Le 49.3: une arme contre le peuple

Depuis qu’il existe, le 49.3 a déjà été utilisé plus de cent fois en France. Ces coups de force empêchant le vote des députés n’ont pas donné naissance à quelques mesurettes anecdotiques, mais bien à des réformes structurant notre quotidien.

Entre 1988 et 1991, le gouvernement Rocard aura dégainé le 49.3 à 28 reprises. Un record dans l’histoire de la Ve République. Eric Tschaen/REA
Crédit : Eric Tschaen/REA

Le 49.3 est souvent surnommé « l’arme nucléaire législative ». Il permet au gouvernement d’imposer une loi en se passant du vote des députés. Soit une bombe antidémocratique qui vient faire exploser le fonctionnement normal du Parlement. Clin d’œil révélateur ou facétieux de l’histoire, il s’avère que le tout premier 49.3 utilisé l’a été… afin de doter la France de la bombe atomique.

En 1960, Michel Debré, premier ministre et rédacteur de la Constitution de la Ve République, dégaine pour la première fois cet article afin de déployer un arsenal militaire de dissuasion nucléaire. Les députés, qui voulaient discuter davantage de l’ampleur de cet arsenal, de son rôle en pleine guerre froide, des dangers des essais nucléaires sur le territoire français, sont tout simplement privés de vote. Continuer la lecture de Le 49.3: une arme contre le peuple

Guerre Israël-Hamas : Marwan Barghouti, ou l’espoir de paix emprisonné

Le dirigeant palestinien le plus populaire est en prison depuis plus de vingt ans. Il pourrait pourtant détenir la clé de la résolution du conflit, alors qu’Israël se satisfait de l’impasse politique créée par la présence du Hamas à Gaza, et de l’impuissance d’une Autorité palestinienne discréditée.

Marwan Barghouti est emprisonné par Israël depuis 2002. © HAZEM BADER / AFP

 

Le 15 avril 2002, alors que la Palestine est en pleine Intifada, une escouade de l’armée israélienne pénètre à Ramallah, la ville palestinienne. Les soldats encerclent le bâtiment dans lequel se trouve celui qu’ils recherchent depuis longtemps : Marwan Barghouti. Quelques tirs se font entendre, puis le dirigeant palestinien, menotté, est emmené au QG de la police israélienne de sinistre mémoire, à Jérusalem.

Depuis cette date, Marwan Barghouti n’a plus recouvré la liberté. Pis, il a été soumis immédiatement à de multiples tortures. Il a raconté à ses avocats les pressions physiques sous la forme de privations de sommeil prolongées et d’interrogatoires ininterrompus, et du recours à la méthode dite du shabeh, qui consiste à attacher la personne interrogée à une chaise et la contraindre à y rester assise pendant plusieurs heures dans une position douloureuse – en l’occurrence des clous dépassant du dossier de la chaise l’empêchaient de se reposer. Il a passé plus de mille jours en isolement cellulaire. Il est en prison depuis plus de vingt et un ans maintenant. Continuer la lecture de Guerre Israël-Hamas : Marwan Barghouti, ou l’espoir de paix emprisonné

À Sées, le cadeau du département à une école privée catholique intégriste

Pour un loyer dérisoire de 1 000 euros par mois, le conseil départemental de l’Orne laisse à disposition du collège-lycée privé hors contrat de Sées, réservé aux filles, un monument historique de plus de 2 000 m2, au cachet exceptionnel.

En louant pour une somme modique ce monument historique, le département de l’Orne a permis à l’école privée hors contrat de se développer. © Dorian D’AMORE

Sées, (Orne), envoyé spécial

Un chef-d’œuvre de l’architecture néoclassique se dévoile derrière l’imposant portail bleu orné de dorure. À deux pas de la cathédrale qui domine la commune, le palais d’Argentré est l’un des plus beaux bâtiments de Sées.

