Dans les conversations secrètes entre Némésis et des néonazis pour agresser des militants de gauche à Lyon

À Lyon, dans des échanges internes datant de l’automne dernier, que l’Humanité dévoile aujourd’hui, les fémonationalistes et d’autres groupuscules d’extrême droite planifiaient, en toute décontraction, de véritables traquenards visant à attirer les militants antifascistes dans des guet-apens.

Ces conversations consultées par l’Humanité éclairent les buts cachés derrière les actions mises en scène régulièrement par les membres du collectif fémonationaliste Némésis. 

Ce mardi-là, vers midi, Némésis planifie sa séquence hebdomadaire d’agit-prop à Lyon, qui pourra, comme de coutume, alimenter les réseaux sociaux. Nous sommes le 14 octobre 2025. La semaine précédente, quelques-unes de ses militantes ont fait un tractage sur le campus Carnot de l’université catholique de Lyon (Ucly) et, satisfaites, elles envisagent d’y retourner le soir même. Sur un canal sécurisé, une cadre du mouvement fémonationaliste local, désignée sous le nom d’Ornella, fait le point avec ses complices. Continuer la lecture de Dans les conversations secrètes entre Némésis et des néonazis pour agresser des militants de gauche à Lyon

Nos nazis font l’aller retour vers l’Ukraine…

Didier Gosselin

Quand on dit qu’il y a une filière néonazie européenne, qui essaime en Ukraine et ailleurs, intégrée à l’armée de Zelensky, les esprits forts, antirusses, ironisent sur les plateaux, disent que c’est exagéré et les députés votent crédits militaires sur crédits militaires pour permettre aux ukrainiens de mener la guerre occidentale par procuration contre la Russie. La France a déboursé un total de 8,6 milliards d’euros pour soutenir l’Ukraine, entre le 24 février 2022 et le 31 décembre 2024. La Russie, où on ne risque pas de trouver la moindre tracé d’un néonazi, a entre autres choses (neutralité de l’Ukraine, pas de bases de l’Otan, protection des populations russophones du Donbass…) posé la nécessité de la dénazification de l’Ukraine, et elle s’en occupe. Ici, en France et en Europe de l’ouest, on laisse se développer les mouvements néonazis tranquillement, et des loustics comme ceux évoqués dans cet article partir sur le front ukrainien ou arménien…

L’encre Libre
Condamné en appel mais toujours debout : qui est vraiment Marc de Cacqueray-Valménier, le chef du GUD que la justice ne parvient pas à arrêter ?

 

Il se présentait à l’audience avec un petit pull bien sage, des chaussures de ville, deux avocats ténors du barreau parisien, et son épouse enceinte à ses côtés. La mise en scène était parfaite, calculée pour inspirer la clémence. Elle n’a pas fonctionné. Ce jeudi 19 février 2026, la Cour d’appel de Paris a confirmé la condamnation de Marc de Cacqueray-Valménier à 18 mois d’emprisonnement, dont neuf avec sursis probatoire pendant deux ans. Un verdict qui aurait dû faire l’effet d’un coup de tonnerre dans l’opinion. Il n’en fut rien. Continuer la lecture de Nos nazis font l’aller retour vers l’Ukraine…

Mort de Quentin Deranque : malgré les déclarations du RN, la majorité des crimes politiques sont le fait de l’extrême droite

L’instrumentalisation de la mort du militant nationaliste Quentin Deranque participe à une réécriture de l’histoire de la violence politique en France. Les chiffres et archives montrent pourtant que la majorité des meurtres à caractère idéologique sont le fait de l’extrême droite.

Une fresque en mémoire d’Aboubakar Cissé, tué dans une mosquée de La Grand-Combe par un raciste.
© Dragan Lekic/Hans Lucas

Quand il consiste à compter des morts, l’exercice de la statistique est d’une froideur affreuse. Mais il s’avère en certaines circonstances nécessaire pour saisir la réalité des faits dans un climat politique délétère. Depuis le 14 février, la mort tragique du militant d’extrême droite Quentin Deranque, lors d’un affrontement avec des antifascistes à Lyon, fait l’objet d’une instrumentalisation effrénée. Laquelle donne lieu à une réécriture de l’histoire de la violence politique en France.

