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Mais encore….

Catégorie : Culture

États-Unis : l’Afro-Américain Eric Adams, ex-policier, élu maire de New York in Sud Ouest

États-Unis : l’Afro-Américain Eric Adams, ex-policier, élu maire de New York in Sud Ouest

États-Unis : l’Afro-Américain Eric Adams, ex-policier, élu maire de New York

 

Le démocrate Eric Adams célèbre sa victoire dans un hôtel de Brooklyn © Crédit photo : ANGELA WEISS / AFP
Eric Adams, ex-policier et militant antiraciste de 61 ans, est seulement de second maire afro-américain de l’histoire de la ville, au terme d’un parcours hors du commun

Il est seulement le second maire afro-américain de l’histoire de New York : l’ancien policier et militant antiraciste Eric Adams a remporté ce mardi 2 novembre haut la main la mairie de la mégapole américaine, un parcours hors du commun pour cet enfant d’une famille pauvre qui avait flirté avec la criminalité.

L’élu démocrate de 61 ans a écrasé comme prévu son rival républicain Curtis Sliwa, 67 ans, selon des résultats préliminaires du bureau des élections de la ville. Eric Adams a ainsi raflé 67 % des suffrages exprimés contre environ 27 % pour Curtis Sliwa, dans une ville classée à gauche mais où les inégalités économiques et sociales entre différentes communautés sont extrêmement marquées. Continuer la lecture de États-Unis : l’Afro-Américain Eric Adams, ex-policier, élu maire de New York in Sud Ouest

Publié le 4 novembre 2021Auteur DémocriteCatégories Culture, Le monde et nous, Presse et MédiasMots-clés actualité, Culture, Democratie, Education, Egalité, Histoire, monde, RacismeLaisser un commentaire sur États-Unis : l’Afro-Américain Eric Adams, ex-policier, élu maire de New York in Sud Ouest
Plus de 80 % des Français ne tolèrent pas les discriminations

Plus de 80 % des Français ne tolèrent pas les discriminations

Dans la fonction publique territoriale, une femme de ménage extracommunautaire aura une retraite moitié moins élevée qu’un employé français au même poste. Stéphane Audras/READans la fonction publique territoriale, une femme de ménage extracommunautaire aura une retraite moitié moins élevée qu’un employé français au même

 
Eugénie Barbezat

La lutte pour l’égalité, quelle que soit l’origine ou la religion, était au cœur des universités européennes de la Fédération des Maisons des potes, qui publie ce mardi son baromètre sur la lutte contre les discriminations.

Origine, nationalité, couleur de peau, religion : autant de critères qui justifient trop souvent un inégal accès à l’emploi ou au logement, des carrières bloquées, des retraites amputées.

À ces pratiques discriminatoires illégales, les Français disent massivement non, révèle un sondage Harris pour la Maison des potes, publié aujourd’hui ; 86 % des Français se déclarent favorables au renforcement des sanctions contre les employeurs coupables de discrimination à l’égard de l’origine, de la nationalité, de la couleur de peau ou de la religion, et 85 % souhaitent que la même rémunération et la même retraite soient garanties à toutes les personnes exerçant le même travail. « Ces résultats vont à l’encontre de ce qui est mis en valeur dans certains médias et des propos de nombre d’éditorialistes et de personnalités politiques, note Samuel Thomas, le délégué général des Maisons des potes. Pourtant, ils ne font que confirmer ce qui apparaissait déjà dans nos précédentes études. » Continuer la lecture de Plus de 80 % des Français ne tolèrent pas les discriminations

Publié le 3 novembre 20213 novembre 2021Auteur DémocriteCatégories Calendrier pour AGIR, CODEX82, Combattre le RN/FN, Culture, En Macronie, Le PCF, Mots d'Humeur, Réflexions et Propositions, Sur nos territoiresMots-clés actualité, Citoyen-ne, Culture, Democratie, Droite extrème, Economie, Egalité, Emploi, Fachosphère, FN/RN, Justice, Migration, PCF, Racisme, République, Utile et PratiqueLaisser un commentaire sur Plus de 80 % des Français ne tolèrent pas les discriminations
L’écologie sans la lutte des classes c’est du jardinage (Vidéo)

L’écologie sans la lutte des classes c’est du jardinage (Vidéo)

A diffuser massivement!