Un monument historique de 2 266 m2, construit en 1778. L’édifice est public, propriété du département de l’Orne, mais un collège-lycée privé, sans contrat d’association avec l’État, y niche : l’institut Sainte-Anne d’Argentré, réservé aux filles. Le tout pour une bouchée de pain : 12 000 euros par an, comme l’atteste le bail validé par une délibération du conseil départemental le 24 mars 2017. Continuer la lecture de À Sées, le cadeau du département à une école privée catholique intégriste

Dans la guerre de l’information, c’est la vérité qui meurt

Un article brillantissime qui montre comment le mensonge d’une propagande effrénée finit par interdire toute vérité y compris sur les exactions réelles. Puisque les enfants n’ont pas été décapités le Hamas n’a pas assassiné de civils, pire encore l’extermination des juifs n’a jamais existé… Cela fait des années que l’on mesure bien ce que les outrances de la propagande et pas seulement dans le cas d’Israël produisent des effets pervers, le doute débouche sur l’irrationnel, sur une manière de répondre au “Mal” par la même diabolisation. (note de Danielle Bleitrach traduction de Marianne Dunlop)

https://vz.ru/opinions/2023/10/17/1235223.html

Une guerre de l’information est en cours, dans laquelle personne ne sera épargné – et surtout pas la vérité, principal ennemi de la propagande. Tout cela nous est familier grâce à l’expérience de la SVO, au cours de laquelle nous avons entendu à maintes reprises le mantra “La Russie est en train de perdre la guerre de l’information”.

Par Igor Karaoulov, poète, publiciste

Les guerres modernes sont régies par les médias. Au siècle dernier, les journaux contenant des informations sur la guerre pouvaient mettre une semaine pour atteindre les provinces, mais aujourd’hui, s’il y a des explosions et des effusions de sang quelque part, ils vous le montreront immédiatement. Bien sûr, s’ils le veulent, s’ils le jugent important et nécessaire ; personne ne s’intéresse au fait que les Hutus et les Tutsis peuvent se battre pendant des années sans qu’il y ait de supporters dans les tribunes.

Mais ce n’est pas le cas au Moyen-Orient. C’est là que se concentrent les intérêts géopolitiques des États-Unis et de leur principal allié asiatique, Israël. La Palestine est le point le plus douloureux pour l’ensemble du monde musulman. Et, bien sûr, la télévision et l’internet donnent toute la mesure du désordre qui règne au Moyen-Orient. Continuer la lecture de Dans la guerre de l’information, c’est la vérité qui meurt

Retour aux écoles normales versus enseignement des ‘’valeurs de la République’’? in Caf. Péda.

Attentat d’Arras : à Rennes, le local du PCF vandalisé par un groupuscule d’extrême droite

Accusé de s’être mobilisé, en 2014, contre l’expulsion de la famille de l’auteur de l’attentat d’Arras, le PCF d’Ille-et-Vilaine a trouvé, dimanche, sa permanence taguée. Le groupuscule d’extrême droite l’Oriflamme Rennes a revendiqué cette dégradation.

Le groupuscule d’ultra-droite l’Oriflamme Rennes a revendiqué cette attaque.
© Capture d’écran X

Rubalises et taches de peintures rouges recouvrent le portail d’entrée du local du PCF de Rennes, ce dimanche 15 octobre au soir. Plusieurs feuilles sont aussi collées, portant les inscriptions « Aujourd’hui le PCF soutient les assassins islamistes comme autrefois il défendait les terroristes algériens du FLN » et « Traîtres à la France, PCF assassins ».

Les militants d’extrême droite du groupuscule l’Oriflamme Rennes ont mis en scène leur immonde attaque, qu’ils revendiquent sur leurs réseaux sociaux : « L’entrée du local du PCF rennais, situé rue Louis Hémon, a été fermé (sic) symboliquement car après l’attaque d’Arras, il est devenu une véritable scène de crime ».

Depuis vendredi et l’attentat d’Arras, l’extrême droite accuse les communistes de s’être mobilisés en 2014, avec plusieurs associations dont le Mrap et la Cimade, pour empêcher l’expulsion de la famille Mogouchkov. Une mobilisation qui avait permis de faire annuler la procédure d’expulsion collective vers la Russie de cette famille assignée en résidence dans un foyer de La Guerche-de-Bretagne, en Ille-et-Vilaine. Mohammed Mogouchkov, le jeune homme qui a mortellement poignardé vendredi un enseignant devant un lycée d’Arras avait alors une dizaine d’années.

