Le porte-parole du PCF dénonce un « coup d’État qui ne dit pas son nom » à la suite de la nomination de Michel Barnier à Matignon, et fustige une entente tacite entre la Macronie, la droite et l’extrême droite.
Que pensez-vous de la nomination de Michel Barnier à Matignon ?
En faisant ce choix, Emmanuel Macron se comporte en agent provocateur. Rien ne justifie que le représentant d’un parti qui a fait 5 % des voix aux législatives et qui dispose de moins de 40 députés obtienne le poste de premier ministre. C’est parfaitement absurde et scandaleux, car c’est faire fi du vote des Français.
Cela revient à balayer d’un revers de main les aspirations qu’ils ont exprimées en portant en tête le Nouveau Front populaire. Nous vivons un terrible déni démocratique, car c’est la gauche qui a obtenu le plus grand nombre de députés et c’est donc Lucie Castets qui aurait dû être nommée à Matignon. Mais le but du président n’est pas de respecter nos institutions, il est avant tout d’empêcher toute alternative à sa politique.
Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, appelle la gauche et les Français à résister face à l’alliance conclue entre les macronistes et l’extrême droite. « La coalition du Nouveau Front populaire sera toujours là, et prête à gouverner », assure le responsable communiste, qui rencontrera la candidate à Matignon, Lucie Castets, et la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, à la Fête de l’Humanité.
« La coalition du Nouveau Front populaire sera toujours là, et prête à gouverner », assure Fabien Roussel.
Fabien Roussel ne décolère pas : la nomination de Michel Barnier à Matignon constitue un « hold-up » démocratique. Mais, pour le dirigeant communiste, pas question de baisser les bras : ni sur le combat que devra mener la gauche pour arracher des avancées en direction du monde du travail, ni sur le défi des « jours heureux » que veut construire le Parti communiste français. À ses yeux, il est possible d’éradiquer le chômage et de créer un « droit opposable à l’emploi ».
Que dit la nomination de Michel Barnier à Matignon de la droite française et des classes dirigeantes aujourd’hui ?
Elle relève du choix du président de la République, qui refuse d’entendre ce qu’ont dit les Français dans les urnes. Il n’admet pas qu’il a été battu et qu’il faut changer de politique. C’est un choix clairement assumé de sa part de nommer un premier ministre qui va poursuivre sa politique.
Michel Barnier va la prolonger, avec le soutien de l’extrême droite. D’après les macronistes, il s’agit d’« une alliance de circonstance ». Mais quand on s’allie avec l’extrême droite, nous appelons ça de la collaboration. Nous, nous faisons le choix de la résistance.
Baisse de la construction, des ventes, hausse des expulsions, du nombre d’enfants à la rue… Alors que tous les signaux sont au rouge, associations, promoteurs, etc., pressent l’exécutif de trouver des solutions à une crise profonde.
Le décalage entre la quantité de logements disponibles, les tarifs de ceux qui le sont et la demande n’a cessé de se creuser.
L’espoir est limité, mais ça n’empêche pas d’interpeller. Depuis l’annonce de l’arrivée à Matignon de Michel Barnier, les acteurs du logement, des associations soutenant les mal-logés aux promoteurs, ont exprimé leur souhait de voir le nouveau premier ministre s’intéresser enfin à ce secteur, essentiel mais maltraité depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron.« Nous l’appelons à prendre la mesure de la crise du logement que la France traverse. (…) C’est la crise de tout un secteur économique. Elle pèse sur l’emploi, mais contribue également à la dégradation du climat social, privant des centaines de milliers de familles d’un logement digne à un coût soutenable. Elle creuse aussi la dette de l’État qui se prive ainsi de recettes importantes », a rappelé, dès le 5 septembre, l’Union sociale pour l’habitat (USH), qui fédère l’ensemble du logement social.
La pénurie d’enseignants et d’accompagnants se généralise. Une enquête du SNES publiée vendredi 6 septembre alerte sur la pénurie des professeurs, dès la rentrée. Comme la secrétaire générale du SNES Sophie Vénétitay l’annonçait, il n’y a pas un professeur devant chaque classe à la rentrée. « Au 5 septembre, il manquait au moins 1 professeur dans 56% des collèges et lycées » affirme le syndicat majoritaire des professeurs du Second degré.
