Tous les syndicats ont annoncé la poursuite et l’intensification de leurs actions, chacun de leur côté, jusqu’à au moins jeudi. Les cinq minutes réservées par le premier ministre au malaise paysan dans son discours de politique générale ont été prises comme un camouflet par les agriculteurs.
Est-ce un malentendu, une bourde ou l’aveu qu’il n’y a plus rien à attendre du gouvernement ? Quinze jours après le début des mobilisations du monde paysan, les participants aux blocages autour de Paris, de Lyon et d’autres grandes agglomérations avaient coché ce mardi après-midi, et le discours de présentation de politique générale de Gabriel Attal à l’Assemblée nationale, comme un possible moment de nouvelles annonces censées répondre à la crise du modèle agricole. La porte-parole du gouvernement l’avait laissé entendre la veille. C’est peu dire que le moment fut déceptif.
Mardi 30 janvier matin, Amélie Oudéa-Castéra rencontrait les chef·fes d’établissements. Une rencontre virtuelle, en visio-conférence. Initié par Gabriel Attal, alors ministre de l’Éducation nationale, l’objectif de l’exercice est un échange direct entre le grand patron de l’éducation nationale et ses cadres intermédiaires. Si en effet, tous les chefs d’établissements pouvaient assister à la conférence – ils étaient près de 11 000 connectés, l’échange était tout sauf direct. La ministre, qui ne semble pas encore très à l’aise avec les dossiers de l’éducation, s’en est tenue à ses notes. Quant aux questions, très nombreuses sur le tchat, elle n’a répondu qu’à trois d’entre elles. Les moins polémiques.
Durant près d’une heure, Amélie Oudéa-Castéra est venue défendre les groupes de niveau auprès de ses cadres intermédiaires, les chefs d’établissement, chargés de les appliquer sur le terrain. Un exercice peu évident pour une ministre dont la légitimée est remise en cause à la suite des différentes polémiques qui ont entachées sa prise de fonction. Continuer la lecture de AOC: La Ministre échoue à son Grand oral face aux chef·fes d’établissement in Caf. Péda.
Une délégation de représentants de la fédération Tarn et Garonne du Parti communiste est venue rencontrer les agriculteurs mobilisés au péage de Castelsarrasin. Pour le PCF, la colère est légitime mais au-delà des paroles de soutien il faut des actes de la part du gouvernement qui doit entendre et respecter cette profession.
« Il est en effet urgent de changer de politique pour défendre et protéger nos agriculteurs face à l’inflation et à la concurrence déloyale instaurée par les traités de libre- échanges. La profession n’en peut plus de voir ses coûts de production flamber plus vite que n’augmente le prix payé au producteur. Cette situation déjà catastrophique est aggravée par la décision récente du gouvernement de supprimer la détaxe sur le gazole non routier, à coup de 49-3 là encore », a expliqué Maximilien Reynes Dupleix, secrétaire de la section locale du PCF.Continuer la lecture de Castelsarrasin. Les communistes au soutien des agriculteurs
Maladresse, erreur, bévue, boulette, mépris, la nouvelle ministre de l’Éducation a réussi le tour de force de se mettre une très grande partie de la communauté éducative à dos dès sa première intervention. Mais doit-on vraiment parler de maladresse ? Ses propos ne révèlent-ils pas un changement de paradigme en cours depuis 2017 et la nomination de Jean-Michel Blanquer dont les enfants étaient également scolarisés dans le privé ?
Jusqu’ici, y compris les défenseurs de l’école privée, quand ils étaient au pouvoir, considéraient l’enseignement privé comme un enseignement dans lequel des familles pouvaient inscrire leur enfant au nom de la liberté de choix ; c’était le résultat d’un rapport de force dans la société ou une partie de la bourgeoisie a toujours considéré qu’elle pouvait choisir la nature des enseignements, de l’éducation que devait recevoir leur enfant. Continuer la lecture de Education nationale – Un projet politique néolibéral
Et si Amélie Oudéa-Castéra avait permis de mettre à jour le système opaque de subventions des établissements privés sous contrat ? Le prestigieux établissement privé Stanislas ne serait-il que l’arbre qui cache la forêt ? Alors que les collectivités sont tenues de contribuer aux frais de fonctionnement des établissements privés sous contrat, beaucoup d’entre elles dont le choix de donner encore plus. C’est le cas de la région d’Île-de-France qui allouera pas moins de 9 000 000 d’euros supplémentaires à l’enseignement privé sous contrat, en plus des financements obligatoires. En Seine-et-Marne, c’est tout bonnement la création d’un collège que contribuera à financer le département. Un collège en partenariat avec … Stanislas.
