« Un véritable mépris » : l’enfance, grande oubliée du gouvernement Bayrou

Aucun ministre ou ministre délégué n’a été désigné pour cette part de la population. Une absence dénoncée par les associations qui défendent les droits des plus jeunes et par des responsables de gauche.

L’enfance a donc si peu d’importance pour François Bayrou ? Dès la nomination du nouveau gouvernement, les associations qui se battent pour protéger les plus jeunes sont sidérées : le locataire de Matignon n’a pas reconduit le ministère chargé de la question. Ni même un ministre « délégué », déplore Adeline Hazan, la présidente d’Unicef France dans un communiqué. La question de l’enfance ne figure pas non plus dans l’intitulé du « super-ministère » du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles dirigé par Catherine Vautrin. Continuer la lecture de « Un véritable mépris » : l’enfance, grande oubliée du gouvernement Bayrou

Qui veut la peau de la laïcité ? par Pierre Ouzoulias,

En Corse, le pape a dit tout haut de la laïcité ce que certains responsables politiques lui font subir à bas bruit. La séparation des Eglises et de l’Etat est aujourd’hui remise en cause par des élus, atténuant ainsi la force de ce principe consubtantiel à l’idéal républicain.

Pierre Ouzoulias (avatar)

Pierre Ouzoulias, Sénateur communiste des Hauts-de-Seine

La laïcité est mise à mal dans notre pays.

Ce constat est une triste évidence pour ceux qui, comme moi, sont attentifs au respect du principe de séparation des Églises et de l’État dans notre République ainsi qu’à la façon de garantir son efficience sur l’intégralité de notre territoire, hexagonal et ultra-marin. Continuer la lecture de Qui veut la peau de la laïcité ? par Pierre Ouzoulias,

Quelle revalorisation des pensions de retraite ?

En débat

Les retraités demeurent des variables d’ajustement de l’austérité budgétaire. Il est urgent de revaloriser leurs prestations et de restaurer le système de solidarité.

 

Il faut augmenter le montant des pensions, les indexer sur l’évolution du salaire moyen et, surtout, reconquérir une sécurité sociale intégrale.

Catherine Tran Phung Cau, Secrétaire générale de l’Union confédérale des retraité.es CGT

Des économistes, des experts portent le fait que les retraité.es seraient privilégié.es car bien souvent propriétaires de leur logement, sans charge de famille, etc. D’abord, les privilégiés sont les actionnaires avec leurs dividendes. Ensuite, c’est méconnaître la situation des retraité.es. Plusieurs rapports récents ont confirmé la hausse de la pauvreté chez les plus de 60 ans. Ils ont mis en évidence les difficultés d’accès à des soins de santé de plus en plus élevés.

60 % des retraité·es ont une pension inférieure au Smic, 31 % touchent moins de 1 000 euros, parmi lesquels 74 % sont des femmes ; 11 % sont en situation de pauvreté, voire de misère avec une pension moyenne de 790 euros par mois. Continuer la lecture de Quelle revalorisation des pensions de retraite ?

Notre antiracisme doit être fondamentalement internationaliste

Par Thomas Vescovi, enseignant et doctorant en Études politiques et Dominique Vidal, historien et journaliste.

 

Les rapports annuels sur les actes et préjugés racistes en France démontrent l’urgence d’une réponse politique à la hauteur du péril.

Les statistiques pointent notamment la progression alarmante de l’antisémitisme. Un défi face auquel la gauche se confronte à deux pièges.

