndicats agricoles, le premier ministre a indiqué avoir « demandé aux préfets d’interrompre tout contrôle d’agents de l’État dans les exploitations » en attendant de rencontrer de nouveau les représentants des agriculteurs « dans les premiers jours du mois de janvier ». Continuer la lecture de « Tant que l’abattage total ne sera pas abandonné, on restera ! » : à Tarascon-sur-Ariège, une mobilisation au-delà des clivages contre la DNC

Indonésie, Népal, Pérou, Madagascar… « One Piece », le drapeau pirate qui rallie les révoltes de la Gen Z du monde entier

Le drapeau des héros du manga « One Piece » est devenu l’emblème des manifestations qui ont secoué ces derniers mois l’Indonésie, le Népal, le Pérou, Madagascar et même la France. Partout, les jeunes s’identifient aux camarades du pirate Monkey D. Luffy, foncièrement anticapitalistes, antiracistes… et révolutionnaires.

Mobilisation contre des projets climaticides à Jakarta, Indonésie, le 8 octobre 2025. Le drapeau des héros du manga « One Piece » – tête de mort et chapeau de paille – est devenu l’un des emblèmes des manifestations.
© Yasuyoshi CHIBA / AFP

C’est une irrésistible promesse d’aventure, d’amitié et de luttes. Depuis la création du manga One Piece en 1997, le joyeux équipage du « gamin au chapeau de paille » Monkey D. Luffy a embarqué avec lui tous les enfants et grands enfants du monde. Les chiffres, colossaux, font de la saga d’Eiichiro Oda l’une des plus grandes œuvres du XXIe siècle : en novembre 2025, ce sont 1 165 chapitres écrits et 1 150 épisodes animés que des millions de personnes se hâtent de découvrir chaque semaine depuis vingt-huit ans. Continuer la lecture de Indonésie, Népal, Pérou, Madagascar… « One Piece », le drapeau pirate qui rallie les révoltes de la Gen Z du monde entier

MERCOSUR : le grand bluff Par Patrick Le Hyaric

Sous la pression des mouvements paysans, le Conseil européen a été contraint de reporter au 12 janvier prochain la signature du traité commercial entre l’Union européenne et les pays de la zone MERCOSUR – Brésil, Uruguay, Paraguay, Argentine, auxquels s’ajoute la Bolivie.

Cette petite mise en scène cache, une nouvelle fois, le fond d’un texte dont l’unique objectif est de renforcer la spécialisation de l’Amérique latine dans une agriculture industrialisée et « chimisée », le pillage de ses minerais rares et l’ouverture de ses marchés aux industries européennes, en particulier allemandes. Continuer la lecture de MERCOSUR : le grand bluff Par Patrick Le Hyaric

Halte à la frénésie belliciste ! (Le Comité de la Paix du Bruaysis et du Béthunois)

Qui pour relayer cet appel ? A part ce courageux comité de la région de Béthune, on entend peu de voix qui osent réellement lutter contre la guerre, pour la paix, en tenant un discours clair et compréhensible. En effet, il ne sert à rien de faire des proclamations pour la paix, tant que les coupables ne sont pas clairement désignés. Comme le dit la devise du Mouvement de la Paix, « Pour arrêter les guerres, il faut en comprendre les causes ». Encore faudrait-il passer des paroles aux actes ! (note de Marianne Dunlop pour histoire et société)

En 1981 déjà, à l’approche de l’élection présidentielle, des dirigeants politiques de droite, à l’instar de Michel Poniatowski, ex-ministre de l’Intérieur, nous exprimaient la crainte d’un déferlement de « chars russes à Paris », qui ne sait bien évidemment au final jamais produit.

A l’heure de la guerre en Ukraine qui a bien débuté en 2014 avec le bombardement des populations civiles russophones du Donbass par le régime de Kiev né du coup d’État du Maïdan, le même narratif s’impose dans nos médias aux ordres.

Pourtant largement encerclée par des bases américaines et confrontée, depuis la chute de l’URSS, à l’extension de l’OTAN vers l’est, la Russie serait paradoxalement « devenue une menace pour la France et l’Europe », selon Emmanuel Macron qui ne prend guère soin d’étayer sa démonstration de la moindre preuve.

