Fret SNCF : les syndicats renvoient l’exécutif à ses responsabilités

Auditionnés par les députés, dans le cadre de la commission d’enquête sur la libéralisation de Fret SNCF, les syndicats représentatifs ont méthodiquement déconstruit le plan de discontinuité de Fret SNCF, porté par Clément Beaune, ministre délégué aux Transports. La CGT cheminots accuse le gouvernement de liquider l’opérateur public et d’aller vers une privatisation totale du fret ferroviaire.

Une gare de marchandises à Saint-Martin le Vinoux dans l’agglomération grenobloise. Des procédures similaires à l’enquête de la commission européenne sur des aides perçues par Fret SNCF ont en lieu en Roumanie (2015) et en Allemagne (2020), avant la France, sans que ces gouvernements n’actent une discontinuité.
© Francois HENRY/REA

Dans la commission d’enquête sur la libéralisation de Fret SNCF, la parole était, ce mardi 19 septembre, aux quatre fédérations syndicales représentatives. Quatre mois après la présentation du plan de discontinuité de Fret SNCF, qui prévoit le transfert des activités de gestion capacitaire dans une nouvelle filiale du groupe SNCF, ainsi que la cession de 30 % d’activités de l’entreprise publique, suite l’ouverture d’une enquête de Bruxelles pour des aides publiques perçues entre 2007 et 2019, les syndicats maintiennent la pression sur l’exécutif.

Laurent Brun voit « une procédure européenne hypocrite et contre-productive. » « Les aides sont les conséquences de la restructuration du Fret. Avant 2003, le transport de marchandise ferroviaire est totalement intégré dans la production de la SNCF. Cette dernière était centralisée, planifiée, sans avoir de bilan financier propre », poursuit le secrétaire général de la CGT Cheminots. Le cégétiste ajoute : « considérer que de passer d’une situation monopolistique à une entité autonome et concurrentielle en 4 ans, avec 1,5 milliard de recapitalisation, est un problème est une vaste plaisanterie. »

L’ouverture à la concurrence a déjà entraîné la liquidation de 10 000 emplois

De son côté, Lionel Lecocq, de l’Unsa Ferroviaire, assène : « Libéraliser un marché en décroissance est une aberration ». À l’entendre, « l’ouverture à la concurrence en 2006 a entraîné une fragmentation du secteur avec l’arrivée des opérateurs privés. Cela a conduit à une baisse des tarifs, et une diminution de la rentabilité de l’entreprise historique, et la baisse de la qualité de service. »

« Le mensonge originel est celui de développement d’un marché, alors que l’une des activités du Fret, le wagon isolé, est une activité de service public qui ne répondra pas aux caractéristiques de la concurrence, poursuit Laurent Brun. L’ouverture à la concurrence a déjà entraîné la liquidation de 10 000 emplois et la fin de la déserte pour 5 000 PME, au gré des plans de restructuration de l’appareil productif pour se confirmer au marché.

À ce propos, Julien Troccaz (Sud Rail), s’est inquiété de la conséquence écologique du transfert de 23 flux détenus par Fret SNCF à ses concurrents : « Le report modal inversé a commencé. Deux des flux transférés ont été abandonnés et seront sur les routes : Barcelone-Bettembourg et Valenton-Sete. Une ligne rouge du ministre Clément Beaune a déjà été franchie »

Mais c’est bien sur la raison qui a amené à ce plan de discontinuité qu’ont porté les 2 heures 30 d’audition. « La commissaire nous a fait part de son étonnement dans la précipitation du gouvernement français, alors que la procédure européenne est ouverte sur 18 mois », tance Laurent Brun. Le cégétiste a rappelé que des procédures similaires avaient lieu en Roumanie (2015) et en Allemagne (2020), avant la France, sans que ces gouvernements n’actent une discontinuité.

