Inégalités scolaires : « le poids de l’origine sociale est massif »

Un rapport de France Stratégie souligne le poids écrasant de l’origine sociale sur les trajectoires de vie. Deux tiers des élèves des catégories supérieures font des études après le bac, contre un quart parmi les enfants de familles modestes.

Le rapport de France Stratégie révèle que seulement 25 % des enfants issus de famille modeste accèdent aux études supérieures.
© Tobias SCHWARZ / AFP

 

« Poids des héritages et parcours scolaires ». L’intitulé du rapport rendu public ce 7 septembre par France Stratégies, un organisme autonome gouvernemental, traduit bien les enseignements de cette vaste étude destinée à comprendre « comment se fabriquent les inégalités au cours des parcours scolaires ».

Les travaux menés par ses trois autrices, Johanna Barasz, Peggy Furic et Bénédicte Galtier, dressent un vaste panorama qui met en lumière, à travers une synthèse des travaux statistiques conduits depuis une quinzaine d’années, le poids écrasant de l’origine sociale, de l’ascendance migratoire et du genre sur les parcours éducatifs, démontrant que les inégalités commencent « dès les premiers pas de l’enfant ». Peggy Furic, cheffe de projet chez France Stratégie sur les questions d’inégalités et de pauvreté, éclaire ici cette démarche inédite et dévoile ses principaux constats. Continuer la lecture de Inégalités scolaires : « le poids de l’origine sociale est massif »

Pacte enseignant : le diable se cache dans les détails

Les promesses du gouvernement sur les remplacements ou sur « un professeur devant chaque classe » passent par le pacte. Rejeté par une majorité de personnels, ce dispositif cache une attaque en règle du service public d’éducation.

Ce dispositif laisse croire que la solution repose sur le seul volontarisme des enseignants. Julien Pebrel/Myop

Ce dispositif laisse croire que la solution repose sur le seul volontarisme des enseignants. Julien Pebrel/Myop
© Julien Pebrel/ MYOP

Le pacte, c’est le cœur de la « révolution » voulue par Emmanuel Macron en matière scolaire. Ce dispositif, complexe pour des yeux peu habitués aux arcanes de l’éducation nationale, doit permettre à la fois de tenir les promesses faites aux enseignants français – parmi les plus mal payés d’Europe – pour améliorer leur rémunération et les performances de l’éducation nationale en matière de réussite scolaire, de lutte contre les inégalités et même d’insertion dans l’emploi. L’enjeu n’est donc pas mince. Pap Ndiaye, le prédécesseur de Gabriel Attal Rue de Grenelle, l’avait claironné au printemps : pour que cela fonctionne, il faudrait que 30 % des enseignants s’engagent dans la démarche. Aujourd’hui, le ministère se fait beaucoup plus discret sur le sujet. Et pour cause : à en croire les remontées de terrain parvenues aux principaux syndicats, c’est au pire un rejet clair et net, au mieux de gros doutes qui habitent les professeurs. Décryptage des principaux points de friction. Continuer la lecture de Pacte enseignant : le diable se cache dans les détails

Nos priorités pour les Français (Fabien Roussel PCF)

TÉLÉCHARGER LA LETTRE DE FABIEN ROUSSEL À EMMANUEL MACRON


Monsieur le Président de la République,

La France est belle, riche, forte mais nos concitoyens subissent les durs effets de votre politique et de vos choix imposés de manière autoritaire. Notre pays affronte une situation très grave, au sein d’un ordre mondial en pleines convulsions.

Dans un tel contexte, dans ce moment de crise aiguë, démocratique, écologique et sociale, le Parti communiste français est convaincu de l’impérieux besoin pour la Nation de se projeter dans un avenir heureux, de bonheur partagé, respectant chaque citoyen et garantissant à chacun, chacune, sa place dans la société.

Au sortir de l’occupation hitlérienne, les gouvernements formés sur la base du programme du Conseil national de la Résistance avaient, dans cet esprit, favorisé des avancées sociales et démocratiques comme il en aura rarement existé dans notre histoire.

