COMMUNISME ET NUMÉRISATION DE LA SOCIÉTÉ : QUAND LES DONNÉES (DATA) DEVIENNENT UN OUTIL SUPRÊME POUR L’EXPLOITATION CAPITALISTE

Par Jean-Paul LEGRAND
Marx nous a appris que l’histoire de l’humanité est avant tout celle des rapports de production : qui possède les outils, qui les utilise, qui en tire profit.
Au XIXᵉ siècle, il observait déjà que la machine industrielle n’était pas neutre : entre les mains du capital, elle devient un instrument d’exploitation, concentrant en elle le temps de travail des ouvriers, divisant celui-ci en multiples tâches pour produire massivement des marchandises, permettant aux capitalistes de réaliser des profits croissants par l’accumulation du temps de travail qu’il ne paye pas.
Aujourd’hui, ce ne sont plus seulement les machines-outils qui façonnent la société, mais les machines numériques : serveurs, algorithmes, bases de données. Ces nouvelles « usines invisibles » produisent un or moderne : la data autrement dit la masse d’informations utiles à toute production, son contrôle, sa logistique, sa commercialisation, sa consommation .
Comme hier la vapeur et l’acier, la donnée devient le levier indispensable de l’accumulation capitaliste du XXIeme siècle . Les profits des GAFAM en donnent la mesure : Alphabet (Google) a engrangé près de 84 milliards de dollars de bénéfices en 2023, Meta (Facebook) plus de 40 milliards, Amazon plus de 30 milliards. Ces chiffres vertigineux révèlent une vérité simple : ce n’est plus seulement le travail d’extraction et d’utilisation du pétrole ou la fabrication de l’acier qui sont les bases de l’enrichissement capitaliste, mais nos clics, nos gestes, nos mots, notre vie même qui contribuent involontairement au renforcement de cette exploitation.
C’est ce que nous allons tenter de démontrer ici.
L’homme et ses outils : une vieille histoire
Le préhistorien André Leroi-Gourhan nous rappelle que l’outil n’est pas seulement un objet extérieur à l’homme. Depuis la première pierre taillée, il est un prolongement du corps, une extension de la main, de l’œil, du cerveau. Sans outil, pas d’humanité ; sans humanité, pas d’outil. C’est une co-évolution.
Mais là où Leroi-Gourhan voyait une dynamique de libération — l’homme augmentant ses capacités grâce à ses instruments — Marx nous met en garde, cette dynamique homme-outil existe socialement dans des rapports de production dans lesquels s’opposent classe dominante et classe dominé : tout dépend donc entre quelles mains se trouvent alors ces outils. Dans le capitalisme, ils sont confisqués, car tous les moyens de production sont appropriés par une minorité qui les utilise pour exploiter la majorité.
Aujourd’hui, ce qui était vrai pour la pierre taillée ou la machine à vapeur l’est aussi pour les algorithmes et les mégabases de données. Ce sont de nouveaux outils anthropologiques. Mais sous le contrôle du capital, ils deviennent des armes de renforcement de la domination de classe.
L’outil numérique : prothèse de l’homme ou piège du capital ?
On pourrait dire que le smartphone est notre nouveau silex : il nous prolonge, il nous connecte, il nous donne accès à une puissance inédite. Mais à la différence du silex qui était propriété de son fabriquant, le smartphone ne nous appartient pas vraiment : l’appareil peut-être mais pas ce qui est nécessaire à son fonctionnement. D’ailleurs chacun sait qu’il doit faire des mises à jour des logiciels qui le font fonctionner et que le propriétaire du smartphone n’est aucunement propriétaire des données qui permettent ces mises à jour. Ce n’est donc pas nous qui décidons de son usage ultime : ce sont les grandes firmes qui captent et monétisent nos gestes les plus intimes.
Ainsi, ce prolongement technique de l’humain devient aussi dans le capitalisme une forme d’aliénation de l’homme exploité qui se voit utiliser des machines qui paraissent lui faciliter la vie c’est la valeur d’usage mais que cette facilité n’a qu’un but et est organisé pour faire du profit c’est la valeur d’échange.
