« Maintien de l’ordre » : une différence entre police et armée ? Avec Mathieu Rigouste (Vidéo)

Vitrine de la sécurité intérieure pour les uns, « salon du prêt-à-tuer » pour les autres, Milipol avait lieu mardi 18 novembre, comme tous les deux ans, au parc des expositions de Paris-Villepinte, sous l’égide du ministère de l’Intérieur.

Pour en parler, Alexandre Fache, journaliste à l’Humanité, reçoit Mathieu Rigouste, le sociologue qui démonte depuis vingt ans les mécaniques de la violence d’État et de la violence impériale, observe leurs intrications, leurs cibles, leurs armes, leurs stratégies, les industries auxquelles elles donnent corps, mais aussi les mouvements populaires qui leur résistent.

Cette vidéo est un extrait d’un entretien à voir ici :    • Gaza, violences policières… Milipol : sa…  

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Sur Lénine et le léninisme : Hô Chi Minh

Ce texte soulève plusieurs questions fondamentales dans la période que nous traversons, après des décennies d’une intense confusion idéologique qui a obscurci non seulement la compréhension des conditions historiques, mais la définition des tâches à résoudre et encore plus, celle de la méthode d’action politique. Le résumé que donne Ho Chi Minh de l’apport de Lenine est au fond simple. les nouvelles conditions historiques ont été clairement établies et les tâches qui en résultent peuvent être exprimées simplement. Sur cette base, il faut ensuite un long, acharné travail de réalisation qui doit être mené sans faiblir, sans hésiter et sans attendre. L’apport théorique de Lenine a porté non seulement sur la compréhension des conditions historiques, sur la formulation des tâches prioritaire, mais surtout sur la méthode, le travail acharné et patient autour de l’outil qu’est le parti révolutionnaire. Malgré les reculs de la fin du 20ème siècle, une poignée de pays ont franchi le seuil du socialisme et, sous la direction du parti communiste, travaillent sans relâche à le construire patiemment dans le développement des forces productives, ainsi qu’à changer les rapports internationaux, tant pour leur propre développement que pour libérer l’humanité de l’impérialisme et de la guerre. Pour nous autres, cette tâche de construction du parti et de conquête du pouvoir par la classe prolétarienne reste non résolue. Les contradictions s’accumulent autour de cette situation, entraînant régressions et confusion. Il ne faut pas réinventer la théorie mais principalement revoir les conditions de sa mise en pratique. Un long et acharné travail. (Note de Franck Marsal pour Histoire&Société).

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Publié pour la première fois dans la revue soviétique Socialisme : Théorie et Pratique en septembre 1985 

La vie de Hô Chi Minh (« sage » en vietnamien), figure emblématique de la lutte pour le bonheur du peuple, fut riche et mouvementée. De son vrai nom Nguyễn Tất Thịnh (1890-1969), il était le fils d’un instituteur de village. Il s’engagea très jeune dans la lutte révolutionnaire. À 15 ans, il servait d’intermédiaire entre les démocrates patriotes locaux et les colonialistes français qui régnaient sur le pays depuis le milieu du XIXe siècle. Continuer la lecture de Sur Lénine et le léninisme : Hô Chi Minh

Aliments ultratransformés : quels effets sur notre santé et comment réduire notre exposition ?

 

Par Mathilde Touvier, Directrice de l’Equipe de Recherche en Epidémiologie Nutritionnelle, U1153 Inserm,Inrae, Cnam, Université Sorbonne Paris Nord, Université Paris Cité, Université Paris Cité et Bernard Srour, Chercheur en épidémiologie au CRESS-EREN (INRAE, Inserm, Université Sorbonne Paris Nord, Université Paris Cité), titulaire de la chaire de Professeur Junior INRAE sur les rythmes alimentaires, et coordonnateur du Réseau NACRe (Nutrition Activité physique Cancer Recherche)., Inrae; Inserm

Souvent trop sucrés, trop salés et trop caloriques, les aliments ultratransformés contiennent en outre de nombreux additifs, arômes et autres substances résultant de leurs modes de fabrication industriels. Or, les preuves des liens entre leur consommation et divers troubles de santé s’accumulent. Le point sur l’état des connaissances. Continuer la lecture de Aliments ultratransformés : quels effets sur notre santé et comment réduire notre exposition ?

6 décembre 1905 : la loi de séparation de l’Église et de l’État est définitivement votée, un souffle de libération et d’émancipation

Le 6 décembre 1905, la loi de séparation de l’Église et de l’État est définitivement votée. Fruit d’une longue lutte des républicains parmi lesquels Jaurès et Briand, la loi s’impose non sans résistances du clergé et de ses soutiens. Cette loi est une étape historique fondamentale entre les principes posés par la révolution et la consécration de la république laïque à la libération.