D’un côté, les organisations progressistes peinent à reconnaitre leur propre manquement et la prégnance, en leur sein, de préjugés voire d’actes à caractère antisémite. Il est intolérable de nier systématiquement les dénonciations des militants juifs de gauche, par suspicion qu’ils instrumentaliseraient la haine antijuive pour silencier les voix critiques d’Israël. Un biais qui, en lui-même, porte un postulat antisémite. Continuer la lecture de Notre antiracisme doit être fondamentalement internationaliste

« Salaire décent », semaine de quatre jours, dix semaines de vacances par an : ce boulanger pétrit le bonheur au travail pour ses employés

NDLR de MAC: Il est des histoires qui vont à rebours d’un monde financiarisé et ultralibéral qui mérite d’être souligné… Même si cela est parfois moins idyllique que la réalité, il est important d’informer les lecteurs que cela existe. Nous sommes loin du modèle capitaliste que l’on nous présente comme une panacée! Pour ma part je suis un client régulier et j’entretiens avec la vendeuse sur le marché un lien convivial et bienveillant…

Jean-Pierre Delboulbe, boulanger.© VALENTINE CHAPUIS / AFP

À Castelsagrat, dans le Tarn-et-Garonne, la boulangerie Louboulbil, dirigée par Jean-Pierre Delboulbe, révolutionne les conditions de travail en offrant un salaire décent, une semaine de quatre jours et jusqu’à dix semaines de vacances par an. Ce modèle innovant place le bien-être des employés au centre de l’entreprise, transformant ainsi l’expérience professionnelle en un environnement épanouissant.

A la boulangerie Louboulbil de Castelsagrat (Tarn-et-Garonne) ont fait gonfler son « Bonheur intérieur brut« , au levain mais aussi en instaurant des conditions de travail généreuses. Continuer la lecture de « Salaire décent », semaine de quatre jours, dix semaines de vacances par an : ce boulanger pétrit le bonheur au travail pour ses employés

Quelles luttes féministes face à l’extrême droite ? (En débat)

Le camp réactionnaire a le vent en poupe en France, le RN et ses alliés comptent 143 députés à l’Assemblée nationale. Dans ce contexte, les organisations et militantes pour les droits des femmes sont en première ligne de la bataille.

Dans la manifestation féministe contre l’extrême droite, à Paris le 23 juin 2024. © Emmanuelle Thiercelin/divergence-images crédits

 

Comment organisations et associations féministes ont-elles réagi à la séquence de la dissolution entre les élections européennes et législatives ? Comment mènent-elles leur combat contre les régressions et les conservatismes ? Un débat intitulé « Front féministe contre front réactionnaire » s’est tenu en septembre à l’Agora de la Fête de l’Humanité, réunissant quatre militantes féministes.

Comment vous et vos organisations féministes vivez-vous cette séquence politique depuis la dissolution ? Continuer la lecture de Quelles luttes féministes face à l’extrême droite ? (En débat)

« Le néolibéralisme a besoin d’un marché scolaire élitiste qui verrouille les portes aux classes moyennes et populaires »

« On refuse, on riposte, on réfléchit, on propose. » Dominique Bucheton expose dans cette tribune les raisons de sa mobilisation demain jeudi 5 décembre pour défendre l’Ecole. La professeure honoraire des Universités décrypte « l’offensive tous azimuts » du tri organisé des élèves : « le néolibéralisme a besoin d’un marché scolaire élitiste qui verrouille les portes aux classes moyennes et populaires et développe un nouveau prolétariat  à la ville comme à la campagne ». Elle écrit que « le mouvement de grève et les manifestations lancées ce jeudi 5 décembre sont une réponse à ces attaques, anciennes, organisées, finalisées de destruction progressive sur système éducatif français, de ses valeurs républicaines ». Dominique Bucheton lance un appel pour l’Ecole, à rejoindre les syndicats, associations et collectifs pour « réinventer l’école de demain ».


Je serai jeudi 5 décembre avec les manifestations et assemblées pour défendre l’école de la République. Je vous dis pourquoi.

Attention, danger on désosse l’Ecole !