Je vous parlerai avec franchise : le problème vient du fait que vous faites exactement l’inverse, et que vous vous employez à détricoter ces belles conquêtes de la Libération.

Il est ainsi pour le moins stupéfiant de lire sous votre plume un éloge de « l’esprit de dépassement et de dialogue » que démentent vos six années d’exercice de la magistrature suprême.

Les souffrances et les attentes du peuple de France ont été purement et simplement ignorées.

À la morgue, au mépris parfois se sont ajoutées des politiques et des pratiques qui ont tragiquement creusé les inégalités, affaibli nos services publics, déconsidéré les corps intermédiaires, bafoué la démocratie sociale et foulé aux pieds la souveraineté du Parlement.

Les six premiers mois de cette année vous ont encore vu conduire une réforme des retraites poussant nos concitoyens à travailler au-delà de 64 ans, jusqu’à 67 ans pour de nombreuses femmes.

Vous avez choisi de passer en force face à l’un des plus grands mouvements sociaux qu’ait connu notre pays, de refuser toute négociation avec les organisations syndicales unies, de ne tenir aucun compte des propositions de juste réforme de notre système de retraite que nous avions avancées.

Et voilà que, pour la première fois depuis de très nombreuses années, des dirigeants syndicaux nationaux voient engagées contre eux des poursuites. Pour le monde du travail, cette atteinte supplémentaire aux libertés syndicales est légitimement ressentie comme une hostilité brutale. Nous vous demandons solennellement de veiller à garantir le libre exercice du droit syndical dans notre pays.

Inutile de vous dire que j’éprouve quelques difficultés à voir dans votre initiative de ce jour autre chose qu’un exercice de communication.

Si vous vouliez vraiment répondre aux angoisses du moment, vous vous mettriez enfin à l’écoute de nos compatriotes, du monde du travail qui ne ménage pas ses efforts mais n’en profite jamais, de la jeunesse qui voit son avenir bouché par la précarité ; vous renonceriez à une politique qui ne sert que le capital et taxe sans fin les salariés et les retraités.

Si, à l’instar de l’un de vos ministres, vous souhaitiez parler aux classes populaires, votre priorité dans la période devrait être d’agir au service de la justice, de l’égalité sociale, de la démocratie.

C’est le sens des propositions que nous portons pour la France, avec nos parlementaires et nos élus présents dans tous les territoires de la République, dans le cadre d’une ambition collective, d’un projet partagé avec le plus grand nombre de nos concitoyens.

La priorité des priorités reste et demeure l’inflation, la lutte contre la vie chère, les bas salaires, la précarité du travail.

C’est réparer la France du travail par un pacte pour le pouvoir d’achat, pour le travail et la formation, avec des hausses des salaires et des pensions, par des conditions de travail dignes.

Avec les forces de gauche et écologistes, nous vous proposons une série de mesures très concrètes dont l’indexation des salaires sur l’inflation, l’augmentation du smic à 1 600 euros net, la conditionnalité des aides publiques versées aux entreprises, l’égalité réelle des salaires entre les femmes et les hommes.

Au regard de la gravité de la situation du pays, je vous propose aujourd’hui de réunir en urgence un Grenelle des salaires et des pensions, et de mettre en œuvre sans attendre un plan de lutte contre l’inflation reposant sur le blocage des prix, la baisse de la TVA et la taxation des superprofits des entreprises.

Faire Nation nous invite à nous adresser fortement à la jeunesse.

Nous vous proposons un pacte pour la jeunesse : ayons l’ambition de garantir à chaque jeune un avenir avec un emploi durable ou une formation qualifiante et un salaire. Nous voulons 0 jeune au chômage. Et reconstruisons l’école publique ; ce qui suppose de garantir la gratuité des fournitures scolaires, de mettre en place un revenu étudiant, de construire des logements étudiants, d’abroger Parcoursup et de donner aux enseignants, comme aux personnels de l’Éducation nationale, les moyens d’exercer vraiment leurs missions, sans leur demander de travailler davantage, alors qu’il s’agit d’abord de respecter et revaloriser leur métier.

