Le Tesa, cet outil de précarité agricole

Ce titre d’emploi simplifié instaure une instabilité accrue et de faibles rémunérations, tout en permettant d’importantes exonérations fiscales.

Dans l’agriculture, parmi les CDD, 96 100 équivalents temps plein sont des Tode (dispositif d’exonération de cotisations patronales pour les travailleurs occasionnels), selon la Fnaf-CGT. © Valentine Vermeil / Réa

Dans l’agriculture, parmi les CDD, 96 100 équivalents temps plein sont des Tode (dispositif d’exonération de cotisations patronales pour les travailleurs occasionnels), selon la Fnaf-CGT. © Valentine Vermeil / Réa

Pour le réveillon de Noël, accompagnant une dinde aux marrons ou la bûche de chèvre partagée en famille, vous avez sans doute savouré un Côtes-du-rhône ainsi qu’une salade verte. Des produits du terroir qui nécessitent une main-d’œuvre le plus souvent précarisée. Théophile et Constance en font partie. Elle, est devenue maraîchère agricole, après une reconversion professionnelle. Lui, travaille dans les vignobles. Leur point commun ? Avoir travaillé la terre sous le régime du titre d’emploi simplifié agricole (Tesa) durant de longues années. « C’est une offre des pouvoirs publics, en l’espèce la Mutualité sociale agricole (MSA), en matière de déclaration, explique Martin Abry-Durand, enseignant-chercheur en droit privé. Pour les entreprises non dimensionnées à la gestion des paies, il permet de simplifier les droits des salariés et d’assurer le bon encaissement des cotisations. » Le Tesa n’est pas un contrat à proprement parler, comparable au CDD ou au CDI. « C’est un titre d’emploi censé être réservé aux salariés occasionnels du monde agricole », pour les exploitations n’excédant pas 20 personnes, poursuit le chercheur. Mais, selon Constance, « le Tesa nous contraint à une précarité à vie ». Continuer la lecture de Le Tesa, cet outil de précarité agricole

Télécoms. Plus de 1 200 emplois détruits chez Scopelec

Le tribunal de commerce a désigné le repreneur de la plus grosse Scop de France, avec une énorme casse sociale à la clé.

Scopelec assurait la pose de la fibre optique et l’entretien du réseau cuivre pour Orange avant la perte de ce marché en novembre 2021. © MaxPPP

Scopelec assurait la pose de la fibre optique et l’entretien du réseau cuivre pour Orange avant la perte de ce marché en novembre 2021. © MaxPPP

C’est un feuilleton de plusieurs mois qui vient de connaître un dénouement tragique : le tribunal de commerce de Lyon a finalement désigné le nom du repreneur de Scopelec, plus grosse coopérative de France et sous-traitant d’Orange. Le groupe Circet, mastodonte des télécoms détenu par un fonds d’investissement britannique, ICG, va donc reprendre les rênes de l’entreprise. 1 049 emplois seulement vont être sauvés sur les 2 300 que compte Scopelec. « C’est une catastrophe, le plus gros plan social de France, peste l’avocat des salariés, Ralph Blindauer. Les administrateurs judiciaires ont fait ce qu’ils ont pu avec les fonds disponibles dans l’entreprise, mais ils n’ont pu mobiliser que 2 millions d’euros pour le PSE, une misère » Continuer la lecture de Télécoms. Plus de 1 200 emplois détruits chez Scopelec

Le congrès du Parti Communiste au jour le jour – les contributions du 21 décembre 2022

Une analyse quasi quotidienne des contributions à lire sur le site du 39ème congrès et reprise ici

Le congrès du Parti Communiste au jour le jour – les contributions du 21 décembre 2022

Pour une prise en compte des débats au sein du parti, sans fioritures et sans pressions et dans le respect des opinions.Nous publierons ici chaque fois que cela sera nécessaire. Bonne lecture et … abonnez-vous à MAC!

Fusillade à Paris contre le centre culturel kurde : ce que l’on sait + appel à Manifester

Plusieurs coups de feu ont été tirés dans le centre de Paris peu avant midi, faisant trois morts et quatre blessés. Le tireur visait le centre culturel kurde. L’auteur des coups de feu a été interpellé, un septuagénaire connu pour des faits de violence à composante raciste. Si le parquet antiterroriste n’a pas été saisi, pour les milieux kurdes il s’agit d’un attentat. Un appel à manifester demain samedi a été lancé.

L'auteur de la fusillade est connu des services de police, il avait notamment attaqué un camp de migrant en 2021 à Paris. © Thomas Samson / AFP

L’auteur de la fusillade est connu des services de police, il avait notamment attaqué un camp de migrant en 2021 à Paris. © Thomas Samson / AFP

Trois personnes, selon un nouveau bilan, sont décédées après avoir été touchées par des tirs, vendredi peu avant midi, dans le Xe arrondissent de Paris, et un homme a été interpellé et placé en garde à vue

Les faits se sont déroulés au 16 rue d’Enghien, au niveau d’un centre culturel kurde, dans un quartier commerçant et animé et notamment prisé de la communauté kurde.