Pas à pas, secteurs après secteurs, décret après décret, Sarkozy, puis Macron et ses super casseurs d’école, Blanquer et Attal, ont systématiquement, méthodiquement démembré, dénudé, désossé l’école publique. Tout a été visé : en premier les programmes, ceux novateurs des années 90, ceux de 2015. Ils avaient été réfléchis et pensés par des collectifs de chercheurs, associations, syndicats. Mis en œuvre avec succès ensuite. Ils ont été méthodiquement rabotés, détournés de leurs visées éducatives et culturelles avec en point d’orgue le « choc des savoirs » d’Attal  (ou plutôt celui de l’ignorance !) un  costume étroit, une impasse dangereuse  pour rétrécir  la culture proposée par l’école. Continuer la lecture de « Le néolibéralisme a besoin d’un marché scolaire élitiste qui verrouille les portes aux classes moyennes et populaires »

« L’éloge du privé s’appuie sur la caricature des fonctionnaires »

Pourquoi tant de haine contre les fonctionnaires ? Le livre est publié dans un contexte d’attaque générale, généralisée et organisée contre le service public. « Le débat lancé par le consultant-ministre Kasbarian sur les arrêts maladie est indigne et très éloigné des réalités de la fonction publique que nous décrivons dans le livre, avec force statistiques et enquêtes de sciences sociales » déclare Julie Gervais, une des auteur.es avec Claire Lemercier et Willy Pelletier de l’ouvrage La haine des fonctionnaires publié aux éditions Amsterdam. Le livre interroge les lieux communs sur les fonctionnaires et revient – en les démontant- sur une série d’idées reçues anti-fonctionnaires. Julie Gervais répond aux questions du Café pédagogique sur cette « haine » des fonctionnaires dans un contexte où « les fonctionnaires, soumis désormais à des principes de rentabilité, peinent à servir leurs missions d’intérêt général », comme l’écrivent les auteurs. Dans le livre, dit Julie Gervais, politiste : « Nous n’atténuons pas non plus la violence des réformes qui impulsent un véritable massacre à la « modernisation », en dépeçant les services publics, en poussant les agents à bout et en privant d’accès aux services nombre d’habitant-es dans les régions rurales pauvres, les DOM-TOM ou les quartiers populaires ».

 

Votre livre part d’un constat, « la haine » envers les fonctionnaires ? Le mot de haine n’est-il pas fort ? Continuer la lecture de « L’éloge du privé s’appuie sur la caricature des fonctionnaires »

En quoi le PCF est-il en train de renouer avec Marx et la lutte des classes en France ? Le sait-il lui-même ? + discours de Fontaine (Vidéo)

Redécouvrir Marx peut être surprenant…

Loin du catastrophisme ambiant partons du constat le plus direct, Marx est souvent très drôle, il a la dent dure mais aussi le goût du bonheur. La correspondance de Marx est toujours l’occasion de découvrir sa personnalité moqueuse et l’infinie curiosité qui est la sienne, sa boulimie de savoir et sa générosité. Il recourt fréquemment à l’esprit méthodique d’Engels, qui a un savoir approfondi en linguistique, en mathématique et en art militaire. Engels met dans ses “expertises” plus que ce à quoi on veut le réduire, lui aussi séduit par ses qualités humaines, son savoir au service de la justice sociale. Cela donne l’Antidühring, “une somme sur le matérialisme dialectique”, contre le “scientisme” l’aliénation par la superstition qui prospérera dans le nazisme et aujourd’hui dans les réseaux sociaux. Cela donne l’apport de la comptabilité capitaliste, celle de l’entrepreneur qu’est Engels, pour aboutir aux démonstrations du Capital sur la nature objective de l’exploitation qui se situe dans un au-delà des aspects moraux… Cela donne aussi une des réflexions les plus pertinentes sur l’Afghanistan tombeau des Empires et l’ouverture sur la colonisation indienne. Et enfin, un des textes les plus fondamentaux qui est L’origine de la famille, de la propriété et de l’Etat. Engels prend très au sérieux les commandes d’expertise de son ami parce qu’il sait qu’il ne s’agit pas d’intuitions nées d’une analogie historique, il y a là une piste pour leur “œuvre” qu’il presse constamment Marx d’achever avec l’idée qu’elle est plus essentielle y compris que les discussions politiciennes. L’érudition de ces deux hommes est stupéfiante. Marx depuis sa prime jeunesse recopie des livres entiers, ce qui est sa manière de se les approprier. Comme je le signalais récemment, sa formation de juriste intervient immédiatement dans son approche philosophique pour élucider le terme de propriété et en quoi les formes juridiques de celles-ci sont-elles révélatrices ou non de la réalité de l’appropriation, celle des moyens de production. Avant même de s’initier à l’économie, il met en cause la propriété du capital souvent à partir de la forme juridique initiale en particulier à travers tout ce qui concerne le droit romain. Continuer la lecture de En quoi le PCF est-il en train de renouer avec Marx et la lutte des classes en France ? Le sait-il lui-même ? + discours de Fontaine (Vidéo)

