Nous combattrons de toutes nos forces le choix de l’austérité ! + réponse d’A. Chassaigne

Dans son discours de politique générale, le Premier ministre fait le choix de la poursuite de la politique du président de la République qui a échoué et a été massivement sanctionnée dans les urnes par les Françaises et les Français.

Une boussole est au cœur des annonces de Michel Barnier : mener une politique d’austérité confirmant que les deux tiers de la réduction du déficit public, plus de 20 milliards d’euros, seront assurés par la réduction des dépenses de l’Etat et des collectivités, affaiblissant ainsi les services publics de proximité et l’ensemble de notre économie. Il confirme ainsi un cap : servir le capital, au détriment du travail et de la réponse aux besoins des Français et des Françaises en métropole comme dans les Outre-Mer, des TPE-PME dont le nombre de faillites atteint un record, et des collectivités dont les ressources ne cessent d’être amputées.

Les salariés, leurs salaires et retraites, sont les grands absents de cette déclaration.

Des millions de salariés demandent de véritables hausses de salaire pour un travail qui paie, et ils obtiennent pour seule réponse une revalorisation minimale anticipée du Smic et les fausses recettes libérales que sont l’intéressement et la participation salariée.

Des millions de salariés demandent l’abrogation de la réforme des retraites, et celle-ci est rejetée par le Premier ministre qui confirme qu’aucun moyen supplémentaire ne sera dégagé au nom de « l’équilibre financier ».

Quant aux enseignants et soignants mobilisés au quotidien au service de nos concitoyennes et concitoyens, ils n’obtiennent rien d’autre qu’une vague promesse de renforts de bénévoles retraités !

Et aucune mesure n’est annoncée pour l’avenir de la jeunesse du pays, traitée sous le seul angle de la délinquance, celle-ci se voit stigmatisée et la justice des mineurs menacée de destruction.

En matière d’immigration, le Premier ministre cède à l’argumentaire du Rassemblement national, comme en témoigne notamment sa volonté de renforcer Frontex et ses pratiques contraires aux droits humains.

Pire, le Premier ministre décide d’aller plus loin dans l’austérité comme en témoignent les plafonds de dépenses prévus dans le cadre du budget 2025, en baisse de 10 milliards d’euros, touchant massivement le travail et l’emploi.

Au regard de ces choix, la surtaxe sur les grandes entreprises — qui n’est en fait qu’un retour, pour une petite minorité de grandes entreprises, sur certains cadeaux fiscaux accordé par Emmanuel Macron – vise à masquer cette nouvelle cure d’austérité. L’heure est à une remise à plat total de la politique d’exonérations et d’aides publiques aux entreprises, pour servir le progrès social et écologique.

Nous combattrons de toutes nos forces le choix de l’austérité. La France a besoin d’un nouveau mode de développement, éradiquant le chômage et  garantissant un emploi de qualité pour tous et toutes et la formation, davantage de dépenses orientées vers une nouvelle industrialisation sociale et écologique du pays et le développement des services publics. 

En matière de politique étrangère, la voix de la France ne sera pas plus forte avec Michel Barnier, alors même que la situation européenne et mondiale, les risques d’escalade en Ukraine et au Proche-Orient appellent plus que jamais une voix indépendante de la France et une diplomatie au service de la paix.

Aux côtés de nos parlementaires qui appellent à censurer ce gouvernement, le PCF salue les organisations syndicales qui ont organisé une première journée d’action interprofessionnelle. Il appelle à amplifier la mobilisation pour combattre la politique du gouvernement Barnier.

Paris, le 1er octobre 2024

Fabien Roussel, Secrétaire national du PCF

Comment reconquérir le monde du travail face au RN ? Les réponses de Sophie Binet, Fabien Roussel et Lucie Castets

Les salariés et les employés se sont beaucoup abstenus. Mais quand ils ont voté, ils ont été nombreux à choisir l’extrême droite. Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, et la candidate du NFP à Matignon, Lucie Castets, livrent leur analyse et dessinent des pistes pour la gauche et les syndicats.

 

Sans tirer des leçons en profondeur de la séquence électorale, « le sursaut ne sera qu’un sursis », prévient Sophie Binet. Le Rassemblement national (RN), entre les mains duquel s’est placé le nouveau gouvernement, reste en embuscade, prêt à conquérir le pouvoir. Il prospère sur les divisions du monde du travail orchestrées par le capitalisme contemporain.

Réunis au stand du Conseil national du PCF, à la Fête de l’Humanité, les deux responsables politiques et la syndicaliste alertent sur l’urgence de rassembler pour obtenir des victoires et appellent la gauche à se réconcilier avec les classes populaires.