Autrement dit la globalité des machines qui sont produites qui pourrait devenir une source d’épanouissement et de bien être social toujours plus grand est détournée au seul objet d’exploiter le travail humain pour en tirer profit capitaliste.
Nos comportements, nos relations, nos désirs sont analysés, découpés, transformés en profits. Les données, censées être le langage de notre époque, se changent en chaînes invisibles d’exploitation.
Le risque d’un Léviathan numérique
Certains répondront : qu’à cela ne tienne, confions ces données à l’État, mettons-les sous contrôle public. Mais là surgit un autre question. Car l’État tel qu’il existe aujourd’hui, dans les pays capitalistes, est l’instrument de la grande bourgeoisie. Centraliser les données dans ses mains reviendrait à confier notre intimité, nos comportements, notre vie sociale à un Léviathan numérique, capable de contrôler la population avec une efficacité sans précédent. D’ailleurs des bases de données sont déjà sous « protection » étatique mais qui nous garantit qu’elles ne seraient pas utilisées pour des fins autres pour lesquelles nous avons théoriquement donné notre accord ?
Le risque est réel : un capitalisme de collecte de données et de surveillance peut se doubler d’un étatisme de surveillance. Dans les deux cas, l’individu est pris dans un double filet serré de domination et d’aliénation. Cette crainte est fondée : n’avons-nous pas vu, dans l’histoire, des régimes utiliser les fichiers, les statistiques, les technologies de communication pour renforcer leur pouvoir sur les citoyens au lieu de les libérer ?
Transformer l’État pour transformer l’usage des données
Lénine, dans L’État et la Révolution, rappelait que l’État est toujours un instrument de domination de classe. Sous le capitalisme, il sert à maintenir l’ordre bourgeois et à protéger les profits. Mais la classe ouvrière, lorsqu’elle prend le pouvoir, doit aussi s’emparer de l’État et le transformer en un instrument de dictature démocratique contre la bourgeoisie.
Pourquoi dictature ? Parce qu’il faut briser la résistance acharnée des capitalistes qui ne renonceront jamais d’eux-mêmes à leurs privilèges. Pourquoi démocratique ? Parce que cette dictature légale, décidée par le peuple, s’exerce au profit de la majorité, en mettant les leviers du pouvoir entre les mains des travailleurs et du peuple.
Appliqué au monde numérique, cela signifie deux choses :
1. Confisquer aux capitalistes les données et les machines qui permettent de les exploiter, pour les socialiser.
2. Utiliser ces données pour accroître la démocratie réelle : non pas pour surveiller les individus, mais pour élever leur niveau de connaissance, améliorer les services collectifs, et les associer aux décisions.
Imaginez un État où les données de santé, de mobilité, d’éducation servent à améliorer la vie collective, mais aussi à rendre chaque citoyen plus savant, plus acteur, plus capable de participer aux décisions autrement dit de mener un combat politique pour transformer l’Etat afin qu’il soit l’affaire de tous et dirigé par le plus grand nombre jusqu’au fil du temps arriver à son dépérissement.
Dans cet esprit, la donnée devient un instrument de connaissance partagée : elle peut accroître la puissance intellectuelle des citoyens par une politique d’éducation de masse de haut niveau et transformer le rapport entre gouvernés et gouvernants. C’est là l’idée léniniste de la démocratie prolétarienne : un État qui prépare son propre dépérissement en se vidant peu à peu de ses fonctions coercitives, au profit de la gestion consciente par la collectivité.
Le dépérissement de l’État : horizon communiste
Lénine insistait : ce nouvel État des travailleurs n’est pas une fin en soi. Sa fonction est transitoire. Plus il réussira à organiser la vie sociale de manière démocratique, plus il verra sa nécessité diminuer. À mesure que les citoyens deviendront capables de gérer collectivement la société, l’État commencera à dépérir, perdant ses fonctions répressives pour laisser place à une auto-organisation des producteurs et des citoyens.