Publié le 2 novembre 2021Auteur DémocriteCatégories Calendrier pour AGIR, Culture, Demain reste à construire, Education, Elus(es) en direct, Mots d'Humeur, Photos de Campagne, Réflexions et Propositions, Sur nos territoires, Utile & pratiqueMots-clés actualité, Citoyen-ne, Conso'acteur, Democratie, Droit social, Ecologie, Egalité, Elections, Emploi, Energie, entreprise, Justice, PCF, rassemblement, Services Publics, Utile et PratiqueLaisser un commentaire sur L’écologie sans la lutte des classes c’est du jardinage (Vidéo)
Politique. Pourquoi la gauche doit-elle se ressaisir face au confusionnisme ambiant ?

Politique. Pourquoi la gauche doit-elle se ressaisir face au confusionnisme ambiant ?

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Latifa Madani

Rappel des faits Brouillage des repères de l’extrême droite jusqu’à la gauche, le confusionnisme est en train de s’installer. Pourquoi est-ce dangereux ?

Le feu au lac : le confusionnisme comme appui de l’extrême droitisation

Philippe Corcuff — WikipédiaPhilippe Corcuff Maître de conférences de science politique, Sciences-Po Lyon

Il y a le feu au lac et peu s’en rendent suffisamment compte à gauche ! Une gauche éparpillée « façon puzzle » et la notion même de « gauche » en crise. La possibilité qu’un candidat « postfasciste », plus à droite que Marine Le Pen mais potentiellement soutenu par des secteurs de la droite, devienne chef de l’État en avril. Un Trump, mais avec davantage de pouvoirs. La dynamique d’extrême droitisation idéologique dans les espaces publics, associant xénophobie, sexisme et homophobie dans un cadre nationaliste, a commencé en France dès le milieu des années 2000. Et le nez dans le guidon, nous l’avons peu perçue à gauche.

Or, Éric Zemmour en a été une des figures principales avant d’en devenir l’agent électoral. Continuer la lecture de Politique. Pourquoi la gauche doit-elle se ressaisir face au confusionnisme ambiant ?

Publié le 2 novembre 2021Auteur DémocriteCatégories Culture, Elections, En Macronie, Le monde et nous, Le PCF, Mots d'Humeur, Photos de Campagne, Polémiques, Presse et Médias, Réflexions et Propositions, Sante, Sur nos territoires, Utile & pratiqueMots-clés actualité, Citoyen-ne, Democratie, Droite extrème, Economie, Education, Egalité, Elections, Fachosphère, Histoire, Mémoire, PCF, rassemblement, République, Utile et PratiqueLaisser un commentaire sur Politique. Pourquoi la gauche doit-elle se ressaisir face au confusionnisme ambiant ?
Il n’y a pas de solitude inexpugnable : ainsi fut le discours de Pablo Neruda lors de la remise du Nobel….

Il n’y a pas de solitude inexpugnable : ainsi fut le discours de Pablo Neruda lors de la remise du Nobel….