Des disparités selon les académies et les disciplines
L’enquête du SNES a été réalisée auprès d’un échantillon représentatif de 893 établissements de différentes académies. Selon l’enquête du SNES, les académies les plus touchées sont l’académie de Versailles avec 72% des établissements où il manque au moins un professeur, suivie de celle de Lyon avec le taux de 61%. Dans l’académie d’Amiens, c’est dans 21% des établissements où il manque un professeur, 44% pour Aix-Marseille et 43% pour la Normandie.
Des disparités sont également constatées selon les disciplines : de nombreux postes de français sont non pourvus, comme en mathématiques mais aussi en langues vivantes et éco-gestion. Les syndicats s’inquiètent du manque de vivier des enseignants et pointent le nombre élevé du nombre de postes de contractuels recherchés par les rectorats. « Au 6 septembre, 1646 offres d’emplois étaient proposées » souligne le SNES.
L’enquête de l’intersyndicale 93 sur la pénurie de la rentrée 2024
Une intersyndicale du 93 alertait également dès jeudi soir sur la pénurie des personnels dans l’académie de Créteil. L’enquête réalisée -avec un taux de réponse d’un peu plus de la moitié des établissements du Second degré- confirmait pour l’intersyndicale mobilisée depuis des mois « une situation d’alerte qui nécessite un plan d’urgence et un choc des moyens. ». Selon l’enquête, il manquait à la rentrée au moins un professeur dans 78% des collèges et dans 82% des lycées.
Si des professeurs manquent à l’appel à la rentrée, c’est aussi le cas d’autres personnels : de nombreux AESH, AED et personnels médico-sociaux manquent aussi dans les établissements. Le nombre des postes non pourvus aux concours de recrutement de professeurs 2024 et le contexte général de manque d’attractivité du métier annonçait la pénurie des professeurs à la rentrée, malgré les affirmations ministérielles. Quelles seront les prochaines annonces et actions pour répondre à cette crise ?
Michel Barnier, 73 ans, ancien commissaire européen et ministre sous Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac, a été nommé Premier ministre par Emmanuel Macron. À gauche, on fustige un « déni démocratique ».
Emmanuel Macron et Michel Barnier, le 31 janvier 2020. Stephane Lemouton/Pool/ABACAPRESS.COM
Après des semaines d’attente et plusieurs cycles de consultations, Emmanuel Macron a nommé Michel Barnier premier ministre. Le président de la République a demandé au nouvel occupant de Matignon de « constituer un gouvernement de rassemblement au service du pays », selon un communiqué de l’Élysée.
« Cette nomination intervient après un cycle inédit de consultations au cours duquel, conformément à son devoir constitutionnel, s’est assuré que le Premier ministre et le gouvernement à venir réunissent les conditions pour être les plus stables possibles et se donner les chances de rassembler le plus largement », indique l’Élysée dans un communiqué.
Que propose le NFP en matière d’éducation ? Alors que les deux ministres démissionnaires Gabriel Attal et Nicole Belloubet ont choisi de se déplacer -séparément- dans des écoles du 92 – deuxième département le plus riche de France-, Lucie Castets a passé la journée de la rentrée dans le 93, département le plus pauvre et le plus jeune de l’hexagone. La communauté éducative du 93, parents d’élèves et professeurs, luttent pour un plan d’urgence depuis des mois sans être entendus. La FCPE, lors de sa conférence de presse qui s’est tenue le matin-même, a fait le même constat de Bondy, dans le 93 également. C’est donc dans le 93 que la candidate du Nouveau Front Populaire Lucie Castets a présenté la vision et le projet du NFP pour l’école. Pour elle, c’est un changement de cap « de fond mais aussi de méthode ». Pendant ce temps, les ministres Attal et Belloubet étaient dans des établissements du 92,. Continuer la lecture de Lucie Castets : « La politique de Macron en matière éducative est un échec »
Au titre de la « continuité de l’État », la ministre démissionnaire de l’Éducation nationale, Nicole Belloubet, a présenté la rentrée 2024 avec une forme de détachement assez incongrue. Les syndicats ont annoncé, eux, un premier préavis de grève pour le 10 septembre.
