Il n’y a pas d’Intelligence.Artificielle in the New Yorker

Illustration par Nicholas Konrad / The New Yorker
Il existe des moyens de contrôler la nouvelle technologie, mais nous devons d’abord cesser de la mythifier dit cet informaticien. Une proposition de simple bon sens à partir du moment où on est convaincu de l’essentiel de l’article à savoir que l’IA est un outil pas une créature et donc en tant qu’outil une forme innovante de collaboration sociale. “Après tout, qu’est-ce que la civilisation sinon la collaboration sociale ? Voir l’IA comme un moyen de travailler ensemble, plutôt que comme une technologie pour créer des êtres indépendants et intelligents, peut la rendre moins mystérieuse, moins comme hal 9000 ou Commander Data. Mais c’est bien, car le mystère ne fait que rendre la mauvaise gestion plus probable”. Peut-être ce constat peut-il nous aider à percevoir à quel point nos peurs sont liées à des formes de “collaboration” en crise profonde plutôt qu’à l’outil ? Nous sommes dans une société disons capitaliste dans laquelle la contradiction entre la socialisation toujours plus poussée des moyens de production entre en contradiction avec pas seulement “la propriété” en tant que mode juridique mais l’appropriation réelle et la désappropriation massive des producteurs. Un ébranlement de toutes les bases sociales s’ensuit, ébranlement de toutes les institutions et mêmes la représentation de notre être, de nos rapports sociaux culminent dans ce mythe d’une créature qui nous remplacera et sera plus compétitive. Et il y a aussi le modèle d’exclusion qui a été celui de chaque mutation scientifique et technique dans la société capitaliste face à de nouvelles phases d’accumulation du capital. Mais c’est tout sauf une fatalité qui ne peut qu’engendrer déni et anxiété dans ce domaine comme dans d’autres… (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoire et société)

NDLR de MAC: une réflexion qui replace l’humain au centre du débat…. temps de lecture 16 minutes

Par Jaron Lanier 20 avril 2023

En tant qu’informaticien, je n’aime pas le terme « I.A. ». En fait, je pense que c’est trompeur, peut-être même un peu dangereux. Tout le monde utilise déjà le terme, et il peut sembler un peu tard pour en discuter. Mais nous sommes au début d’une nouvelle ère technologique, et le moyen le plus simple de mal gérer une technologie est de mal la comprendre.

Le terme « intelligence artificielle » a une longue histoire – il a été inventé dans les années cinquante, aux débuts des ordinateurs. Plus récemment, les informaticiens ont grandi avec des films comme « Terminator » et « The Matrix », et avec des personnages comme Commander Data, de « Star Trek : The Next Generation ». Ces pierres de touche culturelles sont devenues une mythologie presque religieuse dans la culture technologique. Il est naturel que les informaticiens aspirent à créer l’IA et à réaliser un rêve de longue date. Continuer la lecture de Il n’y a pas d’Intelligence.Artificielle in the New Yorker

Castelsarrasin: incendie chez Intersport

Castelsarrasin le 16 Aout 2023

Ce matin de bonne heure un incendie a détruit partiellement le magasin Intersport de Castelsarrasin, et endommagé la structure accueillant GIFI, GEMO, Picard. A quelques semaines de la rentrée scolaire c’est un mauvais coup porté à l’économie locale.

Les communistes de la section de Castelsarrasin/Moissac expriment leur solidarité à l’ensemble des salariés-es, à tous les personnels et dirigeants de ces entreprises. Ils souhaitent après enquête sur les causes, la mise en place d’une solution technique à court terme pour que le retour à la normale soit le plus rapide possible.

Ils saluent aussi l’engagement des pompiers venus de plusieurs casernes, leur professionnalisme ainsi que l’ensemble des élus, services municipaux et autorités qui ont été présents pour sécuriser les lieux. Le service public est une fois de plus sollicité et fait montre de son efficacité.