ParDanielle Bleitrach

 

On sait aujourd’hui le contexte de ce Nobel et comment Neruda a mené une véritable campagne pour l’obtenir, non pour sa gloire personnelle mais pour le soutien politique à son camarade Allende alors que les Etats-Unis menaient campagne contre cette attribution, comme encore aujourd’hui ils prétendent contrôler le Nobel et la reconnaissance internationale culturelle. Le discours qui rappelle le contexte de l’exil auquel a été contraint Neruda, le poète mais la relation entre poésie et combat politique d’un communiste va encore plus loin, elle revendique la simplicité du geste qui nourrit et le chamanisme qui enfonce ses racines dans la nature et la conscience d’être des hommes, la solitude et la communauté et comme Aragon, il peut alors dire qu’il n’a jamais appris à écrire. Un dernier mot souvent sous le titre de discours au nobel de Neruda on trouve un poème qui lui est attribué et il débute par “il n’a pas vécu celui…”, chaque fois je proteste parce que le dit poème est le contraire de ce que dit Neruda, il fait partie de ces posts prétentieux des réseaux sociaux, de ces pseudos envols de l’âme et citations qui éloignent de la culture et de la poésie, en font un lieu de maxime pour “le bien vivre”, la seule place qui leur convienne est la porte des toilettes. Lisez donc ce véritable discours de Neruda comme un antidote à la médiocrité de notre temps sur le plan politique comme sur le plan de l’écriture, il y manque le silence, le geste et la parole du peuple, je me plains de ce qu’on ose faire des êtres humains et de la poésie, de l’être Aragon. (note et traduction de Danielle Bleitrach) .
Pablo Neruda lors de la remise du prix Nobel de littérature en 1971.

Le 21 octobre 1971, il a été annoncé que le prix Nobel de littérature reviendrait cette année-là à Pablo Neruda. Quelque temps plus tard, le 10 décembre, le poète était en Suède pour le recevoir. Dans son discours, il raconte l’histoire de sa fuite en Argentine, en 1949, pour fuir la persécution et fait une réflexion sincère sur la poésie. Ceci est le texte intégral. Continuer la lecture de Il n’y a pas de solitude inexpugnable : ainsi fut le discours de Pablo Neruda lors de la remise du Nobel….

Publié le 26 octobre 202126 octobre 2021Auteur DémocriteCatégories Archives, Culture, Education, Le monde et nousMots-clés Culture, Democratie, Ecole, Education, Histoire, Justice, Mémoire, monde, Utile et PratiqueLaisser un commentaire sur Il n’y a pas de solitude inexpugnable : ainsi fut le discours de Pablo Neruda lors de la remise du Nobel….
Harcèlement scolaire. « Les solutions ne peuvent être que collectives »

Harcèlement scolaire. « Les solutions ne peuvent être que collectives »

Mulhouse (Haut-Rhin), le 24 octobre. Marche blanche en mémoire de Dinah. Victime de harcèlement, cette adolescente de 14 ans s’est donné la mort le 5 octobre. © Frédéric Florin/AFP
Nadège Dubessay

Pour Éric Debarbieux, pédagogue spécialiste de la violence à l’école, la lutte contre le harcèlement nécessite une prise en charge globale de l’acceptation de l’autre qui dépasse le milieu scolaire.

Plus de 1 400 personnes ont défilé, dimanche 24 octobre, à Mulhouse (Haut-Rhin) pour rendre hommage à Dinah, l’adolescente de 14 ans qui s’est suicidée le 5 octobre. Depuis deux ans, elle était victime de harcèlement en raison de son origine ethnique et de son orientation sexuelle. Éric Debarbieux, philosophe et professeur en sciences de l’éducation, réagit.

Comment de tels drames peuvent-ils encore avoir lieu ?

Éric Debarbieux Philosophe et professeur en sciences de l’éducation

Éric Debarbieux On aurait certainement pu faire autrement. Les cellules d’écoute ne sont pas suffisantes. La prise en compte collective dans les établissements scolaires, la formation ne sont pas à la hauteur, même si les choses ont progressé. Mais on le sait : dans la plupart des cas les plus sévères, aucun programme magique de peut résoudre le problème.