Aurélien Guillot, secrétaire fédéral du PCF en Ille-et-Vilaine, annonce porter plainte

Ce qui n’empêche pas l’extrême droite comme le groupuscule l’Oriflamme Rennes de considérer le PCF du département comme « des gauchistes qui promeuvent l’invasion migratoire et qui se retrouvent avec du sang sur les mains sans jamais l’assumer ».

Aurélien Guillot, secrétaire fédéral du PCF en Ille-et-Vilaine, a indiqué qu’il était « en train de porter plainte » et qu’il déplore que « l’extrême droite tente de créer une polémique de toutes pièces » en exploitant l’« acte terroriste » d’Arras. Le secrétaire national du PCF Fabien Roussel avait réagi, avant les dégradations du local de Rennes, aux attaques de l’extrême droite : « C’est honteux face à un tel drame d’ouvrir une polémique à l’encontre d’associations qui, au quotidien, œuvrent pour protéger des enfants. C’est indigne à l’heure où tout doit être fait pour unir les Français contre le terrorisme, l’obscurantisme et les fanatismes religieux. »

De son côté, le Mrap, également mis en cause, a dénoncé une « honteuse récupération d’un crime odieux », et rappelé qu’en 2014, le futur terroriste n’avait que 11 ans. « À moins de penser que le terrorisme est inscrit dans les gènes, il est idiot de répandre l’idée que le MRAP a « soutenu un terroriste » », écrit l’association, rappelant que la responsabilité judiciaire est « individuelle et non pénale ».

 

Laurence De Cock : Les visages de notre résistance in Caf. Péda.

Stop the war: un conflit inhumain qui menace de se généraliser

Peut être une image de 1 personne et enfant

Tout comme Israël a le droit d’établir un État, la Palestine aussi a dit le ministre des affaires étrangères chinois monsieur Wang à son homologue de l’UE monsieur Borrel : ” Alors que le peuple israélien a assuré sa survie, qui est là pour se soucier de la survie du peuple palestinien? La nation juive n’erre plus sur la Terre, mais quand la nation palestinienne pourra-t-elle retourner dans sa patrie ? Dans ce monde, il y a diverses injustices, et l’injustice envers la Palestine a été prolongée pendant un demi-siècle, portant la douleur de plusieurs générations. Cela ne peut plus durer”, a souligné M. Wang.

Oui cette injustice ne peut plus durer et aucune “représaille” ne le justifie… Le gouvernement israélien est en train de perdre le capital sympathie que l’attaque du Hamas avait suscité parce que la massacre, la torture infligée à tout un peuple n’est pas une réponse qui peut amener la tranquillité et la sécurité au contraire.

«En 6 jours, l’armée israélienne dit avoir tiré «environ 6000 bombes» sur la bande de Gaza, soit «4000 tonnes d’explosifs» sur une minuscule zone densément peuplée. Certains obus pesant une tonne seraient capables de causer des cratères de 5 à 30 mètres de profondeur. À titre de comparaison, le maximum de bombes tirées par l’armée des USA en Afghanistan sur un an a été de 7423. Pendant toute la guerre en Libye, l’alliance de l’OTAN a déclaré avoir largué 7600 bombes et missiles, selon Marc Garlasco ancien enquêteur de l’ONU. Gaza subit donc un pilonnage massif et indiscriminé, alors que ce territoire est 2000 fois plus petit que l’Afghanistan. Continuer la lecture de Stop the war: un conflit inhumain qui menace de se généraliser

Hommage à Dominique Bernard: la Cité scolaire de Moissac fait silence In DDM

Près de 2 000 collégiens, lycéens, enseignants et personnels ont observé une minute de silence dans la cour de la Cité Mitterrand hier à Moissac.
Près de 2 000 collégiens, lycéens, enseignants et personnels ont observé une minute de silence dans la cour de la Cité Mitterrand hier à Moissac. DDM
Eric Théron

l’essentiel Près de 2 000 personnes, dont 1 500 collégiens et lycéens, se sont rassemblées hier à la Cité scolaire Mitterrand à Moissac pour rendre hommage à Dominique Bernard.