Nous demandons d’augmenter leur point d’indice pour que le salaire minimum atteigne 2 000 euros net. Nous proposons un plan de pré-recrutement en urgence de 10 000 étudiants en L3 à former en deux ans et leur permettant d’atteindre la titularisation avec un niveau master.

L’heure est à lancer un grand plan de reconstruction des services publics. Je pense en particulier à la santé qui est au cœur des préoccupations de nos concitoyens. À l’opposé de toute augmentation des franchises médicales, nous proposons d’aller vers une véritable prise en charge à 100 % des soins et la reconquête de la Sécurité sociale sur la base de ses principes fondateurs de solidarité et d’universalité des droits. Il est également plus que jamais nécessaire de refonder l’hôpital public pour lui donner les moyens de ses missions et d’engager une nouvelle stratégie nationale de santé.

Favoriser l’essor des arts, de la culture et des politiques sportives, c’est un grand enjeu d’émancipation qui nécessite de transformer profondément les politiques publiques et d’y consacrer au moins 1 % du PIB pour chacune d’entres-elle.

Faire Nation appelle également à respecter la démocratie, à écouter le cœur battant du peuple, à aimer nos concitoyens dans leur diversité et dans leurs engagements.

Les événements tragiques qui se sont déroulés suite au meurtre de Nahel doivent nous inviter à beaucoup d’humilité. La France ne se parle plus, ne se comprend plus. Il est donc urgent de bâtir un pacte pour la réconciliation nationale.

L’appel de Grigny, porté par notre collègue Philippe Rio et des maires de toutes sensibilités, a présenté des propositions en ce sens.

Certaines d’entres-elles ont été retenues mais si peu ! C’est tellement insuffisant par rapport aux inégalités existantes. Qu’attendez-vous vous pour aller au bout ? Vous le savez pourtant : ce que vous n’investissez pas aujourd’hui coûtera plus cher à la France demain.

Le droit à des services publics de qualité, à l’emploi, à des logements décents, à la tranquillité publique, à une police de proximité sont au cœur de ce plan pour nos villes et nos quartiers. Il n’y a pas d’économie à faire en ces domaines.

Faire reculer les trafics de drogues, d’armes, s’attaquer à la prostitution impose de mettre en place des moyens sans précédent localement, avec beaucoup plus de moyens d’enquête, de justice, d’accompagnements sociaux, de prévention, de suivi des peines par des éducateurs et des agents de probation aujourd’hui débordés.

Comment lutter contre l’argent facile de la drogue quand elle coule à flots dans nos quartiers ? Il faut s’attaquer à la source, aux narco-trafiquants, au blanchiment de l’argent et en redonnant des moyens aux services des douanes le long de nos frontières.

En s’attaquant au blanchiment de l’argent, vous vous rendrez compte à quel point les banques sont parfois complices, aidées par des paradis fiscaux toujours présents.

Le respect de notre pacte républicain impose d’être extrêmement ferme avec la délinquance en col blanc, la corruption, la fraude et l’évasion fiscale.

Enfin, faire Nation exige de respecter la dignité humaine et les droits de tous les travailleurs. Comme beaucoup d’autres, nous réclamons la régularisation des travailleurs sans papiers et l’élaboration avec les pays de l’Union européenne, les élus locaux et les associations concernées d’une politique d’accueil des personnes fuyant leur pays afin de ne plus laisser quiconque mourir dans la Mer du Nord ou en Méditerranée.

Concernant nos institutions, notre pacte républicain doit reposer sur la confiance envers elles et ses représentants. Comment les Français peuvent-ils avoir encore confiance dans leur Parlement, leurs députés, lorsque le gouvernement sanctionne les débats à coup de 49-3 ?

Nous demandons, là aussi, de réformer nos institutions pour les rendre plus démocratiques en rééquilibrant les pouvoirs en faveur du Parlement et de la démocratie sociale.

Nous proposons la suppression des articles 49-3, 40, 47-1 de la Constitution, car ils privent le Parlement de son rôle démocratique. Nous proposons l’instauration d’élection à la proportionnelle aux élections législatives, sans diminuer le nombre de députés et de rétablir les élections législatives avant l’élection présidentielle.