Les programmes nationaux de lutte contre le harcèlement ne seraient donc pas efficaces ? Continuer la lecture de Harcèlement scolaire. « Les solutions ne peuvent être que collectives »

Publié le 26 octobre 2021Auteur DémocriteCatégories Calendrier pour AGIR, Culture, Demain reste à construire, Dérapages, Education, En Macronie, Le monde et nous, Mots d'Humeur, Polémiques, Presse et Médias, Réflexions et Propositions, Sur nos territoires, Utile & pratiqueMots-clés actualité, Citoyen-ne, Culture, Democratie, Derapages, Ecole, Education, Egalité, Jeunesse, Justice, Laicité, République, Santé, Services Publics, Utile et Pratique, ViolencesLaisser un commentaire sur Harcèlement scolaire. « Les solutions ne peuvent être que collectives »
Écosystèmes. Le double effet clim et couette des forêts

Écosystèmes. Le double effet clim et couette des forêts

Les résultats montrent que les températures estivales maximales dans les forêts sont en moyenne de 2 °C plus froides que leur environnement. © Getty Images/iStockphoto
Marine Cygler

Dans la forêt, règne un microclimat : plus frais l’été, moins froid l’hiver. Un microclimat qui pour l’instant tempère le réchauffement du macroclimat.

Se promener en forêt dans la chaleur de l’été permet de se rafraîchir. Ce que l’on sait moins, c’est qu’il fait aussi moins froid l’hiver dans une forêt que dans une zone dépourvue d’arbres. C’est ce qu’on appelle l’effet tampon ou isolant. Grâce à un réseau de plus de 1 200 capteurs répartis dans les forêts européennes, une équipe de recherche internationale s’est attelée à en établir pour la première fois une cartographie climatique montrant la différence de température entre la forêt et ses environs. Continuer la lecture de Écosystèmes. Le double effet clim et couette des forêts

Publié le 25 octobre 2021Auteur DémocriteCatégories Calendrier pour AGIR, Culture, Le monde et nous, Mots d'Humeur, Photos de Campagne, Presse et Médias, Réflexions et Propositions, Sante, Sur nos territoires, Utile & pratiqueMots-clés actualité, agriculture, Citoyen-ne, Conso'acteur, Culture, Democratie, Ecologie, Economie, Education, Egalité, Emploi, Energie, Entretien, Justice, République, Santé, Utile et PratiqueLaisser un commentaire sur Écosystèmes. Le double effet clim et couette des forêts
Squid Game : pas de gagnant sous le capitalisme

Squid Game : pas de gagnant sous le capitalisme

Danielle Bleitrach

Donc dans les pays “émergents” on se tue à la tâche pour récupérer le différentiel de productivité avec les pays à plus forte capitalisation et par là, d’une productivité bien supérieure. Les “tigres”, les “dragons”, les jaguars” autoproclamés du tiers-monde deviennent des enfers sur terre pour ceux qui travaillent 60 heures par semaine en moyenne ou bien plus, n’ont presque pas de vacances, etc. et qui ne jouissent jamais d’un moment de tranquillité et doivent bourrer les crânes de leurs enfants pour conserver une position sociale très précaire car soumise à une concurrence de la force de travail, impitoyable.

Pour survivre dans cette jungle, ils s’endettent et avalent force stimulants et calmants alternativement afin de tenir “le rythme de travail” et voient passer toutes leurs “vies” au service des patrons. Le pays reste quand même dépendant des puissances technologiques impérialistes et tout sorte d’effets malfaisants se développent “pour tenir”. Continuer la lecture de Squid Game : pas de gagnant sous le capitalisme

Publié le 21 octobre 2021Auteur DémocriteCatégories Culture, Demain reste à construire, Le monde et nous, Mots d'Humeur, Photos de Campagne, Polémiques, Presse et Médias, Réflexions et Propositions, Utile & pratiqueMots-clés actualité, Arts, Citoyen-ne, Conso'acteur, Culture, Democratie, Derapages, Droit social, Economie, Egalité, Emploi, Fachosphère, Justice, monde, TravailLaisser un commentaire sur Squid Game : pas de gagnant sous le capitalisme
Affaire Pegasus. Le Maroc attaque l’Humanité en justice

Affaire Pegasus. Le Maroc attaque l’Humanité en justice

Lina Sankari

Cible du logiciel espion Pegasus, notre journal est aujourd’hui convoqué pour diffamation et organise une soirée pour la liberté d’informer, le 25 octobre.