Institution Saint-Colomban selon le projet visible sur le site
Si les collectivités ont bien l’obligation de financer les frais d’externat, c’est bien leur seule obligation. Construction, rénovation, aménagement… des établissements privés sous contrat sont loin d’être obligatoires. D’ailleurs, certaines collectivités n’en donnent pas, comme les départements de Paris ou de la Seine-Saint-Denis. Continuer la lecture de Collectivités – enseignement privé : des cadeaux qui se chiffrent en millions d’euros
NDLR de MAC: Heureux de retrouver TEMS et ses représentantes, Estelle et Marie ce matin sur le marché de Moissac qui présentaient sous forme d’un tout nouveau support papier, leurs vœux aux populations de Moissac. Une initiative qui devrait en appeler d’autres et qui conforte le besoin d’informer les citoyens-nes des réalités et des méfaits de ce quarteron du Rhaine qui a fait main-basse sur la cité uvale autour d’un maire qui porte l’idéologie de son parti en étendard.
Heureux de voir et d’apprécier ces élus-es d’opposition qui maintiennent le cap avec courage et abnégations et de rendre compte du capital de sympathie qu’ils/elles génèrent à ,l’image des nombreux citoyens venus à leur rencontre pour prendre quelques tracts à distribuer, saluer les élus-es…
La fracture dans la ville est nette et perceptible sur chaque sujet abordé, sur chaque fait de société discuté… Il faudra du temps pour réparer les dégâts d’un Rhaine qui se veut tout puissant dans sa tour d’ivoire municipale et qui croit se partager demain le département avec le LR de Mme Barège.
Il y a du travail de conviction en perspective et un besoin de renouvellement de la classe politique locale pour redonner du sens à la démocratie dans cette belle ville. Même semé d’embûche, le chemin vaut la peine d’être emprunté. 2024 est une étape, il faut poursuivre la construction d’un meilleur avenir!
Ci dessous le contenu du tract distribué et possibilité de le télécharger pour le diffuser autour de soi
Liens étroits avec les exploitations céréalières, export à l’international via le port de La Rochelle… Des documents exclusifs sur les mégabassines des Deux-Sèvres montrent que celles-ci ne défendent en rien une agriculture locale.
• Cette enquête a été réalisée en collaboration avec le média Off Investigation. Elle est diffusée en partenariat avec l’émission La Terre au carré, de Mathieu Vidard, sur France Inter.
La mégabassine de Mauzé-sur-le-Mignon (Deux-Sèvres) se dresse sur la plaine poitevine comme un château fort en place de château d’eau. Au-dessus des 2 mètres de talus, une première rangée de grillages surmontés de fils barbelés, un fossé puis une seconde clôture au sommet coupant dont les angles sont coiffés de caméras balayant la D101 qui relie Val-du-Mignon à la nationale. Une surveillance qui ne laisse rien passer : lors de notre visite le 27 novembre dernier, une camionnette de gendarmerie a rejoint notre stationnement devant le portail moins de cinq minutes après notre arrivée pour contrôler notre identité. Continuer la lecture de Profits, export et grandes cultures : les vraies raisons des mégabassines (Dossier)
La colère allumée dans l’éducation nationale par la ministre ne tarit pas. Tandis que les appels à sa démission se multiplient, à travers le collège-lycée Stanislas, c’est aussi la place et les financements accordés au privé sous contrat qui se voient mis en cause. La révélation du rapport d’inspection sur l’établissement s’ajoute à la polémique. Peu de chance que les déclarations d’Emmanuel Macron, plaidant mardi 16 janvier « l’indulgence » pour sa ministre, éteignent l’incendie.
Entrée et sortie sous les huées des syndicats et des parents d’élèves, Amélie Oudéa-Castéra pouvait-elle s’attendre à un autre accueil, ce 16 janvier, lors de sa visite théâtrale à l’école élémentaire Littré, dans le 6e arrondissement de Paris ? Quatre jours après la déflagration causée par ses propos mettant en cause cet établissement, la nouvelle ministre de l’Éducation nationale devait éteindre l’incendie à tout prix. Emmanuel Macron lui a prêté son concours, lors de sa conférence de presse mardi soir, en plaidant « l’indulgence ». « La ministre a fait un choix pour ses enfants. Ce sont des choix personnels, il faut les respecter. (…) Je pense que tous nos compatriotes iront dans ce sens, ça fait partie de la vie intime familiale », a argué le chef de l’État. Continuer la lecture de Huées pour Amélie Oudéa-Castéra à l’école Littré, le collège Stanislas pointé dans un rapport
NDLR de MAC: Temps de lecture 24 minutes. Attention, article de fond avec de multiples références qui nécessite de puiser dans ses connaissances et dans l’histoire pour une meilleure compréhension du lien puissant entre la culture et les communistes, le PCF. Un appel à l’intelligence de chacun-e pour appréhender le réel et sortir de la « peopolisation » actuelle qui s’accompagne d’une droitisation (Mme Dati ministre…).
