Parcoursup : en finir avec la ségrégation sociale, faire le choix de l’émancipation !

Image

Aujourd’hui, comme chaque année depuis trois ans, des dizaines de milliers de futur·es bachelier·ères apprennent qu’ils n’ont aucune affectation dans l’enseignement supérieur à la rentrée prochaine, et ce avant même que les épreuves finales du Bac ne soient passées. Comme chaque année depuis 3 ans, des centaines de milliers de jeunes vont se retrouver dans une filière par défaut à la rentrée prochaine.

Parcoursup continue de trier les élèves en fonction de leur dossier scolaire et leur établissement d’origine par des fonctions d’algorithmes opaques avec, en fin de compte, un constat : ce sont les jeunes de milieux populaires qui sont le plus pénalisé·es, trié·es et qui se voient interdire de poursuivre des études. La mise en place, au lycée, du contrôle continu, qui pervertit la relation pédagogique entre élèves et enseignant·es, les épreuves de spécialités intervenant en mars, le non-remplacement de 15 millions d’heures de cours pénalisent déjà en premier lieu les jeunes de milieux populaires, celles et ceux qui n’ont que l’école pour apprendre. Continuer la lecture de Parcoursup : en finir avec la ségrégation sociale, faire le choix de l’émancipation !

Mobilisations contre le pacte

Les enseignants et enseignantes sont appelés à se mobiliser aujourd’hui, lors du CSA-MEN (Comité social d’administration du ministère de l’éducation nationale). Pas vraiment une grève, mais plutôt des rassemblements militants devant les rectorats et le ministère, pour rappeler l’opposition de tous les syndicats au pacte.

Une image contenant texte, plein air, écriture manuscrite, bannière Description générée automatiquement Au sein du CSA ministériel, les textes sont présentés uniquement à titre informatif et ne sont pas soumis au vote. Cette situation est dénoncée par l’ensemble des syndicats. « Cela reflète la nouvelle définition du dialogue social imposée par la loi de transformation de la fonction publique« , explique Elisabeth Allain-Moreno, nouvelle secrétaire générale du SE-UNSA. « Cependant, cette même loi indique que toutes les mesures qui affectent les conditions de travail doivent être votées. Continuer la lecture de Mobilisations contre le pacte

LA GUERRE SOCIALE DU NÉOLIBÉRALISME: Macron comme agent conscient et déterminé Par D. Amédro

Depuis des mois, la situation socio-politique est explosive. Grèves et manifestations de l’intersyndicale se sont succédé à un rythme soutenu, et cela n’a pas empêché le pouvoir de faire passer en force la réforme des retraites. Le ressentiment à l’égard du pouvoir et de Macron en particulier est au plus haut. Dans ce contexte, je vois se multiplier dans les médias les analyses toutes plus ‘’fines’’ les unes que les autres sur la psychologie de l’hôte de l’Élysée : il est ceci, il est cela ; brutal, provocateur, autiste, et je ne sais quoi encore. Moi, je dis : attention, fausse route ! Si c’est tout ce qu’on a à nous proposer comme analyse, eh bien ça ne fait pas le compte ! Ne nous laissons pas embarquer dans cette voie.

Une chose doit nous mettre la puce à l’oreille : tous les prédécesseurs de Macron, depuis une quarantaine d’années (au moins), se sont emparés des sujets dont il s’empare, lui, à son tour. Je ne disconviens pas qu’il leur imprime sa patte, et j’admets bien volontiers le rôle de l’acteur dans la pièce qu’il interprète, mais je dis une chose simple : intéressons-nous surtout à la pièce qui se joue.

Cette pièce a un titre, c’est La guerre sociale du néolibéralisme. Elle a été écrite il y a bien longtemps maintenant, au cours des premières décennies du XXè siècle, par des idéologues comme Friedrich Hayek, par exemple (dont Édouard Philippe se recommande). Quel était leur problème et leur projet à l’époque ?