Bienvenue dans le 21 e arrondissement de Paris, l’annexe orientaliste de l’entre-soi. C’est à l’ombre des grenadiers du jardin d’inspiration arabo-andalouse, à la fraîcheur des fontaines de l’hôtel Royal Mansour, qu’anciens présidents de la République et ministres en exercice entretiennent leurs réseaux, à l’invitation de Sa Majesté Mohammed VI. À Marrakech, personne ne déboursera les 35 000 euros nécessaires – majordome compris – au séjour dans le plus luxueux des 53 riads construit sur un ancien jardin public. Confidentialité assurée : tous sont accessibles depuis des tunnels souterrains qui « permettent au personnel d’œuvrer en toute discrétion, ajoutant au confort et à l’intimité de nos hôtes », précise l’hôtel. Seulement, personne n’échappe aux moukhabarat 2.0, aux mouchards des services de renseignements marocains. Pas même le président Macron, qui aurait lui-même fait l’objet d’un espionnage ciblé.

Je soutiens l’huma

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Publié le 19 octobre 2021Auteur DémocriteCatégories Culture, En Macronie, ici on signe, on tracte, on soutient, Le monde et nous, Le PCF, Luttes et communiqués, Mots d'Humeur, Photos de Campagne, Polémiques, Presse et Médias, Réflexions et Propositions, Sur nos territoires, Utile & pratiqueMots-clés actualité, Citoyen-ne, Culture, Democratie, Derapages, Education, Histoire, Justice, monde, PCF, Presidentielle 2027, Presse, République, Utile et PratiqueLaisser un commentaire sur Affaire Pegasus. Le Maroc attaque l’Humanité en justice
À Grigny, « le meilleur maire du monde, c’est toute la ville ! »

À Grigny, « le meilleur maire du monde, c’est toute la ville ! »

« Les villes, les leaders locaux et les associations sont porteurs de solutions durables. Ils peuvent faire jaillir des solutions appliquées au niveau national comme nous l’avons fait pour les cités éducatives », indique Philippe Rio. © Nicolas Cleuet
Benjamin König

Autour de Philippe Rio, récompensé en septembre de ce titre honorifique, c’est toute une cité qui se bat au quotidien. Car si Grigny est la ville la plus pauvre de l’Hexagone, elle est aussi très jeune, et a beaucoup à offrir. Plongée loin des clichés avec ceux qui changent la vie de la cité et de ses habitants. Et auprès de ces communes qui font rempart à la crise.

Icon Quote Ces maires qui changent la vie à Grigny, Villejuif, Schiltigheim, Marseille, Nantes, Dieppe

« L’USG, c’est cool, c’est classe ! Passement de jambes dans la surface ! On n’est pas les derniers de la classe ! On est les champions de la place ! » Sur les terrains en synthétique du stade Jean-Miaud, juste en face du quartier de la Grande-Borne, 300 ou 400 gosses s’époumonent pour reprendre en chœur l’hymne du club local, l’Union sportive de Grigny (USG). Aujourd’hui, c’est un peu la rentrée après deux ans sans sport, et les quelque 200 parents se massent le long de la main courante pour voir les enfants recevoir leur équipement aux couleurs du club.

Lire aussi : Grigny. Et le meilleur maire au monde est… Philippe Rio !