RDV le 1er juin avec Serge Regourd dés 10h00 à l’Espace Métais à Castelsarrasin autour de son livre « SOS Culture »!
photo : Paul Vaillant-Couturier
Nous présentons à nos lecteurs cet article assez bien informé sur la rencontre entre surréalistes et communistes et ce que l’auteur de l’article voit comme un échec de cette rencontre puisque le PCF se retrouve “”seul” à gérer l’Association des Écrivains et Artistes. Nous ne faisons pas totalement la même analyse puisque c’est à ce moment que quelqu’un de la taille d’Aragon, mais aussi un Léon Moussinac, un Paul Vaillant-Couturier et même l’espagnol Buñuel vont mener la politique culturelle, la presse du parti. Il y aurait beaucoup de choses à dire par exemple sur la manière dont Aragon continuera à porter pour une part l’engagement surréaliste et je peux témoigner de ce lien jusqu’à la fin de sa vie. Il y a aujourd’hui tout un travail qui se réalise autour de la mémoire et de l’œuvre de Louis Aragon dont nous espérons pouvoir aider à mieux faire connaître tout l’acquis. Nous espérons que le travail que nous lançons le 20 janvier en soutien au peuple cubain et dont nous vous présentons le programme va nous donner l’occasion de poursuivre cette exploration de la contribution des communistes à la résistance nationale à Cuba comme en France (note de Danielle Bleitrach pour histoire et société).
Gwenn Riou : Communistes et surréalistes, l’échec d’une collaboration culturelle
Après plusieurs années de tractations et de négociations, l’Association des Écrivains et Artistes révolutionnaires (AÉAR) est créée en mars 1932. Cette organisation qui compte dans ses rangs des personnalités comme Paul Nizan, Louis Aragon, Boris Taslitzky, André Fougeron, Francis Jourdain, Édouard Pignon, Paul Signac, Henri Cartier-Bresson, etc. s’impose rapidement comme une plateforme artistique et littéraire de premier ordre en France.
2 L’histoire de cette organisation artistique est liée, d’une part, à l’histoire du Parti communiste français (PCF), de l’Internationale communiste (IC ou Komintern) et d’autre part à l’histoire de la littérature. En effet, lorsque l’on se penche sur les rapports qu’entretient le Parti communiste avec les acteurs du champ culturel, il apparaît que les écrivains jouent un rôle majeur dans la conception, l’élaboration et la structuration d’une création artistique en rapport avec les volontés politiques et idéologiques du Parti. Parmi ces écrivains, nous retrouvons les surréalistes.
1 André Breton, « Caractère de l’évolution moderne et ce qui en participe » (1922), cité par Gérard (…)
2L’Humanité, 2 juillet 1925, p. 1.
3L’Humanité, 21 septembre 1925, p. 2. Le texte est également publié dans La Révolution surréaliste n (…)
4 Voir Michel Trebitsch, « Le groupe Philosophies et les surréalistes (1924-1925) », Mélusine n° XI, (…)
3 Alors que ces derniers suivent encore au début des années 1920 le mouvement dada dirigé par Tristan Tzara, certains d’entre eux, dont André Breton, aspirent à la révolution, « une révolution quelconque, aussi sanglante qu’on voudra1 ». Cette prise de position participe au divorce entre les dadaïstes et ceux qui deviendront les surréalistes. Ceux-ci signent en 1925 l’« Appel aux travailleurs intellectuels2 » dans l’Humanité et se positionnent contre la guerre du Rif et pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Deux mois plus tard, ils publient dans l’organe central du PCF, « La Révolution d’abord et toujours3 » et s’engagent, de ce fait, de manière durable, sur le terrain de la politique en reprenant les principaux thèmes défendus par les communistes : antimilitarisme, anticolonialisme, anti-impérialisme, etc. Ce texte rappelle qu’à cette période les surréalistes, en collaboration avec d’autres intellectuels, évoquent le souhait de mettre au point une organisation culturelle révolutionnaire affiliée à l’IC4. Continuer la lecture de Surréalistes et communistes, la naissance de la politique culturelle du PCF… In Histoire et Société