L’application de la loi ne va pas sans heurts. L’inventaire des biens de l’Église suscite la réaction des milieux catholiques. Dans l’église Sainte-Clotilde à Paris en 1906. © ROGER-VIOLLET

« Victoire historique. » Sous ce titre triomphant et sur trois colonnes à la Une, « l’Humanité » du 7 décembre 1905 publie un grand article de Francis de Pressensé, député socialiste de Lyon. La loi de séparation des Églises et de l’État, que la Chambre des députés a adopté le 3 juillet, vient de l’être par le Sénat, le 6 décembre, sans modification, par 181 voix contre 102. Le président de la République Émile Loubet n’a plus, malgré son opposition, qu’à la promulguer le 9. En dépit de multiples difficultés, la séparation, inscrite dans tous les programmes républicains depuis 1869, est enfin adoptée. Continuer la lecture de 6 décembre 1905 : la loi de séparation de l’Église et de l’État est définitivement votée, un souffle de libération et d’émancipation

Indonésie, Népal, Pérou, Madagascar… « One Piece », le drapeau pirate qui rallie les révoltes de la Gen Z du monde entier

Le drapeau des héros du manga « One Piece » est devenu l’emblème des manifestations qui ont secoué ces derniers mois l’Indonésie, le Népal, le Pérou, Madagascar et même la France. Partout, les jeunes s’identifient aux camarades du pirate Monkey D. Luffy, foncièrement anticapitalistes, antiracistes… et révolutionnaires.

Mobilisation contre des projets climaticides à Jakarta, Indonésie, le 8 octobre 2025. Le drapeau des héros du manga « One Piece » – tête de mort et chapeau de paille – est devenu l’un des emblèmes des manifestations.
© Yasuyoshi CHIBA / AFP

C’est une irrésistible promesse d’aventure, d’amitié et de luttes. Depuis la création du manga One Piece en 1997, le joyeux équipage du « gamin au chapeau de paille » Monkey D. Luffy a embarqué avec lui tous les enfants et grands enfants du monde. Les chiffres, colossaux, font de la saga d’Eiichiro Oda l’une des plus grandes œuvres du XXIe siècle : en novembre 2025, ce sont 1 165 chapitres écrits et 1 150 épisodes animés que des millions de personnes se hâtent de découvrir chaque semaine depuis vingt-huit ans. Continuer la lecture de Indonésie, Népal, Pérou, Madagascar… « One Piece », le drapeau pirate qui rallie les révoltes de la Gen Z du monde entier

C’est quoi le féminisme municipal ? (video)

👉 C’est quoi, concrètement, le féminisme municipal ? On a posé la question à plusieurs camarades engagées dans les communes : qu’est-ce que ça veut dire mener une politique féministe à l’échelle municipale ?

👉 Services publics, urbanisme, transports, santé, petite enfance

👉 Lutte contre les violences sexistes et sexuelles

👉 Sécurité dans l’espace public

👉 Place des femmes en politique et dans les exécutifs locaux

👉 Émancipation, égalité réelle et accès aux droits À travers leurs réponses, une conviction se dégage :

➡️ le féminisme municipal, c’est transformer la ville pour qu’elle soit pensée pour toutes et tous.

➡️ renforcer les services publics, c’est une politique féministe.

➡️ Et pour beaucoup, le féminisme municipal rejoint le combat du communisme municipal.

📣 Une vidéo pour nourrir le débat, outiller les militant·es et préparer les batailles municipales à venir.

✊ Féminisme, communisme, services publics : mêmes combats.

Avec : Elsa Siffert, Sigrid Gérardin, Saïda Safir, Charlotte Blandiot-Faride, Shirley Wirden, Gladys Grelaud, Amandine Liard et Barbara Gomes

00:00 – Services publics et féminisme municipal

00:31 – Femmes, travail et charge mentale

01:05 – Santé publique et égalité d’accès

01:35 – Une politique municipale pensée pour les femmes

01:58 – Lutte contre les violences sexistes et sexuelles

02:31 – Accompagner l’émancipation des femmes

02:57 – Urbanisme féministe et sécurité

03:16 – Sortir les femmes des compétences assignées

03:38 – Femmes, pouvoir et responsabilités locales

04:00 – Combattre le sexisme en politique

04:22 – Transmettre d’autres modèles d’engagement

04:40 – Légitimité des femmes dans l’espace public

05:05 – Prévenir et protéger face aux violences

05:16 – Féminiser l’espace public et la mémoire collective

06:12 – Donner réellement le pouvoir aux femmes en politique

Ce que disent les syndicats sur la complémentaire santé obligatoire de la MGEN

Le 1er mai 2026, tous les agent.es du ministère seront affilié.es à la complémentaire santé obligatoire de la MGEN. Si l’accord interministériel a été signé par la majorité des organisations syndicales, des points de vigilance et des critiques de cette réforme imposée par l’employeur se font entendre par les syndicats en première ligne pour accompagner et former les personnels. La prise en charge de l’optique et des frais dentaires sont notamment dans le viseur.

L’accord signé par la majorité des syndicats : insuffisances, progrès

« Cette réforme confirme que les gouvernements successifs s’appuient sur le renforcement du rôle des assurances complémentaires pour faire reculer la place, le rôle et les principes de la Sécurité sociale » dénonce la secrétaire générale du Snes-FSU Sophie Vénititiay. Continuer la lecture de Ce que disent les syndicats sur la complémentaire santé obligatoire de la MGEN

La laïcité, combat à poursuivre et à gagner (Vidéo intégrale)

Nous venons de célébrer le 120e anniversaire de la loi de séparation de l’Église et de l’État. Il est révélateur du moment politique que ni le président de la République, ni le gouvernement, ni aucun des partis se revendiquant à tout instant d’un « arc républicain » n’aient éprouvé le besoin de marquer cet anniversaire.