Dans cette perspective, la donnée devient un levier essentiel. Non pas une chaîne, mais une bibliothèque collective vivante, où chacun puise pour comprendre, décider, agir. Loin d’être un instrument de contrôle, elle devient un vecteur d’autonomie.
C’est ainsi que l’on évite à la fois la privatisation capitaliste et la centralisation autoritaire : en orientant la donnée vers l’émancipation, en transformant l’État bourgeois en État des travailleurs, puis en organisant progressivement sa disparition au profit d’une société communiste, où l’administration des choses remplacera le gouvernement des hommes.
D’aucuns diront que voilà une belle utopie. Mais songeons aux utopies des philosophes des Lumières qui se sont réalisées avec la révolution française. Certaines utopies liées à l’analyse de l’évolution des forces productives s’avèrent devenir des réalités, construites dans la lutte des classes.
Pour un socialisme cybernétique
Reprenant Marx, nous savons donc que le problème n’est pas la technique elle-même, mais le rapport social qui la commande. Reprenant Leroi-Gourhan, nous savons que la technique est inséparable de l’humain. Alors, pour que cette co-évolution devienne libératrice, il faut socialiser la donnée : la confier à une pratique légiférée et démocratique, transparente dans sa gestion, contrôlée et encadrée par les travailleurs et les citoyens de telle sorte qu’elle ne soit pas privatisée et utilisée par le capital mais pour le bien commun.
C’est ce que nous appelons un socialisme cybernétique : faire en sorte que les données et les algorithmes servent l’émancipation collective (soins de santé, transports écologiques, éducation, culture), au lieu de nourrir l’accumulation de profits privés ou d’être instrumentalisés par un État-bourgeois autoritaire.
L’horizon chinois : une voie socialiste de l’IA ?
Les réflexions des marxistes chinois apportent ici un éclairage précieux. Ils considèrent l’intelligence artificielle et la donnée comme des enjeux stratégiques de souveraineté. Inspirés par la méthode d’Ai Siqi, qui adaptait le marxisme aux transformations de son temps, ils cherchent à intégrer l’IA dans le développement socialiste.
Leur démarche est triple :
• Faire de l’IA un levier de puissance nationale, pour ne pas rester dépendants du capitalisme américain.
• Soumettre l’IA à une régulation éthique socialiste, afin qu’elle serve les masses et non une minorité.
• Utiliser la donnée et l’IA pour renforcer la démocratie socialiste et non pour consolider un capitalisme de surveillance.
Cette perspective ne résout pas encore toutes les contradictions, mais elle montre une voie : celle d’un usage socialiste de la technique, où l’accumulation de données ne serait plus une arme du capital ni un outil de coercition étatique, mais un bien commun au service de l’humanité:
Orienter le combat en faveur du socialisme pour vaincre l’exploitation et l’aliénation du capitalisme.
• Marx nous enseigne que l’outil peut devenir instrument d’exploitation dans la lutte des classes.
• Leroi-Gourhan nous rappelle que l’outil est constitutif de l’humanité.
• Lénine nous montre que l’État, transformé, peut devenir l’instrument de la libération avant de dépérir.
• Les marxistes chinois expérimentent déjà, dans la pratique, des formes de socialisme technologique.
Alors, pour rester pleinement humains et développer la civilisation à l’ère numérique, il nous faut arracher les données des mains du capital, refuser qu’elles deviennent un Léviathan d’État, et les réorienter vers une civilisation où la technique, socialisée démocratiquement, sera l’alliée des travailleurs et non un outil d’exploitation décuplée.
Rendez-vous à la fête de l’huma à l’espace « Sciences et Numérique »
 

