« Le pacte signe l’arrêt de mort du statut des professeurs » in Caf. Péda.

« Ferme France », une loi pour irriguer l’agrobusiness

Pesticides réautorisés, retenues d’eau encouragées, enjeux sanitaires évacués… La proposition de loi « pour un choc de compétitivité en faveur de la ferme France », soumise au vote ce mardi au Sénat, affiche de nombreux reculs environnementaux.

Pour Générations futures, la proposition de loi «   va totalement à l’encontre de l’objectif de réduction des pesticides porté par l’Union européenne et la France depuis quinze ans    ». Jean-François Monier/AFP

Pour Générations futures, la proposition de loi « va totalement à l’encontre de l’objectif de réduction des pesticides porté par l’Union européenne et la France depuis quinze ans ». Jean-François Monier/AFP

C’est un véritable cheval de Troie de l’industrie agroalimentaire. Portée par les trois sénateurs Laurent Duplomb (LR), Pierre Louault (Modem) et Serge Mérillou (PS), la proposition de loi « pour un choc de compétitivité en faveur de la ferme France », qui doit être votée ­solennellement ce mardi 23 mai au Palais du Luxembourg, après l’examen en première lecture, est aussi régressive que néfaste pour l’agriculture et la santé des consommateurs.

Un texte sur mesure pour les lobbies phytosanitaires…

Premier exemple, des pesticides 2.0, épandus à coups de drones : l’article 8 de ce texte autorise, via des dérogations, l’usage « d’aéronefs télépilotés ou contrôlés par intelligence artificielle pour la pulvérisation aérienne de produits phytopharmaceutiques ». Pourtant, l’épandage aérien est interdit depuis 2009 par une directive européenne du fait de risques élevés de dispersion dans l’air à proximité des habitations. Continuer la lecture de « Ferme France », une loi pour irriguer l’agrobusiness

Les guerres menées par les États-Unis depuis 2001 ont tué 4,5 millions de personnes

le sommet du G7 vu par le Sunday telegraph
Dans un rapport dévastateur publié lundi, le Projet sur le coût de la guerre (Cost of War Project) de l’université Brown estime qu’au moins 4,5 millions de personnes sont mortes des suites des guerres lancées par les États-Unis depuis les attentats du 11 septembre 2001. Et ce sont ces gens-là qu osent avec leur music hall des âmes nobles venir en plus nous jouer la comédie de la vertu démocratique pour accumuler et encore toujours de morts… Qu’il se trouve des gens assez lâches pour se prétendre de gauche et même communistes pour leur faire la main m’est insupportable et aujourd’hui je ne vous parlerai que de “culture”, de ce qui exige une vie pour laquelle on puisse mourir et pas comme des rats en pleine “tolérance” pour se faire accepter par ces gens-là (note de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)
Patrick Martin

Le projet de recherche, qui a régulièrement publié des estimations sur le nombre de personnes directement victimes de ces guerres – à partir d’estimations assez conservatrices – a porté son attention dans son dernier rapport sur les décès indirects, ceux causés par la perturbation de l’agriculture, des soins de santé, des transports et de toute l’économie à cause des guerres.

 

Un enfant afghan déplacé à l’intérieur du pays cherche du plastique et d’autres objets qui peuvent être utilisés pour remplacer le bois de chauffage, dans une décharge à Kaboul, en Afghanistan, le 15 décembre 2019. [AP Photo/Altaf Qadri]

Le total stupéfiant de 4,5 millions de morts comprend l’Afghanistan, l’Irak, la Libye, la Somalie, la Syrie et des parties du Pakistan touchées par les retombées de la guerre en Afghanistan. Les décès de soldats et d’entrepreneurs américains, notamment les décès ultérieurs dus à des cancers, des suicides et d’autres conséquences des guerres, ne sont pas pris en compte. Continuer la lecture de Les guerres menées par les États-Unis depuis 2001 ont tué 4,5 millions de personnes

Mixité : un protocole gagnant pour le privé in Caf. Péda.

Adèle Haenel : « Continuer de rendre désirable ce système est criminel »

SEVGI/SIPA

Elle a expliqué vouloir « politiser (son) arrêt du cinéma », c’est plutôt réussi. Dans une lettre publiée par Télérama, le 9 mai, l’actrice détaille les raisons de son absence à l’écran depuis trois ans, au profit d’un travail avec la chorégraphe Gisèle Vienne.