À ses côtés, Hervé Gomet (CGT cheminots), complète : « Lors de la réforme ferroviaire de 2018, les dirigeants de la SNCF nous disaient que le point faible de cette réforme était la SAS FRET. Elle a été créée, dès 2017, avant la réforme ferroviaire puis nourrie dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier 2020. » Il ajoute : « La CGT se demande si cette procédure n’est pas une aubaine pour en terminer avec l’opérateur public afin de tout privatiser. »

Emmanuel Macron à la messe du pape : au Sénat, des discours totalement opposés sur la laïcité

Après l’annonce de la présence d’Emmanuel Macron à la messe célébrée par le pape à Marseille samedi prochain, les réactions à droite et à gauche sont aux antipodes : la gauche dénonce une entrave à la laïcité quand la droite y voit la confirmation des « racines judéo-chrétiennes » de la France. Les discours se confrontent, y compris au Sénat, où Pierre Ouzoulias, sénateur communiste des Hauts-de-Seine, et Stéphane Le Rudulier, sénateur LR des Bouches-du-Rhône, les traduisent par des propositions de loi.

Tout est parti de la participation annoncée d’Emmanuel Macron à la messe célébrée par le pape ce samedi, dans le stade Vélodrome à Marseille. Elle suscite de vives critiques à gauche, qui fustigent une entrave à la laïcité. C’est dans ce contexte que le sénateur LR des Bouches-du-Rhône Stéphane Le Rudulier s’exprime le 18 septembre sur X (ex-Twitter) sur le sujet : « Messe du pape à Marseille en présence du président Macron. Pour sortir de toute polémique et hypocrisie j’ai déposé avec 34 sénateurs une proposition de loi pour consacrer les racines judéo-chrétiennes de la France Assumons nos racines et notre héritage au grand jour ! ».

Quelques heures plus tard, le sénateur communiste des Hauts-de-Seine Pierre Ouzoulias lui répond : « Je souhaite que le président n’assiste pas à cette messe, au nom du principe de laïcité, consubstantiel de notre République laïque et sociale. Mieux, je propose de constitutionnaliser l’article 2 de la loi de 1905 afin d’acter une séparation totale ». Continuer la lecture de Emmanuel Macron à la messe du pape : au Sénat, des discours totalement opposés sur la laïcité

Montauban: Mobilisation pour la PAIX

Des covoiturages peuvent être organisés à partir des villes du Tarn et Garonne…

Logement social : « Les montants des rappels de charges sont abyssaux pour les locataires »

Eddie Jacquemart, président de la Confédération nationale du logement (CNL), revient sur l’impact des hausses de charges sur les résidents et sur l’insuffisance des mesures gouvernementales.

« Pour certains locataires, c’est la triple peine : pas de rénovation thermique, des charges qui explosent, des déplacements coûteux. Ce sont toujours les plus pauvres qui cumulent les difficultés », explique Eddie Jacquemart, président de la CNL.

 

Quelle situation observe la CNL sur le terrain ?

Eddie Jacquemart, Président de la Confédération nationale du logement (CNL)

De nombreux locataires du parc social viennent nous voir avec des rappels de charges locatives pour 2022 dont les montants sont parfois abyssaux, de 400 à 1 500 euros. En parallèle, ils sont confrontés à une hausse des provisions pour les charges mensuelles de l’année 2023. Il y a aussi le problème de ceux qui se chauffent en individuel, dont les factures d’énergie explosent depuis la fin des tarifs réglementés du gaz, le 30 juin. Beaucoup sont très inquiets.

Les plus touchés sont les célibataires ou ceux qui vivent dans des appartements Plai (types de HLM aux loyers les plus bas), avec des petits loyers. Quand ils voient arriver les régulations de charges, qui peuvent représenter jusqu’à trois fois leur loyer, ils sont complètement paniqués. Cette augmentation est orchestrée par le gouvernement. Cela représente quand même 17,1 % de hausse en deux ans, rien que sur les fluides. Et c’est compter sans ce qui va encore tomber au 1er janvier 2024.

Est-ce le seul sujet d’inquiétude ?

Non, bien sûr. S’ajoutent aux charges le problème du coût de la rentrée des classes et celui de l’alimentaire surtout, avec l’inflation qui a fait bondir les prix des produits de première nécessité. Enfin, il y a la hausse de l’essence, alors que dans les quartiers isolés, où il y a peu de transports publics, la voiture est nécessaire.