Quand le maire, Philippe Rio, arrive, le président de la section football de l’USG, Demba Touré, prend un malin plaisir à le faire ovationner : « Un tonnerre d’applaudissements pour le meilleur maire du monde ! » crie-t-il dans le micro. Avant de préciser, quelques instants plus tard, en s’adressant aux jeunes, aux parents et aux éducateurs : « C’est une grande fierté de vous voir tous ici ; il y a dix ans, on mangeait des cailloux ! Mais c’est toute la ville qui est meilleure maire du monde ! »

Icon Quote Il y a dix ans, les terrains de foot étaient en terre, le club avait 200 licenciés. Aujourd’hui, « on a 1 000 gamins, et les filles sont déjà plus de 200. Demba Touré,  président de la section football de l’USG

À Grigny, la récompense qu’a reçue Philippe Rio au mois de septembre fait la fierté de la ville. Mais, surtout, elle consacre d’abord un travail collectif, celui de toutes celles et tous ceux qui se battent pour améliorer la vie des habitants. Et dans la ville la plus pauvre de France, il y a du boulot. Le foot en est en bon exemple : il y a dix ans, les terrains étaient en terre rouge, le club comptait moins de 200 licenciés. Aujourd’hui, « on a 1 000 gamins, et les filles sont déjà plus de 200 », décompte fièrement Demba Touré, qui précise que « l’important, c’est aussi le soutien scolaire, la distribution des colis pendant la crise du Covid… ».

Le chantier du Coeur de Ville République. Ce vaste projet urbain va reconnecter des quartiers et les relier à l’ensemble des équipements publics. Philippe Rio répète : « Le droit à la ville, c’est la priorité des priorités, et l’éducation, la mère des batailles.» © Nicolas Cleuet

Des équipements et de la compétence

Pour Philippe Rio, entouré de gamins intimidés à qui les parents enjoignent de « prendre une photo avec M’sieur l’maire », « c’est tout le potentiel de Grigny qui est là : sportif, mais surtout social ». C’est à Grigny qu’a vu le jour le Pass’Sport, qui permet de payer 50 euros maximum une licence sportive, une mesure reprise aujourd’hui par Emmanuel Macron. Avant d’aller voir les voisins du rugby, puis du basket, le maire donne sa petite recette pour le sport, qu’il considère comme un pilier du lien social : « Les équipements, et la compétence des éducateurs. » Après le foot, c’est le rugby qui a un nouveau terrain, et un « playground » de basket 3×3 a été inauguré cet été. En attendant la nouvelle piste d’athlétisme, qui portera le nom d’un gars du coin devenu champion du monde du 110 mètres haies : Ladji Doucouré.

Lire aussi : Vacances : comment Grigny prépare « une grande bouffée d’oxygène d’après confinement »

La veille, il a été également question de foot, lors d’une rencontre à la mairie : « Les mamans qui sont venues lors d’une réunion ont proposé un tournoi de foot interquartiers », précise Anne-Marie Laurent, la directrice des services. Mais, cette fois-ci, il s’agit d’un autre problème : le phénomène des rixes entre bande d’adolescents. « Il y a des tensions et, dans l’Essonne, il y a un contexte », détaille Philippe Rio, dans une allusion au drame récent de la mort d’une jeune fille de 14 ans dans la ville voisine de Dourdan. Changer la vie des citoyens, c’est aussi « se battre pour la prévention et la sécurité, c’est un sujet à part entière ici », poursuit-il, alors que Grigny réclame depuis des années l’ouverture d’un commissariat.

Marché à Grigny. © Nicolas Cleuet

Des « bataillons de la prévention »

Ce phénomène des rixes, « ce n’est pas nouveau, mais il évolue : on voit de plus en plus des collégiens ». Alors l’équipe municipale prend le sujet à bras-le-corps, avec des réunions avec les jeunes et les parents qui ont vocation à être pérennisées, et le volet prévention. Là encore, avec d’autres élus, Philippe Rio et son équipe se sont battus pour obtenir des « bataillons de la prévention », une avancée qui fait partie des mesures gouvernementales annoncées lors du dernier comité interministériel des villes, qui s’est tenu en janvier dernier à… Grigny. Aujourd’hui, il s’agit de travailler concrètement à son application et au recrutement de cinq médiateurs et éducateurs spécialisés pour la ville. « On joue le jeu avec la police municipale, mais elle doit être en lien avec la police nationale », estime Philippe Rio.