Nous nous posons aujourd’hui la question de reconquérir le monde du travail face au RN. Comment en sommes-nous arrivés là ? Continuer la lecture de Comment reconquérir le monde du travail face au RN ? Les réponses de Sophie Binet, Fabien Roussel et Lucie Castets

Alain Hayot, sociologue : « Pour battre l’extrême droite, il faut agir sur les imaginaires de la peur »

Les « nouveaux monstres », évoqués dans son livre par le socio-anthropologue et ancien élu communiste, sont à l’œuvre en France et dans le monde. Leur ascension est résistible, insiste l’auteur, à condition de démythifier les discours dominants.

 

Alain Hayot, sociologue et anthropologue, a aussi une longue expérience d’élu : à Vitrolles (Bouches-du-Rhône), en 1992, dans la liste qui a battu Bruno Mégret, puis à la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, comme vice-président chargé de la culture, comme ce fut le cas au PCF. L’auteur de Face aux nouveaux monstres, le sursaut sait de quoi il parle, lui qui vit dans une région véritable laboratoire de l’implantation des extrêmes droites et de leur alliance avec des droites locales.

Dans cet ouvrage, qu’il a présenté lors d’une carte blanche au Village du livre de la Fête de l’Humanité, il démonte les mythes d’une France qui serait majoritairement à droite, déconstruit les mots-valises de la propagande réactionnaire et mortifère. Mais, surtout, Alain Hayot nous invite à mener les batailles culturelles, celles qui doivent prendre en compte les imaginaires de la peur et les représentations du réel. Car, la puissance médiatique de forces au service d’un capitalisme prédateur d’humains et de nature ne fait que travestir et instrumentaliser le réel. Continuer la lecture de Alain Hayot, sociologue : « Pour battre l’extrême droite, il faut agir sur les imaginaires de la peur »

Nouveau gouvernement : Retailleau, Genevard, Dati, Vautrin, Lecornu… Emmanuel Macron et Michel Barnier font fusionner les droites

Retailleau, Genevard, Dati, Vautrin, Lecornu… Au mépris des urnes, le camp présidentiel et « Les Républicains » se partagent les postes gouvernementaux. Un virage austéritaire et réactionnaire se dessine mais, au vu du rapport de force parlementaire, le nouvel exécutif n’aura pas les coudées franches. Sauf à s’acoquiner avec le RN.

 

Nouveau gouvernement ou remaniement ? Peu importe le terme choisi, le résultat est le même : la coalition des battus prend vie. Emmanuel Macron a officiellement topé avec « Les Républicains », qui font désormais office d’assurance-vie au chef de l’État. Il aura fallu attendre 66 jours depuis la démission de Gabriel Attal et ses ministres pour voir nommé un nouveau gouvernement. Un record sous la Ve République mais aussi sous la IVe.

Depuis le 5 septembre, le nom de son chef était déjà connu : Michel Barnier. Voici désormais son équipe de choc (austéritaire) et réactionnaire mise sur pied après quinze jours de tractations. Elle n’augure aucune réorientation politique ni changement de cap. Le premier ministre a beau ânonner « justice fiscale » devant chacun de ses interlocuteurs, comment y croire avec un tel casting ? Continuer la lecture de Nouveau gouvernement : Retailleau, Genevard, Dati, Vautrin, Lecornu… Emmanuel Macron et Michel Barnier font fusionner les droites

Y aura-t-il une force politique pour organiser la résistance à ce cirque impudique ?

Aujourd’hui nous publions différents articles autour d’un constat : “Ils” ne prennent plus même la peine d’y mettre la forme : “ils” se révèlent tels qu’ils sont… Sordides, puérils, effrayants qu’il s’agisse de l’opération terroriste au Liban, des critères de composition de la Commission européenne ou des tractations autour du gouvernement français, ils n’y mettent plus la moindre pudeur. Seules leurs ambitions, leur avidité, leur mépris de l’intérêt général semblent être le ressort d’une telle agitation … Continuer la lecture de Y aura-t-il une force politique pour organiser la résistance à ce cirque impudique ?

Sophie Binet face au patron du Medef : « J’ai un stylo, j’espère que vous avez le chéquier » + Vidéo

Paritarisme, partage de la valeur, transition écologique, montée de l’extrême droite. Samedi 14 septembre, la secrétaire générale de la CGT et le président du Medef ont débattu à la Fête de l’Humanité, devant un Forum social comble. Malgré des positions irréconciliables, le patron des patrons a fini par reconnaître la légitimité des revendications salariales.