Et que le PCF ait été, à gauche, le seul à y avoir consacré une soirée de débat, le 1er décembre, sous la coupole de la place du Colonel-Fabien.

Voilà qui sonne comme un rappel : la laïcité républicaine n’est pas une simple disposition d’ordre public, établissant «  la liberté de croire et de ne pas croire », comme certains le disent. Si elle n’est nullement une manifestation d’hostilité aux croyants, elle entend garantir la liberté de conscience, afin de permettre aux individus de se soustraire à tout despotisme politique et à toute pression inquisitoriale des religions. Elle est, par-là, indissociable des principes liés de justice, d’égalité des droits, de libre accès de tous les jeunes à une éducation de qualité et à l’esprit critique (ce qui est la mission même de l’école publique). Elle repose sur cette promesse humaniste et universaliste qui veut prémunir la société des fragmentations ethniques ou religieuses, autant que des affrontements communautaires. Ainsi est-elle, tout à la fois, la garantie de la souveraineté des citoyennes et des citoyens, et un instrument concourant à l’unité du monde du travail contre des divisions qui favorisent la domination d’un capital toujours prédateur. C’est de cette manière que la décrivait Jaurès.

Parce que l’exigence laïque repose sur cette démarche d’émancipation, les droites, les intégrismes de toute nature, les adversaires de la Raison et de la science auront toujours cherché à l’édulcorer, à en briser la cohérence, à aggraver constamment un dualisme scolaire favorisant l’enseignement privé et creusant les inégalités sociales, à faire reculer les lois de la République face à la loi de Dieu décrétée prééminente.

De nos jours, la laïcité est de nouveau un enjeu majeur.

Elle se voit prise en tenailles par des dérives identitaires en apparence ennemies mais en réalité jumelles. D’un côté, les tenants d’une idéologie occidentaliste la dévoient cyniquement en faisant de l’islam le principal problème de la France, et ils s’en prennent avec violence à nos compatriotes musulmans assimilés à des fondamentalistes voire à des terroristes. De l’autre, le totalitarisme théologico-politique qu’est l’islamisme s’oppose à l’universalisme issu des Lumières, rejette l’égalité entre hommes et femmes, défie la laïcité scolaire, développe des discours antisémites, et prône la supériorité de la Charia sur la démocratie.

La gauche se devrait donc d’être en première ligne pour défendre cette pierre d’angle de la République.

Ce n’est plus tout à fait le cas, soit que certains s’inclinent devant un néolibéralisme s’employant à disloquer l’action publique jusqu’à l’école et dans les services publics, soit que d’autres se montrent complaisants devant les offensives intégristes ou les dérives essentialistes en prônant une « tolérance » devenue l’alibi de leur renoncement.

Les communistes s’honorent d’avoir, dès 1946, fait intégrer la visée laïque dans le préambule de la Constitution. Pour eux, plus que jamais, se rassembler autour de la laïcité est un combat. À renouveler en permanence !

Christian Picquet

Gabriel Perez : « On comprend le sentiment de désespoir qui frappe de nombreux collègues »

« Les réformes du lycée ont favorisé la concurrence entre élèves, enseignants et établissements, avec pour conséquence principale, un effondrement des collectifs de travail » déclare Gabriel Perez. L’auteur de l’ouvrage On achève bien l’école, Empêcher les professeurs d’enseigner et les élèves d’apprendre (Grasset) analyse les réformes Blanquer et leurs effets : évaluations, indicateurs, Parcoursup, réforme du lycée, réforme du baccalauréat, perte d’espaces collectifs… Continuer la lecture de Gabriel Perez : « On comprend le sentiment de désespoir qui frappe de nombreux collègues »

La Cour des comptes alerte sur la santé des professeurs : + 43 % d’arrêts de travail en 5 ans

Les absences pour raison de santé représentent désormais la principale cause d’absence des enseignants. Selon les derniers chiffres, entre 2018-2019 et 2023-2024, les congés de maladie ordinaires ont augmenté de 41,3 % tandis que les temps partiels thérapeutiques ont bondi de 250 %. Ces absences posent un – vrai – problème de remplacement, car elles concernent souvent des périodes de trois mois renouvelables. « Bien que les raisons de santé soient la première cause d’absence, le ministère de l’Education nationale ne conduit pas une politique de prévention structurée », constate la Cour des comptes dans son rapport publié vendredi 12 décembre qui pointe un manque de suivi des risques psychosociaux et l’absence de mesures adaptées pour les enseignants les plus âgés. Cette situation est particulièrement critique dans les établissements REP et REP+, où les élèves socialement fragiles subissent directement les conséquences de ces absences. Continuer la lecture de La Cour des comptes alerte sur la santé des professeurs : + 43 % d’arrêts de travail en 5 ans