Maximilien Reynès-Dupleix, secrétaire PCF de la section

 

Lire aussi : VIDEO. Tarn-et-Garonne : un très gros incendie ravage un magasin dans une zone commerciale de Castelsarrasin

 

Rentrée : des étudiants toujours plus précaires, selon l’Unef

Dans une étude publiée ce lundi 14 août sur leur compte X, le syndicat étudiant Unef a révélé une augmentation du coût de la vie étudiante à hauteur de 6,47 %. Pour Flavie Quilan-Lacour, présidente de la branche picarde du syndicat, le problème n’est pas nouveau, il fait craindre une dégradation des conditions de vie pour les étudiants.

AFP

Transport, alimentation, énergie… Plusieurs secteurs dont les frais sont en hausse devraient impacter le porte-monnaie des étudiants français à la rentrée, c’est ce qu’indique une étude du syndicat étudiant Unef publiée sur leur compte X, ce lundi. Entre inflation et manque d’action du gouvernement, la précarité étudiante ne fait que croître depuis plusieurs années.

Malgré l’annonce du gouvernement de revaloriser le montant des bourses étudiantes à hauteur de plus de 500 millions d’euros, «  jamais, en 19 ans d’enquête de l’Unef, l’évolution du coût de la vie étudiante n’avait atteint de tels sommets », s’indigne l’Union nationale des étudiants de France. Continuer la lecture de Rentrée : des étudiants toujours plus précaires, selon l’Unef

Avec la hausse des taux d’intérêt, les banques engrangent sur le dos des ménages

La hausse des taux d’intérêt menace des pans entiers de l’économie, mais gonfle les profits des établissements bancaires européens. Et comme souvent, ce sont les ménages qui trinquent le plus.

Les taux d’emprunt immobilier dans la zone euro ont quasiment été multipliés par deux en an.

Les taux d’emprunt immobilier dans la zone euro ont quasiment été multipliés par deux en an.
AFP

En règle générale, les communiqués de la Banque centrale européenne (BCE) ne font pas fureur sur les plages, ni dans le reste du pays d’ailleurs. C’est donc dans une relative indifférence que l’institution a annoncé, en plein mois de juillet, son intention de relever une nouvelle fois ses taux directeurs, qui servent de référence à l’ensemble des taux d’intérêt pratiqués par les banques de la zone euro. À 4,25 %, le principal taux de la BCE atteint des sommets inégalés depuis 2001. Et ce n’est pas une bonne nouvelle : des dizaines de milliers de ménages doivent renoncer à prendre un crédit immobilier en raison du renchérissement des prêts, les entreprises ont de plus en plus de mal à emprunter, les États voient la charge leur dette publique grignoter leur budget, etc.

Cependant, un petit nombre d’acteurs économiques résistent vaillamment à la morosité ambiante en ce milieu d’été : les grandes banques affichent des résultats mirobolants. BNP Paribas vient d’annoncer 7,2 milliards d’euros de résultat net au premier semestre (en hausse de 22,5 %, hors éléments exceptionnels). Le Crédit agricole enregistre quant à lui 4,1 milliards d’euros de bénéfices sur la même période (+ 9,8 %). À l’étranger, le festin est encore plus copieux, puisque le mastodonte suisse HSBC a par exemple engrangé 18 milliards de dollars de profits au premier semestre, soit plus du double de l’année précédente sur la même période. Continuer la lecture de Avec la hausse des taux d’intérêt, les banques engrangent sur le dos des ménages

Tous ces privilèges qui restent à abolir, l’analyse

Le 4 août 1789, l’Assemblée constituante votait la fin des privilèges de l’Ancien Régime. Mais pour atteindre l’idéal révolutionnaire d’une société égalitaire, il en reste encore quelques-uns à faire tomber. Liste non exhaustive des bénéfices et passe-droits des plus aisés.

Photo Eric TSCHAEN/REA

Photo Eric TSCHAEN/REA

À l’hôtel des Menus-Plaisirs de Versailles, la nuit du 4 août 1789 est agitée. Dans un de ces moments d’effervescence que seules les révolutions savent offrir, l’Assemblée constituante vote la fin des privilèges féodaux. La fougue politique du club des Bretons, futurs Jacobins, emporte avec elle les fondements de l’Ancien Régime. Pourtant, 234 ans plus tard, les fractures perdurent. C’est qu’un ordre inégalitaire, capitaliste et bourgeois, en a remplacé un autre. Il reste des privilèges à précipiter au tombeau. « L’Humanité magazine » vous en fait l’inventaire (non exhaustif).