Son objectif ? « Dénoncer la complaisance généralisée du métier vis-à-vis des agresseurs sexuels et, plus généralement, la manière dont ce milieu collabore avec l’ordre mortifère écocide raciste du monde tel qu’il est », écrit la comédienne de 34 ans, récompensée par le César de la meilleure actrice en 2015 pour les Combattants, et qui avait quitté la cérémonie avec fracas, en 2020, quand Roman Polanski avait été déclaré « meilleur réalisateur ». Continuer la lecture de Adèle Haenel : « Continuer de rendre désirable ce système est criminel »

Brics contre G7 : décryptage d’un bras de fer géopolitique

  • Le sommet des sept principales puissances s’ouvre ce 19 mai, à Hiroshima (Japon).
  • Ce G7 se déroule dans un contexte de crise multidimensionnelle et de concurrence liée à la montée en puissance des pays émergents et du groupe des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud).
Emmanuel Macron, le Premier ministre japonais Fumio Kishida et le président américain Joe Biden au G7 à Hiroshima le 19 mai 2023. ©AFP

Emmanuel Macron, le Premier ministre japonais Fumio Kishida et le président américain Joe Biden au G7 à Hiroshima le 19 mai 2023. ©AFP

C’est une statistique comme le monde en est truffé mais qui a constitué un petit séisme parmi les observateurs des grands équilibres mondiaux. Début avril, la part du groupe des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) dans le PIB mondial équivalait à 31,5 %, contre 30,7 % pour les grands du G7 (États-Unis, Allemagne, Canada, France, Italie, Japon, Royaume-Uni). Continuer la lecture de Brics contre G7 : décryptage d’un bras de fer géopolitique

Lutte contre l’extrême droite : la Macronie a lâché l’affaire

Face aux néonazis qui défilent dans Paris comme dans l’affaire de l’agression du maire de Saint-Brevin, la Macronie se montre bien tiède face à l’extrême droite. Surtout quand on compare son attitude à l’agressivité qu’elle réserve à la gauche. Dans La Tête dans le flux, notre chroniqueur Cyprien Caddeo décrypte comment la majorité libérale contribue à désarmer l’opinion face au péril brun.

La tête dans le flux, c’est la chronique du service politique de l’Humanité.

Yannick Morez : « L’État nous a abandonné face à l’extrême droite »

Le maire démissionnaire de Saint Brévin, acculé par des groupuscules néofascistes, était entendu ce mercredi 17 mai par la Commission des lois du Sénat. Il dénonce une série de défaillances de l’État dans la gestion du projet de création, dans sa commune, d’un Centre d’accueil pour demandeurs d’asile.

Yannick Morez auditionné au Sénat. Le maire démissionnaire de Saint-Brévin date le début des menaces à son encontre de l'arrivée de militants d'extrême droite, qui avaient déjà sévi à Callac.

Yannick Morez auditionné au Sénat. Le maire démissionnaire de Saint-Brévin date le début des menaces à son encontre de l’arrivée de militants d’extrême droite, qui avaient déjà sévi à Callac.Image : Sénat

« On s’est retrouvés seuls à devoir affronter l’extrême-droite. » Yannick Morez, le maire démissionnaire de saint Brévin les pins, en Loire Atlantique, a exposé, devant la commission des lois du Sénat, ce mercredi 17 mai, au travers d’une minutieuse chronologie débutant en 2016, la cascades de défaillances de l’Etat et de ses représentants qui l’ont conduit, le 10 mai, a démissionner et a quitter le territoire de sa commune. L’Édile a dénoncé l’inaction des forces de gendarmeries, de la procureur de la république, du préfet et du sous-préfet, des ministres et même du président de la république tous sollicités, certains à plusieurs reprises, ces deux dernières années, depuis que le Collectif de préservation de la Pierre attelée et ses alliés de la fachosphère ont commencé de semer la terreur dans sa commune.

