Un tiers des établissements (seulement!) ont tous leurs enseignants

« Nous refusons cette parodie de démocratie » : contre l’austérité, sénateurs et députés PCF proposent un nouveau budget + Video

À la veille de l’ouverture de la commission mixte paritaire sur le projet de loi de finances, les députés GDR et les sénateurs CRCE-K déposent une proposition de loi alternative pour répondre aux urgences sociales et économiques.

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Suicides, burn-out, manifestations : comment « expliquer » l’épuisement professionnel du corps enseignant ?

Après les suicides de Laurent Gatier, professeur de commercialisation au lycée hôtelier de Chamalières, dans le Puy-de-Dôme, et de Christine Renon, directrice d’école maternelle à Pantin, en Seine-Saint-Denis, le monde enseignant multiplie les témoignages d’inquiétude, de colère et d’incompréhension sur ses conditions de travail. Tribunes.

Jean-Yves Masson Écrivain, éditeur, professeur à la faculté de lettres de Sorbonne Université 
Margaux Vercors Enseignante passionnée, enseignante découragée 
Sophie Grenon Cosecrétaire départementale du Snuipp 36, directrice motivée

 

 

Analyser un mot pour cerner le mal

Jean-Yves Masson Écrivain, éditeur, professeur à la faculté de lettres de Sorbonne Université

Peut-être l’analyse d’un mot suffit-elle à cerner le mal-être général qui règne dans l’éducation nationale, de l’école maternelle à l’université : le mot « profs » ! Comme je suis écrivain, je crois que ce qu’on fait des mots révèle ce qu’on pense des êtres et des choses. Continuer la lecture de Suicides, burn-out, manifestations : comment « expliquer » l’épuisement professionnel du corps enseignant ?

Un libéré d’Auschwitz prônant la « joie à l’Ecole » : Georges Snyders

L’historien Claude Lelièvre rend hommage à Georges Snyders, libéré d’Auschwitz il y a 80 ans :  un homme d’espoir malgré tout, un exemple prônant la « joie à l’école » et la « joie par l’école ». Un vrai défi, « au point qu’il peut être pris pour une provocation » glisse Claude Lelièvre avant de nous livrer son témoignage de survivant et  son plaidoyer pour la joie : « Le domaine de l’école, c’est avant tout la culture – et la joie que la culture peut apporter », déclarait Georges Snyders.

Le 30 avril 2011, le parti communiste français lui avait fait l’amitié de marquer son 94ème anniversaire au siège du PCF, place du colonel Fabien et Gorges Snyders avait eu la délicatesse de m’envoyer son exposé (j’ai soutenu mes deux thèses sous sa direction ; et je suis le seul de ses doctorants – par ailleurs nombreux – qui est dans ce cas). En hommage, je retranscris ici quelques passages de cette intervention ultime.

« J’étais de gauche, je suis devenu communiste après mes épreuves d’Auschwitz. [Georges Snyders a été libéré d’Auschwitz par l’Armée rouge le 27 janvier 1945]. L’expérience du dénuement ; véritablement une mise à nu : on m’a ôté mes vêtements, on m’a enlevé mon nom, remplacé par un numéro matricule tatoué sur l’avant-bras ; on a arraché tout ce qui était cheveux ou poils à tous les endroits de moi-même, y compris les plus secrets. Mon corps n’était plus moi. Résister, pour la très faible part qui dépendait de nous, ne pas pactiser avec la mort ; ne pas se laisser tomber, garder tout ce que l’on pouvait de dignité dans la façon de se tenir, de manger, de se maintenir propre : toutes choses qui deviennent terriblement difficiles dans un camp d’extermination. En un mot, témoigner qu’on n’était pas les sous-hommes que les nazis déclaraient juste bons à être brûlés, mais des hommes véritables.