Fabien Mandon, chef d’État-major de l’armée française, invite quant à lui le pays à se tenir prêt « à sacrifier ses enfants ».

Des messages largement relayés sur le plan européen par Friedrich Merz, chancelier allemand, Ursula Van der Leyen, présidente de la commission européenne, ou encore Kaja Kallas, haute représentante de l’Union européenne (UE) pour les affaires étrangères.

A l’heure où des perspectives d’un règlement pacifique du conflit en Ukraine se font jour, nos va-t-en-guerre attisent les tensions… au prix de dizaines de vies sacrifiées sur les champs de bataille.

Ne soyons pas dupes, cette hystérie des dirigeants de l’UE, cette frénésie belliciste face à une menace russe fantasmée poursuivent plusieurs objectifs :

  • imposer à nos populations, au détriment de la consolidation de nos services publics, des sacrifices dans le cadre d’une « économie de guerre », d’une militarisation à outrance. Celle-ci s’est récemment traduite par le vote au Parlement d’une hausse de 6, 7 milliards dans le budget 2026 des crédits de la mission de Défense, dans la perspective de porter ce budget à hauteur de 5 % du PIB à l’horizon 2035. Une explosion des dépenses qui ne profitera qu’aux marchands de canon.
  • étouffer la dissidence et discréditer toutes voix contrariant le discours officiel. Des voix discordantes aussitôt suspectées de faiblesse, d’angélisme, voire de « complicité avec l’ennemi ».
  • maintenir la population dans un état d’alerte et de peur permanent.

Aux antipodes de ces postures bellicistes et irresponsables pouvant nous conduire à une IIIe Guerre mondiale potentiellement exterminatrice, notre comité invite la population à se mobiliser en faveur d’une désescalade sur le front ukraino-russe et à un règlement du conflit sous l’égide de l’ONU dans le respect du droit des peuples à l’autodétermination et à vivre en paix.

Bruay-La-Buissière, le 14 décembre 2025

Le Comité de la Paix du Bruaysis et du Béthunois

Dermatose, Mercosur… On achève bien les vaches Par Patrick Le Hyaric

 

Voir les vaches et les veaux euthanasiés, chargés comme de vulgaires déchets par des camions-grues, installés au coin de l’étable, est une indescriptible tragédie pour les familles paysannes et leur entourage.

Entendre, à l’aube, des animaux souffrant, appelant au secours, est un déchirement.

L’émotion, le respect dû aux êtres doués de sensibilité, n’auraient jamais dû quitter l’action publique. Cela permettrait de mieux mesurer à quel point ce qui se passe dans les campagnes, avec la propagation de l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse, est un terrible drame. Cette maladie extrêmement dangereuse et contagieuse pour les animaux*, transmise par les piqûres de mouches appelées stomoxes, ne se soigne pas. Déjouant les frontières, elle est passée par le continent africain, où elle a décimé une grande partie du cheptel, puis remontée vers les Balkans, avant de toucher l’Asie puis d’apparaître en Sardaigne et en Lombardie au printemps 2025 avant de pénétrer en France par la Savoie. Continuer la lecture de Dermatose, Mercosur… On achève bien les vaches Par Patrick Le Hyaric

Gabriel Perez : « On comprend le sentiment de désespoir qui frappe de nombreux collègues »

« Les réformes du lycée ont favorisé la concurrence entre élèves, enseignants et établissements, avec pour conséquence principale, un effondrement des collectifs de travail » déclare Gabriel Perez. L’auteur de l’ouvrage On achève bien l’école, Empêcher les professeurs d’enseigner et les élèves d’apprendre (Grasset) analyse les réformes Blanquer et leurs effets : évaluations, indicateurs, Parcoursup, réforme du lycée, réforme du baccalauréat, perte d’espaces collectifs… Continuer la lecture de Gabriel Perez : « On comprend le sentiment de désespoir qui frappe de nombreux collègues »

A propos des élections chiliennes (Vidéo)

L’analyse des élections chiliennes demanderait d’autres développements encore, sur le rôle destructeur de la social-démocratie, et sur le retour de la doctrine Monroe, mais voici l’essentiel de ce qu’il faut savoir au préalable (article signalé par Danielle Bleitrach, note et traduction de Marianne Dunlop)

