Collectivités locales. La loi « 3DS », du big bang au fourre-tout

Après trois années de gestation, la loi sur les collectivités et le territoire doit être votée ce mardi par les députés. Avec au final peu d’avancées, quelques dangers et des mesures emblématiques. Décryptage des principales d’entre elles.

Ce devait être la grande loi du quinquennat sur les collectivités locales et l’aménagement du territoire. Mais la loi « 3DS », pour « différenciation, décentralisation, déconcentration et simplification », n’est au final, de l’aveu même de la ministre Jacqueline Gourault, qu’un texte « très technique ». Une loi fourre-tout également que les députés votent ce mardi avec de multiples ajouts et modifications apportés par la Macronie après que le Sénat eut largement amendé le texte. Ensuite, le gouvernement et la majorité devront négocier serré avec le Sénat pour une adoption rapide via une commission mixte paritaire, prévue le 27 janvier. Sinon, il sera impossible que la loi soit définitivement adoptée avant la fin de la session parlementaire, en février. Continuer la lecture de Collectivités locales. La loi « 3DS », du big bang au fourre-tout

Covid : Une nouvelle FAQ irréaliste et qui contredit JM Blanquer in Caf. Péda.

 JM Blanquer a bien tenu des propos aventureux en promettant le 28 décembre que les écoliers auraient besoin de plusieurs tests pour revenir en classe. La nouvelle Foire Aux Questions (FAQ) du ministère maintient pour l’essentiel les arbitrages en vigueur avant l’arrivée du variant Omicron. Les principaux aménagements concernent la répartition des élèves des professeurs absents qui est interdite dans le 1er degré, et les réunions qui doivent avoir lieu en distanciel. L’interdiction de prendre son café debout en salle des profs n’apparait pas dans la FAQ. Aucune mesure nouvelle n’est prise dans les cantines. L’EPS doit de préférence avoir lieu en extérieur. Cette nouvelle FAQ maintient pour l’essentiel le dispositif allégé malgré le variant Delta et semble largement insuffisante pour contenir la diffusion d’Omicron. La gestion immobile de l’Ecole alors que la situation sanitaire du pays se dégrade de jour en jour est-elle encore réaliste ?

Quelle valeur a la parole ministérielle ?

« Pour revenir en classe il faudra faire 2 tests à plusieurs jour d’intervalle », avait dit JM Blanquer le 28 décembre à propos des seuls écoliers. Ces propos nous semblaient très avancés. Ils sont clairement démentis par la nouvelle FAQ ministérielle. « La survenue d’un cas confirmé parmi les élèves entraîne par principe la suspension de l’accueil en présentiel, pour une durée de 7 jours, des élèves de la classe concernée et des contacts à risque identifiés en dehors de la classe. Toutefois, ces élèves pourront poursuivre les apprentissages en présentiel sous réserve de présenter un résultat de test négatif », rappelle la FAQ. Continuer la lecture de Covid : Une nouvelle FAQ irréaliste et qui contredit JM Blanquer in Caf. Péda.

Santé. Comment attirer les médecins

Face à l’accroissement des déserts médicaux, une étude a analysé et croisé les stratégies internationales et propose d’en adapter certaines mesures.

Les déserts médicaux gagnent du terrain. La pandémie n’a fait qu’accentuer ce constat, alors que l’évolution de la démographie médicale en France accroît, année après année, les déséquilibres. Comment renverser la tendance et attirer de nouveaux médecins généralistes dans ces zones ? Le problème n’a rien d’hexagonal. Et c’est peut-être de l’international que viendra la solution. Comme l’attestent les différents rapports de l’Organisation mondiale de la santé, de l’Organisation de coopération et de développement économiques ou de la Commission européenne, quels que soient les pays, il est toujours plus difficile de se soigner dans les zones rurales ou les zones urbaines défavorisées. Continuer la lecture de Santé. Comment attirer les médecins

Nouveau protocole sanitaire dans les écoles de Tarn-et-Garonne : « Les mesures ne répondent pas à l’urgence », pour Guillaume Mangenot du SNUipp82 in DDM

A partir de jeudi, les élèves devront être masqués dans les cours de récré. DDM Archives M.V.
A partir de jeudi, les élèves devront être masqués dans les cours de récré. DDM Archives M.V.