Près de 2 000 collégiens, lycéens, enseignants, parents d’élèves et personnels administratifs et de service se sont réunis hier dans la cour de la Cité François Mitterrand à Moissac. C’est dans cet établissement qui abrite quelque 800 collégiens et plus de 600 lycéens que l’hommage à Dominique Bernard, ce professeur d’histoire-géographie assassiné vendredi à Arras, a été rendu officiellement.
Autour du Préfet, Vincent Roberti, il y avait là Michel Weill, président du conseil départemental, Marie Castro pour la Région, Romain Lopez, maire de Moissac et Cyril Le Normand, le nouvel inspecteur d’académie.

Comme partout en France, une minute de silence poignante a été observée. Sans le moindre murmure discordant dans les rangs. Un moment rare, digne et impressionnant.

En préambule, le Proviseur Philippe Sola a remercié l’ensemble des personnes présentes. « Nous avons souhaité une cérémonie sobre mais qui vient du cœur. Ensemble, nous défendons des valeurs et des idéaux contre la sauvagerie. Une nouvelle fois, l’école a été attaquée et nous allons y faire face ensemble. »
Deux élèves ont ensuite lu un texte. Mathis, collégien de 4e, a repris le poème « L’Oiseau » de Maurice Carême, tandis que Matthyas, en Terminale ST2S, a puisé son inspiration d’un texte écrit par Gauvain Sers « A Samuel Paty »

« L’heure est à l’unité et au rassemblement »

Vincent Roberti a pris la parole dans la foulée. « Il y a trois ans que Samuel Paty a été assassiné et l’horreur s’est malheureusement répétée. Chacun se souvient de ses enseignants et de ce qu’ils nous ont apporté. L’heure est à l’unité et au rassemblement autour de nos valeurs de liberté, égalité et fraternité. Ensemble, nous condamnons ces actes de violence, notre réponse à la haine doit être sans faille. » Après une vibrante marseillaise, les élèves ont regagné leur salle de classe. « On a de la tristesse et de la compassion pour les familles, soufflait Neo, un élève de Terminale. On se sent concerné, on est tous dans le même panier. C’était important d’être là, de se souvenir et de s’en servir. »
Professeur d’histoire-géographie, Fanny voyait dans cette cérémonie un motif d’espoir. « Cela nous rappelle combien il est important de lutter contre l’obscurantisme. L’assassinat d’Arras reste un acte isolé et j’ai envie de croire en l’avenir. Voir 1 500 collégiens et lycéens rassemblés pour observer respectueusement une minute de silence est pour moi un motif d’espoir. »

Dans la matinée, de 8 heures à 10 heures, les enseignants s’étaient réunis autour du Proviseur pour rédiger un communiqué commun qu’ils ont lu à leurs élèves. En parallèle, dans le cadre du plan Vigipirate renforcé, les mesures de sécurité ont été durcies. Il faut dorénavant présenter des papiers d’identité et avoir un rendez-vous pour pénétrer dans l’établissement.

 

Guerre Israël-Hamas : polémiques autour de la venue dans le Tarn et le Tarn et Garonne de la militante palestinienne Mariam Abu Daqqa

La militante palestienne Mariam Abu Daqqa
La militante pacifiste palestienne Mariam Abu Daqqa DR

 

l’essentiel En tournée à travers la France depuis début octobre, la militante palestinienne Mariam Abu Daqqa doit participer à une soirée débat le 19 octobre à Albi en « soutien à Gaza ». Le député RN Frédéric Cabrolier et le maire LR de Lavaur, Bernard Carayon, demandent l’annulation de l’événement.

La militante palestinienne Mariam Abu Daqqa sera-t-elle présente jeudi 19 octobre dans les locaux de l’union départementale de la CGT à Albi pour la soirée débat organisée par l’antenne tarnaise de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS) ? Continuer la lecture de Guerre Israël-Hamas : polémiques autour de la venue dans le Tarn et le Tarn et Garonne de la militante palestinienne Mariam Abu Daqqa