Succomber au charme du Cheikh, par Sun Tzu

 

Le « Plan de paix » de Trump n’est pas très différent, plusieurs mois de destructions et de génocide plus tard, de la troisième phase du processus signé en 2024 et qui était négocié depuis déjà des mois par les intermédiaires d’Egypte et du Qatar. Mais la phase supplémentaire de guerre entreprise par Israël a permis de mettre en scène le chef de l’empire comme faiseur de paix. Comme souligné ci-dessous, cela laisse entières les opérations en cours de consolidation de la tutelle impériale vis à vis des pays récalcitrants : Venezuela, Cuba, Serbie, Moldavie et bien sûr, Iran, Russie et Chine, les trois « gros morceaux ». Sous couvert d’introduction d’une dose homéopathique de société civile, le gouvernement Lecornu est un gouvernement effectivement macroniste, prêt à prendre part à une éventuelle extension de la guerre contre la Russie. Farandou, dont on se demande bien ce qu’il vient faire dans cette galère, aura pour mission d’amadouer le PS et au moins un ou deux syndicats avec une fausse suspension de la réforme des retraites. Cela permettrait de faire passer le budget et, cela fait, le gouvernement pourrait durer. Alors, la politique de guerre pourrait se déployer. Le nouveau ministre de l’éducation, Geffray, un bébé-Blanquer, est celui qui a introduit dans la formation des enseignants deux modules intitulés « Esprit de défense » et « Educ-défense ». Il ne restera plus, comme pour le ministère éponyme, qu’à changer le nom, de défense à armées. On pourra faire des « économies » dans l’éducation, en confiant un nombre croissant d’enfants de prolos aux armées, certains y pensent très fort et cela se perçoit déjà. Darmanin à la justice, Vautrin aux armées (donc), Lecornu premier ministre mais ancien ministre des armées, Barrot reconduit aux affaires étrangères. Autant que nécessaire, Macron pourra présider tout cela en Conseil de Défense, comme il l’a si bien expérimenté pendant la COVID. Seule l’intervention du peuple et le développement (dont on observe des signes tangibles quoiqu’encore timides) de la politisation et la transformation des organisations dans le sens de la lutte consciente, déterminée et sans fausses pistes gauchistes pourront faire dérailler ce scénario machiavélique. (note de Franck Marsal pour Histoire&Société)

Alors que le gouvernement Lecornu II, un gouvernement de stricte obédience macronienne, vient de naitre, celui qui a dicté lui-même la liste des nouveaux ministres laisse Lecornu face aux risques très élevés de mortalité périnatale de son gouvernement et se rend, toutes affaires nationales cessantes, au sommet de Sharm El Sheikh où se déroule aujourd’hui face aux caméras du monde entier la cérémonie : « Triomphe du plan de paix Trump pour la Palestine » . Continuer la lecture de Succomber au charme du Cheikh, par Sun Tzu

Gaëlle Paty : « Si ce livre existe, c’est pour les profs »

« Samuel ne mourra jamais une deuxième fois » déclare sa sœur Gaëlle Paty, très calmement. Cinq ans après l’assassinat de Samuel Paty, son nom reste gravé dans la mémoire collective de l’École. Pour beaucoup d’enseignants, la douleur reste vive. Le livre-hommage Samuel Paty, un procès pour l’avenir, qui vient d’être publié aux éditions Flammarion par sa sœur Gaëlle, leur est dédié, comme à toutes les victimes de l’attentat terroriste. Elle compare l’attentat à une « bombe à fragmentation », aux conséquences durables et multiples. Continuer la lecture de Gaëlle Paty : « Si ce livre existe, c’est pour les profs »

Tarn-et-Garonne : soutenue par l’appel de Retailleau à ne pas donner « une voix » à la gauche, l’extrême droite l’emporte

Lors d’une élection législative partielle, les électeurs de la première circonscription du Tarn-et-Garonne ont choisi, dimanche 12 octobre, un candidat soutenu par le RN, Pierre-Henri Carbonnel, plutôt qu’une socialiste, après l’appel du patron de LR, Bruno Retailleau, à ne pas donner « une voix » à la gauche.