Nous proposons de donner de nouveaux pouvoirs d’intervention aux salariés dans les entreprises afin qu’ils participent, avec les actionnaires, aux choix les concernant.

Nous demandons de redonner du pouvoir et des moyens aux élus locaux, notamment les maires et les conseillers départementaux, de compenser strictement l’ensemble des compétences transférées par l’État et de mettre fin à la loi NOme. Le couple département-communes doit redevenir l’interlocuteur privilégié de l’État.

La réforme de nos institutions doit permettre un dialogue réel et sincère avec les élus de Corse comme avec ceux des territoires d’Outre-mer qui attendent, eux aussi, que l’on tienne compte de leurs spécificités, du poids de la vie, des monopoles privés, du sous-investissement chronique de l’État qui les prive aujourd’hui des moyens nécessaires pour le traitement des déchets, l’approvisionnement en eau ou le développement de leur souveraineté alimentaire.

Faire Nation, c’est respecter tous les peuples de la République française, leurs cultures, leurs histoires, leurs langues. Et là aussi, toute réforme devra être soumise par voie de référendum aux habitants des territoires concernés. C’est aussi savoir les écouter quand ils expriment leur colère.

Concernant l’ISF ou plus récemment la réforme des retraites à 64 ans, les Français ont souhaité être interrogés. Écoutez-les. Donnez-leur la parole. Cela fait maintenant des mois que nous réclamons un référendum sur ces sujets.

De même, nous vous demandons d’interroger les Français sur le retour du pacte budgétaire européen qui impose tant de rigueur et d’austérité.

Nous n’en voulons pas. Nous demandons pour notre part l’instauration d’un autre pacte budgétaire européen, permettant de mettre l’argent de la BCE au service de l’emploi, de la transition écologique, des services publics avec des taux 0 % pour les États et les collectivités.

Nous proposons ainsi la création d’un fonds européen de développement écologique et social, qui financerait des embauches massives dans les services publics et permettrait également de faire face aux enjeux climatiques.

Sur ce sujet, l’accélération du dérèglement climatique n’est pas une question pour nous. C’est une réalité. C’est une urgence.

Soyons à la hauteur du bouleversement en cours et cessons de culpabiliser les Français individuellement : il faut révolutionner notre système économique pour agir rapidement et en profondeur.

Nous appelons la France à mettre en place un pacte annuel pour le climat à hauteur de 6 % du PIB, comme le recommande le Giec.

En matière énergétique, la France doit retrouver toute sa souveraineté et ne plus céder aux injonctions de l’Allemagne, comme aux lobbies anti-nucléaire. Il est urgent de sortir du marché européen de l’énergie, de baisser les tarifs du gaz et de l’électricité pour les ménages, les communes, les services publics, les entreprises, et d’investir massivement dans la production d’électricité décarbonée issue du renouvelable et du nucléaire. Voilà un choc de pouvoir d’achat et de compétitivité utile et efficace, garanti par un service public de l’électricité et du gaz. Vous faisiez référence au CNR. Voilà de quoi s’en inspirer.

Ce pacte pour le climat doit permettre la rénovation de 700 000 logements par an, la création d’un service public de l’eau, la gratuité des transports publics dans les métropoles, la prime à la conversion pour les véhicules électriques d’occasion avec un véhicule populaire produit en France, la relocalisation de l’activité industrielle, la promotion de la souveraineté alimentaire garantissant à chacun de manger sain et à sa faim.

Concernant la paix, vous connaissez notre attachement à toutes les initiatives permettant d’ouvrir un espace de dialogue en faveur d’un cessez-le feu en Ukraine et pour l’ouverture de négociations.

Dans une lettre que je vous ai récemment adressée, je vous disais que la France doit prendre une initiative avec quelques propositions que j’ai esquissées. Je sais qu’elles font débat parmi les parlementaires, de droite comme de gauche. C’est l’occasion de dépasser les clivages et de proposer un chemin pour la paix en Europe et de renoncer à inscrire cette guerre dans le temps long, avec son cortège de souffrances et de désespérance pour les peuples d’Ukraine, de Russie, mais aussi d’Europe.