NDLR de MAC: Saint-Brévin : Rassemblés et unis le 24 mai en solidarité avec Yannick Morez (Fabien Roussel)

Industrie verte : le capital remporte la mise, l’écologie, l’emploi et la formation attendront !

Le bilan de l’action d’Emmanuel Macron sur la « réindustrialisation » est mensonger : notre pays continue de se désindustrialiser.

Le déficit commercial de marchandises manufacturées a enregistré un record en 2022, en atteignant 80 milliards d’euros ! Et le solde très faiblement positif d’emplois industriels depuis 2017 ne compense pas les millions d’emplois détruits (deux millions depuis 1974, dont un million depuis 2001). Aujourd’hui, seuls deux secteurs de l’industrie (énergie et traitement des déchets) voient des créations d’emplois, quand tous les autres décrochent. Dans l’automobile, après deux décennies d’affaiblissement, le patronat vient à nouveau de planifier la réduction d’emplois jusqu’en 2035, projetant une destruction de 90 000 emplois. Dans d’autres secteurs, la faiblesse de la filière est flagrante, comme dans le médicament, avec des pénuries de produits désormais. Continuer la lecture de Industrie verte : le capital remporte la mise, l’écologie, l’emploi et la formation attendront !

La guerre en Ukraine et notre obligation de rechercher la paix par MICHAEL VON DER SCHULENBURG

Tandis qu’en France, la totalité des forces politiques se sont empêtrées dans une adhésion totalement irresponsable aux vues de l’OTAN, on voit mal dans de telles conditions sur quelles bases ils pourraient contredire les résultats de la tournée de Zelensky pour adhérer à l’OTAN et recevoir toutes les armes que son rôle de “défenseur de la civilisation” à savoir le jardin européen contre la jungle du reste du monde est désormais reconnu.(1) Sur quelles bases les élections européennes? En revanche, la majeure partie de l’humanité y compris celle qui s’affirme non alignée tente comme la Chine de trouver une issue négociée. C’est un véritable constat de faillite des puissances occidentales qui est dressé par cet ancien secrétaire général adjoint de l’ONU et l’appel à un autre rôle international des puissances émergentes. (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

Une alerte pour trouver des solutions pacifiques

La guerre en Ukraine entre maintenant dans sa deuxième année sans aucune tentative de trouver une solution pacifique. Au lieu d’entamer des pourparlers de paix, les parties belligérantes se sont empêtrées davantage dans une dangereuse spirale d’escalade militaire par le déploiement de systèmes d’armes de plus en plus puissants. Comme s’ils étaient encore pris dans la pensée belliqueuse de la première moitié du XXe siècle, ils espèrent que des offensives militaires à grande échelle et une victoire militaire pourront leur apporter la paix tant désirée. Ce faisant, cela ne fera que détruire davantage l’Ukraine. Mais une conséquence encore plus dangereuse est que le prestige des deux plus grandes puissances nucléaires du monde dépend du résultat de ces offensives militaires. Cela augmente le risque d’une confrontation directe entre les puissances nucléaires américaines et la Russie (deux pays qui possèdent environ 90% de toutes les armes nucléaires du monde).

Après la Première et la Seconde Guerre mondiale, ce serait la troisième fois qu’une guerre qui a commencé sur le sol européen pourrait se transformer en guerre mondiale, mais cette fois avec des conséquences potentiellement plus dévastatrices. Déjà maintenant, des gens partout dans le monde qui n’ont rien à voir avec ce conflit en subissent les conséquences économiques. Une guerre nucléaire pourrait anéantir tous les peuples, qu’ils appartiennent ou non à une partie belligérante. Ainsi, une situation s’est présentée que nos ancêtres avaient voulu prévenir par le biais de la Charte des Nations Unies.

Le préambule de la Charte des Nations Unies stipule que « Nous, peuples des Nations Unies, sommes déterminés à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui, deux fois au cours de notre vie, a causé des souffrances indicibles à l’humanité… » Malheureusement, cet appel de l’ONU dans sa Charte semble aujourd’hui oublié. En particulier, les membres fondateurs originaux, et donc supposés protecteurs, de la Charte des Nations Unies, les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et maintenant aussi la Russie, ont à plusieurs reprises érodé ses principes pour leurs propres objectifs politiques ou, en fait, l’ont complètement ignoré. En tant que membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU disposant d’un droit de veto, ils étaient en mesure de le faire. Dans la guerre d’Ukraine, ces quatre puissances de veto sont maintenant devenues des adversaires directs, tournant en dérision la Charte des Nations Unies destinée à empêcher de telles guerres. Par conséquent, ils sont les premiers responsables de cette guerre et de ses conséquences pour l’humanité.