« La violence d’extrême droite est dérisoire, ça n’existe pas statistiquement, a ainsi osé affirmer Marion Maréchal sur BFM TV, le 17 février. La seule violence qui est structurelle, massive, systématique est d’extrême gauche. »

Les chiffres et les archives disent tout le contraire. En France, selon la contribution de Nicolas Lebourg, historien, à l’ouvrage de référence Violences politiques en France (les Presses de Sciences Po, 2021), sur 53 morts attribuées à des militants politiques entre 1986 et 2014, 5 impliquent des militants de gauche (dont 4 pour le seul groupe Action directe) et 48 incombent à l’extrême droite.

L’extrême droite tue parce qu’elle est raciste, antisémite, homophobe, antiféministe

Et derrière les chiffres, il y a des profils. Les assassinats perpétrés par le groupe Action directe ont visé des représentants de l’appareil d’État, des figures du patronat. Les crimes commis par l’extrême droite sont, eux, motivés par le rejet de « l’autre », assigné à une identité essentialisée. Bref, l’extrême droite tue parce qu’elle est raciste, antisémite, homophobe, antiféministe.

« Depuis une dizaine d’années, il y a eu une forme de dissociation entre le Rassemblement national, qui s’est institutionnalisé, et les milices d’extrême droite violentes. Elle n’a pas donné lieu à un arrêt des violences, au contraire, elles s’intensifient, avec une stratégie de quadrillage du territoire », analyse Arié Alimi, avocat et membre de la Ligue des droits de l’homme (LDH).

Entre 2022 à 2026, douze homicides impliquent l’extrême droite, dont cinq pour la seule année 2022. Dans son livre les Tueurs d’extrême droite, le journaliste Paul Conge (éditions du Rocher, 2025) inscrit cette acmé de violence meurtrière dans le contexte d’une « campagne présidentielle marquée par la montée en puissance de Marine Le Pen et Éric Zemmour ». Celle-ci a contribué, selon lui, à galvaniser des « tueurs radicalisés ».

Les victimes : le rugbyman argentin Federico Martin Aramburu, tué par l’ex-militant du GUD Loïk Le Priol, pour s’être interposé au cours d’une agression raciste ; Éric Casado Lopez, abattu par le complotiste antisémite Martial Lenoir ; les Kurdes Mir Perwer, Abdurrahman Kizil et Emine Kara, assassinés par William Malet, fanatique de Jean-Marie Le Pen et d’Éric Zemmour.

« Auparavant, il y avait une séparation entre les orientations politiques des différents groupuscules d’extrême droite. Maintenant, elles ont fusionné, formant un magma qui est en train de forger l’extrême droite violente à venir », estime l’avocat.

Peu d’émoi et une justice lente pour les victimes de l’extrême droite

Ces douze meurtres en à peine quatre ans ont suscité peu d’émoi sur la scène politique. Alors qu’une minute de silence a été unanimement respectée à l’Assemblée pour Quentin Deranque, les macronistes et le RN s’étaient ainsi opposés à celle proposée par la gauche pour Aboubakar Cissé, poignardé de 57 coups de couteau dans la mosquée de La Grand-Combe (Gard) le 25 avril 2025.

Certains homicides passent aussi sous les radars médiatiques. « Malheureusement, cela relève de la tradition française, de l’habituation et peut-être d’une indifférence aux actes violents ou criminels de l’extrême droite française », observe Arié Alimi.

Et pour bien des crimes commis en raison de l’origine ou de la religion de la victime, la justice a choisi de ne pas retenir le motif raciste comme circonstance aggravante. C’est le cas dans l’affaire Djamel Bendjaballah, cet éducateur de 43 ans tué le 31 août 2025 près de Dunkerque par Jérôme D., pilier de la Brigade française patriote, un groupuscule d’ultradroite. De multiples plaintes pour « injure non publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion » avaient pourtant été déposées par la victime. Toutes classées sans suite.

