Femmes artistes : les chiffres édifiants du sexisme

Qu’elles soient scientifiques, philosophes, écrivaines… les femmes n’ont cessé, et ne cessent encore, d’être confrontées aux inégalités de genre. Existences ignorées, œuvres invisibilisées, travaux minimisés – si ce n’est réattribués à des hommes – dans de nombreux domaines, même très présentes, il leur est difficile d’exister. C’est particulièrement le cas dans le monde de l’art, comme en fait la démonstration édifiante Anne Bourrassé, commissaire d’exposition et critique d’art, dans un essai passionnant, Les Refusées, au sous-titre évocateur : Les artistes femmes n’existent pas. Une enquête à travers le temps qui réussit haut la main le pari de s’adresser autant au milieu de l’art qu’aux non-spécialistes. Face à cet effacement, quel rôle l’Ecole peut-elle jouer ? Anne Bourrassé répond aux questions du Café pédagogique. Continuer la lecture de Femmes artistes : les chiffres édifiants du sexisme

Les années quatre-vingt et la « vertu » incarnée par Lionel Jospin avec le tournant de la « rigueur » et l’atlantisme, démonstration… par Danielle Bleitrach

 

Lionel Jospin est mon contemporain et quand j’ai vu que l’on ressortait à la télévision le débat qui l’avait opposé à Georges Marchais cela m’a paru dans la logique d’une situation qui continue à peser sur la France, la fin du parti communiste et son remplacement par diverses formes de social démocratie. Nous étions le 29 avril 1980. Alors que les socialistes et les communistes ne se parlent plus depuis trois ans après la rupture du Programme commun de gouvernement, Lionel Jospin, alors n°2 du PS et Georges Marchais, secrétaire général du PCF, se retrouvent à la télévision dans l’émission « Les Dossiers de l’écran », à l’occasion des 60 ans du congrès de Tours. Lionel Jospin jusque-là inconnu y pratique une technique qui est celle de l’OCI, des débats pugnaces déstabilisateurs dans lequel il lance « cela fait soixante ans que vous n’êtes plus ouvrier. Moi ce matin je travaillais en faisant mon métier d’enseignant ». Ce qui est la négation du léninisme, d’un parti de la classe ouvrière constituant son propre personnel d’Etat face à la bourgeoisie et le retour à un parti dominé par ceux qui ont du temps et un savoir acquis dans les institutions bourgeoises sans la possibilité de leur propre formation. Cette domination supposée des couches moyennes, le retour des notables avec le primat des élections pour financer les postes de responsables du parti et une presse qui n’est plus partisane se dévoile dans cet affrontement. C’est la démocratie des préaux et la fin de celle de la dictature du prolétariat ou la démocratie élargie à toute la population, dont les travailleurs, les ouvriers ne sont pas exclus. C’est la désaffection d’aujourd’hui, l’abstention et le vote pour le RN, les divisions exacerbées à l’intérieur du monde du travail.

C’est déjà Mélenchon disant à ce qu’il reste du PCF, « vous êtes le néant » et s’acharnant hors toute vraisemblance lui et ses sbires sur tout ce qui relève la tête et rappelle ce que fut le communisme. Continuer la lecture de Les années quatre-vingt et la « vertu » incarnée par Lionel Jospin avec le tournant de la « rigueur » et l’atlantisme, démonstration… par Danielle Bleitrach

Incidents graves à l’école : des écarts qui en disent long (Rapport de la DEPP)

En légère baisse en 2024-2025, les incidents graves signalés dans les établissements scolaires restent un révélateur des inégalités du système éducatif. Marqueurs de tensions et de difficultés, à la fois sociales et scolaires, ils sont beaucoup plus présents dans les établissements publics que privés, et davantage en lycée professionnel qu’en lycée général.

Des signalements plus fréquents dans le second degré

On compte 14 incidents graves pour 1 000 élèves dans le second degré, contre 4 pour 1 000 élèves dans le premier degré. La majorité des incidents graves sont des atteintes aux personnes, essentiellement verbales. 79 % des écoles et 28 % des collèges déclarent une absence d’incident grave.