Après Auschwitz, mon problème a été de reconstruire une joie – qui ne pouvait être qu’une joie nouvelle – et aider les autres à y parvenir. Si je n’y réussissais pas, le camp aurait été une parenthèse simple et atroce dans ma vie, et non pas une épreuve qui pouvait devenir créatrice.

Tout enseignant sait qu’une tâche essentielle de l’école est de préparer les élèves à leur avenir, les former pour l’avenir […]. Mais il sait aussi que l’école est le lieu où les jeunes passent « les plus belles années » de leur vie […]. L’enseignant progressiste affirme que l’école ne parvient à la légitimité que si le jeune la ressent comme un espace-temps de joie présente – et non pas comme indéfiniment retardée, encore moins comme un monde d’ennui, étranger à ses préoccupations propres. A chaque étape de la jeunesse, apporter aux élèves ce dont ils ont besoin à ce moment, pour se sentir plus heureux. Le domaine de l’école, c’est avant tout la culture – et la joie que la culture peut apporter. Le summum de la joie culturelle est atteint dans ce que je ne crains pas d’appeler l’amour des chefs-d’œuvre [« les chefs-d’œuvre techniques » ; « les chefs-d’œuvre scientifiques » ; « les chefs-d’œuvre historiques et géographiques » ; « les chefs-d’œuvre littéraires », « les chefs-d’œuvre musicaux »].

L’enseignant progressiste a conscience du risque d’élitisme dans une telle démarche : nous savons bien que l’accès aux chefs-d’œuvre est plutôt le lot des élèves « forts » et nous savons aussi que ceux-ci, dans leur ensemble, proviennent souvent des classes favorisées. Mais, dans l’effort si complexe pour lutter contre l’échec, je suis persuadé qu’un des moteurs le plus puissant pour que les « faibles », les découragés, se lancent dans ces efforts qu’on ne cesse de leur réclamer, ce serait qu’ils constatent qu’un certain nombre de leurs camarades profite de joies spécifiques aux chefs-d’œuvre et j’espère qu’ils voudront en avoir leur part ».

Claude Lelièvre

« Le lycée professionnel n’est donc pas la voie de garage que certains se plaisent à décrire » In Caf. Péda.

En campagne pour les services publics et une nouvelle industrialisation !

Par Aymeric Seassau
Le conseil national du 19 octobre dernier a décidé le lancement d’une grande campagne pour l’emploi dans les services publics et l’industrie et adopté un plan de travail en ce sens. Aymeric Seassau, responsable de la commission Entreprise et lieux de travail du PCF, revient pour Cause commune sur les enjeux et les objectifs de cette campagne.

CC : Le conseil national a décidé 
le lancement d’une campagne pour l’emploi dans les services publics 
et l’industrie, quels sont les objectifs de cette campagne ?

Je veux d’abord insister sur le fait que le Parti communiste ne s’était pas engagé depuis longtemps dans une campagne au long cours, avec des objectifs, des attendus travaillés collectivement, quantifiables et évaluables. Ce que nous voulons organiser avec les militants, c’est une campagne inédite, ancrée dans l’expérimentation et l’organisation, utile au renforcement du parti lui-même comme à l’influence communiste dans la société, si nécessaire pour gagner le changement.

Et la situation politique est particulièrement « propice ». D’une part le calendrier électoral permet en principe de déployer ces expérimentations sans que l’urgence électorale n’absorbe l’énergie militante. D’autre part, il s’agit de faire front pour faire reculer l’extrême droite et empêcher le gouvernement Barnier d’affaiblir nos services publics pendant que les annonces de fermeture de sites et les destructions d’emplois se multiplient. Continuer la lecture de En campagne pour les services publics et une nouvelle industrialisation !

« La restauration scolaire s’inscrit dans un mouvement d’industrialisation » : deux universitaires montpelliérains explorent l’arrière-cuisine de nos cantines

 

« Les cuisines d’établissement sont reléguées comme vestiges d’un monde ancien en même temps que comme marchés à investir ». Cette phrase écrite en introduction par Geneviève Zoïa et Laurent Visier laisse bien entrevoir le champ de leur investigation. Leur ouvrage est à la fois un état des lieux cinglant et un combat pour l’éducation à l’alimentation de nos enfants, et donc leur santé.