Le candidat d’extrême droite Pierre-Henri Carbonnel, a récolté 52,06 % des voix, selon des résultats quasi-définitifs de la préfecture.
© Huchot-Boissier Patricia/ABACA

Le cordon sanitaire entre la droite et l’extrême droite voué à disparaître ? Dimanche 12 octobre, les électeurs de la première circonscription du Tarn-et-Garonne ont choisi Pierre-Henri Carbonnel, candidat de l’Union des droites pour la République (UDR) soutenu par le RN, plutôt que Cathie Bourdoncle, candidate socialiste. Continuer la lecture de Tarn-et-Garonne : soutenue par l’appel de Retailleau à ne pas donner « une voix » à la gauche, l’extrême droite l’emporte

Face au méprisant de la République, construisons l’alternative pour le progrès et la paix (résolution du PCF + vidéo)

 

Publié le 11 octobre 2025

Le Président de la République a décidé de renommer Premier Ministre Sébastien Lecornu, Premier Ministre démissionnaire, avec un mandat clair : faire adopter un budget 2026 conforme à sa politique.

Alors que sa politique a été battue aux dernières élections législatives, cette décision est un nouveau déni démocratique d’une exceptionnelle gravité.

Face à cette provocation, les communistes partagent l’inquiétude, la colère et la lassitude de nos concitoyennes et concitoyens devant les manœuvres politiciennes qui ne répondent pas à leurs immenses attentes sociales et démocratiques. Continuer la lecture de Face au méprisant de la République, construisons l’alternative pour le progrès et la paix (résolution du PCF + vidéo)

Sarkoy, la délinquance en col blanc et l’estime de soi à l’Elysée…

Les autres parties du monde ont des singes; l’Europe a les Français. Cela se compense. Schopenhauer. aphorismes et insultes  par Fabrice Ardi, Alexandre Berteau, Antton Rouget et Ellen Salvi (Médiapart le 9 octobre 2025)

C’est toute la force dominante de la bourgeoisie et de ses valets : 1) les lois sont faites pour les autres, pour le peuple, pour les classes dominées. Non pour eux. 2) la solidarité de classe n’est pas un vain mot, contrairement à ce que pourrait laisser penser l’égoïsme du capital. En réalité, tous savent qu’ils doivent faire bloc pour empếcher les travailleurs de se méler de politique et d’intervenir dans les affaires de l’état. On veut bien concéder une fois tous les cinq ans au rite du « suffrage universel », tant que les leviers (médiatiques, judiciaires, politiques) permettent d’en contrôler suffisamment le résultat pour que le pouvoir de classe ne soit jamais menacé. Ainsi, l’Elysée, qui a toujours entretenu des relations cordiales avec le clan Sarkozy, sait que la condamnation de Sarkozy ouvre la porte à ce que les casseroles que le président actuel traîne finissent un jour par aboutir. (Note de Franck Marsal pour Histoire&Société).


Il avait déjà reçu le soutien du ministre de l’intérieur démissionnaire (Bruno Retailleau), du premier ministre démissionnaire (Sébastien Lecornu), un coup de téléphone du président de la République (Emmanuel Macron), et même la visite discrète du ministre de la justice démissionnaire (Gérald Darmanin) au lendemain de sa condamnation. Nicolas Sarkozy peut aussi compter sur l’appui de l’actuel secrétaire général de l’Élysée, Emmanuel Moulin, qui a tenu à être présent à ses côtés mercredi 8 octobre. Continuer la lecture de Sarkoy, la délinquance en col blanc et l’estime de soi à l’Elysée…

La gauche met Macron au défi d’une cohabitation

Les forces progressistes hors LFI ont réclamé, ce mardi, à Emmanuel Macron, la nomination d’un gouvernement de gauche, dont la feuille de route serait notamment l’abrogation de la réforme des retraites. Les insoumis, eux, demandent le départ du chef de l’État.

Les partis de gauche hors-LFI exhortent Emmanuel Macron à nommer un Premier ministre de gauche au lieu de dissoudre à nouveau l’Assemblée nationale. 

Le premier ministre le plus éphémère de la Ve République, désormais négociateur, a été chargé de recoller les morceaux du vase qu’il a lui-même cassé. Mais alors que Sébastien Lecornu s’arrache les cheveux, depuis sa démission, pour savoir dans quel nuancier de droite s’inscrira le prochain exécutif, un autre scénario est désormais de retour sur la table : la nomination d’un premier ministre de gauche, dans le cadre d’une cohabitation. Continuer la lecture de La gauche met Macron au défi d’une cohabitation

Enquête sur le phénomène des auto-justiciers: Voisins vigilants, milices rurales… 

C’est un vent mauvais venu du monde anglo-saxon : s’affranchir des lois pour se substituer aux autorités et se faire justice soi-même. Quitte à mener des opérations commandos et à s’ériger en juge. Dans le Lot, les Vosges, les Alpes-Maritimes, l’Aude… Le phénomène se développe en France et inquiète policiers et magistrats.