Un incident sur dix dans le second degré est d’ordre raciste, antisémite, xénophobe ou homophobe, contre un sur vingt dans le premier degré, principalement à l’école élémentaire.

Les auteurs des faits sont majoritairement des élèves, et les victimes sont pour moitié des élèves et pour moitié des personnels. Dans le premier degré, les personnels sont davantage représentés parmi les victimes. Ce sont les principaux résultats de l’enquête annuelle Sivis menée auprès des chefs d’établissement, notamment à la suite de conseils de discipline ou de commissions éducatives.

Des écarts marqués selon les établissements

Derrière les moyennes se cachent de fortes disparités. Les différences entre types d’établissements restent importantes. Dans le second degré, on recense 14 incidents graves pour 1 000 élèves. Ce taux atteint 20 pour 1 000 en lycée professionnel, contre 6 pour 1 000 en lycée général, illustrant les inégalités structurelles du système éducatif.

Le recul du nombre d’incidents correspond à une baisse des signalements déclarés dans les établissements publics. Toutefois, le caractère déclaratif de ces données invite à la prudence dans leur interprétation : certains établissements privés peuvent ne pas souhaiter communiquer sur ces incidents, tandis qu’une hausse des signalements peut aussi refléter une meilleure formation ou une sensibilisation accrue. La note d’information de la DEPP souligne ainsi qu’« une augmentation des signalements peut s’expliquer par une amélioration de la culture de la prévention ou par la reconnaissance progressive de certaines atteintes (par exemple les violences sexistes et sexuelles, le harcèlement, etc.). À l’inverse, un manque de temps des équipes pédagogiques ou d’encadrement, ou la méconnaissance de certains incidents (par exemple lorsque davantage de faits ont lieu sur les réseaux sociaux), peut conduire à une baisse des signalements ».

Les élèves sont très majoritairement les auteurs des faits : 92 % dans le second degré, contre 59 % dans le premier degré, où les atteintes peuvent aussi être commises par des familles d’élèves (30 % dans le premier degré contre 3 % dans le second degré). Dans le premier degré, plus de la moitié des victimes sont des personnels (61 %). Dans le second degré, les victimes sont élèves et personnels à parts égales (41 % chacun).

Des atteintes majoritairement verbales

Huit incidents graves sur dix signalés au collège sont des atteintes verbales aux personnes. Dans le premier degré, 87 % des incidents graves sont des atteintes verbales, contre 80 % dans le second degré. La moitié de ces incidents correspond à des violences verbales.

Les violences physiques représentent 34 % des incidents dans le premier degré, contre 21 % dans le second degré.

Enfin, 12 % des incidents graves relèvent du racisme, de l’antisémitisme, de la xénophobie ou de l’homophobie dans le second degré, contre 4 % dans le premier degré. Par ailleurs, 15 % des incidents signalés dans le premier degré sont liés au harcèlement, contre 10 % dans le second degré.

Djéhanne Gani

La note de la Depp : Rakotobe M., 2026, « Les signalements d’incidents graves dans les écoles et établissements publics et privés sous contrat en 2024-2025« , Note d’Information, n° 26-03, DEPP

Un regard décalé et à chaud sur ces résultats des élections municipales, par Danielle Bleitrach

Il ne m’apparaissait pas que l’on pouvait attendre de ces élections une véritable clarification des enjeux ni l’arrêt,de ce qui va avec une dérive à droite, mais les résultats sont meilleurs qu’ils auraient pu être et préservent l’avenir. comme dans le cas de la belle victoire de Pierre Belloch à Vitry, la reconquête de Nimes . Ces quelques impressions sont celles de Danielle Bleitrach qui n’est adhérente à aucun parti. Franck Marsal en particulier fera certainement sa propre analyse de ces élections en tant que militant du PCF. Je précise néanmoins que je suis convaincue de la nécessité de l’existence d’un parti communiste – qui n’est pas celui existant après des décennies de « liquidation ». Un parti communiste dégageant une perspective vers le socialisme, un parti qui organise la classe ouvrière, le monde du travail, les couches populaires, et ne se contente pas d’en faire des distributeurs de tracts derrière leur champion du moment, un parti qui a une ligne claire respecté à l’interne et qui crée les conditions du rassemblement le plus large en faveur de la paix et de le reconstruction du pays, l’intervention citoyenne. Bref un parti qui me restitue l’honneur d’être française et pas de me faire abuser par des gens qui parlent de patrie pour mieux la trahir et la lier à la guerre, à la misère, à l’angoisse du lendemain. Continuer la lecture de Un regard décalé et à chaud sur ces résultats des élections municipales, par Danielle Bleitrach