Oleg Yasinsky

Il y a environ 15 ans, nous parcourions avec une équipe de tournage de la télévision ukrainienne la ville argentine de Bariloche à la recherche de traces de fascistes en fuite. On y trouvait l’hôtel nazi « Campana », acheté par Reinhard Kopp, qui avait participé à l’extermination des habitants des Balkans et de Hongrie et organisé la fuite des fascistes vers l’Amérique du Sud. Dans les années 50, Josef Mengele, le « docteur la mort » qui menait des expériences sur les prisonniers à Auschwitz, y avait ses quartiers, tout comme Adolf Eichmann, « l’architecte en chef de l’Holocauste », responsable dans l’Allemagne nazie de la logistique de la « solution finale de la question juive », qui s’est ensuite installé dans la capitale, où il a été découvert par le Mossad, qui l’a enlevé et transféré en Israël pour y être jugé et exécuté.

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La Cour des comptes alerte sur la santé des professeurs : + 43 % d’arrêts de travail en 5 ans

Les absences pour raison de santé représentent désormais la principale cause d’absence des enseignants. Selon les derniers chiffres, entre 2018-2019 et 2023-2024, les congés de maladie ordinaires ont augmenté de 41,3 % tandis que les temps partiels thérapeutiques ont bondi de 250 %. Ces absences posent un – vrai – problème de remplacement, car elles concernent souvent des périodes de trois mois renouvelables. « Bien que les raisons de santé soient la première cause d’absence, le ministère de l’Education nationale ne conduit pas une politique de prévention structurée », constate la Cour des comptes dans son rapport publié vendredi 12 décembre qui pointe un manque de suivi des risques psychosociaux et l’absence de mesures adaptées pour les enseignants les plus âgés. Cette situation est particulièrement critique dans les établissements REP et REP+, où les élèves socialement fragiles subissent directement les conséquences de ces absences. Continuer la lecture de La Cour des comptes alerte sur la santé des professeurs : + 43 % d’arrêts de travail en 5 ans

SNCF : la concurrence « constitue une menace pour la pérennité du système ferroviaire », selon un rapport

Commandé par le CCGPF, le comité d’entreprise de la SNCF, un rapport pointe les dangers de la libéralisation du rail. Des surcoûts liés à la balkanisation des TER sont à prévoir pour les régions, et l’avenir du TGV à la française est en suspens par l’absence de péréquation entre les lignes.

Le rapport alerte sur les risques de la privatisation pour la continuité du système ferroviaire. © Laurent CERINO/REA

 

« Vers une privatisation des bénéfices et une socialisation des pertes ? » C’est la principale interrogation soulevée dans une expertise commandée par le CCGPF, le comité d’entreprise de la SNCF, sur la libéralisation du transport ferroviaire de voyageurs. Selon l’analyse du Groupe 3E, que l’Humanité a pu consulter, « loin d’être une chance, l’ouverture à la concurrence constitue une menace pour la pérennité » du réseau. Continuer la lecture de SNCF : la concurrence « constitue une menace pour la pérennité du système ferroviaire », selon un rapport

Comment la Fondation Kairos, le lobby des écoles privées hors contrat cherche à séduire Vincent Bolloré et Pierre-Édouard Stérin

Derrière les échanges nourris auxquels l’Humanité a eu accès, c’est bien une forme de proximité qui transpire entre Anne Coffinier, égérie des écoles privées hors contrat, et les proches de Vincent Bolloré et Pierre-Édouard Stérin, les deux principaux milliardaires qui mènent la bataille culturelle et politique en faveur des droites extrêmes.

 

Cela ne fait pas un pli : l’univers de la Fondation Kairos et de son appendice Créer son école, c’est un monde qui n’aime pas la gauche, l’éducation nationale ou l’enseignement public. Mais c’est aussi une mouvance qui doit tirer son épingle du jeu face à des concurrents installés sur le même secteur et, là, il n’est pas rare, comme le démontrent les échanges que dévoile aujourd’hui l’Humanité, de voir les boutiques se livrer une âpre concurrence pour obtenir des faveurs, ou nouer toutes les alliances, même les moins avouables. Continuer la lecture de Comment la Fondation Kairos, le lobby des écoles privées hors contrat cherche à séduire Vincent Bolloré et Pierre-Édouard Stérin