Pour certains locataires, c’est la triple peine : pas de rénovation thermique, des charges qui explosent, des déplacements coûteux. Ce sont toujours les plus pauvres qui cumulent les difficultés. Du coup, les familles sont aux abois. Il y aurait vraiment de quoi lancer une mobilisation des locataires. Au sein de la CNL, nous avons également lancé une pétition pour exiger un service public de l’énergie, seul rempart possible à cette explosion des coûts des fluides.

Et c’est compter sans la baisse des allocations logement…

Le perpétuel rabotage de l’APL (aide personnalisée au logement) est un vrai problème. Les plafonds n’ont pas été augmentés depuis des années et elle n’a pas été revalorisée à hauteur de l’inflation. Depuis 2022, une hausse de 3,5 % a bien été actée, mais cela permet juste de compenser une partie de l’augmentation des loyers, estimée à 7 % en deux ans.

En outre, cela concerne peu de locataires, les barèmes pour obtenir l’APL étant très bas. Mais concernant les charges, il n’existe aucun amortisseur. Le forfait charges, qui tourne autour de 50 euros, n’a pas été modifié, malgré la hausse des prix. Quand aux chèques énergie, leur utilisation est tellement complexe que beaucoup renoncent à s’en servir.

Au-delà de l’APL, que pensez-vous des aides mises en place pour amortir l’inflation ?

Les mesures gouvernementales ne sont que conjoncturelles, telle une rustine sur une jambe de bois. Ce que nous voulons, au contraire, ce sont des mesures structurelles, comme le gel des loyers que nous avons demandé à travers une pétition.

Quant à la rénovation énergétique, cela prend du temps. En attendant, il faut des mesures immédiates pour maintenir le pouvoir d’achat. Sinon, dès cet automne, cela risque d’être très compliqué pour les familles. Mais les déclarations du nouveau ministre du Logement, qui a rejeté la piste de l’augmentation de l’APL, ne vont pas dans ce sens, pas plus que celle du budget logement pour 2024, lequel devrait encore être revu à la baisse. On va laisser les gens dans des situations dramatiques, en se contentant de distribuer, çà et là, des subsides ponctuels qui ne sécurisent pas les familles.

Quelles sont les conséquences concrètes dans les quartiers ?

On constate de plus en plus de retards et d’impayés de loyers. On voit également de plus en plus de locataires contraints de faire des choix, sur l’alimentaire d’abord. Ils ont aussi renoncé aux loisirs, aux vacances. C’est terrible, surtout pour les enfants. L’hiver venu, certains ne se chaufferont pas, comme on l’avait déjà observé l’année dernière. La situation est très compliquée. Les gens doivent faire attention à tout, se priver. Les quartiers sont en souffrance. Malgré tout, l’entraide entre pauvres reste réelle. Les locataires, dans les quartiers, restent humains. Ils s’épaulent, se prêtent des choses. C’est incroyable, dans cette jungle libérale qu’on nous impose. Preuve que les dirigeants n’ont pas encore réussi à casser la solidarité dans les quartiers populaires.

 

Débat: Édouard Philippe et Fabien Roussel, « deux projets très différents » pour la vie des gens (Vidéo)

Fabien Roussel et Édouard Philippe ont débattu dimanche à l’Agora de l’Humanité. Une confrontation entre deux visions de la société.

Édouard Philippe et Fabien Roussel en débat à l’Agora de la Fête de l’Humanité, dimanche 17 septembre 2023
© Lahcène Abib

 

Inflation, blocage des prix, salaires, réindustrialisation, retraites, 49.3, extrême droite… Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, et l’ex-premier ministre et actuel maire du Havre, Édouard Philippe, se sont livrés à un véritable débat gauche-droite dimanche, lors de la 88e édition de la Fête de l’Humanité.

De plus en plus de Français peinent à se nourrir. Le gouvernement a annoncé des négociations sur les prix et une « conférence sociale » sur les bas salaires. Ces mesures vous paraissent-elles à la hauteur ? Continuer la lecture de Débat: Édouard Philippe et Fabien Roussel, « deux projets très différents » pour la vie des gens (Vidéo)

Sous-investissement, enseignements déséquilibrés… Une nouvelle étude accable le système scolaire français

Sous-financement du primaire, professeurs parmi les plus mal rémunérés, déséquilibre des enseignements au profit des « fondamentaux » : l’étude annuelle de l’OCDE montre un système éducatif français inégalitaire et sous-financé.

