Fabien Roussel: inventons les jours heureux (Discours à la Fête de l’Huma)


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Nos priorités pour les Français (Fabien Roussel PCF)

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Monsieur le Président de la République,

La France est belle, riche, forte mais nos concitoyens subissent les durs effets de votre politique et de vos choix imposés de manière autoritaire. Notre pays affronte une situation très grave, au sein d’un ordre mondial en pleines convulsions.

Dans un tel contexte, dans ce moment de crise aiguë, démocratique, écologique et sociale, le Parti communiste français est convaincu de l’impérieux besoin pour la Nation de se projeter dans un avenir heureux, de bonheur partagé, respectant chaque citoyen et garantissant à chacun, chacune, sa place dans la société.

Au sortir de l’occupation hitlérienne, les gouvernements formés sur la base du programme du Conseil national de la Résistance avaient, dans cet esprit, favorisé des avancées sociales et démocratiques comme il en aura rarement existé dans notre histoire.

Je vous parlerai avec franchise : le problème vient du fait que vous faites exactement l’inverse, et que vous vous employez à détricoter ces belles conquêtes de la Libération.

Il est ainsi pour le moins stupéfiant de lire sous votre plume un éloge de « l’esprit de dépassement et de dialogue » que démentent vos six années d’exercice de la magistrature suprême.

Les souffrances et les attentes du peuple de France ont été purement et simplement ignorées.

À la morgue, au mépris parfois se sont ajoutées des politiques et des pratiques qui ont tragiquement creusé les inégalités, affaibli nos services publics, déconsidéré les corps intermédiaires, bafoué la démocratie sociale et foulé aux pieds la souveraineté du Parlement.

Les six premiers mois de cette année vous ont encore vu conduire une réforme des retraites poussant nos concitoyens à travailler au-delà de 64 ans, jusqu’à 67 ans pour de nombreuses femmes.

Vous avez choisi de passer en force face à l’un des plus grands mouvements sociaux qu’ait connu notre pays, de refuser toute négociation avec les organisations syndicales unies, de ne tenir aucun compte des propositions de juste réforme de notre système de retraite que nous avions avancées.

Et voilà que, pour la première fois depuis de très nombreuses années, des dirigeants syndicaux nationaux voient engagées contre eux des poursuites. Pour le monde du travail, cette atteinte supplémentaire aux libertés syndicales est légitimement ressentie comme une hostilité brutale. Nous vous demandons solennellement de veiller à garantir le libre exercice du droit syndical dans notre pays.

Inutile de vous dire que j’éprouve quelques difficultés à voir dans votre initiative de ce jour autre chose qu’un exercice de communication.

Si vous vouliez vraiment répondre aux angoisses du moment, vous vous mettriez enfin à l’écoute de nos compatriotes, du monde du travail qui ne ménage pas ses efforts mais n’en profite jamais, de la jeunesse qui voit son avenir bouché par la précarité ; vous renonceriez à une politique qui ne sert que le capital et taxe sans fin les salariés et les retraités.

Si, à l’instar de l’un de vos ministres, vous souhaitiez parler aux classes populaires, votre priorité dans la période devrait être d’agir au service de la justice, de l’égalité sociale, de la démocratie.

C’est le sens des propositions que nous portons pour la France, avec nos parlementaires et nos élus présents dans tous les territoires de la République, dans le cadre d’une ambition collective, d’un projet partagé avec le plus grand nombre de nos concitoyens.

La priorité des priorités reste et demeure l’inflation, la lutte contre la vie chère, les bas salaires, la précarité du travail.

C’est réparer la France du travail par un pacte pour le pouvoir d’achat, pour le travail et la formation, avec des hausses des salaires et des pensions, par des conditions de travail dignes.

Avec les forces de gauche et écologistes, nous vous proposons une série de mesures très concrètes dont l’indexation des salaires sur l’inflation, l’augmentation du smic à 1 600 euros net, la conditionnalité des aides publiques versées aux entreprises, l’égalité réelle des salaires entre les femmes et les hommes.

Au regard de la gravité de la situation du pays, je vous propose aujourd’hui de réunir en urgence un Grenelle des salaires et des pensions, et de mettre en œuvre sans attendre un plan de lutte contre l’inflation reposant sur le blocage des prix, la baisse de la TVA et la taxation des superprofits des entreprises.

Faire Nation nous invite à nous adresser fortement à la jeunesse.

Nous vous proposons un pacte pour la jeunesse : ayons l’ambition de garantir à chaque jeune un avenir avec un emploi durable ou une formation qualifiante et un salaire. Nous voulons 0 jeune au chômage. Et reconstruisons l’école publique ; ce qui suppose de garantir la gratuité des fournitures scolaires, de mettre en place un revenu étudiant, de construire des logements étudiants, d’abroger Parcoursup et de donner aux enseignants, comme aux personnels de l’Éducation nationale, les moyens d’exercer vraiment leurs missions, sans leur demander de travailler davantage, alors qu’il s’agit d’abord de respecter et revaloriser leur métier.

Nous demandons d’augmenter leur point d’indice pour que le salaire minimum atteigne 2 000 euros net. Nous proposons un plan de pré-recrutement en urgence de 10 000 étudiants en L3 à former en deux ans et leur permettant d’atteindre la titularisation avec un niveau master.