L’héritage, le nerf de la guerre

Dans plusieurs de leurs travaux, les sociologues Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon ont montré combien la transmission d’un patrimoine, financier ou matériel, était cruciale dans la perpétuation des dynasties fortunées. Depuis une trentaine d’années, l’héritage a tendance à s’accroître au point de devenir la première cause d’inégalité en France. Le système actuel de taxation, progressif, n’est pas exempt de critiques, en raison notamment de ses nombreux dispositifs d’exonération et d’exemption. Le 0,1 % des plus riches hérite en moyenne de 13 millions d’euros par tête… soit 180 fois l’héritage médian de l’ensemble des Français. Continuer la lecture de Tous ces privilèges qui restent à abolir, l’analyse

Alliance, FNSEA, Total, Uber : comment les lobbies ont pris le pouvoir dans les ministères

Alliance, FNSEA, Total, Uber… Organes syndicaux ou grandes firmes privées, ils ont gagné une influence démesurée au sein des gouvernements successifs, remportant la plupart des arbitrages. Au point d’être suspectés de cogérer la politique nationale avec les ministres.

Entre Gérald Darmanin et Fabien Vanhemelryck, secrétaire général du syndicat Alliance police nationale, c'est l'amour fou. Nombre d’organisations syndicales rêveraient d’une oreille aussi attentive de leur ministère de tutelle. © AFP

Entre Gérald Darmanin et Fabien Vanhemelryck, secrétaire général du syndicat Alliance police nationale, c’est l’amour fou. Nombre d’organisations syndicales rêveraient d’une oreille aussi attentive de leur ministère de tutelle. © AFP

On dit d’eux qu’ils sont les « vrais maîtres de Beauvau ». Le couple Alliance-Unsa police, bloc syndical majoritaire parmi les policiers, a démontré, dans l’affaire des policiers de Marseille, à quel point il pouvait imposer son agenda au ministère de l’Intérieur. Mais ils ne sont pas les seuls : la FNSEA sur les dossiers agricoles, le Medef sur les réformes économiques, Uber sur le droit du travail… Plusieurs groupes d’intérêt, syndicaux ou privés, occupent un poids démesuré dans les tractations et les décisions élaborées au sein des ministères, jouant du rapport de force et profitant, souvent, de convergences de vues politiques avec les membres de l’exécutif.

L’affaire n’est pas neuve. Mais elle a pris un coup d’accélérateur avec les macronistes. Les lobbyistes ne sont plus seulement reçus régulièrement dans les bureaux ministériels. Certains y travaillent. La majorité présidentielle est passée maîtresse dans l’art du pantouflage et du rétropantouflage, comme si public et privé étaient deux mondes indifférenciés.

Hôpital : le 15, cache-misère des urgences hospitalières

Alors que le gouvernement mise tout sur la régulation téléphonique, via le 15, pour éviter une surfréquentation des urgences cet été, les acteurs de terrain dénoncent un affichage, faute de moyens pour traiter les patients.

Au centre de régulation, coordinateurs et superviseurs travaillent main dans la main pour gérer la logistique en cas d’urgence. Jessica Bordeau/BSIP

Au centre de régulation, coordinateurs et superviseurs travaillent main dans la main pour gérer la logistique en cas d’urgence. Jessica Bordeau/BSIP
Jessica Bordeau / BSIP

Un numéro de téléphone magique. Depuis deux ans, en période estivale, le ministère de la Santé dégaine la même mesure phare pour lutter contre l’engorgement des urgences : appeler le 15. Si l’ex-ministre François Braun estimait, jusqu’à son départ le 21 juillet, que les difficultés étaient « moindres » par rapport à l’été 2022, Aurélien Rousseau, son successeur, a, lui, reconnu dans un entretien au  Monde que la « situation est extrêmement tendue ».