La ville poursuit au tribunal le marchand de sommeil de la seconde plus grande copropriété de France. « On en a déjà fait condamner 11, mais il y en a peut-être 50… C’est un monde invisible. »

Prochaine étape : le procès d’un marchand de sommeil de la seconde plus grande copropriété de France. Impossible de louper ces immenses immeubles qui s’élèvent à la sortie du RER : Grigny 2, c’est le résumé et le concentré de tous les maux de la ville. 104 bâtiments, 17 000 habitants répartis sur 27 « copros » très dégradées. En réalité, on ne sait pas exactement combien de personnes y habitent, tant Grigny 2 est la porte d’entrée pour les immigrés les plus pauvres débarquant en Île-de-France, avec son cortège de marchands de sommeil. En ce mardi 5 octobre, justement, Philippe Rio se rend au tribunal d’Évry. La mairie s’est portée partie civile. « On en a déjà fait condamner 11, mais il y en a peut-être 50… C’est un monde invisible », détaille-t-il, d’autant que ce sont des « pratiques qui touchent à la dignité humaine ».

Une grande opération de réhabilitation est en cours et la municipalité a ouvert une « maison du projet », au pied des tours, pour consulter la population. Une première journée portes ouvertes y était prévue le 9 octobre. Mais, pour l’heure, on ne s’y presse pas. Au café du centre commercial qui fait face à Grigny 2, la plupart des habitués habitent là. Ousmane (le prénom a été modifié) y vit depuis plusieurs années, avec « (s)a femme et (s)es trois enfants ». Il assure débourser 650 euros par mois pour un trois-pièces insalubre – sans bail, évidemment. Mais il craint de signaler sa situation, et envisage encore moins de se rendre à la « maison du projet ». Pour Philippe Rio, « c’est difficile d’être au courant des abus, il y a une omerta, cela passe souvent par une dénonciation. » Mais, pour améliorer la vie des habitants, il faut se battre et obtenir un engagement de l’État : en mars, ce dernier a annoncé le rachat de 1 320 logements sur les 5 000 de l’ensemble : 920 sont voués à la démolition et 400 passeront en logement social.

La « porte d’entrée » du  CCAS

À quelques encablures de là, voici l’épicerie solidaire : gérée par le centre communal d’action sociale (Ccas) et baptisée «l’Intermède», elle ouvre ses portes deux fois par semaine. Quelques mamans sont déjà devant la porte à l’heure de l’ouverture, elles viennent chercher les produits de première nécessité : l’alimentation bien entendu, mais également des produits d’hygiène. Saida Makni et Sylvie Bonard s’y affairent et la gèrent depuis respectivement « 2001 et 2002 ». « Eh oui, on a beaucoup de monde, précise Saida, c’est la ville la plus pauvre de France, alors… » Les deux femmes ne s’économisent pas pour venir en aide aux Grignois : « L’objectif, c’est de répondre à leurs besoins, mais aussi d’être une porte d’entrée pour un accompagnement social. Au départ, les familles ont envie de s’en sortir toutes seules, elles ont leur dignité, et elles viennent souvent en situation d’urgence. » L’épicerie est donc conçue comme « un outil pour le Ccas », assure Sylvie, en bonne coordination avec tous les acteurs sociaux. Que ce soit pour un impayé d’électricité, l’impossibilité d’avoir accès à des aliments de qualité, ou même « un lien social pour les personnes isolées ».