Ces crimes meurtriers s’inscrivent tous dans un continuum de violences politiques rarement pris au sérieux. À Lyon, selon Rue 89, sur 102 attaques, agressions et actes haineux documentés et attribués aux groupuscules d’extrême droite entre 2010 et 2025, 70 % sont restés impunis.

Extrême droite radicale et chef d’entreprise, Axel Loustau poursuivi pour plusieurs entraves aux droits syndicaux

Ancien du GUD, ce proche de Marine Le Pen est accusé d’avoir organisé des élections professionnelles « factices » dans son entreprise Astoria Sécurité. Un procès était organisé mercredi 18 février, à Paris.

Axel Loustau, au tribunal de Paris, lors du procès sur le financement des campagnes du Front National, le 6 novembre 2019. © Patrice Pierrot/ABACAPRESS.COM

La carrure est imposante, le costume ajusté. C’est pourtant un homme d’affaires dans ses petits souliers qui s’est présenté, mercredi 18 février, devant la 31e chambre correctionnelle du Tribunal judiciaire de Paris. Le militant d’extrême droite Axel Loustau, 55 ans, fondateur et dirigeant de la société Astoria Sécurité, y était poursuivi pour quatre « entraves » au droit syndical, des infractions rarement débattues dans le cadre d’un procès. Continuer la lecture de Extrême droite radicale et chef d’entreprise, Axel Loustau poursuivi pour plusieurs entraves aux droits syndicaux

Mort de Quentin Deranque : face à la violence, organiser le débat et l’action démocratiques

Publié le 19 février 2026

Le Parti communiste français exprime de nouveau sa plus vive émotion après la mort de Quentin Deranque survenue à Lyon à la suite de violences inadmissibles et d’un lynchage odieux qui a coûté la vie à cet homme en marge d’une conférence à Sciences-Po. Toute justification ou relativisation de ce crime abject, au regard des idées ou actes de la victime, est inacceptable.

C’est à la justice d’identifier et de condamner sévèrement ses responsables, son travail devant être scrupuleusement respecté, loin de toute conclusion hâtive et de toute récupération partisane. Continuer la lecture de Mort de Quentin Deranque : face à la violence, organiser le débat et l’action démocratiques

Mort de Leïla Shahid, ancienne déléguée générale de la Palestine en France

Déléguée générale de Palestine en France puis auprès de l’Union européenne, elle incarnait la lutte d’un peuple pour son autodétermination. Elle était une grande amie de « l’Humanité ». Elle est décédée le 18 février dans le Gard. Elle avait 76 ans.

Karama. Dignité en arabe. À lui seul il dit Leïla Shahid qui, le 18 février au matin, nous a quittés. Dignité parce que cette grande dame, infatigable combattante et diplomate palestinienne, a toujours préféré affronter que subir, la vie comme la mort. À l’unisson de son peuple, elle était une résistante. Continuer la lecture de Mort de Leïla Shahid, ancienne déléguée générale de la Palestine en France

« Une seule peur, que la porte ne cède » : à Lyon, la stratégie de terreur des identitaires contre la gauche

L’affrontement ayant conduit à la mort de Quentin Deranque ne doit pas occulter l’implantation des groupuscules d’extrême droite à Lyon. Laboratoire des idées xénophobes, la capitale des Gaules est régulièrement le théâtre d’attaques à l’encontre des militants de gauche et progressistes.

Le contrôle de la rue fait partie de la stratégie de terreur des groupuscules lyonnais. ©PHOTOPQR/LE PROGRES/Maxime JEGAT

Lyon, envoyé spécial.

« Excusez-moi d’être méfiant, mais avez-vous une preuve d’appartenir à l’Humanité ? » Depuis le jeudi 12 février et la mort du militant nationaliste Quentin Deranque, en marge d’une action des fémonationalistes de Némésis contre la venue de l’eurodéputée Rima Hassan, les étudiants de l’Institut d’études politiques (IEP) de Lyon redoublent de vigilance. « Un groupe Signal (une messagerie cryptée, NDLR) s’est fait pirater et des personnes ont tendu des guets-apens », confie l’un d’entre eux.