 

De nouvelles mesures sanitaires doivent entrer en application à partir de jeudi dans les écoles. Les élèves devront porter le masque en extérieur et les activités physiques en salle ne seront plus possibles. Interview de Guillaume Mangenot, secrétaire départemental du SNUipp.

Que pensez-vous des nouvelles mesures sanitaires prises par le Gouvernement dans les écoles applicables à partir de jeudi ?

C’est une grande déception car cela ne répond pas aux besoins. L’élévation du protocole au niveau 3 implique le port du masque en extérieur et la suspension des activités physiques en salle et lundi, de nouvelles mesures seront mises en place dans les cantines. Mais ce protocole n’annonce que des grandes lignes. Or, la situation est extrêmement tendue pour les personnels comme pour les parents d’élèves. Continuer la lecture de Nouveau protocole sanitaire dans les écoles de Tarn-et-Garonne : « Les mesures ne répondent pas à l’urgence », pour Guillaume Mangenot du SNUipp82 in DDM

Moissac: le Samedi 4/12, Guerre au chômage, pas aux chômeurs !!!

Samedi 4 décembre à 10h30, devant la Mairie de Moissac

Toutes et tous unis contre la précarité. Faisons la guerre au chômage et pas aux chômeurs !

« Ensemble, réaffirmons les valeurs humanistes et internationalistes de la CGT !»

Le gouvernement manipule les chiffres du chômage en communiquant sur les offres non pourvues et le million d’offres sur le site de Pôle Emploi. En réalité, sur les 1 041 325 offres publiées ce jour sur le site de Pôle Emploi, seules 82 752 sont en CDI temps plein rémunérés au minimum au SMIC, soit à peine 7,95 %.

Sur notre département, 3 793 offres étaient en ligne sur le site de Pôle Emploi le 28 octobre 2021, mais seules 331 offres correspondaient à des CDI temps plein rémunérés au minimum au SMIC. Et seulement 4 de ces CDI étaient publiés par des partenaires privés de Pôle Emploi, soit 0,11 % . Continuer la lecture de Moissac: le Samedi 4/12, Guerre au chômage, pas aux chômeurs !!!

CHIC: Aux côtés des Moissagais contre la fermeture des urgences de nuit

Communiqué de L’Association des Usagers et Amis du Centre Hospitalier de Montauban

Depuis l’annonce par l’ARS de la fermeture des urgences de nuit au CH de Moissac, sans aucune concertation, des manifestations importantes se déroulent à Moissac à l’appel du comité de défense du Centre Hospitalier de Moissac et des organisations syndicales locales.

Manifestation contre la fermeture des urgences de nuit

Mercredi 1er décembre à 18 h

Devant le CH de Moissac 

Des représentants de l’Association montalbanaise ont, par leur présence, manifesté leur solidarité et leur préoccupation face à une décision particulièrement grave et dangereuse pour une population qui va se trouver éloignée de secours rapides situation qui va aussi avoir des conséquences sur le service des urgences de Montauban déjà très sollicité. Continuer la lecture de CHIC: Aux côtés des Moissagais contre la fermeture des urgences de nuit

Moissac: Rassemblement pour Sauver les Urgences du CHIC

COMMUNIQUḖ DU COMITḖ DE DEFENSE DE L’HOPITAL INTERCOMMUNAL DE CASTELSARRASIN MOISSAC

Alors que l’automne étale ses douceurs et ses couleurs flamboyantes, le temps est venu de remettre les pendules à l’heure (bientôt d’hiver).

En effet, que sont devenues les péroraisons de la campagne électorale ? Embauche de chirurgiens et autres anesthésistes au CHIC?