L’appel principal de la Charte des Nations Unies est de rechercher des solutions pacifiques

Un argument qui est constamment répété en Occident est que la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine est illégale en vertu du droit international et que l’Ukraine a donc non seulement le droit de se défendre, mais aussi de demander l’aide d’autres États pour se défendre. Cela est incontestable, car cette conclusion est basée sur les principes de la Charte des Nations Unies. Mais la Charte de l’ONU donne-t-elle aussi à l’Occident le droit de poursuivre cette guerre à volonté, de rechercher une victoire militaire sur la Russie et de rejeter tous les efforts de paix pour ces raisons ? Certainement pas!

La raison en est que la Charte des Nations Unies est un accord entre tous les États membres pour résoudre leurs conflits pacifiquement. L’interdiction de l’usage de la force militaire à des fins politiques est fondée sur cela, et non l’inverse. Par conséquent, la Charte des Nations Unies n’est pas un accord de cessez-le-feu mondial, mais l’obligation de tous les États membres d’assurer la paix mondiale par des moyens pacifiques. C’est à cet égard que la Charte des Nations unies rompt avec une logique militaire du passé qui a conduit à tant de guerres, notamment en Europe. Si aujourd’hui on soutient à nouveau que la paix ne peut être obtenue que par la force des armes, c’est-à-dire par la guerre, c’est un retour à la pensée militariste antérieure à la Charte des Nations Unies.

La Charte des Nations Unies a pour tâche principale de « maintenir la paix et la sécurité internationales et, à cette fin : de prendre des mesures collectives efficaces en vue de prévenir et d’écarter les menaces contre la paix et de réprimer les actes d’agression ou autres ruptures de la paix, et d’obtenir des moyens pacifiques et conformément aux principes de la justice et du droit international, l’ajustement ou le règlement de différends ou de situations de caractère international susceptibles d’entraîner une rupture de la paix […] ». Puis plus explicitement : « Tous les membres règlent leurs différends internationaux par des moyens pacifiques de manière à ne pas mettre en danger la paix, la sécurité et la justice internationales. »

L’obligation de la Charte de régler les conflits pacifiquement existe non seulement pour prévenir les guerres, mais aussi pour trouver des moyens d’en sortir. Par exemple, la résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies du 2 mars 2022, qui condamne fermement l’intervention militaire de la Russie, appelle non seulement la Russie et l’Ukraine, mais tous les États concernés à trouver une solution pacifique à la guerre en Ukraine : « l’Assemblée générale demande instamment une action pacifique immédiate et un règlement du conflit entre la Fédération de Russie et l’Ukraine par le dialogue politique, la négociation, la médiation et d’autres moyens pacifiques ».

À bien des égards, la Charte des Nations Unies est supérieure à la vision dominante en noir et blanc d’aujourd’hui d’un monde entre le bien et le mal, ou même entre des États prétendument démocratiques et autoritaires. La Charte des Nations Unies n’utilise pas de termes tels que guerre d’agression, guerre préventive, guerre antiterroriste ou même guerre humanitaire. Elle ne fait pas de distinction entre les systèmes politiques respectifs des États membres, ni entre les points de désaccord justifiés et injustifiés entre les parties à un conflit. La Charte des Nations Unies part du principe qu’il y a toujours deux parties à chaque conflit, mais qu’elles doivent être réconciliées par des moyens pacifiques. Appliqué à la guerre en Ukraine, tout conflit entre les intérêts de sécurité de la Russie et ceux de l’Ukraine aurait dû être résolu par la négociation. Le refus de l’Occident d’accepter les préoccupations de sécurité de la Russie comme légitimes et maintenant son refus de négocier une solution pacifique au conflit l’ont rendu complice de la guerre en Ukraine.