# Le problème, dans les années 1960-1970, c’était l’importante baisse du taux de profit des entreprises aux USA puis en Europe. C’était aussi, dans ces mêmes pays, une agitation sociale persistante en dépit de tous les efforts des patrons pour l’endiguer. Qui ne se souvient de 1968 ? Cela a conduit les dirigeants capitalistes à envisager d’en finir avec ce qu’on a appelé, après la Libération, le ‘’compromis fordiste’’, lequel voulait que les gains de productivité, au lieu d’être affectés à la hausse des profits, le soient à la baisse des prix et à la hausse des salaires, l’idée étant, à travers ce détour macroéconomique, de booster la consommation et donc, au final, la profitabilité des entreprises bien sûr. Ce que l’on a appelé les ‘’Trente Glorieuses’’, c’est la période pendant laquelle cette régulation a bien fonctionné.

# Le projet, c’était le néolibéralisme, qui dormait dans les cartons depuis les années 1930. Il va être incarné par Thatcher, à partir de 1979, et par Reagan, à partir de 1981. Un petit peu avant, en 1973, avait été créée la Commission trilatérale, aréopage de personnalités influentes du monde entier, dont l’un des premiers rapports, en 1975, dénonce le « déferlement démocratique qui risque de surcharger le système politique avec des revendications qui étendent ses fonctions et sapent son autorité ». Les actes vont suivre. Le demi-siècle écoulé a été marqué par une suite ininterrompue d’initiatives tendant toutes à revenir sur les acquis démocratiques, en tête de laquelle il faut citer la construction européenne dont le sens le plus général est de mettre la démocratie hors de portée des peuples (pour les détails, cf. sur le site des Amis de la liberté ma conférence du 16 février 2022 en conclusion du séminaire Le néolibéralisme contre la démocratie). Le monde du travail est désormais placé sous la coupe des flux tendus, de la précarité et de l’évaluation individualisée. Le nombre de suicides est en forte augmentation, en particulier sur le lieu de travail. Enfin, le débat public est saturé par l’exigence de l’équilibre budgétaire et par la lutte contre les déficits.

Depuis soixante ans, le rôle-titre de la pièce a été tenu par beaucoup beaucoup de personnages différents.

Aujourd’hui, c’est Macron. Alors, disséquer sa personnalité, son caractère et son tempérament, pourquoi pas ; le fait est  que ceux-ci influent sur sa manière d’interpréter le rôle. Ce que je veux juste dire c’est que cela ne doit pas nous conduire à négliger le fond de l’affaire, c’est-à-dire la pièce et son scénario. La question politique posée c’est l’assaut généralisé contre les conquis sociaux ET les libertés démocratiques.

Daniel Amédro

Cannes. La Macronie ne décolère toujours pas contre Justine Triet

Lauréate de la Palme d’or à Cannes, la réalisatrice Justine Triet subit depuis samedi 27 mai les attaques des soutiens du président, dont elle a critiqué la politique.

La cinéaste Justine Triet a été primée pour son film «Anatomie d’une chute».

La cinéaste Justine Triet a été primée pour son film «Anatomie d’une chute».
Christophe Simon/AFP

Il n’a fallu qu’une petite minute dans son discours pour que Justine Triet change de statut. Une minute pour passer de réalisatrice récompensée de la Palme d’or par le plus grand festival de cinéma au monde à ennemie publique numéro 1. Une minute à l’issue de laquelle le Festival de Cannes a laissé place au festival du n’importe quoi politique.

À la tête d’un jury informel quasi exclusivement composé de responsables macronistes et de droite, la ministre de la Culture Rima Abdul Malak s’est dite, à propos de la lauréate, « estomaquée par son discours si injuste » dans lequel elle perçoit « un fond idéologique d’extrême gauche ». Continuer la lecture de Cannes. La Macronie ne décolère toujours pas contre Justine Triet

Comment Macron appauvrit (encore) les profs (Vidéo + schémas)

En tenant compte de l’inflation, le salaire réel des professeurs a stagné ou baissé, alors que les salaires du privé ont eux continué à monter. Les profs, qui étaient des classes moyennes « supérieures ou un peu supérieures » il y a 25 ans ont aujourd’hui dégringolé dans l’échelle sociale. Les profs ont subi un déclassement indéniable. La preuve avec les explications de Ludo, d’Osons Causer.