Une enquête a été ouverte des chefs d’assassinat, homicides volontaires et violences aggravées. Le bilan provisoire fait état de trois personnes décédées, et quatre blessés.  Il n’y a pas à cet instant de saisine du parquet national terroriste. Continuer la lecture de Fusillade à Paris contre le centre culturel kurde : ce que l’on sait + appel à Manifester

Relaxe pour les colleuses féministes

 À Nantes, quatre militantes risquaient de la prison avec sursis pour « rébellion » lors d’un contrôle policier. Rien n’a pu être retenu contre elles.

Le procès a eu lieu au lendemain des premières Assises nationales contre les violences sexistes à Nantes (Loire-Atlantique). Un signe ? Le 28 novembre, jour de convocation au tribunal correctionnel, ainsi que la semaine suivante au moment du délibéré, les militants et citoyens sont venus en nombre soutenir quatre colleuses dénonçant les féminicides. Elles risquaient jusqu’à quatre mois de prison avec sursis. Les policiers, parties civiles, ne se sont jamais présentés. Ni pendant l’audience ni au délibéré.

Le 14 juillet 2020, après avoir affiché sur les murs d’une banque les mots « Liberté, Égalité, Impunité », les quatre femmes, âgées de 26 à 55 ans, s’étaient fait contrôler à quelques pas de là, en raison du seau suspect qu’elles portaient. Refusant d’obtempérer, estimant ne pas avoir été prises en flagrant délit, les militantes avaient sorti un téléphone pour filmer la scène et s’étaient fait violemment interpeller. Juste après avoir reçu leur convocation, elles avaient révélé à l’Humanité leur angoisse ce soir-là, la garde à vue prolongée, les insultes sexistes au commissariat, les conditions de détention dégradées, et la peur de militer qui avait suivi. Continuer la lecture de Relaxe pour les colleuses féministes

De la décomposition des institutions vue par le flâneur et le visionnaire par D. Bleitracht

 

temps de lecture: 15 minutes

« Je n’attends pas grand chose de bien réjouissant de la session de la Chambre des députés qui vient de s’ouvrir. Nous ne verrons là que querelles mesquines, disputes personnelles et impuissance, si ce n’est à la fin une stagnation complète. En effet, une Chambre doit renfermer des partis compacts, sans quoi toute la machinerie parlementaire ne saurait fonctionner. Si chaque député fait valoir une opinion singulière, différente et isolée, il ne pourra jamais en résulter un vote susceptible d’être regardé, ne serait-ce que tant soit peu comme l’expression d’une volonté commune, et pourtant c’est une condition essentielle du système représentatif qu’une telle volonté commune se manifeste. Tout comme l’ensemble de la société française, la Chambre s’est décomposée en tant de fractions et de parcelles qu’il n’y a plus là deux personnes dont les opinions se rejoignent tout à fait (…) Mais où mène cet éclatement de tous les liens de la pensée, ce particularisme, cette extinction de tout esprit de corps qui est la mort morale d’un peuple? – C’est le culte de l’intérêt matériel, de l’égoïsme, de l’argent qui a amené cet état de chose. » (1)

Vous reconnaitrez que la description est saisissante, et que l’analogie avec la période contemporaine s’impose : aujourd’hui de la même manière toutes les institutions, toutes les forces politiques sont la proie de cette décomposition accélérée, cela s’étend depuis le sommet de l’Etat et ruisselle sur la moindre notabilité. Continuer la lecture de De la décomposition des institutions vue par le flâneur et le visionnaire par D. Bleitracht

Fabien Roussel en tour de France pour trouver le chemin des « jours heureux »

Député, secrétaire national du PCF, ancien candidat à la présidentielle… C’est avec ces différentes casquettes que Fabien Roussel a entrepris un tour de France « sans tabou » en octobre dernier. D’une étape à l’autre, le communiste prend le pouls du pays et s’applique à trouver le chemin d’une « majorité populaire » face au pouvoir en place et au RN en embuscade.

Lahcene ABIB

Lahcene ABIB

C’est la quatrième fois qu’il arpente les routes de l’Hexagone et il ne s’en lasse pas. Adepte des « échanges directs », le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, s’est lancé en octobre dans un nouveau tour de France qui s’achèvera en mars, au terme de 14 étapes. Prendre le pouls d’un pays confronté à la vie chère et à un président à la majorité bancale, voilà pour l’objectif. L’exercice est devenu familier pour le député du Nord qui s’y est livré une première fois comme parlementaire, en 2017, avec une tournée de présentation du « budget des riches » d’Emmanuel Macron alors tout juste élu président.

Rebelote en 2019, après les européennes et son élection à la tête du PCF. Un livre naît de ces rencontres avec le monde du travail, « Ma France », où le communiste esquisse le chemin vers des « Jours heureux » dans la perspective de la présidentielle. C’est d’ailleurs avec sa casquette de candidat qu’il retourne au contact, de préférence en zone rurale, avec l’ambition de « parler à cette France (…) qui est trop souvent ignorée des politiques publiques ». Continuer la lecture de Fabien Roussel en tour de France pour trouver le chemin des « jours heureux »

Les centres de santé et leurs professionnels encore oubliés du Ségur !

centre de santé public, antenne de Lavilledieu
communiqué de presse

Pour quelles raisons les centres de santé publics gérés par des collectivités sont-ils de nouveau oubliés par le « Ségur de la santé  » ?