En vérité c’était du vent, soufflé par quelques candidats opportunistes pourtant bien au fait de la situation. Seuls quelques médecins intérimaires sont arrivés à l’hôpital, ils permettront peut-être une meilleure continuité des soins, mais creuseront un peu plus le déficit financier dont certains se serviront pour suggérer et justifier la fermeture.

LA FERMETURE PARTIELLE DES URGENCES DE MOISSAC ET MONTAUBAN A ETE ANNONCEE LE 2 novembre ET DOIT ETRE CONFIRMEE PAR L’ARS LE 15 novembre. Continuer la lecture de Moissac: Rassemblement pour Sauver les Urgences du CHIC

M. Lopez a choisi son camp: collages et mascarades

A n’en pas douter, les « indiscrétions de la DDM » ont un train de retard dans l’analyse de la situation moissagaise. Nous l’avons déjà écrit ici, les collages des Zemmour’boys sont les collages des Lepen’boys…. Blanc bonnet et bonnet blanc!

Que chacun juge de la réalité des faits,…

Ce qui change la donne, c’est la présence de 2 élus de Moissac qui sont à la manœuvre. Faut-il avoir du temps libre et de l’argent pour pouvoir coller à tour de bras, un coup pour Zemmour, un coup pour M. Le Pen ou pour les 2 en même temps puisque les affiches ne se recouvrent pas. Peut être que nos apprentis « élus de la république » sont rémunérés? Pour notre part, nous avons mis les protagonistes d’accord en occultant toutes leurs affiches…

A voir et à suivre… Continuer la lecture de M. Lopez a choisi son camp: collages et mascarades

Tarn-et-Garonne : « Sans les AESH, l’école ne pourrait pas fonctionner », plaide une enseignante in DDM

Des grévistes ont tenu une réunion d’information dans les locaux de la FSU à Montauban. Des grévistes ont tenu une réunion d’information dans les locaux de la FSU à Montauban. DDM – William BERNECKER

Les AESH (accompagnants des élèves en situation de handicap) étaient en grève ce mardi pour dénoncer un manque de considération et des salaires insuffisants.

« Un vrai statut, un vrai salaire ». Telle est la synthèse des revendications de la journée intersyndicale de mobilisation des AESH (accompagnants des élèves en situation de handicap). Un appel à la grève était lancé hier dans toute la France. « Sans AESH, l’école ne pourrait pas fonctionner » insiste Sandra Rubio, enseignante et co-secrétaire du syndicat SNUipp-FSU en Tarn-et-Garonne. Une profession, largement féminine, qui accompagne au quotidien des élèves sur le temps scolaire depuis 2014 (anciennement AVS pour Auxiliaires de Vie Scolaire). « Au-delà de les aider, c’est leur apporter du bonheur, de la confiance en eux. On prépare la génération de demain. » témoigne Fabienne, 58 ans, qui exerce depuis 5 ans. Continuer la lecture de Tarn-et-Garonne : « Sans les AESH, l’école ne pourrait pas fonctionner », plaide une enseignante in DDM

À Grigny, « le meilleur maire du monde, c’est toute la ville ! »

« Les villes, les leaders locaux et les associations sont porteurs de solutions durables. Ils peuvent faire jaillir des solutions appliquées au niveau national comme nous l’avons fait pour les cités éducatives », indique Philippe Rio. © Nicolas Cleuet

Autour de Philippe Rio, récompensé en septembre de ce titre honorifique, c’est toute une cité qui se bat au quotidien. Car si Grigny est la ville la plus pauvre de l’Hexagone, elle est aussi très jeune, et a beaucoup à offrir. Plongée loin des clichés avec ceux qui changent la vie de la cité et de ses habitants. Et auprès de ces communes qui font rempart à la crise.