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« Bolloré a infusé la haine raciale dans l’espace public », alerte l’historien du journalisme Alexis Lévrier

Le réseau des Relay, arme de distribution massive dont s’est emparé le milliardaire d’extrême droite, lui offre champ libre pour distiller ses idées dans la vie quotidienne des Français, estime l’historien Alexis Lévrier.

« Ce qui est frappant dans le cas de l’empire Bolloré, c’est qu’il y a des concentrations à la fois horizontales et verticales. Les activités sont complémentaires les unes des autres : un empire de presse, un empire d’édition et, avec Relay, un empire de distribution », analyse l’historien.
© Corre S/Alpaca/Andia.fr

Devenus une vitrine pour les auteurs de la bollosphère, les Relay sont le reflet du caractère cohérent de l’offensive réactionnaire menée par le milliardaire breton, à la tête de Lagardère, affirme Alexis Lévrier. Le spécialiste de l’histoire du journalisme déplore « l’étrange défaite » politique qui a conduit cet empire médiatique à avoir le champ libre dans sa guerre idéologique. Au risque d’un effondrement démocratique. Continuer la lecture de « Bolloré a infusé la haine raciale dans l’espace public », alerte l’historien du journalisme Alexis Lévrier

Interdiction de chanter « Les Mains d’or » dans l’Allier : « je vais tout faire pour venir les soutenir », promet Bernard Lavilliers

Des écoliers se sont vus interdire de chanter la chanson emblématique de Bernard Lavilliers en soutien aux salariés de l’usine d’Erasteel à Commentry, dans l’Allier, menacée de fermeture. L’artiste réagit.

« J’ai été souvent dans les cours d’usine pour chanter. Ça me touche d’autant plus que je connais vraiment les 3-8, le métier, et ce que ça représente. Et l’honneur aussi de ces ouvriers-là. « Les Mains d’or », c’était une façon de les honorer », répond le chanteur.
© Rémy PERRIN/LE PROGRES/MAXPPP

« Les Mains d’or » interdite aux enfants de Commentry (Allier) ? L’éducation nationale a osé, et devant l’émotion a été obligé de nuancer sa position.

Lire aussi: Chanter « Les Mains d’or » : une atteinte à la laïcité?

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Municipales 2026: Tu seras féministe, ma ville ! + Video

Les élections municipales (15 et 22 mars 2026) sont l’occasion pour les 35 000 maires et mairesses de France de mettre en avant les enjeux de genre à l’échelle de leur commune. Dans un contexte de restrictions budgétaires pour les acteur·ices de la lutte contre les violences faites aux femmes, des villes expérimentent ce à quoi pourrait ressembler une politique féministe. 
Crédit de l’image : Calypso Breon

Retrouvez cet article dans la revue La Déferlante n°21 Obtenir justice, parue en février 2026. Consultez le sommaire

Des vulves et des clitoris en peluche, des flyers colorés disposés sur des tables, un drapeau arc-en-ciel au mur, des éclats de rire : ce 28 juin 2025, l’ambiance est à la fête au Planning familial de Loire-Atlantique, à Nantes. Salariées et bénévoles de l’association inaugurent leur nouveau local. Une éclaircie dans l’actualité sombre de la structure, dont les subventions promises par la région Pays de la Loire pour 2025, 2026, 2027 et 2028 ont été annulées. Grâce au soutien financier de la ville, dirigée depuis 2020 par la socialiste Johanna Rolland, le Planning a pu acheter les murs dans lesquels il s’installe. Un moyen « de ne pas craindre la perte de [son] local si la mairie change de couleur politique », explique l’ex-directrice de l’association Bérengère Tessé. Continuer la lecture de Municipales 2026: Tu seras féministe, ma ville ! + Video