Complicité occidentale dans la guerre en Ukraine

La gravité de l’escalade du conflit au sujet de l’expansion de l’OTAN aux frontières de la Russie, qui a maintenant conduit à la guerre, est évidente pour toutes les parties depuis au moins 1994. La Russie a averti à maintes reprises que l’admission de l’Ukraine et de la Géorgie dans l’OTAN violerait ses principes élémentaires, ses intérêts de sécurité et franchirait une ligne rouge. Il s’agirait d’un conflit classique qui aurait dû, et aurait probablement pu, être résolu diplomatiquement conformément à la Charte des Nations Unies. Mais cela ne s’est pas produit, ni pour empêcher une guerre, ni pour parvenir à une issue pacifique à la guerre une fois qu’elle avait commencé. C’est aussi une violation de la Charte des Nations Unies.

Ignorant les préoccupations de la Russie, l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN a été systématiquement poursuivie. Cela n’a pas continué sans provocations répétées. L’Occident n’a même pas hésité à soutenir le renversement violent d’un président ukrainien légitimement élu (OSCE) en 2014 pour installer un gouvernement favorable à l’adhésion à l’OTAN. Selon Victoria Nuland, aujourd’hui secrétaire d’État adjointe, les États-Unis avaient financé ce renversement à hauteur de 5 milliards de dollars. En réalité, il s’agissait peut-être d’un montant beaucoup plus important. En outre, il s’agit d’une violation grave de la souveraineté d’un membre de l’ONU et donc d’une violation de la Charte des Nations Unies.

Suite aux récentes déclarations d’Angela Merkel et de François Hollande sur les accords de Minsk I et Minsk II, la question se pose de savoir si ceux-ci ont été négociés de « bonne foi » ou s’ils ont servi dans le seul but de gagner le temps nécessaire au renforcement militaire de l’Ukraine. Étant donné que ces accords sont devenus juridiquement contraignants par la décision du Conseil de sécurité de l’ONU, ce serait une parodie choquante de tout droit international.

Lorsqu’en 2021, la Russie a réagi à la décision de l’OTAN d’aller de l’avant avec l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN en massant des troupes à sa frontière avec l’Ukraine, elle a fait une nouvelle tentative pour parvenir à une résolution pacifique. Cela a conduit à un certain nombre d’activités diplomatiques, mais l’Occident a catégoriquement rejeté toute discussion sur l’entrée de l’Ukraine dans l’OTAN. Le gouvernement ukrainien a même répondu en février 2022 par ce qui a été les bombardements les plus massifs du Donbass contrôlé par les rebelles pro-russes et leur population civile.

Même après le début de la guerre, l’OTAN, en particulier les États-Unis et le Royaume-Uni, a torpillé tous les efforts de paix. Dès la première semaine de mars 2022, le Premier ministre israélien de l’époque, Naftali Bennet, a tenté de négocier un cessez-le-feu entre la Russie et l’Ukraine. Selon sa récente interview, la Russie et l’Ukraine ont montré un grand intérêt à mettre fin rapidement à la guerre et, selon les mots de Bennet, un cessez-le-feu était « à portée de main ». Mais on n’en est pas arrivé là, parce que, comme Bennet l’a expliqué, « ils (les États-Unis et le Royaume-Uni) ont bloqué un cessez-le-feu, et je pensais qu’ils avaient tort ».

Les efforts de paix les plus importants ont été les négociations de paix entre l’Ukraine et la Russie. Au cours de la troisième semaine de mars 2022, un mois seulement après le déclenchement de la guerre, les deux parties ont réussi à établir un plan pour un accord de paix global : l’Ukraine accepterait de ne pas rejoindre l’OTAN et de ne permettre aucune base militaire étrangère, sans la présence de puissances sur son territoire, tandis que la Russie accepterait en échange de reconnaître l’intégrité territoriale de l’Ukraine et de retirer toutes les troupes d’occupation russes. Des dispositions spéciales ont été prises pour le Donbass et la Crimée. Une conférence de paix prévue le 29 mars 2022 à Istanbul avait pour but de négocier les questions restantes (telles que les garanties de sécurité) dans l’espoir de parvenir à un projet de traité de paix. Mais ensuite, l’Ukraine s’est retirée des négociations sous la pression des États-Unis et du Royaume-Uni. Le ministre turc des Affaires étrangères, Çavuşoğlu, dira plus tard à propos de l’échec de la conférence de paix d’Istanbul : « certains pays de l’OTAN voulaient que la guerre en Ukraine se poursuive afin d’affaiblir la Russie. »

