Avec « Comment le fascisme gagne la France », le sociologue Ugo Palheta veut « réveiller les consciences »

Sociologue spécialiste des extrêmes droites, Ugo Palheta analyse dans son dernier ouvrage l’accélération du processus de « fascisation » en France. Il appelle à un sursaut et à un débat stratégique au sein de la gauche.

 

Le sociologue spécialiste des extrêmes droites vient de publier un nouveau livre. Comment le fascisme gagne la France est une version largement remaniée et augmentée d’un premier opus, la Possibilité du fascisme, paru en 2018. Ugo Palheta y note une progression des thèses racistes et xénophobes, tout en réfutant l’inéluctabilité d’une victoire prochaine du Rassemblement national. À condition de « renouer avec l’antifascisme ».

Qu’est-ce qui a changé depuis « la Possibilité du fascisme » paru en 2018 pour justifier cette nouvelle édition ? Continuer la lecture de Avec « Comment le fascisme gagne la France », le sociologue Ugo Palheta veut « réveiller les consciences »

Les classes populaires, invisibles en politique, selon un rapport du collectif Démocratiser la politique

Le collectif enquête depuis trois ans sur les causes de la sous-représentation des classes populaires dans les sphères politiques. Il entend rendre obligatoire la « parité sociale » pour tous les scrutins.

 

En 20 ans, la représentation des classes populaires en politique a dégringolé. C’est l’un des constats clés du collectif Démocratiser la politique (Dlp), qui a présenté mardi 10 juin les premiers éléments de son enquête, qui sera dévoilée fin juin. Continuer la lecture de Les classes populaires, invisibles en politique, selon un rapport du collectif Démocratiser la politique

« Un réseau qui vieillit est un réseau qui se dégrade » : le financement des transport, une bombe à retardement à 200 milliards d’euros + pétition OCCITANIE

Après des années de sous-investissement, les réseaux de voyageurs et marchandises sont rattrapés par le vieillissement des infrastructures. Dans le ferroviaire, un « effondrement irréversible » est pointé par la SNCF. Tous modes de transports confondus, les besoins d’investissement approchent les 200 milliards d’euros dans les décennies à venir alors qu’une conférence de financement se réunit jeudi 12 juin à Bercy.

En matière de transports, la France peut-elle se « tiers-mondiser » ? Rattrapés par des années de sous-investissement, ses réseaux routier, ferroviaire et fluvial sont à la croisée des chemins. « L’âge moyen des caténaires est de 40 ans. Au moins 50 % des chaussées du million de kilomètres de nos routes sont dégradées, comme 34 % de nos ponts Ces chiffres ont augmenté de 4 % à 5 % entre 2018 et 2022. Un réseau qui vieillit est un réseau qui se dégrade », s’était ému François Bayrou au lancement d’Ambition France Transports, la conférence de financement des infrastructures, le 5 mai.

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A69, Et le service public là-dedans , il est où ?

A69 : UNE AUTOROUTE CONTESTÉE QUI SYMBOLISE LES DÉRIVES DES CONCESSIONS AU PRIVÉ
Depuis plusieurs années, le projet d’autoroute A69 entre Castres et Toulouse divise l’opinion. À l’origine, ce projet visait à améliorer la liaison entre deux villes, l’une (Toulouse) étant un pôle économique majeur, l’autre (Castres) une ville moyenne enclavée. Mais les moyens choisis pour y parvenir ont suscité une opposition de plus en plus large et structurée. Derrière ce débat, c’est toute une conception du développement, de l’aménagement du territoire et de l’usage des fonds publics qui est remise en question.

Résistance, collaboration, Épuration : un colloque pour lever le voile sur les zones d’ombre de la Libération en Tarn-et-Garonne In DDM

NDLR de MAC: Nous reprenons ici l’invitation faite dans le cadre du 80ème anniversaire de la victoire sur l’Allemagne Nazie. Un colloque pour éviter les réécritures de l’histoire par certains et notamment au profit des révisionnismes du RN entre autres!

. A lire aussi: Mémoire trafiquée de la Seconde Guerre mondiale : quand l’Histoire devient une arme de guerre

  • À gauche : des soldats de la Das Reich installés à Montauban, à droite commémoration à la Libération à Montauban

À gauche : des soldats de la Das Reich installés à Montauban, à droite commémoration à la Libération à Montauban Photo archives départementales de Tarn-et-Garonne et Alfonsi

Un colloque à Montauban et Septfonds, les 16 et 17 mai 2025, interroge les processus locaux de la Résistance, de la répression et de l’Épuration. Un retour aux sources pour mieux comprendre les enjeux historiques et mémoriels, à l’occasion des commémorations des 80 ans de la Libération.

En Tarn-et-Garonne, comme ailleurs en France, les années 1944-1945 marquent une rupture. Une séquence brève, mais décisive, au cours de laquelle se joue la fin de l’Occupation allemande, l’affirmation des maquis, la violence des représailles, la reconstruction politique et morale du pays.