 

Il a relevé le défi. Et il a apprécié, puisqu’il pense revenir l’année prochaine. Patrick Martin a accepté l’invitation de Sophie Binet à débattre samedi 14 septembre au Forum social, devenant ainsi le premier patron des patrons à croiser le fer devant le public de la Fête de l’Humanité avec la secrétaire générale de la CGT.

Tantôt à fleurets mouchetés, tantôt sabre au clair, leurs échanges confirment la volonté de la dirigeante de la centrale syndicale comme celle du président du Medef de reprendre la main sur un paritarisme et des négociations sociales affaiblies par sept années d’ingérence macroniste.

Patrick Martin, vous avez été élu à la tête du Medef en juillet 2023 sur une promesse de relance du paritarisme. Où en êtes-vous ? Continuer la lecture de Sophie Binet face au patron du Medef : « J’ai un stylo, j’espère que vous avez le chéquier » + Vidéo

Entre Ruffin et Mélenchon : un divorce et un débat de fond pour toute la gauche

NDLR de MAC: Les communistes de la section de Castel/Moissac/Beaumont/Valence ont décidé de s’adresser autant aux quartiers populaires dans les villes que dans les villages. Pas de discriminations et d’oppositions dans le monde du travail. Cela fera leur force et cimentera les victoires de demain. Pas question de laisser la place au RN et à la désespérance.

Au-delà des invectives et des petites phrases échangées entre eux, cette joute ouvre un débat de fond pour l’ensemble de la gauche. Doit-elle concentrer ses forces sur un électorat bien précis et acquis ou élargir sa cible vers des terres plus hostiles ?

Terminé le temps des salamalecs. Entre Jean-Luc Mélenchon, fondateur de la France insoumise, et François Ruffin, député Picardie debout ! (et ex-FI) de la Somme, l’heure est plutôt aux clés de bras, à l’affrontement stratégique. « Il faut mobiliser la jeunesse et les quartiers populaires ! a lancé le premier lors de la manifestation du 7 septembre. Tout le reste, laissez tomber, on perd notre temps. Là, se trouve la masse des gens qui ont intérêt à une politique de gauche. »

Une position qui n’est pas née à cette occasion. En novembre 2023, lors d’un colloque de l’Institut La Boétie, le fondateur de la FI déclarait : « Le gros de la troupe, qui va nous faire gagner, ce sont les quartiers populaires où on vote pour nous à 80 % au premier tour, mais où 30 % seulement vont voter. Si nous montons à un niveau égal à celui de la participation du reste de la société, nous avons gagné. » Continuer la lecture de Entre Ruffin et Mélenchon : un divorce et un débat de fond pour toute la gauche

La France est-elle de droite ? “Les données ne vont pas dans le sens de ce qu’on entend”, répond le politiste Vincent Tiberj

Sans avoir procédé aux mêmes enquêtes que Vincent Tiberj mais en considérant par observation une situation devenue caractéristique de la plupart des “démocraties” occidentales, effectivement il y a une crise de l’institution “clé” ou considérée comme telle à savoir la représentativité des citoyens, et à ce titre il y a une rupture de plus en plus importante entre le vote et l’opinion. Il y a même un phénomène que j’ai désigné comme “le provisoire” dans laquelle on attend ce qui s’avère sans importance mais auquel toute une societe bloquée parait suspendue. Le vote, nous dit l’article, paraît l’expression du politico-médiatique qu’il ne craint pas de désigner comme un mythe et le droitisation en est l’expression. Aux États-Unis certains ont mis le doigt sur le poids des lobbies investisseurs dans les campagnes. Mais le rôle du capital, de l’impérialisme qui n’est pas abordé ici va encore plus loin dans cette dérégulation fondamentale… Et ceci est particulièrement vrai pour la classe ouvrière, les couches populaires ainsi qu’une frange des intellectuels qui choisissent l’abstention selon l’article. C’est ce constat et notre interprétation d’un point de vue marxiste qui est à la base de notre pari politique dans ce blog en faveur d’un véritable travail de mémoire et de reconstruction d’un parti communiste en retravaillent le traumatisme initial celui de la rupture de la gauche avec les couches populaires, mais dans une perspective totalement nouvelle qui est celle du monde multipolaire, le mode d’intervention à recréer pour les nations comme pour les individus. (note de Danielle Bleitrach histoireetsociete)

Article rédigé par Clément Parrot – Propos recueillis par France Télévisions Publié le 15/09/2024 07:07Mis à jour le 15/09/2024 07:07Temps de lecture : 12 min

 

 

Le nouveau Premier ministre, Michel Barnier, entouré de figures des Républicains, dont Gérard Larcher, Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez, le 12 septembre 2024, à Annecy (Haute-Savoie), à l'occasion de la rentrée parlementaire du parti de droite. (JEFF PACHOUD / AFP)
Le nouveau Premier ministre, Michel Barnier, entouré de figures des Républicains, dont Gérard Larcher, Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez, le 12 septembre 2024, à Annecy (Haute-Savoie), à l’occasion de la rentrée parlementaire du parti de droite. (JEFF PACHOUD / AFP)

Alors que le LR Michel Barnier réfléchit toujours à la constitution de son gouvernement, franceinfo a interrogé le chercheur, qui vient de publier l’ouvrage “La droitisation française, mythe et réalités : comment citoyens et électeurs divergent”.