Enfin, pour œuvrer à un nouvel ordre du monde, de justice et de droit, la France doit entendre l’aspiration des peuples d’Afrique à conquérir leur souveraineté ; l’heure est venue d’en finir avec les vestiges du néocolonialisme, et de construire avec les nations de ce continent une nouvelle relation, basée sur la coopération et un co-développement solidaire. Plus généralement, notre pays doit de nouveau faire entendre sa voix afin que soient appliquées les résolutions des Nations unies, partout dans le monde où elles ne sont pas respectées et où la liberté des peuples se trouve bafouée.

En résumé, Monsieur le Président de la République, nous sommes disposés à travailler s’il s’agit de répondre aux urgences du moment et de permettre des avancées sociales et démocratiques pour nos concitoyennes et concitoyens. Pas de participer à un théâtre d’ombres…

Je vous prie de croire, Monsieur le Président de la République, en ma haute considération.

Fabien Roussel
Secrétaire national du PCF

Snes-FSU : la réalité vs les discours

« Encore un effort pour être républicain comme Ferdinand Buisson, monsieur le Président » C. Lelièvre

Claude Lelièvre, historien, a tenu à répondre à Emmanuel Macron dans cette tribune qu’il signe dans le Café pédagogique Il revient sur la référence du Président à Ferdinand Buisson. Un petit cours d’Histoire qui semble plus que nécessaire…

Une image contenant Visage humain, personne, homme, habits Description générée automatiquementDans votre interview au journal Le Point de mercredi dernier, vous avez affirmé qu’«il s’agit de faire des républicains, comme disait Ferdinand Buisson ». Compte tenu de l’importance de cette ambition que l’on peut tout à fait partager, encore faut-il que cela soit le plus clair possible. Or Ferdinand Buisson s’est longuement exprimé à ce sujet et le mieux est de saisir ce qu’il a dit dans toute sa force pour éviter les contrefaçons., et d’abord la vôtre. Continuer la lecture de « Encore un effort pour être républicain comme Ferdinand Buisson, monsieur le Président » C. Lelièvre

Pour un plan de recrutement et de formation des enseignants à la hauteur des enjeux

Le déficit de recrutement des enseignant·es se confirme année après année et conduit à l’impossibilité d’assurer un service public d’éducation capable d’assurer ses missions.

Une véritable politique de revalorisation devient urgente. Les mesures proposées dans le cadre du Pacte sont incapables de traiter ce problème majeur et le gouvernement laisse la situation se détériorer.

Une véritable revalorisation s’impose.

La question du déficit d’attractivité de la profession enseignante doit aussi être résolue par un changement de politique de recrutement et de formation :

  • Une mesure d’urgence : le recrutement en licence de 10 000 enseignant·es pour la prochaine rentrée qui bénéficieraient d’une formation de deux ans jusqu’au concours.
  • A terme : la mise en œuvre de prérecrutements au niveau du bac ou de la licence. Salarié·es, ces élèves-fonctionnaires stagiaires disposeraient d’une formation jusqu’à bac+5 leur donnant les moyens d’exercer leurs missions sans être prématurément chargé·es de pallier les manques par un exercice prématuré de la responsabilité d’une classe. Ils seraient rémunérés par un salaire correspondant au premier échelon en contrepartie d’un engagement de 10 ans d’exercice dans le service public d’éducation. Leur recrutement définitif serait assuré par concours.

La situation est critique. Le déficit de recrutement n’est pas un accident momentané que quelques promesses incertaines ou quelques mesures ponctuelles pourraient régler. Ne pas vouloir l’entendre et ne pas vouloir engager un plan déterminé pour le résoudre relève d’une grave irresponsabilité.

C’est l’avenir de notre école publique et de ses élèves qui est en jeu.

Paris, le 6 juillet 2023
Parti communiste français

 

Appel pour la jeunesse populaire

Pourquoi brûlent-ils des écoles ?