« On le voit bien, de plus en plus de gens nous disent :  »La justice ne fait pas son travail, la police ne vient pas, donc on va régler le problème nous-mêmes » », s’inquiète Jean-Christophe Couvy, secrétaire national du syndicat policier Un1té.

 

Mais que fait la police ? Ces derniers mois, des agriculteurs ont multiplié les opérations commandos pour déloger des squatteurs de leurs terrains, en dehors de tout cadre légal et en toute impunité. Début juillet, dans les Vosges, ce sont des gens du voyage qui ont été victimes de ces méthodes.

Sur des images prises par un drone devenues depuis virales sur les réseaux sociaux, une escouade de cinq tracteurs munis de remorques-citernes fonce à pleine vitesse vers une centaine de caravanes, avant de virer au dernier moment et de répandre, tout autour du camp, du lisier de porc, un mélange particulièrement nauséabond. Continuer la lecture de Enquête sur le phénomène des auto-justiciers: Voisins vigilants, milices rurales… 

Municipales. L’ANDEV alerte : l’éducation doit rester une priorité des mandats 2026-2032

« Il y avait autrefois une forme de sanctuarisation de l’éducation ». Face à une pression budgétaire croissante, l’Association nationale des directeurs et des cadres de l’éducation des villes et des collectivités territoriales (ANDEV) tire la sonnette d’alarme. Elle défend une vision de l’éducation comme un investissement coûteux mais rentable à long terme, tant pour la cohésion sociale que pour l’émancipation individuelle. À l’approche des élections municipales de 2026, elle appelle à replacer l’éducation au cœur des politiques locales.

Lire aussi: les propositions pour Castelsarrasin Continuer la lecture de Municipales. L’ANDEV alerte : l’éducation doit rester une priorité des mandats 2026-2032

80 ans de la Sécurité sociale : comment retrouver son ambition originelle ?

Quatre-vingts ans après sa création, la Sécurité sociale est toujours au cœur d’une bataille politique. Nos trois invités retracent cette histoire. Ils appellent à renouer avec les principes fondateurs de la Résistance et à s’inspirer de la figure marquante d’Ambroise Croizat.

A l’occasion du 80ème anniversaire de la Sécurité sociale, Pierre Caillaud-Croizat, Léo Rosell et Emmanuel Defouloy, ont participé à une rencontre le vendredi 12 septembre au Village du livre de la Fête de l’Humanité 2025.
©Guillaume CLEMENT.

 

Deux ouvrages très importants paraissent afin de comprendre les enjeux, d’hier à aujourd’hui, de cette création originale de notre pays qui célèbre cette année son 80e anniversaire. L’historien Léo Rosell publie la Sécu, une ambition perdue ? De la solidarité à la rentabilité, chez Lattès. Le journaliste Emmanuel Defouloy propose une biographie intitulée Ambroise Croizat. Justice sociale et humanisme en héritage aux Geai bleu Éditions. Continuer la lecture de 80 ans de la Sécurité sociale : comment retrouver son ambition originelle ?

Dans l’agriculture, la traite des êtres humains bat son plein

Durant cinq mois, Mohammed, travailleur marocain, a été victime de traite dans les champs du sud de la France. Il témoigne pour la première fois auprès de l’Humanité. Pour les centaines de petites mains comme lui, l’État français a toutes les peines du monde à faire respecter la loi et protéger ces travailleurs saisonniers indispensables à l’agriculture française.

Dans l’agriculture, la sous-traitance généralisée ouvre la porte à de graves abus en matière de droits humains.
© Come SITTLER/REA

Son calvaire a duré cinq mois. Mohammed en parle avec un mélange de tristesse et de rage : « Ils nous traitaient comme des chiens. » Entre avril et août 2023, il a travaillé dans une exploitation fruitière du sud de la France, sept jours sur sept, entre douze et quatorze heures et surveillé en permanence par les sbires de son patron. Continuer la lecture de Dans l’agriculture, la traite des êtres humains bat son plein