Catégorie : Solidarités
Lénine, le Venezuela et la nécropolitique des ragots
Il y a incontestablement à partir de l’agression du Venezuela un sursaut de dignité en Amérique latine, et la volonté – qui était celle de Lénine- d’armer sur le plan de la théorie et de la connaissance le prolétariat , les nations qui résistent par l’accès à la connaissance à l’heure des rumeurs et ragots du virtuel. Cette prise de conscience est née de la facilité avec laquelle certains internautes relayaient n’importe quelle propagande de l’impérialisme et j’ai éprouvé cela aussi comme un choc mais il y a eu aussi le spectacle de cette diaspora vénézuélienne comme Machado, capable de se réjouir de ce qu’aucun individu sensé doué d’un minimum de respect humain et de véritable amour pour sa patrie fut-il opposant à son régime actuel n’aurait osé, jusqu’où cette haine de classe pouvait-elle passer pour l’expression du peuple vénézuélien dans la propagande officielle, elle aussi relayée par les réseaux sociaux et les partis socio-démocrates n’ayant pas la force de s’opposer au courant. Cet opportunisme de l’ignorance est apparu comme un des principaux obstacles à l’action contre la fascisation qui a gagné du terrain. (note et traduction de Danielle Bleitrach)
17 janvier 2026 00:04
Sans instruction, affirmait Lénine, nous sommes exclus de la vie politique et devenons la proie des « rumeurs, des ragots, des contes de fées et des préjugés ».
Plus de dix jours se sont écoulés depuis l’attaque de l’impérialisme américain contre le Venezuela, et le brouillard se dissipe, révélant quelques lueurs d’espoir au milieu de tant de décombres. Continuer la lecture de Lénine, le Venezuela et la nécropolitique des ragots
Municipales 2026 : les ambitions du PCF à deux mois du scrutin (Pierre Lacaze)

À deux mois du premier tour des élections municipales, le PCF, qui validait ce samedi ses chef·fes de file, exprime une ambition forte.
Troisième force politique de France dans les villes et villages, il s’agit pour le Parti communiste français de conforter son assise territoriale, de l’élargir au service de toutes les populations, de combattre l’abstention et de faire gagner la gauche pour répondre aux attentes des habitantes et habitants.
Dans des centaines de villes de plus de 20 000 habitants, les communistes ont contribué aux rassemblements les plus larges à gauche et sont mobilisés pour faire gagner les maires communistes, socialistes et écologistes face à la droite et à l’extrême droite.
Au Havre et à Nîmes, deux villes symboliques des impasses de la droite, les communistes sont prêts à relever le défi. A Montreuil avec Patrice Bessac ou à Vitry-sur-Seine avec Pierre Bell-Lloch, les communistes aspirent faire ré élire leurs maires des deux plus grandes municipalités qu’ils dirigent. A Arles, Champigny-sur-Marne ou Saint-Pierre-des-Corps notamment, grâce au travail mené le plus souvent avec le Parti socialiste et les Écologistes, le PCF organise la reconquête de villes perdues en 2020. Dans toute la France, de nombreuses candidates communistes s’engagent. Ainsi à Vénissieux avec Michèle Picard, Bagneux avec Hélène Cillières, Mitry-Mory avec Charlotte Blandiot-Faride, Échirolles avec Amandine Demore, ce sont des femmes qui sont en passe d’être élues ou réélues.
Fabien Roussel et la direction du PCF se félicitent que dans 90 % des villes dirigées par la gauche, les majorités municipales soient rassemblées, exprimant ainsi une dynamique nationale en faveur de l’union face à la droite et à l’extrême-droite, malgré les tentatives de division. Le PCF prend toute sa part à ce combat et mènera ainsi de nombreuses listes d’union face au RN dans les régions des Hauts de France, de Grand Est et en région PACA. A Calais, Nîmes, Sète, Arles ou Martigues, les têtes de liste communistes affronteront dès le premier tour les candidats du Rassemblement national.
Forts de la dynamique populaire de rassemblement qui s’exprime autour de leurs candidatures et de l’union très large à gauche, les communistes sont prêts, dans les villes comme dans les villages de France, pour les élections municipales à faire gagner des politiques utiles et protectrices, en faisant des services publics locaux, de la solidarité, de l’émancipation humaine et de la démocratie locale les piliers d’un véritable projet de société.