Quelle peut être encore la contribution des « intellectuels » français ? par Danielle Bleitrach

NDLR de MAC: Merci à Danièle pour cet accès à une culture plus large, plus riche que celle normée et formatée par les illusions capitalistes que l’on veut nous vendre.

Histoireetsociete a aussi sa propre route politique à suivre, il y a ceux parmi nous comme Franck Marsal totalement impliqués dans la vie politique française, mais il est un fait que sans totalement nous en détacher, Marianne et moi, nous sommes de plus en plus intégrées à des échanges internationaux sur les civilisations et leurs œuvres en ce qu’elles sont une « avant-garde ». C’est une attente, une observation du monde en train de naître et qui dépasse le « divertissement », parce que nous croyons beaucoup à la manière dont les peuples et les « artistes » échangent dans l’innovation, alors que les politiciens s’avèrent être en retard. Nous avons pendant tout un temps déploré la manière dont l’impérialisme après sa victoire sur l’URSS nous invitait à la Tapie, à la Yves Montand à célébrer la crise, et à en finir avec « les idéologies », en l’occurrence le marxisme. Il s’avère qu’aujourd’hui cette table rase peut nous aider, parce que l’art, la littérature, la vulgarisation scientifique, toute une interrogation sur les « valeurs », retrouve ce goût iconoclaste face à la tartufferie ambiante. C’est ce monde là, le chinois qui s’est mis en mouvement et nous entraîne vers la conscience historique dans une sorte d’engrenage dont la lutte des classes fut-ce sous la forme de la mauvaise conscience des « bobos » n’est jamais absente, cela aide à attendre dans l’asphyxie, la courte vue et la vulgarité ambiante… Continuer la lecture de Quelle peut être encore la contribution des « intellectuels » français ? par Danielle Bleitrach

Ukraine : Pax optima rerum, la paix est le bien suprême

Un excellent article venu des Etats-Unis qui remet en cause les références au « droit international », invoqué à mauvais escient la plupart du temps pour justifier la poursuite de la guerre derrière Zelenski affublé de sa pseudo vertueuse coalition, et dont on peut considérer qu’elle représente le viol le plus manifeste de tout positionnement « démocratique ». L’auteur explique patiemment tout l’historique de la guerre en Ukraine, rappelle les déclarations des uns et des autres, cite les faits… tout est vérifiable pour celui qui a le désir sincère de s’informer, et la démonstration est implacable, avec pour unique objectif : la paix, pas la guerre (note et traduction de Danielle Bleitrach et Marianne Dunlop)

Alfred de Zayas

Photographie de Nathaniel St. Clair

Ukraine : Pax Optima Rerum

La paix est le bien suprême – chaque jour qui passe, de plus en plus de soldats et de civils sont tués dans la guerre en Ukraine. On estime que plus d’un million de personnes ont perdu la vie dans cette guerre insensée, qui doit prendre fin le plus rapidement possible. Cela peut être fait avec un minimum de bon sens et de professionnalisme. La guerre n’aurait jamais dû commencer, et elle aurait pu se terminer en mars 2022, si l’Ukraine n’avait pas renié le compromis négocié par le président turc Erdogan à Istanbul. Il y a eu de nombreuses occasions de s’asseoir et de discuter des termes d’un cessez-le-feu, mais les États-Unis, l’Europe et l’Ukraine ont insisté sur le fait que « Poutine doit perdre ». Ainsi, les nombreux plans de paix publiés par les pays africains, la Chine et d’innombrables organisations internationales, y compris le Bureau international de la paix, ainsi que par des chercheurs privés, ont été infructueux. Cet entêtement et cette intransigeance se poursuivent alors qu’Ursula von der Leyen, Friedrich Merz et d’autres dirigeants européens s’opposent à l’initiative de paix américaine et conspirent pour continuer la guerre quoi qu’il arrive.