Pacte : l’outil de la libéralisation de l’École in Caf. Péda. + Carnets Rouges n°29

Moissac: Lettre ouverte au préfet (PCF Castel/Moissac/Pays de Serres) + pétition + communiqué

A la suite des propos ignominieux tenus par M. Lopez lors des dernières cérémonies de commémoration, les communistes, les progressistes, les citoyens-es s’adressent à M. le Préfet.

lettre ouverte au préfet propos de M Lopez

Castelsarrasin le 9 juin 2023

à Vincent Roberti, préfet du Tarn et Garonne,

à Arnaud Sorge, sous-préfet de l’arrondissement de Castelsarrasin,

Objet : lettre ouverte concernant les propos tenus à Moissac lors des commémorations

Monsieur le Préfet,

En l’espace d’un mois, lors de deux cérémonies officielles de commémoration dans la ville de Moissac, nous avons assisté à des discours porteurs d’un révisionnisme de mauvais aloi à l’heure où la République se doit d’afficher son unité dans le monde anxiogène qui est le nôtre.

En effet, profitant de la tribune qui lui est de droit, en présidant les cérémonies du 8 mai, « commémoration de la victoire de 1945 » et le 8 juin, en « hommage aux morts pour la France en Indochine », le maire de Moissac M. Lopez a tenu des propos inquiétants en présence des autorités préfectorales et de l’ensemble des élus-es et citoyens-nes présents.

Nous voulons vous faire part de notre vive protestation et nous nous élevons contre ce discours qui consiste à falsifier l’histoire en énonçant le 8 mai que « les nationalistes, royalistes et catholiques ont été les premiers résistants » dans la ville des Justes qui a tant fait pour sauver des griffes vichystes des centaines d’enfants juifs, qui a abondé les maquis de Dolmayrac, du Corps Franc Pommiès et d’autres, en hommes et femmes qui se sont sacrifiés contre l’envahisseur allemand, qui ont subi pendaisons et assassinats par les hordes nazies…

Nous voulons également vous faire part de notre vive protestation quant à la récidive de M. Lopez lors de la commémoration d’hier, ce jeudi 8 juin, ou le discours prononcé avait tous les accents d’une diatribe aux relents fascisants en falsifiant l’histoire à coup de qualificatifs reprenant les thèses de l’œuvre civilisationnelle de la France dans le Pacifique, parlant de « phare hexagonal qui éclaire le monde par ses philosophies classique et humaniste », mais aussi glorifiant « Ses héros, à l’image du général de Lattre de Tassigny, s’engageaient avec l’esprit du missionnaire. » et se poursuivant par l’utilisation de termes tels que « croisade » , « une croisade face à la barbarie communiste ; une croisade dont la foi en l’universelle France a transcendé ces paras, ces légionnaires ».

Ce violent pamphlet exprimé en public par un représentant de la nation et sorti tout droit des cercles soraliens et révisionnistes les plus obscurs se poursuivait par les mots « d’Union Française » et spécifiait qu’il fallait célébrer « auprès des jeunes nos éclatantes victoires, qu’elles furent royales, impériales ou républicaines, nous devons rappeler l’œuvre positive de la plus Grande France, qu’elle fut spirituelle, philosophique ou matérielle. » en référence à l’occident chrétien.

Lopez a terminé son discours par un vibrant « le déshonneur s’abattrait sur nous si nos œuvres politiques avaient pour résultante l’ensevelissement de la plus belle des œuvres, l’œuvre française pour laquelle ils donnèrent leur vie. Vive nos paras et nos légionnaires, vive la mémoire de la plus Grande France, Vive notre civilisation, Vive la France !» sans que quiconque ne semble trouver à y redire.

Vous comprendrez Monsieur le Préfet, combien à la lecture de ces mots, nous soyons très inquiets de cette dangereuse et manipulatoire dérive.

Nous savons que ce type de discours avait lieu mais jusqu’à présent ils restaient confinés dans les réunions privées, apparaissaient dans quelques livres sulfureux prisés des mouvances identitaires, des groupes fascistes et néo-nazis. Aujourd’hui, il est insupportable qu’il s’étale sur la place publique porté par un maire lors de cérémonies officielles. Les « Morts pour la France », engagés par devoir plus que par goût méritent l’hommage apaisé de la Nation et ne peuvent servir de caution à des thèses nationalistes qui en d’autres temps ont fait basculer le monde dans l’horreur de guerres mondiales.