C’est la question que nous posons à nouveau aux ministres de la Santé et de la Fonction Publique après la parution du décret publié au journal officiel le 30 novembre dernier[1] qui élargit la liste des agents publics qui bénéficient du Complément de Traitement Indiciaire (CTI), un dispositif de revalorisation salariale du Ségur.

A sa lecture, nous ne pouvons que constater et déplorer que les professionnels de santé des centres de santé publics gérés par des collectivités ne figurent toujours pas dans cette liste malgré nos multiples interpellations et alertes auprès des ministres et de leurs services. Continuer la lecture de Les centres de santé et leurs professionnels encore oubliés du Ségur !

CC Terres des Confluences, un effort de communication & rififi en stock

Communiquer est indispensable de nos jours et le président Briois l’a bien compris en accueillant la presse pour une première. Au menu, un bureau de comcom qui s’étoffe avec 3 nouveaux vice-présidents, avant conseillers communautaires délégués et un qui se retire. Puis le retour des légumineuses (un projet sur le circuit court avec des acteurs locaux), l’accompagnement des communes dans le cadre de la solidarité financière et la réflexion qui va être menée pour élargir le champ des possibles en ce domaine (Matériels autant que travaux d’amélioration) pour enfin terminer avec l’ORT de Moissac qui va nécessiter des investissements.

Une dernière réunion somme toute très technique même si depuis plusieurs semaines le bureau est agité par des prises de positions iconoclastes des maires des 2 grandes villes, l’un pour s’affirmer et l’autre pour se démarquer. Un dialogue interne tendu !

Il est à noter que pour l’ORT (Opération de revitalisation de territoire) de Moissac, cela vient s’ajouter à des réunions difficiles de la municipalité de Moissac avec les services de l’état pour le PRE (Programme de réussite éducative), pour la mise en œuvre de la Politique de la Ville. Un triptyque d’aides et d’accompagnements dont M. Lopez aurait bien voulu se débarrasser tout en gardant les subventions. Il n’a pas hésité à mettre ainsi en danger la sectorisation REP du collège F. Mitterrand qui en découle avant d’être rappelé à du bon sens par Mme la préfète.

L’année 2023 reprendra son cours avec le prochain conseil le 16 février sur les orientations budgétaires. Des joutes verbales en séance et des coups bas en coulisse en perspectives qui seront de la partie à n’en pas douter. Le résident Briois marquait sa lassitude.

Ah, j’oubliais le retour en Régie Publique du ramassage des ordures sur les communes de Lavilledieu et St Porquier avec à la clé l’embauche d’un nouvel équipage de 3 personnes. Le service public progresse !

Castelsarrasin le 13 décembre 2022

Maximilien

N.B. : Surprise ! Lors de la séance plénière, M. Briois a évoqué sa possible démission au regard du peu de solidarité exprimée au sein de la COMCOM. Une réunion d’une vingtaine de minutes en aparté avec les maires a figé la situation. Dissuadé par ses pairs, sa décision interviendra (ou non !) dans les prochaines semaines.


L’article de la DDM

Retraites : « Ils finiront par nous faire bosser en déambulateur »

Est-ce un signe de fébrilité ? Emmanuel Macron a annoncé que l’exécutif ne présenterait sa réforme, toujours aussi contestée, que le 10 janvier. En attendant, l’Humanité donne la parole à des Français, qui disent leur refus de travailler plus longtemps.

Cohen Magali/ABACA

Certains vont au boulot comme d’autres montent à l’échafaud : ce n’est pas le cas de Cécile, professeure des écoles à Savigny-le-Temple (Seine-et-Marne), qui aime son métier comme au premier jour et se félicite de ne pas avoir embrassé une carrière d’employée de bureau – son pire cauchemar. Mais elle a beau faire, elle n’arrive pas à se projeter à 65 ans. « Tenir face à une trentaine d’enfants, gérer les conflits entre eux, cela demande beaucoup d’énergie, explique-t-elle. Et à 51 ans, je sais que j’en ai moins qu’avant. Lorsque j’étais plus jeune, je me sentais capable de corriger des copies jusqu’à 23 heures. Plus maintenant. »

« En seulement cinq années de métier, j’ai dû voir sept à huit burn-out »

À seulement 29 ans, Abdel dresse presque le même constat. Manager dans une société de conseil parisienne, son boulot le passionne autant qu’il l’épuise : « Il m’arrive de faire des semaines de soixante-dix heures, de 8 heures à 23 heures tous les jours. Je peux tenir ce rythme parce que j’ai moins de 30 ans, mais cela me semble inconcevable passé un certain âge. Le secteur est très exigeant : en seulement cinq années de métier, j’ai dû voir sept à huit burn-out. » Continuer la lecture de Retraites : « Ils finiront par nous faire bosser en déambulateur »