Sans toutefois remettre en cause cette stratégie, le nouveau ministre a tenté de calmer le jeu, arguant « qu’on ne peut se satisfaire d’avoir des endroits où les urgences restent portes closes la nuit ». 

Partout en France, de nombreux services d’urgence ont déjà tiré le rideau

Car de nombreux services ont déjà tiré le rideau. À Redon (Ille-et-Vilaine), la fermeture nocturne est effective jusqu’à début septembre. À Meulan (Yvelines), les urgences resteront closes dès 17 h 30 jusqu’à la fin du mois d’août. Des fermetures ponctuelles d’une durée de douze à vingt-quatre heures ont été observées à Ambert (Puy-de-Dôme), Guebwiller (Haut-Rhin) ou encore Argentan (Orne). Continuer la lecture de Hôpital : le 15, cache-misère des urgences hospitalières

Éditorial de Fabien Roussel et les propositions du PCF

Dans la livraison d’aujourd’hui, sous différents angles nous abordons une question qui nous parait de plus en plus incontournable. Disons tout de suite que l’angle d’analyse et de propositions qu’a choisi Roussel en tant que secrétaire du PCF de ce que l’on définit très mal comme la crise des banlieues nous satisfait plus que tout autre position politique en France. C’est la seule position qui n’accepte pas les ghettos dans lequels on a coutume d’enfermer la misère, d’y déverses quelques soins palliatifs de la charité alors que partout les élus locaux , tous les “fantassins du social” que sont les enseignants, les personnels soignants, les pompiers, les agents des services publics en général y compris la police sont privés des moyens réels de leur action. Roussel refuse cette logique et réclame la dignité du travailleur et du citoyen, le refus de “racialiser” les problèmes. Est-ce un hasard si cette position qui est celle d’un parti communiste qui revendique son autonomie, son approche de paix, de securité et de dignité et qui se heurte à une gauche de plus en plus “communautarisée” et face à cela veut rassembler tous ceux qui veulent FAIRE. C’est ce que nous ne cessons de réclamer du PCF et donc nous approuvons cette avancée. Mais dans le dossier que nous ouvrons aujourd’hui nous tentons de montrer que ce choix communiste ne peut pas se concilier avec celui de l’OTAN, de la guerre ou même avec le silence fait à ce sujet. Même si nous sommes d’accord avec des rassemblements qui doivent s’opérer dans chaque cas avec ceux prets à oeuvrer et qui peuvent être en désaccord sur d’autres questions, il faut que le parti communiste ait une position claire sur la paix, l’OTAN, quitte à ne pas en faire un préalable pour les actions immédiates. (note de danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

Édito de Fabien Roussel

La mort du jeune Nahel a provoqué une immense émotion et a mis à nouveau en lumière la violence des rapports entre une partie de la police et des jeunes de notre pays.

Et les violences qui ont suivi ont montré que la colère provoquée par cette situation pouvait être détournée au profit d’actes destructeurs à l’encontre de personnes, d’institutions, de biens.

Je le dis avec clarté et fermeté : toutes ces violences sont insupportables et inacceptables. Je considère qu’elles n’ont pas leur place en République. Nos concitoyens ont le droit à la sécurité, à la tranquillité publique.

Elles témoignent de la crise profonde de notre pays, des fractures entre catégories sociales, entre personnes en proie ou non au racisme et aux discriminations, entre modes de vie différents.

Une partie de la France ne comprend plus ce qui se passe dans une autre partie du pays. Continuer la lecture de Éditorial de Fabien Roussel et les propositions du PCF

Le « plan de réconciliation nationale par l’égalité républicaine » du PCF (Vidéo)

Les communistes font part ce mardi 4 juillet de leurs propositions pour sortir de la crise après la révolte dans les banlieues. Ils appellent à un « Grenelle pour l’égalité des territoires ».

Fabien Roussel lors du 39e congrès du PCF à Marseille le 10 avril 2023.