Lorsque Trump et Poutine se rencontreront à la base d’Elmendorf-Richardson, près d’Anchorage, en Alaska, le 15 août, la paix sera sur la table. Ce ne sera pas une réunion facile, car les relations américano-russes n’ont jamais été aussi désastreuses. Néanmoins, la majorité mondiale de l’humanité leur souhaite un bon début de négociations directes, un sommet d’affaires qui s’appuiera sur le travail antérieur de Steve Witkoff et Sergueï Lavrov. La paix est cruciale pour l’Europe, pour les États-Unis, pour la civilisation. Continuer la lecture de Ukraine : Pax optima rerum, la paix est le bien suprême

“On tranchera à la rentrée” : la polémique sur Pierre‑Édouard Stérin fait vaciller le label “Les Plus Belles Fêtes de France”

NDLR de MAC: même au cœur de l’été, il faut être vigilant et ne pas laisser le RN s’approprier l’histoire locale ou nationale à son profit avec révisionnisme et propagande. Pas de compromission avec le milliardaire STERIN et ses affidés, avec les maires RN/UDR/Zemouristes. La bataille idéologique contre l’extrême droite ne se réduit pas à des combats électoraux. Il est multiforme et les communistes le dénoncent comme pour ces affiches douteuses stigmatisant les éleveurs qui sont l’émanation d’un groupe d’extrême droite!

En cet été 2025, plusieurs fêtes historiques quittent « Les Plus Belles Fêtes de France » après les révélations sur ses liens avec Pierre‑Édouard Stérin. Des événements phares de l’ancienne région Midi‑Pyrénées comme la fête de l’ail rose de Lautrec (Tarn), les Médiévales du Pays Toy (Hautes-Pyrénées) ou l’omelette géante de Bessières (Haute-Garonne) sont liés à ce label.

Dans le Sud-Ouest, il n’y a pas que les thermomètres qui montent en température pendant cette période de canicule. Les fêtes de villages connaissent actuellement une certaine surchauffe. Depuis une semaine, plusieurs manifestations locales ont annoncé quitter le label « Les Plus Belles Fêtes de France » ou renoncer à y adhérer, lui reprochant ses liens avec le milliardaire conservateur Pierre-Edouard Stérin. Continuer la lecture de “On tranchera à la rentrée” : la polémique sur Pierre‑Édouard Stérin fait vaciller le label “Les Plus Belles Fêtes de France”

Arrêts maladies : « Quand Macron dit qu’il n’aime pas qu’on dise que le travail est pénible, cela envoie un mauvais message »

Les évolutions du monde du travail et le sabordage par le gouvernement des moyens de prévention pèsent lourd dans les jours d’arrêts maladie, explique l’ergonome Serge Volkoff, ergonome spécialiste des relations entre l’âge, le travail et la santé.

 

En s’attaquant aux médecins qui prescriraient trop et en limitant les premiers arrêts maladie, le gouvernement se pose-t-il le bon problème ?

Serge Volkoff, Ergonome spécialiste des relations entre l’âge, le travail et la santé

La moitié des jours d’arrêts sont liés à des arrêts de plus de six mois, selon les chiffres de la Sécurité sociale. Cela concerne des cancers, des maladies cardio-vasculaires, des accidents graves… Continuer la lecture de Arrêts maladies : « Quand Macron dit qu’il n’aime pas qu’on dise que le travail est pénible, cela envoie un mauvais message »

Israël : 100 000 manifestants à Tel-Aviv et un appel à la grève générale dimanche prochain contre Netanyahou et son plan de conquête de Gaza

Au lendemain de l’annonce faite par le premier ministre israélien de conquête totale de la bande de Gaza, des dizaines de milliers d’Israéliens se sont rassemblés à Tel-Aviv et ailleurs dans le pays pour réclamer la fin de la guerre génocidaire et la libération de tous les otages. Les familles d’otages ont appelé à la grève générale dimanche prochain, alors que la mobilisation prend de l’ampleur.

 

Et si le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et son plan génocidaire dans le bande de Gaza étaient défaits par la société israélienne ? Après que le cabinet d’extrême droite de l’intéressé a annoncé vendredi un plan de conquête militaire totale de l’enclave palestinienne, des dizaines de milliers de personnes sont descendues, samedi 9 août, dans les rues de Tel-Aviv. Continuer la lecture de Israël : 100 000 manifestants à Tel-Aviv et un appel à la grève générale dimanche prochain contre Netanyahou et son plan de conquête de Gaza

La paix en Ukraine n’est qu’un prétexte, l’objectif de Trump lors de sa rencontre avec Poutine est bien plus global