Ce diagnostic paru dans la revue Commune sous la signature d’Olivier Barbarant met en évidence la “nature” du pouvoir de Macron, on pense irrésistiblement à l’anarchiste couronné Heliogabale d’Artaud détruisant l’empire romain dont il est l’incarnation de la toute puissance illusoire de la décadence… Il y a la France, mais Macron et le défi lancé aujourd’hui à la raison “étatique”, celle de la bourgeoisie, est un des avatars de la crise politique de cette classe dominante occidentale… La bourgeoisie pouvoir de classe limite de l’exercice citoyen devient un racisme de classe pour tenter de survivre … La pièce centrale du dispositif en est les USA avec l’élection présidentielle, l’impossible régulation de la crise multiforme du capitalisme, aucune “démocratie” n’y échappe. C’est la chute d’une hégémonie, faut-il pour autant affirmer que la Ve République est morte ? Que l’impérialisme US n’est plus qu’un tigre de papier ? Au contraire, l’exigence “théorique”, celle de savoir où l’on va et sur quelle base on se rassemble, devient plus que jamais nécessaire. Il est suicidaire de passer du constat de l’anarchie dynamitant les institutions de l’Etat capitaliste à l’idée que l’appareil d’Etat est détruit par cet anarchiste couronné. C’est la tentation de ceux qui partagent le “spontanéisme” du capital à son stade ultime impérialiste. C’est la crainte de cette illusion qui mène aux massacres qui a poussé à l’Université d’été un certain nombre d’entre nous à mettre en cause l’opération derrière Lucie Castets, dans sa confusion idéologique en particulier en ce qui concerne la guerre et nous battre pour que le parti communiste opère un véritable travail théorique sur la reconquête d’un parti de classe en particulier sur la question de la paix et de la guerre, qui n’est que la volonté d’élargir le régime d’exploitation à l’intérieur comme à l’extérieur… et qui pour cela a besoin du fascisme… (note de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)
Il arrive encore qu’on s’interroge sur ce que peut être le macronisme, qui partage avec la droite la totalité de son libéralisme économique, et tente de voler à la gauche sociétale l’essentiel de ses slogans pour l’égalité sexuelle ou le droit de certaines minorités – certaines et non pas toutes, en effet. Malgré les évidents démentis de l’expérience, on a même pu prendre pour du keynésianisme le moment désormais passé à la postérité sous le nom de « quoi qu’il en coûte ». Or ce considérable déversement de fonds publics n’a donné lieu à aucune contrepartie, aucune régulation étatique : il s’est agi, sous couvert d’intervention de l’Etat en matière économique, d’un pas supplémentaire dans son suicide programmé : affaiblir encore davantage les finances publiques, pour que le privé continue de tourner. Continuer la lecture de Le racisme de classe, socle idéologique du macronisme … Olivier Barbarant
Le président de la République a annoncé lundi 26 août dans la soirée refuser de nommer Lucie Castets à Matignon. Depuis, la gauche est vent debout contre ce « déni de démocratie » et appelle à la mobilisation. La France insoumise et plusieurs organisations syndicales étudiantes ont d’ores et déjà appelé à « une grande manifestation contre le coup de force » d’Emmanuel Macron le 7 septembre prochain.
Les quatre formations du Nouveau Front Populaire ont d’autre part refusé de participer, mardi 27 août, aux nouvelles consultations lancées par Emmanuel Macron.
Les superlatifs ne manquent pas chez les représentants des partis de gauche pour qualifier le communiqué d’Emmanuel Macron rendu public lundi 26 août dans la soirée dans lequel il annonce refuser de nommer un gouvernement issu du Nouveau Front Populaire et porté par Lucie Castets, candidate désignée par les quatre partis de gauche. « La stabilité institutionnelle impose de ne pas retenir cette option », avance-t-il, car un tel gouvernement « sur la base du seul programme et des seuls partis proposés par l’alliance regroupant le plus de députés, le Nouveau Front populaire, serait immédiatement censuré par l’ensemble des autres groupes représentés à l’Assemblée nationale », argumente ainsi le chef de l’État, faisant fi du résultat des urnes.
Je m’étais trompée en croyant que la question du gouvernement avec la présence de Lucie Castets serait le centre des débats de cette université d’été…
Peut-être certains l’auraient-ils conçu ainsi mais le fait est que ce ne fut pas l’essentiel, et quand nous analyserons l’atelier animé par Léon Desffontaines sur la question de l’organisation du parti nous verrons encore mieux ce qui se joue entre l’ancien et le nouveau et que j’ignorais… J’avais même pensé être censurée parce qu’il fallait que ce soit la bataille pour un gouvernement du Nouveau Front populaire qui s’imposerait en tant qu’ordre du jour… Que certains aient eu cette orientation, c’est possible mais ça c’est passé autrement … Et même la censure, la tentative de poursuivre notre stigmatisation nous et les questions que nous posons, a perdu de son impact, d’abord dans nos têtes…
L’image qu’a encore pu donner à l’extérieur cette université est partiellement inexacte, la réalité de ce que pourrait être ce parti a débordé et la fraternité a vaincu quelques idées préconçues…