À l’occasion des 80 ans de la Libération, les archives départementales de Tarn-et-Garonne organisent, en partenariat avec La Mounière – Maison des mémoires de Septfonds, un colloque de deux jours, ouvert au public, les 16 et 17 mai 2025. Objectif : éclairer cette période à partir d’archives récemment accessibles et d’un croisement d’approches locales et nationales. Continuer la lecture de Résistance, collaboration, Épuration : un colloque pour lever le voile sur les zones d’ombre de la Libération en Tarn-et-Garonne In DDM

Fabien Roussel : « Unis, les salariés pèsent, sont forts et ont des intérêts à défendre »

Juste avant le 1er mai, Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, publie son troisième livre aux éditions le Cherche Midi, « le Parti pris du travail ». Il souhaite mettre ce thème au cœur du débat public et pense qu’il peut contrer la division des salariés orchestrée par la droite et l’extrême droite.

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Crise du logement, comment relancer la construction ? (Débat)

Dans un contexte où on assiste à une baisse du nombre de permis de construire, une vingtaine d’associations ont déposé plainte contre l’État, l’accusant d’inaction face au fléau du mal-logement.

Le modèle français du logement social fait face à une déstructuration sans précédent, accélérée par la politique macroniste et ses penchants systématiques pour la privatisation. Depuis 2017, on assiste notamment à une baisse drastique des permis de construire qui conduit à un manque de logements abordables. Il y a urgence à remettre la question du logement au cœur des politiques publiques.

Le dernier rapport annuel de la Fondation pour le logement des défavorisés montre que de nombreux indicateurs sont au rouge. Peut-on dire que la situation s’aggrave ? Continuer la lecture de Crise du logement, comment relancer la construction ? (Débat)

« Trains de la colère » : venus de Cahors et de Clermont-Ferrand, des centaines d’élus et d’usagers demandent des comptes à Paris sur l’abandon de leurs lignes + Videos

À l’appel des associations Urgence ligne Polt et Objectif capitales, des centaines de personnes venant du Centre comme du Sud-Ouest ont convergé vers Paris pour demander au gouvernement d’investir dans le réseau ferroviaire.

 

Un ras-le-bol commun, une détermination partagée. Ce mardi 15 avril, près de 400 personnes ont quitté Cahors (Lot) et Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) aux aurores pour rallier Paris à bord de deux « trains de la colère ». À leur arrivée en gare d’Austerlitz, élus, usagers, associations et représentants d’entreprises ont dénoncé « le manque d’investissement de l’État » sur les lignes Paris-Orléans-Limoges-Toulouse (Polt) et Paris-Clermont-Ferrand. Continuer la lecture de « Trains de la colère » : venus de Cahors et de Clermont-Ferrand, des centaines d’élus et d’usagers demandent des comptes à Paris sur l’abandon de leurs lignes + Videos

La Fin de la Trêve Hivernale : Un Combat Crucial Contre les Expulsions (CNL)

Chaque année, la trêve hivernale offre un répit temporaire aux milliers de familles menacées d’expulsion en France. Cependant, ce fragile bouclier s’effrite lentement mais surement sous la pression de politiques de plus en plus répressives à l’égard des locataires en impayés et face à l’inaction de l’État dans la crise de la construction de logements sociaux.

Une Trêve Hivernale Menacée

La trêve hivernale, instaurée en 1956, interdit initialement toute expulsion entre le 1er décembre et le 15 mars. En 2008, elle a été élargie aux coupures d’énergie, empêchant les fournisseurs de priver les foyers de chauffage et d’électricité durant cette période. En 2014, la loi ALUR l’a prolongée jusqu’au 31 mars. Malgré ces avancées, la trêve hivernale est devenue une parenthèse de plus en plus fragile, notamment avec l’adoption de la loi Kasbarian-Bergé en 2023, qui facilite et accélère les expulsions pour impayés de loyer.

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Des milliers de familles risque de se retrouver à la rue ce printemps © Julien Sueres

 

La CNL en Première Ligne

La Confédération Nationale du Logement (CNL) est en première ligne pour défendre le droit au logement. Elle dénonce la financiarisation des politiques du logement social et la mise à mal de la mixité sociale. Eddie Jacquemart, président de la CNL, a souligné dans le rapport d’activité 2024 que « la nomination de Guillaume Kasbarian au ministère du Logement a immédiatement mis la CNL en alerte. » La CNL appelle à un changement radical des politiques du logement, notamment avec la création d’une Sécurité Sociale du Logement, le gel des loyers, et la réduction des charges locatives.