Lire aussi : Solidarité. Les « mamas » sortent enfin de l’ombre

En lien avec l’association les Mamas de Grigny, qui structure les vendeuses de plats africains à la sortie du RER, l’épicerie met à disposition les cuisines pour élaborer des repas qui sont ensuite distribués aux familles qui n’ont pas de cuisine. Et d’autres idées germent : un restaurant solidaire, ou bien, la dernière action mise en place, la lutte contre la précarité menstruelle. En lien avec la PMI et les établissements scolaires, femmes et jeunes filles peuvent se fournir gratuitement en produits d’hygiène féminine. « Parfois, pour les jeunes filles d’ici, il faut choisir entre manger et acheter des serviettes hygiéniques », déplore Saida Makni. D’autant que ces problèmes ont un « impact sur toute leur vie, l’école, le travail, le sport… » précise-t-elle. Des distributeurs sont mis en place dans la ville, et les premiers retours sont « très positifs », assurent Saida et Sylvie.

En partant de l’épicerie, on se dit qu’à Grigny, si c’est le maire qui a été nommé meilleur maire du monde, c’est aussi grâce à ces centaines d’habitants qui chaque jour se battent pour que la vie y soit meilleure. Et que cette récompense est bien celle de la solidarité.

Quatre ans après l’Appel de Grigny, les solutions venues du terrain

Aller de l’avant, toujours. Améliorer la vie des citoyens, sans s’apitoyer, en cherchant et en trouvant des solutions. Il y a quatre ans, les maires de Grigny, Roubaix, Chanteloup-les-Vignes, Garges-lès-Gonesse ou bien Allonnes, vite rejoints par d’autres, lançaient l’Appel de Grigny. C’était le 16 octobre 2017, en réaction notamment aux baisses des crédits alloués aux communes et à la politique de la ville, ainsi qu’à la suppression des contrats aidés, les élus de banlieue populaire sont toujours mobilisés pour défendre leur ville et leurs habitants. Et cette mobilisation a permis d’arracher aux gouvernements quelques avancées notables, en matière de renouvellement urbain, de soutien de l’État en matière de sécurité, d’accès aux services publics, aux sports ou à la culture, ou bien encore les cités éducatives, déjà développées dans 126 villes.

En janvier dernier, le maire de Grigny, Philippe Rio, accueillait plusieurs ministres, dont le premier d’entre eux, Jean Castex, pour rappeler au gouvernement que les communes de banlieue populaires devaient elles aussi prendre toute leur part dans le plan de relance. 3,3 milliards d’euros avaient ainsi été obtenus. Dans la foulée, les 200 élus lançaient le Conseil national des solutions, qui se réunit précisément ce 16 octobre à Paris-Bercy. Son ambition : « apporter des réponses concrètes aux problèmes des Français ». Avec des propositions immédiatement applicables, réparties en cinq thèmes : culture, écologie, transition digitale, solidarités et sport. C’est ce dernier thème qui est mis en avant ce 16 octobre, à l’occasion du Paris Grand Slam, afin de mettre « le sport au service de la République ».

Plusieurs projets ont déjà émergé, notamment celui des « cités olympiques », sur le modèle des cités éducatives : formation des éducateurs, sport à l’école, équipements sportifs publics, inclusion par le sport. Autant de mesures concrètes, alors que se profilent déjà les jeux Olympiques et Paralympiques de 2024, qui peuvent être un accélérateur pour les politiques publiques sportives. Exemple : en partenariat avec la Fédération française de judo, un programme de construction de 1 000 dojos solidaires sera présenté. Pour que tous les Français aient accès aux activités émancipatrices : c’est l’essence, quatre ans après, du travail engagé par les élus locaux et l’Appel de Grigny. De premiers pas qui en appellent d’autres pour changer la vie dans les quartiers populaires.

Publié le 17 octobre 2021Auteur DémocriteCatégories Culture, Demain reste à construire, Elus(es) en direct, Le monde et nous, Le PCF, Photos de Campagne, Presse et Médias, Réflexions et Propositions, Sur nos territoires, Utile & pratiqueMots-clés Citoyen-ne, Commune, Culture, Democratie, Droit social, Education, Egalité, Justice, monde, PCF, République, Services Publics, Travail, Utile et PratiqueLaisser un commentaire sur À Grigny, « le meilleur maire du monde, c’est toute la ville ! »

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