Pierre Lacaze, Responsable Élections au PCF,
Comment en finir avec Shein et l’ultra fast-fashion ?
Face aux atteintes à l’environnement et aux droits sociaux et humains, une coalition de la société civile se mobilise ce 16 janvier, à Bruxelles, devant la Commission européenne pour exiger une loi de régulation ambitieuse.

Jade GAO / AFP
Les impacts environnementaux, sanitaires, sociaux, économiques et moraux de plateformes comme Shein, Temu et d’autres enseignes de la fast-fashion et de l’ultra fast-fashion sont connus. Exploitation de travailleurs, pollution massive, contournement fiscal, pratiques commerciales trompeuses, mise sur le marché de produits dangereux et pénalement répréhensibles. Même le marché de la seconde main est saturé.
Mais rien ne semble pouvoir arrêter les géants du textile jetable. Ces plateformes prédatrices dominent un marché qui traverse une crise profonde avec de nombreuses destructions d’emplois. En France, le projet de loi visant à réguler ce secteur et à lutter contre ces pratiques néfastes reste gelé. Continuer la lecture de Comment en finir avec Shein et l’ultra fast-fashion ?
Bercy sait… et se tait : comment le ministère entretient le secret de Polichinelle des riches qui ne paient pas un centime d’impôt sur le revenu
L’ancien ministre de l’Économie Éric Lombard a affirmé que des « milliers » de très riches ne paient aucun impôt sur le revenu et que l’administration est au courant. De quoi relancer l’offensive de la gauche sur la taxation des milliardaires, sujet sur lequel elle a gagné une bataille culturelle.

© Firas Abdullah/ABACAPRESS.COM
La justice fiscale s’est trouvé un allié inattendu en cette rentrée 2026. Éric Lombard, ministre de l’Économie du gouvernement de François Bayrou jusqu’en septembre, s’était fait plutôt discret depuis l’automne. Jusqu’à réapparaître dans les colonnes de Libération, lundi, pour lâcher une bombe qui a légitimement mis le monde politique en émoi et la gauche en ébullition. Continuer la lecture de Bercy sait… et se tait : comment le ministère entretient le secret de Polichinelle des riches qui ne paient pas un centime d’impôt sur le revenu
Pour le souvenir de Michel Veyres par Jean Paul Damaggio
Aujourd’hui il s’agit de Michel. Mais je ne dissocie pas Michel et Marie-Jo. A cause de leur immense générosité.
A chacun son souvenir. Les miens commencent à l’école de Bio à la rentrée 1971. Ils sont syndicaux, et syndicaux en tout genre. Avec le SNI, avec Le Gyrophare, avec le SNuipp. Plier le journal chez eux, un moment si agréable. Les souvenirs, ils furent communistes ensuite.
Quand la vie me conduisit un temps à Montauban j’étais à deux pas de chez eux et ils m’ont aidé à m’installer.
En tant qu’instituteur on s’est croisé au Petit Versailles, aux Chaumes, rue Bêche. Une discussion toujours enrichissante car les désaccords c’est aussi la générosité.
Puis il y a eu la Compagnie des écrivains. Notre dernière action en commun c’était pour la défense de Léon Cladel (d’où la photo). Il traita des rapports entre Cladel et Hugo (je vais publier le texte)
Par sa chronique des Nouvelles il a témoigné de mon action d’éditeur. Toujours avec générosité. Qui n’était pas qu’à mon encontre car toutes ses chroniques furent écrites sous le même angle. Peut-être que la dernière concerna cet autre moi-même qui s’appelait André Caylus et que j’ai essayé d’honorer.
On avait eu l’idée de publier ses chroniques en un livre mais, plus porté à aider les autres qu’à s’aider lui-même, il ne prit pas le temps des corrections certes nombreuses.
Avec Marie-Jo on contribua à une petite édition de ses poèmes et du livre sur Raymond Bayssade. Car poète il était aussi. Avec générosité.
D’ailleurs je retiens ici sa première chronique des Nouvelles (du moins il me semble en 1998) et chacun va vérifier qui il était. Qu’elle concerne un Saint-Antoninois n’a rien pour me surprendre.