L’affirmation est récurrente : la France serait de droite. Nicolas Sarkozy l’a encore réaffirmé fin août dans Le Figaro. Après les élections législatives anticipées, consécutives à la dissolution de l’Assemblée nationale, l’ancien président de la République a d’ailleurs réclamé un Premier ministre de droite pour diriger la France. Il a été entendu par Emmanuel Macron, qui a choisi de nommer Michel Barnier à Matignon, jeudi 5 septembre. Continuer la lecture de La France est-elle de droite ? “Les données ne vont pas dans le sens de ce qu’on entend”, répond le politiste Vincent Tiberj

Fabien Roussel : « Face à la collaboration avec le RN, nous choisissons la résistance » + vidéo

Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, appelle la gauche et les Français à résister face à l’alliance conclue entre les macronistes et l’extrême droite. « La coalition du Nouveau Front populaire sera toujours là, et prête à gouverner », assure le responsable communiste, qui rencontrera la candidate à Matignon, Lucie Castets, et la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, à la Fête de l’Humanité.

Fabien Roussel ne décolère pas : la nomination de Michel Barnier à Matignon constitue un « hold-up » démocratique. Mais, pour le dirigeant communiste, pas question de baisser les bras : ni sur le combat que devra mener la gauche pour arracher des avancées en direction du monde du travail, ni sur le défi des « jours heureux » que veut construire le Parti communiste français. À ses yeux, il est possible d’éradiquer le chômage et de créer un « droit opposable à l’emploi ».

Que dit la nomination de Michel Barnier à Matignon de la droite française et des classes dirigeantes aujourd’hui ?

Elle relève du choix du président de la République, qui refuse d’entendre ce qu’ont dit les Français dans les urnes. Il n’admet pas qu’il a été battu et qu’il faut changer de politique. C’est un choix clairement assumé de sa part de nommer un premier ministre qui va poursuivre sa politique.

Michel Barnier va la prolonger, avec le soutien de l’extrême droite. D’après les macronistes, il s’agit d’« une alliance de circonstance ». Mais quand on s’allie avec l’extrême droite, nous appelons ça de la collaboration. Nous, nous faisons le choix de la résistance.

« La gauche doit travailler à construire des majorités. » Continuer la lecture de Fabien Roussel : « Face à la collaboration avec le RN, nous choisissons la résistance » + vidéo

Michel Barnier Premier ministre : le RN prêt à trahir son électorat pour s’acoquiner avec Emmanuel Macron

En s’accordant avec le camp présidentiel pour ne pas censurer le nouveau premier ministre Michel Barnier et son futur gouvernement, le Rassemblement national se place en allié du pouvoir. Trahissant au passage son électorat contestataire et son image de parti antisystème.

 

Il se disait futur dynamiteur d’un pouvoir à bout de souffle, le Rassemblement national (RN) se révèle finalement être sa planche de salut. En permettant la nomination de Michel Barnier au poste de premier ministre via sa promesse de ne pas le censurer, le parti de Marine Le Pen sauve la peau d’un chef de l’État dont elle disait pourtant jusqu’ici tout combattre : sa politique d’austérité, sa « soumission à Bruxelles », son pouvoir vertical, ou son « mépris » des classes populaires.

Qu’importe, voici désormais le RN acoquiné à un ancien commissaire européen ultralibéral et chantre de la rigueur au sein d’une alliance baroque autour de la Macronie. Le but ? Barrer la route au Nouveau Front populaire (NFP) et à ses mesures. Hausse du smic, rétablissement de l’ISF, abrogation de la réforme des retraites, investissements massifs dans les services publics, etc. « Nous sommes un parti antisystème, clamait pourtant Jean-Philippe Tanguy, député RN de la Somme, au mois de février dernier. Le système, qu’est-ce que c’est ? C’est le dévoiement des institutions pour faire prévaloir d’autres intérêts que l’intérêt général. » Sept mois et deux élections plus tard, il n’est plus que son supplétif. Continuer la lecture de Michel Barnier Premier ministre : le RN prêt à trahir son électorat pour s’acoquiner avec Emmanuel Macron