Sur la photo : le président russe Vladimir Poutine et le président américain Donald Trump (de gauche à droite) lors d’une rencontre bilatérale au sommet du G20, archives. (Photo : Mikhaïl Metzel/TASS)

En Russie, le célèbre politicien ukrainien Evgueni Mouraïev, actuellement en résidence à Pékin, a défini les principales craintes de l’administration américaine à l’heure actuelle. Ce qui se joue selon lui c’est la réalité des BRICS. Trump a essayé le bâton mais ça n’a pas marché, la Chine mais aussi l’inde, le Brésil, ont refusé de plier devant l’imposition de tarifs. Maintenant, il va tenter la « carotte ». L’Ukraine est secondaire, le but est de rompre l’alliance des BRICS. Les États-Unis ne renonceront pas si facilement à leur position dominante dans le monde. Ils ont délocalisé la quasi-totalité de leur production en Inde et en Chine, et l’économie américaine est désormais postindustrielle, basée sur la spéculation boursière et les services (la situation est encore plus dégradée en Europe et en France en particulier, ça et la position partisane disent la manière dont ils perdent leur influence réelle)… D’une manière ou d’une autre, ils ne pourront pas rivaliser technologiquement avec les pays du BRICS, et donc ils seront perdants. La Russie le sait et une bonne partie de l’Asie également. Cet enjeu que la planète entière comprend est complètement évacuée du débat public en France, celui de la gauche sans parler du caractère suicidaire des communistes français qui eux glissent dans l’insignifiance derrière l’UE, l’Ukraine et l’anti soviétisme, la sinophobie, l’anticommunisme primaire depuis des décennies. (note de Danielle Bleitrach traduction de Marianne Dunlop)

https://svpressa.ru/politic/article/476339

Texte : Alexeï Peskov

Dans la soirée du 8 août, Donald Trump a enfin révélé le lieu de la rencontre entre les présidents russe et américain. Quelques heures auparavant, le très populaire homme politique ukrainien Evgueni Mouraïev, qui réside actuellement à Pékin, avait diffusé une émission en direct de deux heures sur sa chaîne vidéo, au cours de laquelle il avait exprimé une série d’idées et d’hypothèses très intéressantes, voire sensationnelles. Continuer la lecture de La paix en Ukraine n’est qu’un prétexte, l’objectif de Trump lors de sa rencontre avec Poutine est bien plus global

Politiser l’entreprise : l’éternel enjeu de classe

© Christina Morillo – Pexels

Membre de l’exécutif du PCF en charge de l’activité à…

Comment (re)politiser l’entreprise ? Dans cet article, Aymeric Seassau rappelle que le lieu de travail est un lieu décisif de pouvoir, de politisation et de lutte des classes. Selon lui, il faut mettre fin à l’abandon de l’entreprise par la gauche et prendre résolument le parti du travail, afin d’engager la révolution des rapports de production.

Deuxième siècle avant notre ère. Les premières révoltes serviles agitent la République romaine. Suffisamment pour établir en Sicile pour une petite dizaine d’année un royaume dit « syrien » qui frappera monnaie. On sait peu de choses de son leader, Eunus. Les sources le présentent tantôt comme occupant le rôle de « bouffon » pour ses maitres tantôt comme « mage » initié à quelques mystères orientaux. Peu importe. Il n’y a pas là matière à exemple personnel. L’esclavage n’est pas aboli, il le pratiquera d’ailleurs lui-même (en forçant les hommes libres à construire notamment les armes qui lui permettront de tenir à distance les légions durant quelques années ce qui, convenons-en ne manque pas de panache). Cela provoque pour autant débats et émeutes dans la lointaine Rome où le premier des Gracques s’acharne à faire passer réforme agraire et politique de redistribution. Continuer la lecture de Politiser l’entreprise : l’éternel enjeu de classe

Ces flammes, révélatrices des modifications climatiques et de l’austérité Par Patrick Le Hyaric

Solidaire des populations du département de l’Aude, et soutenant les efforts des forces de sécurité civile, des élus locaux, de toutes les habitantes et habitants engagés dans un combat sans merci contre le feu aux dimensions exceptionnelles, nous ne pouvons qu’une fois encore appeler à la réflexion sur les causes de cette catastrophe et à l’action nécessaire contre celles-ci.