Fabien Roussel lors du 39e congrès du PCF à Marseille le 10 avril 2023.
Laurent Coust/ZUMA-REA

Trois volets, 64 propositions, et « quinze mesures d’urgences ». Le PCF présente ce mardi 4 juillet un « plan de réconciliation nationale par l’égalité républicaine ». «  La mort du jeune Nahel a provoqué une immense émotion et a mis à nouveau en lumière la violence des rapports entre une partie de la police et des jeunes de notre pays » , justifie le secrétaire national du Parti communiste, Fabien Roussel.

Le premier volet du plan propose notamment la création d’une police de proximité de 30 000 fonctionnaires, et « l’ouverture d’un débat national sur le rôle et les missions de la police ». Les communistes se prononcent également en faveur de l’abrogation de la loi de 2017 qui élargit les possibilités pour les policiers de faire usage de leur arme, ainsi qu’une « nouvelle doctrine d’engagement ». Un récépissé de contrôle de police serait mis en place, tandis que serait créée une « instance indépendante de contrôle de l’activité policière ».

Continuer la lecture de Le « plan de réconciliation nationale par l’égalité républicaine » du PCF (Vidéo)

« Unir le peuple » : l’appel de 100 maires communistes et citoyens.

Dans une lettre ouverte, les édiles de la Coopérative des élu·e·s communistes, républicain·e·s et citoyen·ne·s (Coop CRC), « urgentistes d’une République essorée », exigent un débat national « sur la cohésion territoriale, contre les discriminations et les précarités ».

Samir Maouche

Devant les images accablantes et inadmissibles de la mort d’un jeune de 17 ans, Nahel, tué à bout portant par un policier, notre pays a basculé dans la violence. Nous, maires, avec les élus locaux et les agents des services municipaux, avons passé ces derniers jours et nuits à jouer à la fois les médiateurs et les urgentistes d’une République essorée, fracturée, fracassée.

Drame après drame, il semble que notre pays n’en retienne aucune leçon. Les faits sont durs : nous constatons depuis vingt ans une dégradation des rapports entre la police, la population et la jeunesse, avec des phénomènes de brutalité, associés aux discriminations, qui touchent le reste de nos institutions. Les discours guerriers contre la délinquance ne sont que poudre aux yeux pour mieux cacher les baisses d’effectifs de la police nationale et le démantèlement des renseignements généraux.

Dans nos villes, les commissaires en place nous confient chaque semaine leur dépit face au manque de moyens. Comme le reste des services publics, la police est victime des politiques néolibérales, du profit roi. Il faut aussi redonner les moyens à la justice, en particulier celle des mineurs, d’être efficace.

Nous avons besoin d’un grand débat national pour permettre à la police de servir le peuple, et lui en donner les moyens. Il faut changer les conditions de formation des agents et leur doctrine d’engagement. Il faut dire et redire que les habitants des quartiers populaires sont les premières et principales victimes de ces violences urbaines, qui ne servent aucune cause et que nous dénonçons. Les cibles sont des transports publics qui sont ceux qu’eux-mêmes, ou leurs parents, empruntent pour aller travailler, les écoles où leurs frères et petites sœurs construisent leur avenir, des mairies où leur famille se rend au quotidien.

Dans une triste ironie, les services publics de proximité ne sont pas épargnés par une jeunesse désemparée, sans perspective, et qui voit ses parents s’acharner au travail pour des salaires de misère qui ne leur permettent pas de vivre dignement. Le travail doit être synonyme de fierté et d’émancipation.

Le rapport Borloo « Vivre ensemble – vivre en grand la République, pour une réconciliation nationale » a subi un enterrement de première classe. Nous, élus locaux, porte-voix des habitantes et habitants, avec les associations, avions travaillé à cette réconciliation nationale. Une occasion manquée par le pouvoir. Dans beaucoup de nos banlieues, nous sommes passés de la pauvreté à la misère sous l’effet du Covid et de la crise énergétique. Dans le ­logement social, la régularisation annuelle des charges est synonyme de 13e mois de loyer. Le taux de chômage y est 2,7 fois supérieur à la moyenne nationale, dans un environnement de plus en plus invivable sous l’effet du réchauffement climatique.