Icon Quote Ces maires qui changent la vie à Grigny, VillejuifSchiltigheim, Marseille, Nantes, Dieppe

« L’USG, c’est cool, c’est classe ! Passement de jambes dans la surface ! On n’est pas les derniers de la classe ! On est les champions de la place ! » Sur les terrains en synthétique du stade Jean-Miaud, juste en face du quartier de la Grande-Borne, 300 ou 400 gosses s’époumonent pour reprendre en chœur l’hymne du club local, l’Union sportive de Grigny (USG). Aujourd’hui, c’est un peu la rentrée après deux ans sans sport, et les quelque 200 parents se massent le long de la main courante pour voir les enfants recevoir leur équipement aux couleurs du club.

Quand le maire, Philippe Rio, arrive, le président de la section football de l’USG, Demba Touré, prend un malin plaisir à le faire ovationner : « Un tonnerre d’applaudissements pour le meilleur maire du monde ! » crie-t-il dans le micro. Avant de préciser, quelques instants plus tard, en s’adressant aux jeunes, aux parents et aux éducateurs : « C’est une grande fierté de vous voir tous ici ; il y a dix ans, on mangeait des cailloux ! Mais c’est toute la ville qui est meilleure maire du monde ! »

Icon Quote Il y a dix ans, les terrains de foot étaient en terre, le club avait 200 licenciés. Aujourd’hui, « on a 1 000 gamins, et les filles sont déjà plus de 200. Demba Touré,  président de la section football de l’USG

À Grigny, la récompense qu’a reçue Philippe Rio au mois de septembre fait la fierté de la ville. Mais, surtout, elle consacre d’abord un travail collectif, celui de toutes celles et tous ceux qui se battent pour améliorer la vie des habitants. Et dans la ville la plus pauvre de France, il y a du boulot. Le foot en est en bon exemple : il y a dix ans, les terrains étaient en terre rouge, le club comptait moins de 200 licenciés. Aujourd’hui, « on a 1 000 gamins, et les filles sont déjà plus de 200 », décompte fièrement Demba Touré, qui précise que « l’important, c’est aussi le soutien scolaire, la distribution des colis pendant la crise du Covid… ».

Le chantier du Coeur de Ville République. Ce vaste projet urbain va reconnecter des quartiers et les relier à l’ensemble des équipements publics. Philippe Rio répète : « Le droit à la ville, c’est la priorité des priorités, et l’éducation, la mère des batailles.» © Nicolas Cleuet

Des équipements et de la compétence

Pour Philippe Rio, entouré de gamins intimidés à qui les parents enjoignent de « prendre une photo avec M’sieur l’maire », « c’est tout le potentiel de Grigny qui est là : sportif, mais surtout social ». C’est à Grigny qu’a vu le jour le Pass’Sport, qui permet de payer 50 euros maximum une licence sportive, une mesure reprise aujourd’hui par Emmanuel Macron. Avant d’aller voir les voisins du rugby, puis du basket, le maire donne sa petite recette pour le sport, qu’il considère comme un pilier du lien social : « Les équipements, et la compétence des éducateurs. » Après le foot, c’est le rugby qui a un nouveau terrain, et un « playground » de basket 3×3 a été inauguré cet été. En attendant la nouvelle piste d’athlétisme, qui portera le nom d’un gars du coin devenu champion du monde du 110 mètres haies : Ladji Doucouré.

La veille, il a été également question de foot, lors d’une rencontre à la mairie : « Les mamans qui sont venues lors d’une réunion ont proposé un tournoi de foot interquartiers », précise Anne-Marie Laurent, la directrice des services. Mais, cette fois-ci, il s’agit d’un autre problème : le phénomène des rixes entre bande d’adolescents. « Il y a des tensions et, dans l’Essonne, il y a un contexte », détaille Philippe Rio, dans une allusion au drame récent de la mort d’une jeune fille de 14 ans dans la ville voisine de Dourdan. Changer la vie des citoyens, c’est aussi « se battre pour la prévention et la sécurité, c’est un sujet à part entière ici », poursuit-il, alors que Grigny réclame depuis des années l’ouverture d’un commissariat.