Le déclassement salarial

Quand on regarde l’évolution des rémunérations des enseignants depuis 25 ans, on pourrait croire que les profs sont de mieux en mieux payés. Continuer la lecture de Comment Macron appauvrit (encore) les profs (Vidéo + schémas)

L’Écho des cocos: numéro 3 spécial « Jours Heureux »

Et bientôt sur les marchés….

Retrouvez le 3ème numéro de L’Echo des Cocos, le journal des communistes de l’ouest du Tarn et Garonne. Un numéro spécial en 4 page consacré au programme du parti communiste: les Jours Heureux !

L’édito de ce 3ème numéro:

Toutes les «  réformes  » du chef de l’État s’efforcent de défaire méthodiquement le programme du CNR. Et pourtant, le  » président des riches  » se verrait bien «  en même temps  » incarner le successeur des résistants. On mesure aujourd’hui le fossé immense qui sépare les hommes de la Libération, attelés dans la nuit la plus noire à relever la nation autour d’un même idéal de justice, et l’entreprise de démolition d’un président minoritaire dont le «  CNR  » de pacotille n’a trompé personne.

Tandis que le programme des «  jours heureux  » résonne toujours de façon incroyablement moderne aujourd’hui, Emmanuel Macron et son gouvernement s’évertuent à détruire ce qu’il en reste. Retraites, assurance-chômage, sécurité sociale solidaire, les attaques sont multiples pour établir le règne des grandes fortunes et des actionnaires. Pourtant, les ressources, plus abondantes en 2023 qu’en 1945 rendent les «  jours heureux  » à portée de main. Mais comme à l’époque, ils n’adviendront qu’avec le courage de femmes et d’hommes prêts à surmonter leurs désaccords pour ouvrir une perspective de progrès au peuple français.

 

Civitas contre la princesse prout-prout in Caf. Péda.

« Le pacte signe l’arrêt de mort du statut des professeurs » in Caf. Péda.

Mixité : un protocole gagnant pour le privé in Caf. Péda.

Réseaux sociaux, ce que nos traces révèlent

Les réseaux sociaux ne se substituent pas à nos liens sociaux mais ils les transforment. Qui y sommes-nous, et quid de nos traces numériques sur ces services avides de nos données ? Avec Serge Abiteboul, exploration d’un monde numérique qui doit rester le nôtre.

Le pseudonymat sur les réseaux sociaux permet de présenter différentes facettes de sa personnalité en les isolant les unes des autres.

Le pseudonymat sur les réseaux sociaux permet de présenter différentes facettes de sa personnalité en les isolant les unes des autres.
Getty Images

Dans le cadre du partenariat de l’Humanité Magazine avec l’Académie des sciences, des académiciennes et académiciens analysent et apportent leur éclairage sur les grands enjeux du monde contemporain au travers de questions scientifiques qui font l’actualité.

Serge Abiteboul est chercheur en informatique à l’Inria et à l’ENS, membre du collège de l’Arcep et de l’Académie des sciences.

Chercheur en informatique à l’Inria et à l’ENS, Serge Abiteboul est membre du collège de l’Arcep et de l’Académie des sciences. Ses travaux portent principalement sur les données, la gestion de l’information et des connaissances.
Il coanime Binaire, blog de vulgarisation sur l’informatique et le numérique.

Quand les ordinateurs personnels sont arrivés, chacun gardait ses données numériques localement. Avec Internet, il est devenu possible de les stocker sur des serveurs distants. Puis le Web a favorisé la publication de contenus textuels et multimédias auxquels tout le monde pouvait accéder. La diffusion d’informations restait pourtant assez classique, d’une entité vers une multitude de lecteurs.

Enfin, le Web 2.0 a conduit à la richesse des interactions des « réseaux sociaux numériques », où des centaines de millions de personnes (voire des milliards) échangent avec des centaines de millions d’autres. Continuer la lecture de Réseaux sociaux, ce que nos traces révèlent