Combien de vies, combien de souffrances et de destructions auraient pu être évitées si l’OTAN avait soutenu les efforts de paix entre l’Ukraine et la Russie en mars 2022 ? Après tout, c’était ce que l’Ukraine voulait à l’époque. Au lieu de cela, l’OTAN a torpillé ces efforts de paix et porte donc une lourde responsabilité dans les nombreuses victimes et destructions causées par la guerre depuis lors.

Nous devons reconnaître que l’Ukraine a cherché, au moins au début, des solutions pacifiques. Le président Zelensky, immédiatement après le déclenchement de la guerre, a demandé au Premier ministre israélien Bennet de servir de médiateur avec la Russie. C’est aussi lui qui avait encouragé les négociations de paix entre l’Ukraine et la Russie qui ont commencé à peu près au même moment. Toujours le 27 mars 2022, Zelensky avait fait preuve de courage pour défendre les résultats préliminaires des négociations de paix entre l’Ukraine et la Russie en public devant des journalistes russes, alors que l’OTAN avait déjà décidé lors de son sommet extraordinaire du 24 mars 2022, de ne pas s’opposer à ces négociations de paix. En fin de compte, Zelensky a cédé aux pressions de l’OTAN et a opté pour la poursuite de la guerre. Compte tenu de la forte dépendance de l’Ukraine à l’égard du soutien financier et militaire occidental, il n’avait probablement pas d’autres options.

La décision de poursuivre la guerre maintenant a conduit à la destruction généralisée de l’Ukraine, à des souffrances incommensurables de son peuple et à la perte d’une grande partie du territoire ukrainien. Aujourd’hui, la position de négociation de l’Ukraine serait bien pire qu’en mars 2022. Cela peut expliquer la position actuelle de Zelensky de tout miser sur la victoire totale sur la Russie. Mais même si cela était possible, une telle victoire aurait un coût humain énorme et pourrait entraîner la destruction complète de l’Ukraine. Le président Zelensky et la plupart de ses compagnons d’armes ont dû déjà se rendre compte qu’ils n’auraient pas dû écouter leurs nouveaux amis occidentaux en mars/avril 2022. En rejetant une solution négociée en mars, les Ukrainiens paient maintenant de leur sang une guerre qui poursuit les intérêts stratégiques de l’OTAN. Ce n’est peut-être pas la dernière fois que les Ukrainiens se sentent trahis.

La guerre en Ukraine est la preuve que la Charte des Nations Unies est indispensable

Depuis la fin de la guerre froide, l’Occident, en particulier les États-Unis, a remis en question à plusieurs reprises la validité de la Charte des Nations Unies. La Charte des Nations Unies et son principe d’« égalité souveraine » ne sont pas compatibles avec la prétention de l’Amérique à être le seul leader mondial. Dans leur rôle perçu de décideur mondial, les États-Unis, selon le Congressional Research Service, ont mené 251 interventions militaires dans d’autres pays depuis la fin de la guerre froide, sans compter les opérations secrètes de la CIA ou le soutien aux guerres par procuration. On peut supposer que beaucoup, sinon la plupart, de ces interventions étaient des violations de la Charte des Nations Unies. Dans presque tous les cas, ils ont échoué et n’ont laissé derrière eux que des souffrances humaines, la destruction, le chaos et des gouvernements dysfonctionnels. Des démocraties n’en sont jamais sorties. L’Ukraine est-elle aujourd’hui destinée à subir le même sort ?

La guerre en Ukraine a rapproché le monde d’une catastrophe nucléaire plus que tout autre conflit depuis la fin de la guerre froide, peut-être même depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Cela aurait dû nous faire prendre douloureusement conscience de l’importance et de l’indispensable de la Charte des Nations Unies aujourd’hui pour réglementer les relations pacifiques entre ses États membres. Pour maintenir la paix mondiale, la seule voie qui reste à l’humanité est un accord volontaire entre les États pour résoudre leurs conflits pacifiquement.