« Les nourritures ne sont pas seulement des aliments, elles apprennent aussi des façons de faire, et d’être, des rapports aux vivants : humains (personnel, élèves), animaux (viande, lait, œufs, poisson), végétaux (céréales, légumineuses, légumes et fruits) et aux choses (réfectoire, ustensiles…). » L’équation est posée. Voilà l’écosystème dans lequel vont évoluer l’anthropologue et le sociologue, durant leurs quatre ans d’enquête. Continuer la lecture de « La restauration scolaire s’inscrit dans un mouvement d’industrialisation » : deux universitaires montpelliérains explorent l’arrière-cuisine de nos cantines

Éduquer à la sexualité à l’école : un processus lent et difficile

Dirigé par Anne-Cécile Bégot, maitresse de conférence en sociologie, et Philippe Portier, directeur d’études à l’École Pratique des Hautes Études, Eduquer à la sexualité – Religions, laïcités, sexualités se propose d’étudier, en particulier en France, la genèse et l’évolution des dispositifs d’éducation publique à la sexualité à l’aune de la « sécularisation progressive de la société ». Car si la laïcité « définit un régime qui s’affirme neutre de toute option métaphysique », dans les faits, sur cette question, les programmes ne se sont que lentement affranchis du poids de l’église catholique. Quelles ont été les différentes étapes de cette émancipation ? Quels débats, voire conflits, a-t-elle suscités et suscite-t-elle encore ? Retour sur quelques-unes des questions abordées par cet ouvrage très riche, qui mêle, écrit Philippe Meirieu, « approches historiques et sociologiques, analyse des textes et regards sur des expériences françaises et internationales ». A découvrir dans son entièreté. Continuer la lecture de Éduquer à la sexualité à l’école : un processus lent et difficile

Muté de force, l’enseignant et militant syndical Kaï Terada devra réintégrer son établissement d’origine a tranché le tribunal administratif de Versailles

Le tribunal administratif de Versailles ordonne la réintégration dans son établissement d’origine de ce professeur de mathématiques et militant syndical, muté de force en 2022 sans véritable motif.

 

C’est un camouflet que vient d’essuyer le rectorat de Versailles. Le tribunal administratif de la même ville lui ordonne, dans un jugement rendu ce jeudi 9 janvier, de réintégrer Kaï Terada dans son établissement d’origine – le lycée Joliot-Curie, à Nanterre (Hauts-de-Seine) – où il avait exercé pendant 16 ans. Continuer la lecture de Muté de force, l’enseignant et militant syndical Kaï Terada devra réintégrer son établissement d’origine a tranché le tribunal administratif de Versailles

Manifeste pour le développement de la mixité sociale et pour la consolidation de la politique d’éducation prioritaire

« La mixité sociale est une des conditions de la réussite de tous dans la perspective d’une société plus égalitaire et fraternelle » rappelle l’OZP dans ce manifeste, pointant que la mixité sociale est inscrite dans le Code de l’éducation. Il formule quelques préconisations et priorités, parmi elles la formation, la stabilité, l’allocation des moyens en fonction de la situation sociale des établissements.

L’absence de tout discours et tout projet conséquents sur l’éducation prioritaire de ce gouvernement, comme de ceux qui l’ont précédé depuis 2017, est révélatrice d’orientations politiques qui ont renoncé à toute visée de lutte contre les inégalités scolaires et de démocratisation de notre système éducatif. Les dédoublements des classes de CP, CE1 et GS, obtenus grâce à la baisse démographique et dont les premiers résultats sont décevants, ne sauraient suffire. Continuer la lecture de Manifeste pour le développement de la mixité sociale et pour la consolidation de la politique d’éducation prioritaire