Comme l’affirment nos camarades cubains : « Il n’y a pas d’autres options que le socialisme ! » par Fabienne Lefebvre

 

Cette contribution de Fabienne Lefebvre nous permet de noter en quoi les préoccupations de ce blog rejoignent ce qui devient l’enjeu de cette conférence du PCF. C’est une étape de la préparation du prochain congrès qui en dit à la fois les limites dans la représentation démocratique comme dans le niveau des préoccupations mais insiste sur l’urgence, le refus du temps perdu. Il y a comme le dit le texte de la pétition que nous avons publiée ici et qui a déjà près de 300 signatures dont celle de Fabienne et d’autres responsables du parti comme elle en prise directe avec les problèmes des villes populaires et des fermetures d’entreprises, les difficultés des services publics et des mairies. Ce ne sont plus seulement les intellectuels qui en appellent à la théorie marxiste, à la géopolitique, mais bien ceux qui sont confrontés à la férocité de l’impérialisme dans toutes ses conséquences dans tous les “territoires”, tout doit être concret, de la nocivité des choix européens à ce qu’exigent de moyens les écoles, le logement social, etc.. La nouveauté est que plus vous êtes les mains dans le cambouis, plus vous exigez un effort de réflexion, de l’internationalisme. Sans négliger l’importance d’avoir des élus plus vous avez besoin d’avoir un parti qui retrouve son autonomie pratique, celle d’un Fabien Roussel dont on se réjouit de ne plus le voir dans les empoignades du parlement mais bien avec le casque d’Arcelor Mittal ou en ce moment du côté de Grenoble multipliant les rencontres de ce type, dénonçant la fermeture d’une grande surface où les employés qui sont à dix ans de la retraite sont jetés, son discours sur la paix en retrouve la vigueur nécessaire. Et là j’en reviens au texte de Fabienne : ce n’est pas un hasard si c’est dans le contexte des guerres que toujours l’internationalisme a été une exigence du vrai patriotisme, une manière de conférer à la souveraineté, aux moyens de son exercice un retour à l’essentiel. Le texte de Fabienne Lefebvre que nous publions avec joie tant il témoigne de l’évolution du PCF ne commence pas par hasard en citant Cuba, la nécessité du socialisme et en réclamant de se tourner vers les BRICS là où sont créées d’autres conditions de la bataille pour le socialisme que nul ne mènera à notre place, et qui sera donc le socialisme à la française se nourrissant de toutes les expériences et luttes de nos traditions et s’ouvrant à celles des autres peuples. (note de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)


Depuis le 38e Congrès, notre Parti a fait le choix d’une réorientation majeure avec pour objectif de retrouver une visibilité et une autonomie vis à vis des autres forces de gauche, lui permettant de mettre en avant ses propositions sur la base d’un contenu de classe. Il a également fait le choix de remettre les cellules et notamment les cellules d’entreprises au cœur de son organisation, afin d’être au plus proche de la vie de la cité et des lieux de production, mais dans quel but, pour quelle rupture et pour quel projet ? Continuer la lecture de Comme l’affirment nos camarades cubains : « Il n’y a pas d’autres options que le socialisme ! » par Fabienne Lefebvre