La Charte des Nations Unies était autrefois un grand cadeau à l’humanité de la part des puissances victorieuses de la Seconde Guerre mondiale, des États-Unis, de l’Union soviétique de l’époque, du Royaume-Uni et de la France. Aujourd’hui, précisément ces États (ou leurs États successeurs) ont été discrédités au point qu’on ne peut plus attendre d’eux qu’ils renouvellent et protègent la Charte des Nations Unies. Le flambeau d’un ordre mondial pacifique fondé sur la coopération doit maintenant être porté par d’autres pays, par des pays comme le Brésil, l’Argentine et le Mexique en Amérique latine; par l’Inde, la Chine et l’Indonésie en Asie; par l’Afrique du Sud, le Nigéria et l’Éthiopie en Afrique ou l’Égypte et l’Arabie saoudite au Moyen-Orient. Si ces pays assumaient une plus grande responsabilité dans le maintien de la paix mondiale, ils feraient également un pas important vers un monde plus multipolaire et plus juste. Quoi de mieux pour cela que de revenir à un ordre de paix mondial fondé sur la Charte des Nations Unies et son principe de « l’égalité souveraine de tous ses membres » ?

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Michael von der Schulenburg, ancien Secrétaire général adjoint de l’ONU, a fui l’Allemagne de l’Est en 1969, a étudié à Berlin, Londres et Paris et a travaillé pendant plus de 34 ans pour les Nations Unies, et brièvement pour l’OSCE, dans de nombreux pays en guerre ou en conflit armé interne, impliquant des gouvernements fragiles et des acteurs armés non étatiques. Il s’agissait notamment d’affectations à long terme en Haïti, au Pakistan, en Afghanistan, en Iran, en Irak et en Sierra Leone et de séjours plus courts en Syrie, dans les Balkans, en Somalie, au Sahel et en Asie centrale. En 2017, il a publié le livre « On Peacebuilding: Rescuing the Nation-State and Saving the United Nations », AUP.

(1) Au lendemain de la réception de Volodymyr Zelensky à l’Élysée, Emmanuel Macron a rappelé la stratégie de la France : «Aider l’Ukraine à résister, à organiser, au moment où elle choisira, une contre-offensive pour pouvoir ramener tout le monde à la table des négociations et dans des conditions qu’elle aura choisies, bâtir une paix durable pour elle.» Si Emmanuel Macron assure que la France a déjà livré «beaucoup», notamment des canons Caesar, des munitions, des véhicules blindés, il annonce que de «nouvelles munitions» vont être envoyées en Ukraine. «On ne fait pas la guerre à la Russie, on aide l’Ukraine à résister face à l’assaillant russe. Ce qui veut dire qu’on ne livre pas d’armes qui permettraient d’atteindre le sol russe ou d’attaquer la Russie. Et on n’affaiblit pas non plus la capacité de la France à se défendre elle-même», a-t-il martelé. Le président français a cependant botté en touche sur la nature des nouvelles armes livrées à l’Ukraine, déclarant seulement que la France allait envoyer «d’autres matériels, d’autres munitions, d’autres missiles qui ont une portée qui permet à l’Ukraine de résister.»«Nous avons décidé de bâtir avec les Ukrainiens à l’est du pays des éléments pour former leurs troupes, leurs bataillons qui seront en charge de mener la contre-offensive et de résister et de réparer les véhicules, les canons», a révélé le président sur TF1. Emmanuel Macron a également ouvert «la porte pour former des pilotes» ukrainiensCes derniers pourraient d’ailleurs suivre un entraînement dans l’Hexagone. Et ce, éventuellement sur des avions français ; même si le chef de l’État est resté évasif sur ce sujet. «Les formations peuvent commencer dès maintenant», a-t-il encore indiqué, assurant que cela pourrait être fait avec «les pays européens qui y sont prêts». «Je crois que des discussions sont en cours avec les Américains», a-t-il avancé. Concernant la livraison d’avions de chasse, le président a affirmé ne pas avoir «parlé d’avions» mais de «missiles et de formation». «Pour le moment, on commence la formation. C’est l’accord qu’ont pris plusieurs Européens», a-t-il conclu.