Pour construire des villes apaisées, il faut des majorités apaisantes » : entretien avec Fabien Roussel

Le secrétaire national du PCF invite à l’amplification des dynamiques de gauche au premier tour pour l’emporter face à l’extrême droite et la droite. Il déplore la polarisation des débats au niveau national, au détriment des enjeux locaux qu’il place au cœur des élections municipales.

Fabien Roussel vote à Saint-Amand-les-Eaux (Nord), le 15 mars 2026. Il a été élu au premier tour avec 51% des votes.
© Francois LO PRESTI / AFP

Le secrétaire national du Parti communiste français (PCF), Fabien Roussel, a remporté les élections municipales de Saint-Amand-les-Eaux (Nord) dès le premier tour, dimanche 15 mars, avec 51 % des voix, face à Éric Castelain, candidat Rassemblement national (RN). En aparté, il se dit content d’une « victoire importante » qui « donne du poids à Saint-Amand pour être entendue et respectée ». Il se réjouit des 250 maires communistes élus « dès le premier tour » et « invite au rassemblement » pour qu’il y en ait davantage au second.

Quel regard portez-vous sur le premier tour ?

Fabien Roussel, Secrétaire national du PCF

Nous assistons à un renforcement du vote en faveur des listes d’extrême droite et de droite extrême, ces têtes de liste de droite qui flirtent avec les candidats du RN au second tour et qui leur tendent la main. C’est dangereux pour la République et pour nos communes. Nous avons besoin de maires qui apaisent, rassemblent, protègent. Continuer la lecture de Pour construire des villes apaisées, il faut des majorités apaisantes » : entretien avec Fabien Roussel

Castelsarrasin. « Beaucoup souhaitent voir la ville repartir de l’avant »

  • "Nous avons construit une liste d’union de la gauche mais aussi une liste citoyenne qui reflète bien la diversité de Castelsarrasin.Photo fournie par le candidat
    « Nous avons construit une liste d’union de la gauche mais aussi une liste citoyenne qui reflète bien la diversité de Castelsarrasin.Photo fournie par le candidat

Article rédigé par Pierre-Jean Pyrda in DDM

Julien Sueres, tête de liste de « Castelsarrasin en commun », clôt sa campagne de 1er tour avec une réunion publique ce vendredi à 19 heures, salle Descazeaux. 

La campagne du 1er tour se termine ce vendredi soir. Comment avez-vous vécu personnellement cette campagne, très longue pour vous puisque vous avez été le premier à vous déclarer ?

J’ai vécu cette campagne avec beaucoup d’intensité mais surtout beaucoup d’enthousiasme. Nous avons été les premiers à nous déclarer, et cela nous a permis de mener une vraie campagne de terrain.

Depuis l’été, nous avons frappé à des centaines de portes, échangé sur les marchés, tenu un local de campagne ouvert pendant plusieurs mois et distribué plus de 6 000 questionnaires citoyens. Cette campagne a été avant tout une campagne d’écoute. Continuer la lecture de Castelsarrasin. « Beaucoup souhaitent voir la ville repartir de l’avant »

Municipales 2026 : l’arsenal de Pierre-Édouard Stérin pour faire basculer des centaines de villes à l’extrême droite

Le 24 juin 2025, à Paris. Marion Marechal et Éric Ciotti, au Casino de Paris, pendant le « Sommet des Libertés », co-organisé par Vincent Bolloré et Pierre-Édouard Stérin.
© Denis Allard/Leextra via opale