En primaire, le salaire effectif moyen d’un enseignant français s’élève à 45 320 dollars/an, contre une moyenne OCDE s’établissant à 48 023 dollars/an.
© MARTIN BUREAU / AFP

 

Des dépenses un peu au-dessus de la moyenne pour des résultats qui restent inégalitaires, des enseignants toujours sous-payés. Pas grand-chose de nouveau sous le soleil de la France scolaire, est-on tenté d’écrire après la présentation, mardi 12 septembre, de la grande enquête annuelle de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique), « Regards sur l’éducation ».

Pourtant, avec la promotion tous azimuts de l’apprentissage et la réforme du lycée professionnel, notre pays fait figure de bon élève d’une organisation idéologiquement marquée, puisque née – rappel – au sortir de la Seconde Guerre mondiale pour veiller à la mise en œuvre du plan Marshall en Europe.

Il faut le savoir pour décrypter Regards sur l’éducation, qui demeure malgré tout une précieuse source de données sur les systèmes scolaires des pays membres de l’OCDE, dont le nôtre. À commencer par la mesure de l’investissement dans l’éducation. Ainsi, quand l’étude relève que plus les pays sont riches, plus leurs dépenses éducatives sont élevées, elle n’enfonce pas, malgré les apparences, une porte ouverte. Continuer la lecture de Sous-investissement, enseignements déséquilibrés… Une nouvelle étude accable le système scolaire français

Sophie Binet : « Pour le capital, la démocratie est un problème »

La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, était l’invitée, samedi, de l’Agora de l’Humanité. La dirigeante estime que les syndicats ont « semé des graines », alors que la centrale cégétiste a réalisé 40 000 nouvelles adhésions.

Durant une heure, la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet a fait le tour des questions qui animera la rentrée sociale, devant une Agora pleine à craquer.
© Albert Facelly

La foule des grands jours pour Sophie Binet. Samedi, en début d’après-midi, la secrétaire générale de la CGT avait carte blanche à l’Agora de l’Humanité. Alors que la rentrée prend à la gorge une majorité de salariés et de familles qui n’arrivent plus à faire face à la cherté de la vie, la dirigeante cégétiste a avancé des propositions alternatives. Avec pour ligne de mire la mobilisation du 13 octobre pour les salaires et contre l’austérité, elle a aussi indiqué de nouveaux enjeux où se cristallise l’affrontement de classe.

Vous avez été élue en mars au congrès de Clermont-Ferrand, votre profil se différencie de ceux de vos prédécesseurs : vous êtes une femme, cadre, qui n’a pas fait ses armes au PCF. Que signifie votre élection à la tête de la CGT ? Continuer la lecture de Sophie Binet : « Pour le capital, la démocratie est un problème »

Fabien Roussel: inventons les jours heureux (Discours à la Fête de l’Huma)


Je rejoins le PCF

← Retour

Merci pour votre réponse. ✨

Rentrée sociale : Entretien avec Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, à la Fête de l’Humanité

Éducation, santé, transport, justice, sécurité… un collectif dénonce l’état des services publics

Le collectif « Nos services publics » publie un rapport accablant sur l’état des services publics en France. Éducation, santé, transport, justice, sécurité : l’analyse de 20 ans de politiques publiques montre le décalage entre besoins de la population et l’évolution du secteur.

 

« Les moyens des services publics augmentent depuis vingt ans moins rapidement que les besoins sociaux », dénoncent le rapport du collectif « Nos services publics » publié jeudi 14 septembre, auquel ont collaboré plus de 100 experts, agents de terrain et citoyens.

Les auteurs du rapport ont décidé de dépasser la critique des services publics, qui coûteraient « trop cher » ou seraient « sous-financés », dans lequel il y aurait « trop » ou « pas assez » d’agents publics, pour se concentrer sur la comparaison de l’évolution des besoins sociaux avec l’investissement dans les services publics. Selon eux, le constat est sans appel : les politiques publiques n’ont pas su s’adapter à l’évolution de la société. Continuer la lecture de Éducation, santé, transport, justice, sécurité… un collectif dénonce l’état des services publics