J-P Damaggio
Michel Veyres, Chroniques littéraires dans Les Nouvelles du Tarn-et-Garonne
Républicains espagnols en France. Des Pyrénées au Tarn-et-Garonne : itinéraire. Deux ans et demi de combats trois ans et demi de camp…
A 88 ans, CASADO Vincent, à St Antonin, a toujours l’esprit vif. Né à Sines, dans la Castille, au cœur de l’Espagne, il s’engage en août 1936, combat dans la section des mitrailleurs (37ème brigade d’infanterie). Blessé, il y a juste 60 ans, il franchit la frontière en ambulance le 7 Février 1939 au Perthus.
Après une semaine au Boulou, c’est le camp de concentration d’Argelès qui « l’accueille » (1). Sur cette plage de la mer Méditerranée, seul le sable, derrière les barbelés, s’offre pour dormir, se reposer, procéder aux nécessités de la vie. N’oublions pas que nous sommes en février ; pluie, vent, humidité, froid affaiblissent l’organisme. «Pas d’eau potable, des pompes plantées dans le sable fournissaient une eau de mauvaise qualité». Et, «les médecins au camp international, prisonniers comme nous, nous soignaient avec pas grand-chose». Autour des barbelés, des Sénégalais, l’arme au poing, gardaient les Républicains espagnols que la République française avaient abandonnés, face au fascisme… Comme nourriture : des conserves, froides. «On s’est organisé nous-mêmes, il fallait être inscrit pour avoir sa part de ravitaillement.
Fin avril 1939, c’est le départ pour Le Vernet, dans l’Ariège, en camion. Là, il y a des baraquements et de très nombreux Espagnols ; « la nourriture, mauvaise mais suffisante, se constitue surtout de haricots, lentilles». «On dort par terre».
Le général GAMELIN (2) vient faire une inspection, tient un discours patriotique…
En novembre, c’est… Septfonds jusqu’à mai 1942. Là aussi, des baraquements, dans ce camp de concentration, et d’abord couchés par terre, puis sur des litières, enfin sur des châlits de 4 places. Chaque baraque avait sa cuisine : «c’était meilleur qu’au Vernet». «On avait 1 kg de pain pour trois».
Vincent CASADO se souvient que des gendarmes les gardaient derrière 3 lignes de fil de fer barbelés que dominaient les miradors.
Il y a eu des protestations de la part des prisonniers, des menaces y ont répondu. «Des gestes de solidarité (3) nous ont fait parvenir du matériel de toilette, des habits quelquefois…». « Le P.C. de Septfonds nous aidait, le Secours Rouge aussi. On nous changeait souvent de baraquement pour gêner, empêcher notre organisation ».
Enfin des G.T.E. ont été créés et Vincent se retrouve affecté à une compagnie de travailleurs étrangers départementale, contrôlée par le camp de Septfonds.
On l’envoie travailler à Montauban, «aux écuries de l’armée, derrière l’hôpital», ensuite à «La Clare», près d’Albias, où se trouvait un camp de «récupération de matériel militaire», c’était aussi un lieu de commerce…
En mai 1942, il devient agriculteur, à Mas-Grenier, chez M. FOURCADE. «J’étais bien nourri et payé 10 F par jour»… ça a duré jusqu’en novembre/décembre 1942. «j’étais bien !».
Retour au camp, puis c’est l’envoi chez un exploitant forestier, M. REYNAT par lequel il va être employé jusqu’à la fin de la guerre.
C’est d’abord Cazals, ensuite les environs de St Antonin où il va se fixer qui l’accueille. Un travail pénible l’attend avec ses camarades espagnols : la coupe, le charbon de bois…
Il passe maintenant des jours tranquilles dans son logement au centre de la petite ville… et connaît différents sens du mot «République».
Lire aussi: Victor Hugo et Léon Cladel par Michel Veyres
(1) Voir n° 85
(2) Chef d’Etat-Major puis Commandant des groupes franco-britanniques… limogé en mai 1940 !
(3) «J’y allais, de St Antonin, le dimanche, en vélo, leur porter du tabac, du dentifrice, des allumettes, à travers les barbelés, en cachette». (Mimi RAUZET).