Mobilisation Contre les Expulsions

Le week-end des 29 et 30 mars 2025 sera marqué par des mobilisations partout en France contre les expulsions locatives. La CNL, aux côtés d’autres associations et syndicats, appelle à une mobilisation générale pour défendre l’idée « qu’Un toit, c’est un droit et c’est la loi ! ». Les manifestations visent à exiger l’arrêt des expulsions, de la spéculation et des démolitions de HLM, la baisse des loyers, la réquisition des logements vides, ainsi que la réquisition massive de logements sociaux.

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La CNL et de nombreuses autres organisations vont se mobiliser le 29 mars © Julien Sueres

Un Appel à l’Action

La lutte pour l’accès au logement pour tous reste d’une actualité brûlante. La CNL et ses alliés se mobilisent pour revendiquer haut et fort l’urgence d’un changement radical des politiques du logement. La manifestation du 29 mars à Paris, ainsi que d’autres rassemblements à travers le pays, sont des occasions cruciales pour faire entendre la voix des locataires et des familles menacées d’expulsion.

Eddie Jacquemart déclarait récemment lors de l’assemblée générale des présidents de fédérations de la CNL : « Nous avons réagi immédiatement en alertant l’opinion publique et en obtenant un avis défavorable du Conseil National de l’Habitat. » Cette réaction montre l’engagement de la CNL à défendre les droits des locataires face à des politiques qui menacent leur sécurité et leur stabilité.

La fin de la trêve hivernale marque un moment critique pour des milliers de familles en France. La mobilisation de la CNL et d’autres organisations est essentielle pour défendre le droit au logement et exiger des politiques plus justes et humaines. Rejoignez le combat et faites entendre votre voix pour un avenir où chaque personne aura un toit au-dessus de sa tête.

Illustration 3En Tarn et Garonne, la CNL se bat contre les expulsions © Julien Sueres

Pas d’agriculture prospère sans ruralités vivantes #Donzac20mars

Texte collectif

 

Plus de la moitié des agriculteurs français vont prendre leur retraite dans les dix ans à venir. Face à cet effondrement générationnel, l’installation de dizaines de milliers d’agriculteurs et d’agricultrices par an devrait faire l’objet d’une grande cause nationale. La sécurisation du revenu, la gestion des risques et la régulation des marchés constituent un triptyque indispensable au renouvellement des actifs. Toutefois, cette intention est rendue complexe dans des territoires où la République est démissionnaire.

En effet, comment se projeter sur une exploitation si localement il n’y a plus de médecin, plus d’école, plus d’administrations, plus de commerces ? Au-delà du strict repli des services publics, les villages et bourgs ruraux sont aussi victimes de la concentration de l’activité économique dans les pôles urbains. Et, dans bien des communes, le tissu associatif souffre, tandis que les solidarités entre habitants sont compromises par la montée de l’individualisme et la peur de l’autre. Ainsi, pour les communistes, installation agricole et défense de la ruralité vont de pair.

Les agriculteurs n’évoluent pas dans des unités de production déconnectées de leur environnement. Au-delà de leur fonction de producteur, ce sont aussi des habitants insérés dans un monde social. Alors, comment rendre le métier attractif si le territoire ne l’est pas ?

Au sentiment de déclassement économique se rajoute ainsi une forme de déclassement territorial, avec l’impression de vivre dans des communes « où tout fout le camp ». Malgré les mouvements de protestation, le pouvoir poursuit sa trajectoire budgétaire austéritaire vis-à-vis des collectivités territoriales et des services publics, dans une logique de soutien à la concentration financière capitaliste. La colère et l’impuissance à se faire entendre amènent rapidement à la recherche de boucs émissaires qui, dans un cercle vicieux, alimentent directement les intérêts du capitalisme, se nourrissant des divisions des travailleurs – urbains contre ruraux, nous contre eux – pour imposer des régressions sociales supplémentaires.

C’est pour inverser ce processus que le PCF défend des investissements publics massifs en direction des ruralités afin de rompre avec des décennies d’abandon. Ces derniers, bien loin d’être des coûts, constituent des avancées indispensables pour maintenir des emplois agricoles et créer des richesses sur les territoires.

Signataires :

Magali Balmefrezol, Sophie Barreau, Michel Beurier, Claudine Bonhomme, Dominique Boué, Nadia Boyer, Olivier Bronès, Julien Brugerolles, Philippe Brunet, Éric Cadoré, Julien Cantegreil, Christian Darriet, Sophie Delfino, Jonathan Dubrulle, Jean-Louis Durand, Nathan Goyer, Gérard Guérin, Patrick Fanet, Jean-Claude Lajous, Stéphane Le Bot, Gérard Le Puill, Anne Manauthon, Olivier Morin, Yannick Nadesan, Pierrick Nussbaum, Stéphane Pellerin, Luc Ripoll, Mathieu Soares, Guy Soulage, Marylène Tardy, Béatrice Tariol, Pierre Thomas, Alexandra Tricottet, Nathalie Vermorel, membres de la commission agriculture, pêche, forêt du PCF.