Marché à Grigny. © Nicolas Cleuet

Des « bataillons de la prévention »

Ce phénomène des rixes, « ce n’est pas nouveau, mais il évolue : on voit de plus en plus des collégiens ». Alors l’équipe municipale prend le sujet à bras-le-corps, avec des réunions avec les jeunes et les parents qui ont vocation à être pérennisées, et le volet prévention. Là encore, avec d’autres élus, Philippe Rio et son équipe se sont battus pour obtenir des « bataillons de la prévention », une avancée qui fait partie des mesures gouvernementales annoncées lors du dernier comité interministériel des villes, qui s’est tenu en janvier dernier à… Grigny. Aujourd’hui, il s’agit de travailler concrètement à son application et au recrutement de cinq médiateurs et éducateurs spécialisés pour la ville. « On joue le jeu avec la police municipale, mais elle doit être en lien avec la police nationale », estime Philippe Rio.

La ville poursuit au tribunal le marchand de sommeil de la seconde plus grande copropriété de France. « On en a déjà fait condamner 11, mais il y en a peut-être 50… C’est un monde invisible. »

Prochaine étape : le procès d’un marchand de sommeil de la seconde plus grande copropriété de France. Impossible de louper ces immenses immeubles qui s’élèvent à la sortie du RER : Grigny 2, c’est le résumé et le concentré de tous les maux de la ville. 104 bâtiments, 17 000 habitants répartis sur 27 « copros » très dégradées. En réalité, on ne sait pas exactement combien de personnes y habitent, tant Grigny 2 est la porte d’entrée pour les immigrés les plus pauvres débarquant en Île-de-France, avec son cortège de marchands de sommeil. En ce mardi 5 octobre, justement, Philippe Rio se rend au tribunal d’Évry. La mairie s’est portée partie civile. « On en a déjà fait condamner 11, mais il y en a peut-être 50… C’est un monde invisible », détaille-t-il, d’autant que ce sont des « pratiques qui touchent à la dignité humaine ».

Une grande opération de réhabilitation est en cours et la municipalité a ouvert une « maison du projet », au pied des tours, pour consulter la population. Une première journée portes ouvertes y était prévue le 9 octobre. Mais, pour l’heure, on ne s’y presse pas. Au café du centre commercial qui fait face à Grigny 2, la plupart des habitués habitent là. Ousmane (le prénom a été modifié) y vit depuis plusieurs années, avec « (s)a femme et (s)es trois enfants ». Il assure débourser 650 euros par mois pour un trois-pièces insalubre – sans bail, évidemment. Mais il craint de signaler sa situation, et envisage encore moins de se rendre à la « maison du projet ». Pour Philippe Rio, « c’est difficile d’être au courant des abus, il y a une omerta, cela passe souvent par une dénonciation. » Mais, pour améliorer la vie des habitants, il faut se battre et obtenir un engagement de l’État : en mars, ce dernier a annoncé le rachat de 1 320 logements sur les 5 000 de l’ensemble : 920 sont voués à la démolition et 400 passeront en logement social.

La « porte d’entrée » du  CCAS

À quelques encablures de là, voici l’épicerie solidaire : gérée par le centre communal d’action sociale (Ccas) et baptisée «l’Intermède», elle ouvre ses portes deux fois par semaine. Quelques mamans sont déjà devant la porte à l’heure de l’ouverture, elles viennent chercher les produits de première nécessité : l’alimentation bien entendu, mais également des produits d’hygiène. Saida Makni et Sylvie Bonard s’y affairent et la gèrent depuis respectivement « 2001 et 2002 ». « Eh oui, on a beaucoup de monde, précise Saida, c’est la ville la plus pauvre de France, alors… » Les deux femmes ne s’économisent pas pour venir en aide aux Grignois : « L’objectif, c’est de répondre à leurs besoins, mais aussi d’être une porte d’entrée pour un accompagnement social. Au départ, les familles ont envie de s’en sortir toutes seules, elles ont leur dignité, et elles viennent souvent en situation d’urgence. » L’épicerie est donc conçue comme « un outil pour le Ccas », assure Sylvie, en bonne coordination avec tous les acteurs sociaux. Que ce soit pour un impayé d’électricité, l’impossibilité d’avoir accès à des aliments de qualité, ou même « un lien social pour les personnes isolées ».