Un dernier hommage aura lieu lundi 19 Janvier à 18h30 au crématorium de Montauban
Déclaration du Parti Toudeh d’Iran : Vive le soulèvement dynamique, inclusif et héroïque du peuple iranien contre la dictature d’Ali Khamenei !

On ne se permet pas de commenter la position d’un parti qui a et continue à témoigner de tant d’héroïsme, contentons-nous de remercier Philippe qui a assuré la traduction de l’anglais. (note d’histoireetsociete)
Tudeh Party of Iran
9 January 2026
Déclaration du Parti Toudeh d’Iran : Vive le soulèvement dynamique, inclusif et héroïque du peuple iranien contre la dictature d’Ali Khamenei !
Au peuple militant et conscient ; aux travailleurs et à l’ensemble des travailleuses et travailleurs ; aux femmes héroïques ; ainsi qu’à la jeunesse courageuse et aux étudiants d’Iran ! Continuer la lecture de Déclaration du Parti Toudeh d’Iran : Vive le soulèvement dynamique, inclusif et héroïque du peuple iranien contre la dictature d’Ali Khamenei !
Franck Marsal : à propos de l’Iran

La crise iranienne et la crise vénézuélienne se télescopent et ce n’est probablement pas un hasard. Sur la situation du Venezuela, la tendance qui se dégage maintenant clairement est que la réussite militaire de l’opération tactique ne change pas fondamentalement la situation stratégique. Le pouvoir constitutionnel vénézuélien est en place, et ne s’est pas fissuré. Le pays fonctionne. Nicolas Maduro et Cilia Flores préparent leur défense face à un dossier juridique qui semble se décomposer sur place. Trump lui-même a été obligé de balayer l’opposition d’extrême-droite, cheval de bataille habituel de l’impérialisme en reconnaissant qu’ils « ne représentent rien au Venezuela ». Il a également été contraint de réunir les entreprises US pour les convaincre de préparer un plan d’investissement massif, et s’est entendu répondre par certaines que « ce sont vos sanctions qui nous ont obligées à quitter le Venezuela ». Les négociations (qui étaient déjà en cours avec Maduro) pour le retour des investissements US au Venezuela se poursuivent et rien de vraiment concret n’indique que l’enlèvement du président vénézuélien en exercice a fondamentalement amélioré la marge de manœuvre des USA. Si cette tendance se confirme, l’opération pourrait même rapidement affaiblir la position du bloc impérialiste US hier hégémonique, aujourd’hui divisé et en situation de liquidation progressive. Continuer la lecture de Franck Marsal : à propos de l’Iran
Liberté, démocratie pour le peuple iranien !

Le Parti communiste français réaffirme sa totale solidarité avec le peuple iranien qui se soulève contre la dictature islamiste. Mobilisant le monde du travail, les femmes, les commerçants, les étudiants, et s’étendant à l’intégralité du pays, ce soulèvement est inédit par sa détermination et l’ampleur des forces engagées dans la mobilisation. Après le grand mouvement « Femmes-vie-liberté », c’est la grande majorité de la nation iranienne qui aspire à se débarrasser d’un régime corrompu et oppressif.
Lire aussi: « Femme, Vie, Liberté » : pourquoi les Iraniennes sont-elles au cœur des luttes ? Continuer la lecture de Liberté, démocratie pour le peuple iranien !
Union de la gauche, transition écologique, socialisme… Le conseil national du PCF lance les travaux du 40e congrès
La direction communiste a initié, samedi, les travaux du 40e congrès, qui aura lieu cet été à Lille. L’objectif est de définir un projet de très long terme, pour les « quinze ou vingt prochaines années », afin de rendre lisible son ambition.
La date et le lieu sont inscrits dans les agendas : ce sera à Lille (Nord), du 4 au 6 juillet, que se tiendra le 40e Congrès du PCF. Le conseil national du parti a lancé, samedi, les travaux en vue de l’événement. L’objectif, affiche le secrétaire national, Fabien Roussel, est de « rendre lisible par le peuple tout entier notre ambition pour la France et la République », à savoir, pour les « quinze, vingt prochaines années », bâtir « l’union du peuple de France » par la « conquête d’une majorité populaire, la conquête du pouvoir par les luttes, par une remontée de notre influence ». Continuer la lecture de Union de la gauche, transition écologique, socialisme… Le conseil national du PCF lance les travaux du 40e congrès