Après les affichages demandant la révision du procès de Pétain qui ont fleuri sur les panneaux « libres » de la ville, les tracts contre les populations immigrées responsables de tous les maux, les affiches vichystes, la présence d’identitaires, les discours de M. Lopez sont de nature à troubler l’ordre Républicain, à alimenter les ressentiments et sont dangereux pour la pérennité des valeurs de la République.

Au nom des communistes, des démocrates, des progressistes et des citoyens-nes de notre territoire, nous demandons le respect de notre devise républicaine :  Liberté, Egalité, Fraternité et Laïcité.

Dans l’attente de vous lire, recevez M. le Préfet, l’expression de notre engagement républicain.

Maximilien Reynès-Dupleix, secrétaire du PCF Castel/Moissac/Pays de Serres        


Lettre pétition citoyenne: « pour le respect des hommages républicains à Moissac »

Monsieur le préfet du Tarn et Garonne,

Monsieur le sous-préfet de l’arrondissement de Castelsarrasin,

Nous, citoyens moissagais et moissagais de coeur, attachés aux valeurs républicaines de notre pays, souhaitons, par la présente, vous informer de notre indignation face aux  discours tenus par le maire de Moissac lors des commémorations républicaines.

 Le 8 mai 2023 à l’occasion de la commémoration de la victoire du 8 mai 1945, le maire de Moissac a tenu des propos révisionnistes dans lesquels il a nié le rôle des communistes dans la résistance, tout en s’abstenant de condamner le nazisme et en imputant les lourdes pertes humaines de cette guerre aux « progrès scientifiques du 19ème siècle ».

Le 8 juin 2023 à l’occasion de l’hommage rendu aux Morts pour la France en Indochine, le maire de Moissac a réécrit l’histoire. Il a transformé l’élan d’émancipation d’un peuple en une manipulation politique à l’occasion d’un discours belliqueux, sans manifester la compassion due aux victimes civiles de cette guerre. Ce discours a été publié sur les réseaux sociaux de la commune :  https://www.moissac.fr/actualites/hommage-aux-morts-pour-la-france-en-indochine/

Ces commémorations républicaines sont devenues une tribune politique guerrière et partisane pour le maire de Moissac et ne permettent plus aux citoyens de partager, nombreux, ces temps de mémoire collective. Nous tenions à vous signaler notre inquiétude et souhaitons que ces cérémonies républicaines, auxquelles vous assistez monsieur le sous-préfet, respectent l’hommage aux victimes et l’histoire de notre pays.

Veuillez agréer, monsieur le préfet et monsieur le sous préfet, l’expression de nos respectueuses salutations.

signature de la Lettre pétition citoyenne


communiqués PCF82 et PS

Communiqué du PCF82 suit aux propos scandaleux du maire de Moissac et réaction des communistes de la section de Castel/Moissac qui interpellent le Préfet de Tarn-et-Garonne
Aucune description de photo disponible.Le Jeudi 8 juin, au cours de l’hommage rendu aux Morts pour la France en Indochine, M. Lopez Maire de Moissac a tenu des propos tout droit sortis des pires discours néocolonialistes de ces prédécesseurs de l’extrême droite tels Le Pen ou Soral…
C’est la 2ème fois, après le 8 mai dernier, qu’il utilise des commémorations officielles pour tenter de réécrire l’histoire mettant en avant la grandeur civilisationnelle de la France, parlant « d’Œuvre Française, d’éclatantes victoires royales, impériales ou républicaines », fustigeant l’ennemi rouge lors de ces discours belliqueux dans lesquels il occulte sciemment les victimes civiles et l’élan d’émancipation des peuples face au colonialisme.
Nous condamnons avec fermeté ces propos révisionnistes qui sont indignes d’un élu de la Nation.
Nous interpellons M. le Préfet, garant de nos institutions pour que cessent ces diatribes haineuses et que soit garanti la devise républicaine : Liberté, Egalité, Fraternité et Laicité.
Montauban le 10 juin 2023
PCF82

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