En lien avec l’association les Mamas de Grigny, qui structure les vendeuses de plats africains à la sortie du RER, l’épicerie met à disposition les cuisines pour élaborer des repas qui sont ensuite distribués aux familles qui n’ont pas de cuisine. Et d’autres idées germent : un restaurant solidaire, ou bien, la dernière action mise en place, la lutte contre la précarité menstruelle. En lien avec la PMI et les établissements scolaires, femmes et jeunes filles peuvent se fournir gratuitement en produits d’hygiène féminine. « Parfois, pour les jeunes filles d’ici, il faut choisir entre manger et acheter des serviettes hygiéniques », déplore Saida Makni. D’autant que ces problèmes ont un « impact sur toute leur vie, l’école, le travail, le sport… » précise-t-elle. Des distributeurs sont mis en place dans la ville, et les premiers retours sont « très positifs », assurent Saida et Sylvie.

En partant de l’épicerie, on se dit qu’à Grigny, si c’est le maire qui a été nommé meilleur maire du monde, c’est aussi grâce à ces centaines d’habitants qui chaque jour se battent pour que la vie y soit meilleure. Et que cette récompense est bien celle de la solidarité.

Quatre ans après l’Appel de Grigny, les solutions venues du terrain

Aller de l’avant, toujours. Améliorer la vie des citoyens, sans s’apitoyer, en cherchant et en trouvant des solutions. Il y a quatre ans, les maires de Grigny, Roubaix, Chanteloup-les-Vignes, Garges-lès-Gonesse ou bien Allonnes, vite rejoints par d’autres, lançaient l’Appel de Grigny. C’était le 16 octobre 2017, en réaction notamment aux baisses des crédits alloués aux communes et à la politique de la ville, ainsi qu’à la suppression des contrats aidés, les élus de banlieue populaire sont toujours mobilisés pour défendre leur ville et leurs habitants. Et cette mobilisation a permis d’arracher aux gouvernements quelques avancées notables, en matière de renouvellement urbain, de soutien de l’État en matière de sécurité, d’accès aux services publics, aux sports ou à la culture, ou bien encore les cités éducatives, déjà développées dans 126 villes.

En janvier dernier, le maire de Grigny, Philippe Rio, accueillait plusieurs ministres, dont le premier d’entre eux, Jean Castex, pour rappeler au gouvernement que les communes de banlieue populaires devaient elles aussi prendre toute leur part dans le plan de relance. 3,3 milliards d’euros avaient ainsi été obtenus. Dans la foulée, les 200 élus lançaient le Conseil national des solutions, qui se réunit précisément ce 16 octobre à Paris-Bercy. Son ambition : « apporter des réponses concrètes aux problèmes des Français ». Avec des propositions immédiatement applicables, réparties en cinq thèmes : culture, écologie, transition digitale, solidarités et sport. C’est ce dernier thème qui est mis en avant ce 16 octobre, à l’occasion du Paris Grand Slam, afin de mettre « le sport au service de la République ».

Plusieurs projets ont déjà émergé, notamment celui des « cités olympiques », sur le modèle des cités éducatives : formation des éducateurs, sport à l’école, équipements sportifs publics, inclusion par le sport. Autant de mesures concrètes, alors que se profilent déjà les jeux Olympiques et Paralympiques de 2024, qui peuvent être un accélérateur pour les politiques publiques sportives. Exemple : en partenariat avec la Fédération française de judo, un programme de construction de 1 000 dojos solidaires sera présenté. Pour que tous les Français aient accès aux activités émancipatrices : c’est l’essence, quatre ans après, du travail engagé par les élus locaux et l’Appel de Grigny. De premiers pas qui en appellent d’autres pour changer la vie dans les quartiers populaires.