Les lois de décentralisation se succèdent. La gestion de proximité est mise à l’honneur. Mais concrètement peu de choses changent sur le terrain. C’est ce que l’Inspection générale montre dans un rapport qui dénonce le grand flou de la réforme territoriale et , par suite, le caractère toujours très descendant des circulaires et du dialogue de gestion. Recteurs et recteurs régionaux se coordonnent mal. Le ministère continue d’entretenir un dialogue abondant mais monocorde avec les académies. Le rapport milite pour une décentralisation aboutie et un pas supplémentaire vers une éducation moins nationale. Affaire à suivre…
Une contractualisation de façade
« Il est nécessaire de transformer le pilotage du système éducatif vers un mode de management ouvert et interactif dans une logique de subsidiarité affirmée et porteuse de valeur ajoutée à tous les niveaux ». C’est le credo de Déborah Bé et Emilie-Pauline Gallié, qui signent ce rapport sur « les relations entre les administrations centrales, les services déconcentrés et les opérateurs dans le champ de l’enseignement scolaire, de la jeunesse et des sports et de l’enseignement supérieur ». Or force est de constater que, pour elles, on reste loin de cet objectif pourtant affirmé avec continuité à travers les réformes.
Franck Marsal, comme promis assume un résumé des textes en débat pour le 39e congrès du PCF. Disons notre sentiment à la lecture de ce résumé : je ne pense pas qu’il existe en France hormis le PCF, une seule force politique apte à mener un tel débat, sur le fond, évitant les questions de personne, le posant seulement en tant qu’il peut être utile à notre peuple et il faut donc l’apprécier. Mais d’un autre côté, il témoigne encore d’un enfermement intellectuel, une sorte de “provincialisme”, ignorant ce qui est en train de changer dans le monde et les analyses qui montent de partout, du mouvement communiste international et du “sud”. Il y a trente ans d’ankylose dans ce début de prise de conscience, mais il n’y a rien d’autre et la situation française, mondiale, exige que ce parti existe et avance, plus il y aura d’apports mieux ça vaudra. Comme on disait “ce n’est qu’un début, continuons le combat” même si la route parait longue, on ne voit pas d’autre chemin. Comme disait Archimède, donnez-moi un levier et un point d’appui et je soulèverai le monde: depuis le 38 e congrès le point d’appui commence à s’étayer, le retour aux couches populaires, la défense de la souveraineté française, tout ce que symbolise la campagne et l’actualité de Fabien Roussel – voir ci-dessous son interview de ce matin- il reste à avoir le levier à savoir le parti communiste lui-même.. (note de Danielle Bleitrach dans histoireetsociete)
Contributions publiées le 3 janvier 2023
6 contributions ont été publiées sur le site du congrès le 3 janvier 2023. Ce sont les contributions :
• du camarade Luc Foulquier, des Bouches du Rhône “Écologie : la bataille des mots”
• du camarade Esteban Evrard, des Ardennes, “Répondre à la question nationale par l’universalisme”
• de la camarade Françoise Hily, de Seine et Marne “Mesures concernant l’enseignement”
• du camarade Roland Foissac, du Tarn “le communisme au présent”
• de la camarade Christine Blandel, des Bouches du Rhône “Les binômes homme / femme dans le parti, une nécessité”
• du camarade Bertrand Péricaud, du Pas de Calais, “Pour une analyse plus juste du monde actuel”.
Écologie et communisme :
Je commencerai par la contribution du camarade Luc Foulquier, des Bouches du Rhône :
Selon l’état des lieux des vulnérabilités des Français, édité chaque année par le Crédoc, les classes moyennes inférieures ont été particulièrement impactées par la hausse des prix en 2022.
Pour sa troisième édition depuis 2018, l’Observatoire des vulnérabilités, créé par le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc) s’est intéressé aux classes moyennes inférieures. Le constat est sans appel : l’inflation accroît la vulnérabilité de cette couche sociale et entraîne repli sur soi et moral en berne. Le Crédoc a sondé les foyers dont les revenus mensuels se situent entre 1 285 et 1 840 euros cet été, alors que l’inflation était à plus de 6 % (7 % pour les produits alimentaires). Continuer la lecture de Fragilisées par l’inflation, les classes moyennes redoutent la paupérisation
Pour le réveillon de Noël, accompagnant une dinde aux marrons ou la bûche de chèvre partagée en famille, vous avez sans doute savouré un Côtes-du-rhône ainsi qu’une salade verte. Des produits du terroir qui nécessitent une main-d’œuvre le plus souvent précarisée. Théophile et Constance en font partie. Elle, est devenue maraîchère agricole, après une reconversion professionnelle. Lui, travaille dans les vignobles. Leur point commun ? Avoir travaillé la terre sous le régime du titre d’emploi simplifié agricole (Tesa) durant de longues années. « C’est une offre des pouvoirs publics, en l’espèce la Mutualité sociale agricole (MSA), en matière de déclaration, explique Martin Abry-Durand, enseignant-chercheur en droit privé. Pour les entreprises non dimensionnées à la gestion des paies, il permet de simplifier les droits des salariés et d’assurer le bon encaissement des cotisations. » Le Tesa n’est pas un contrat à proprement parler, comparable au CDD ou au CDI. « C’est un titre d’emploi censé être réservé aux salariés occasionnels du monde agricole », pour les exploitations n’excédant pas 20 personnes, poursuit le chercheur. Mais, selon Constance, « le Tesa nous contraint à une précarité à vie ». Continuer la lecture de Le Tesa, cet outil de précarité agricole
C’est un feuilleton de plusieurs mois qui vient de connaître un dénouement tragique : le tribunal de commerce de Lyon a finalement désigné le nom du repreneur de Scopelec, plus grosse coopérative de France et sous-traitant d’Orange. Le groupe Circet, mastodonte des télécoms détenu par un fonds d’investissement britannique, ICG, va donc reprendre les rênes de l’entreprise. 1 049 emplois seulement vont être sauvés sur les 2 300 que compte Scopelec. « C’est une catastrophe, le plus gros plan social de France, peste l’avocat des salariés, Ralph Blindauer. Les administrateurs judiciaires ont fait ce qu’ils ont pu avec les fonds disponibles dans l’entreprise, mais ils n’ont pu mobiliser que 2 millions d’euros pour le PSE, une misère… » Continuer la lecture de Télécoms. Plus de 1 200 emplois détruits chez Scopelec
NDLR de MAC un texte un peu long mais qui est profondément ancré dans le réel d’aujourd’hui!