 

L’ampleur exacte du phénomène ne se dessinera qu’a posteriori. Peut-être à l’occasion du contrôle de conformité sur les comptes de campagne, voire en cas de poursuites pour financement illégal de la vie politique… Ou quand les faux nez de certains candidats « sans étiquette » tomberont, au fil de l’eau, dans ces milliers de communes petites et moyennes. Continuer la lecture de Municipales 2026 : l’arsenal de Pierre-Édouard Stérin pour faire basculer des centaines de villes à l’extrême droite

Némésis vomit sa haine des étrangers, de la gauche… et de l’Huma

Trois semaines après la mort de Quentin Deranque, le collectif d’extrême droite Némésis n’a pas cherché à s’imposer dans la manifestation féministe du 8 mars, contrairement aux autres années. Un rassemblement, aux accents xénophobes, s’est en revanche tenu dans le XVIe arrondissement. Avec le soutien d’élus RN.

La députée européenne Marion Maréchal n’a pas parlé de féminisme mais de « l’extrême gauche (qui) a organisé une offensive politique et médiatique après la mort de Quentin, dans un processus d’inversion accusations absolument abjecte ». « Le journal l’Humanité a fait le sale boulot », a accusé la petite-fille de Jean-Marie Le Pen. © Kenzo TRIBOUILLARD / AFP

Pour Némésis, le 8 mars est essentiel. Non pour faire avancer la lutte pour les droits de femmes mais pour se faire connaître et instrumentaliser cette journée au profit de leurs idées racistes. « Nous refusons d’être de la chair à canon au nom du vivre-ensemble et du laxisme migratoire », résume dès le début de son discours la fondatrice du collectif, Alice Cordier. Face à elle, environ 200 personnes, la plupart habillés en blanc avec une casquette rose, se sont réunies sur une place du XVIe arrondissement de Paris. Continuer la lecture de Némésis vomit sa haine des étrangers, de la gauche… et de l’Huma

École – Désinformation et résistance

 

Alors que la mission de l’école demeure de former de futurs citoyens éclairés, en capacité de distinguer faits et croyances, force est de constater que le compte n’y est pas, qu’il y est de moins en moins quand la post-vérité est instituée comme stratégie majeure de domination. La violence et l’agressivité des politiques dites illibérales sont à la hauteur des enjeux : droites et extrêmes droites ne se trompent pas sur l’importance de l’éducation et de la culture pour mener à bien leur projet mortifère. Continuer la lecture de École – Désinformation et résistance

L’or et le pétrole flambent. Les conséquences de la frappe de l’Iran

L’or et le pétrole flambent après les frappes américaines et israéliennes contre l’IranLes analystes mettent en garde contre une hausse durable des marchés mondiaux en cas d’escalade des tensions. Le baril à 130 euros c’est une inflation qui devient d’autant plus insupportable que les ressources du pays sont mobilisées dans l’effort de guerre. Si les USA ont la planche à billet et donc la possibilité de faire payer au reste du monde leur politique démente, ils créent les conditions de la perte de leur instrument hégémonique le dollar qui connait un désaveu dont témoigne la remontée spéculative sur l’or et l’argent. IL y a peu nous avions souligné d’ailleurs l’opinions de la Chine qui estimait que le fait que la baisse relative de ces métaux refuge n’était en rien une tendance mais un simple repli que de proches circonstances arrivées à ce jour remettraient en cause. Nous y voici … (note et traduction de danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

Par Chi Jingyi

Le cours de l’or au comptant a dépassé les 5 278 dollars l’once, une hausse notable dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes au Moyen-Orient.

Selon les analystes, si la situation dans la région s’aggrave, les prix de l’or pourraient atteindre de nouveaux sommets, tandis que le pétrole brut pourrait se renforcer davantage en raison des craintes de ruptures d’approvisionnement. Ils ajoutent qu’à court terme, il est peu probable que cela ait un impact direct et significatif sur l’offre ou la consommation globale de pétrole de la Chine. Continuer la lecture de L’or et le pétrole flambent. Les conséquences de la frappe de l’Iran