On ne peut d’un côté verser des larmes de crocodile sur la détresse et l’angoisse des habitants, comme le fait le Premier ministre, et de l’autre imposer un « budget contraint ». Doux euphémisme pour dire que le pouvoir s’apprête à réduire encore les crédits publics indispensables à la sécurité civile, à la protection des habitants et à la lutte contre les modifications climatiques.

Un rapport parlementaire a alerté depuis un moment sur le manque de moyens de lutte contre l’incendie. On peut ainsi augmenter sans cesse le budget militaire, mais on ne peut pas acheter le nombre suffisant de Canadairs. Le prix de base d’un tel  engin de lutte contre les incendies de 35 millions d’euros doit être comparé au prix des engins de morts comme Le Rafale qui selon les options coûte entre 52,8 millions et 217 millions d’euros.

Celles et ceux qui ont approuvé la politique viticole européenne qui a conduit à la transformation de milliers d’hectares de vignobles en friches, combiné à l’affaiblissement de l’élevage, devraient rendre des comptes aujourd’hui, au moment où cette politique réactionnaire ouvre la route à l’agressivité des flammes.

Enfin, l’Aude comme  la Californie, subissent les mêmes phénomènes climatique où alternent des périodes de pluie intenses et une tendance générale à l’assèchement des sols. Une combinaison  de chaleur et de sécheresse qui transforme de grands espaces de la planète en bouilloire. Ce processus provoque un développement de la biomasse qui, par la suite, se transforme en feux géants dans une zone méditerranéenne où les modifications du climat conduisent à une élévation globale des températures. Celle-ci devient l’espace où s’aggrave la surchauffe planétaire. Rappelons qu’actuellement la moitié de notre pays fait l’objet « d’arrêtés préfectoraux sécheresse ».

Le feu et ses destructions, humaines, naturelles, de maisons et d’équipements ne sont pas fatals. Le feu peut être évité et combattu.

Cela nécessite des moyens humains et financiers donc la sortie de l’austérité et de la militarisation. 

Cela appelle aussi une autre politique agricole et forestière basée d’abord sur la valorisation et la rémunération du travail humain, de l’économie familiale combinée avec la coopération, un développement harmonieux des territoires. Une telle orientation doit être reliée avec un grand combat international pour des réorientations économiques réduisant l’utilisation des énergies carbonées dans l’objectif de protéger le climat.

Bien loin de la collaboration Trump-Von Der Leyen qui prévoit d’importer la valeur de centaines de milliards d’euros de pétrole et de gaz de schiste américain.

Si rien n’est fait, des incendies comme celui que subissent dramatiquement les populations de l’Aude et d’autres en Europe auront lieu plus souvent et sur de nouveaux espaces du territoire français et européen.

Non, décidément, ce n’est pas l’écologie qui est punitive !


Image by Matthias Fischer from Pixabay.

 

Comment lutter contre l’invisibilisation du sport féminin ?

Se basant sur un modèle sportif masculin, les médias laissent une place insuffisante aux sportives et entretiennent une discrimination genrée, obligeant les athlètes à prouver leur valeur pour obtenir reconnaissance et respect.

 

Il faut une organisation sportive égalitaire, excluant les stéréotypes, et qui donne les moyens aux femmes de rayonner dans leur discipline.

Sandy Montañola, Maîtresse de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université de Rennes

Le sport est un milieu historiquement construit comme masculin : les institutions sportives, les médecins et les politiques en ont écarté les femmes. Leur intégration s’est donc faite discipline par discipline, au prix de nombreuses luttes. Les inégalités sont néanmoins encore nombreuses, notamment dans les médias, où les sportives sont largement invisibilisées. Continuer la lecture de Comment lutter contre l’invisibilisation du sport féminin ?