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« Je n’attends pas grand chose de bien réjouissant de la session de la Chambre des députés qui vient de s’ouvrir. Nous ne verrons là que querelles mesquines, disputes personnelles et impuissance, si ce n’est à la fin une stagnation complète. En effet, une Chambre doit renfermer des partis compacts, sans quoi toute la machinerie parlementaire ne saurait fonctionner. Si chaque député fait valoir une opinion singulière, différente et isolée, il ne pourra jamais en résulter un vote susceptible d’être regardé, ne serait-ce que tant soit peu comme l’expression d’une volonté commune, et pourtant c’est une condition essentielle du système représentatif qu’une telle volonté commune se manifeste. Tout comme l’ensemble de la société française, la Chambre s’est décomposée en tant de fractions et de parcelles qu’il n’y a plus là deux personnes dont les opinions se rejoignent tout à fait (…) Mais où mène cet éclatement de tous les liens de la pensée, ce particularisme, cette extinction de tout esprit de corps qui est la mort morale d’un peuple? – C’est le culte de l’intérêt matériel, de l’égoïsme, de l’argent qui a amené cet état de chose. » (1)
Député, secrétaire national du PCF, ancien candidat à la présidentielle… C’est avec ces différentes casquettes que Fabien Roussel a entrepris un tour de France « sans tabou » en octobre dernier. D’une étape à l’autre, le communiste prend le pouls du pays et s’applique à trouver le chemin d’une « majorité populaire » face au pouvoir en place et au RN en embuscade.
C’est la quatrième fois qu’il arpente les routes de l’Hexagone et il ne s’en lasse pas. Adepte des « échanges directs », le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, s’est lancé en octobre dans un nouveau tour de France qui s’achèvera en mars, au terme de 14 étapes. Prendre le pouls d’un pays confronté à la vie chère et à un président à la majorité bancale, voilà pour l’objectif. L’exercice est devenu familier pour le député du Nord qui s’y est livré une première fois comme parlementaire, en 2017, avec une tournée de présentation du « budget des riches » d’Emmanuel Macron alors tout juste élu président.
Rebelote en 2019, après les européennes et son élection à la tête du PCF. Un livre naît de ces rencontres avec le monde du travail, « Ma France », où le communiste esquisse le chemin vers des « Jours heureux » dans la perspective de la présidentielle. C’est d’ailleurs avec sa casquette de candidat qu’il retourne au contact, de préférence en zone rurale, avec l’ambition de « parler à cette France (…) qui est trop souvent ignorée des politiques publiques ». Continuer la lecture de Fabien Roussel en tour de France pour trouver le chemin des « jours heureux »
Les dérives sectaires ont proliféré à l’ombre de la pandémie et sur la Toile 2.0. Vingt ans après sa naissance, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) enregistre une hausse inédite des signalements. Comment expliquer cet essor ?
Le rapport 2021 de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), publié en novembre, a sonné l’alerte sur l’amplification et les mutations du phénomène sectaire. En 2021, la Mission a reçu 4 020 saisines, soit 33,6 % de plus qu’en 2020, et 86,1 % de plus qu’en 2015. Si, parmi les 3 118 dossiers traités, beaucoup portent sur des mouvements identifiés comme les Témoins de Jéhovah, l’église de scientologie ou la mouvance chrétienne, la mission s’inquiète de l’essor de tendances liées au complotisme, à la finance pyramidale et, surtout, à des pratiques de soins non conventionnelles, « un enjeu de santé publique », souligne la Mission, qui déplore l’insuffisance de moyens pour agir. En atteste la démission, ce 14 décembre, de sa présidente, la magistrate Hanène Romdhane. Nommée en avril 2021, elle entend ainsi protester contre « le manque de moyens humains ». Continuer la lecture de Pourquoi le phénomène sectaire ne fait-il qu’augmenter?
« Si on avait un rêve, ce serait d’être libres de pouvoir vivre tranquillement notre propre culture sans avoir l’impression de faire peur aux autres, sans que les autres considèrent qu’on ne veut pas s’intégrer, parce que ce n’est pas vrai », témoigne Andrei, jeune Roms accompagné par l’association Rencont’Roms Nous, à l’occasion de la visite, ce lundi, de Marie Piqué, vice-présidente (communiste) du conseil régional en charge des solidarités.
Soutenue depuis plusieurs années par le conseil régional au titre de l’appel à projet pour la promotion de la citoyenneté et la lutte contre les discriminations, cette structure toulousaine utilise l’art et la culture pour favoriser l’inclusion des habitants du Bidonville situé sur le terrain de La Flambère, près du quartier de Purpan à Toulouse. Continuer la lecture de Toulouse – La Région soutient l’inclusion des enfants Roms du camp de la Flambère