Dans nos campagnes, les services publics essentiels sont réduits à peau de chagrin. Santé, loisirs, éducation, gendarmerie… tous sont exsangues, dommages collatéraux de la notation financière internationale.

Tous ces facteurs ont permis à l’idéologie nauséabonde de l’extrême droite de se développer. Cela doit cesser ! Il n’y a pas de territoires « perdus » de la République. Il existe aujourd’hui une « République » qui exclut les habitants des banlieues comme elle exclut la France rurale où la crise des gilets jaunes avait débuté. L’ONU nous a régulièrement alertés sur les dérives de notre système « tout-­répressif ». Plus que jamais, nous avons besoin d’une politique nationale et des moyens pour rétablir la cohésion nationale. Les choix libéraux ont précipité notre société vers l’individualisme et la précarité : les droits élémentaires à l’éducation, à la sécurité, à la santé, au logement, aux transports, au sport, à la culture et à l’emploi doivent être une réalité garantie par l’État et par les politiques des gouvernants.

Les services publics sont les premiers vecteurs d’égalité et de justice de notre pays. Il faudra également garantir aux collectivités un fonds d’urgence pour la réparation des dégâts.

Nous exigeons un travail en profondeur pour ­arracher les racines du mal que sont l’inégalité ­républicaine et l’absence de cohésion sociale. Nous demandons au président de la République qu’il entende le cri d’une partie de la jeunesse et des élus locaux. Qu’il y ­réponde par l’organisation d’un débat national sur la cohésion territoriale, contre les discriminations et les précarités afin de fonder le rassemblement républicain autour de solutions durables de progrès.

Ainsi nous construirons avec tous les citoyen·ne·s la République que notre pays mérite.

Vive la liberté, vive l’égalité, vive la fraternité !


Les Signataires:

RIO Philippe, Maire de Grigny, 91

BESSAC Patrice, Maire de Montreuil, 93
LECLERC Patrice, Maire de Gennevilliers, 92
BARRE Stéphane, Maire de Oissel, 76
BONNEFOY Cyrille, Maire de La Ricamarie, 42
BELSOLA Laurent, Maire de Port-de-Bouc, 13
BELHOMME Jacqueline, Maire de Malakoff, 92
QUENNESSON Julien, Maire de Somain, 59
ROSSO Georges, Maire de du Rove, 13
FAVERJON Christophe, Maire d’Unieux, 42
CHARROUX Gaby, maire de Martigues, 13
BONY Vincent, maire de Rive de Gier, 42
MOISE Joachim, Maire de Saint-Etienne du Rouvray, 76
BOUYSSOU Philippe, Maire d’Ivry sur Seine, 94
CORZANI Olivier, Maire de Fleury-Merogis, 91
DAUMIN Stéphanie, Maire de Chevilly-Larue, 94
MARION Joel, Maire de Compans, 77
AUZOU Jacques, Maire de Boulazac-Isle-Manoir, 24
OLLIVIER Corinne, Maire de Vierzon, 18
SULLI Renzo, Maire de Echirolles, 38
HAUTIN Maryvonne, Maire de Saran, 45
AMIABLE Marie-Hélène, Maire de Bagneux, 92
BLANDIOT-FARIDE Charlotte, Maire de Mitry-Mory, 77
PRAT Claude, Maire de Glenat, 15
BEURIOT Valéry, Maire de Brionne, 27
ANDRE Sylvain, Maire de Cendras, 30
PARNIERE Jean-Claude, Maire de Soumans, 23
GINIES Michel, maire de Damparis, 39
LEPROUST gilles, Maire d’Allonnes, 72
MORETTO Richard, Maire de Le Sautel, 09
CERCEL Agnès, Maire de Tourville-la-Rivière, 76
PETIT Arnaud, Maire de Woincourt, 80
FOURNIES Valerie, Maire de Fresnes-sur-Escaut, 59
FOURNIER Maryline, Maire d’Arques-la-Bataille, 76
BARRIER jean François, maire de Velzic, 15
DE WINTER Damien, Maire de Giberville, 14
COUSSEAU Helene, Maire de Lesperon, 40
ALBIN Noël, Maire de Touët de l’Escarène, 06
LUCAS Maryline, Maire de Guesnain, 59
ALBIN Noël, maire de Touët de l’Escarène, 06
CHAMPIRE Christian, Maire de Grenay, 62
THOUVENIN Daniel, maire de Villorceau, 45
MUZETTE Thierry, maire de Sainte-Anne Saint-Priest, 87
BOUVIER Gilbert, Maire de Gilhac et Bruzac, 07
DASSA Emmanuel, Maire de Briis-sous-Forge, 91
POUX Gilles, Maire de La Courneuve, 93
CORBIER Emile, Maire de Chamborigaud, 30
ABATE Patrick, Maire de Talange, 57
LEON Jean-Marc, Maire de Joudreville, 54
SICOT Olivier, Maire de Varennes Vauzelles, 58
PICARD Michelle, Maire de Vénissieux, 69
LANGLOIS Nicolas, Maire de Dieppe, 76
PICANDET Nicole, Maire de Vieure, 03
TORDJMAN Patricia, Maire de Gentilly, 94
TALLET Maud, Maire de Champs-sur-Marne, 77
SARRABEYROUSE Olivier, Maire de Noisy-le-Sec, 93
SASSO Marc, Maire de Chambon, 30
BARBIER Michel, Maire de la ville d’Eu (76)
LEBOUC Michel, Maire de Magnanville, 78
BRUNEAU Alban, Maire de Gonfreville l’Orcher, 76
SPIZAK Pierrick, Maire de Villerupt, 54
MOURARET Maire de Dives-sur-Mer, 14
AUBREE Pascal, Maire de Bussy-lès-poix, 80
ESTIENNE Claude, maire du Chaffaut-Saint-Jurson, 04
GAUTHIER Jean-Marc, Maire de Vaulnaveys-le-Bas, 38
SERPEDES Claude, Maire de Saint-Martin-de-Valgalgues, 30
NEDJAR Djamel, Maire de Limay, 78
CLEMENT Bernard, Maire de Domessargues, 30
LOPEZ DUBREUIL Julie, Maire de Saint-jean-du-Pin, 30
BOUIS Florence, Maire de Molières-sur-Cèze, 30
PERRON Patrick maire d’Algrange, 57
BEUILLE Michel, Maire d’Aussonne, 31
SAN ANDRES Thierry, Maire de Saint Benoit de Carmaux, 81
BONNARGENT Alexis, Maire de Vidouze, 65
CHAMBON Denis, Maire de Saint Alban, 38
MOLINO André, Maire de Septeme-les-Vallons, 13
QUEIROS David Saint Martin d’Hères, 38
MORERE André Maire de Saint-Hilaire, 31
BONNERY Alain, Maire de Nebias, 11
BOISSET Francois, Maire de Riom, 15
THOUVENIN Daniel, Maire de Villorceau, 45
BASQUIN Alexandre, Maire d’Avesnes-les-Aubert, 59
RENOIR Gilles, Maire de Fays La Chapelle, 10
BENEZECH Patrick, Maire de Mus, 30
PEREZ Jean-Pierre, Maire de Vendres, 34
COLBAC Francis, Maire de Trélissac, 24
COHARD Roger, Maire du Cheylas, 38
RANNOU Jacques, Maire de Kernével, 29
ANDRIUZZI Jean-Michel, Maire de Montpezat, 30
MERCIER Michel, Maire du Martinet, 30
GARCIA Nicolas, Maire d’Elne, 66
JACQUES Laurent, Maire du Tréport, 76
MOREL Christine, Maire d’Harfleur, 76
GAUTRAIS Jean-Philippe, Maire de Fontenay-sous-Bois, 94
SONREL Christophe, Maire de Damelevières, 54
ASSENSI François, Maire de Tremblay-en-France, 93
GARZON Pierre, Maire de Villejuif, 94
BOSINO Jean-Pierre, Maire de Montataire, 60
OZTORUN Dénis, Maire de Bonneuil-sur-Marne, 94