L’heure est à lancer un grand plan de reconstruction des services publics. Je pense en particulier à la santé qui est au cœur des préoccupations de nos concitoyens. À l’opposé de toute augmentation des franchises médicales, nous proposons d’aller vers une véritable prise en charge à 100 % des soins et la reconquête de la Sécurité sociale sur la base de ses principes fondateurs de solidarité et d’universalité des droits. Il est également plus que jamais nécessaire de refonder l’hôpital public pour lui donner les moyens de ses missions et d’engager une nouvelle stratégie nationale de santé.

Favoriser l’essor des arts, de la culture et des politiques sportives, c’est un grand enjeu d’émancipation qui nécessite de transformer profondément les politiques publiques et d’y consacrer au moins 1 % du PIB pour chacune d’entres-elle.

Faire Nation appelle également à respecter la démocratie, à écouter le cœur battant du peuple, à aimer nos concitoyens dans leur diversité et dans leurs engagements.

Les événements tragiques qui se sont déroulés suite au meurtre de Nahel doivent nous inviter à beaucoup d’humilité. La France ne se parle plus, ne se comprend plus. Il est donc urgent de bâtir un pacte pour la réconciliation nationale.

L’appel de Grigny, porté par notre collègue Philippe Rio et des maires de toutes sensibilités, a présenté des propositions en ce sens.

Certaines d’entres-elles ont été retenues mais si peu ! C’est tellement insuffisant par rapport aux inégalités existantes. Qu’attendez-vous vous pour aller au bout ? Vous le savez pourtant : ce que vous n’investissez pas aujourd’hui coûtera plus cher à la France demain.

Le droit à des services publics de qualité, à l’emploi, à des logements décents, à la tranquillité publique, à une police de proximité sont au cœur de ce plan pour nos villes et nos quartiers. Il n’y a pas d’économie à faire en ces domaines.

Faire reculer les trafics de drogues, d’armes, s’attaquer à la prostitution impose de mettre en place des moyens sans précédent localement, avec beaucoup plus de moyens d’enquête, de justice, d’accompagnements sociaux, de prévention, de suivi des peines par des éducateurs et des agents de probation aujourd’hui débordés.

Comment lutter contre l’argent facile de la drogue quand elle coule à flots dans nos quartiers ? Il faut s’attaquer à la source, aux narco-trafiquants, au blanchiment de l’argent et en redonnant des moyens aux services des douanes le long de nos frontières.

En s’attaquant au blanchiment de l’argent, vous vous rendrez compte à quel point les banques sont parfois complices, aidées par des paradis fiscaux toujours présents.

Le respect de notre pacte républicain impose d’être extrêmement ferme avec la délinquance en col blanc, la corruption, la fraude et l’évasion fiscale.

Enfin, faire Nation exige de respecter la dignité humaine et les droits de tous les travailleurs. Comme beaucoup d’autres, nous réclamons la régularisation des travailleurs sans papiers et l’élaboration avec les pays de l’Union européenne, les élus locaux et les associations concernées d’une politique d’accueil des personnes fuyant leur pays afin de ne plus laisser quiconque mourir dans la Mer du Nord ou en Méditerranée.

Concernant nos institutions, notre pacte républicain doit reposer sur la confiance envers elles et ses représentants. Comment les Français peuvent-ils avoir encore confiance dans leur Parlement, leurs députés, lorsque le gouvernement sanctionne les débats à coup de 49-3 ?

Nous demandons, là aussi, de réformer nos institutions pour les rendre plus démocratiques en rééquilibrant les pouvoirs en faveur du Parlement et de la démocratie sociale.

Nous proposons la suppression des articles 49-3, 40, 47-1 de la Constitution, car ils privent le Parlement de son rôle démocratique. Nous proposons l’instauration d’élection à la proportionnelle aux élections législatives, sans diminuer le nombre de députés et de rétablir les élections législatives avant l’élection présidentielle.

Nous proposons de donner de nouveaux pouvoirs d’intervention aux salariés dans les entreprises afin qu’ils participent, avec les actionnaires, aux choix les concernant.

Nous demandons de redonner du pouvoir et des moyens aux élus locaux, notamment les maires et les conseillers départementaux, de compenser strictement l’ensemble des compétences transférées par l’État et de mettre fin à la loi NOme. Le couple département-communes doit redevenir l’interlocuteur privilégié de l’État.

La réforme de nos institutions doit permettre un dialogue réel et sincère avec les élus de Corse comme avec ceux des territoires d’Outre-mer qui attendent, eux aussi, que l’on tienne compte de leurs spécificités, du poids de la vie, des monopoles privés, du sous-investissement chronique de l’État qui les prive aujourd’hui des moyens nécessaires pour le traitement des déchets, l’approvisionnement en eau ou le développement de leur souveraineté alimentaire.

Faire Nation, c’est respecter tous les peuples de la République française, leurs cultures, leurs histoires, leurs langues. Et là aussi, toute réforme devra être soumise par voie de référendum aux habitants des territoires concernés. C’est aussi savoir les écouter quand ils expriment leur colère.

Concernant l’ISF ou plus récemment la réforme des retraites à 64 ans, les Français ont souhaité être interrogés. Écoutez-les. Donnez-leur la parole. Cela fait maintenant des mois que nous réclamons un référendum sur ces sujets.

De même, nous vous demandons d’interroger les Français sur le retour du pacte budgétaire européen qui impose tant de rigueur et d’austérité.

Nous n’en voulons pas. Nous demandons pour notre part l’instauration d’un autre pacte budgétaire européen, permettant de mettre l’argent de la BCE au service de l’emploi, de la transition écologique, des services publics avec des taux 0 % pour les États et les collectivités.

Nous proposons ainsi la création d’un fonds européen de développement écologique et social, qui financerait des embauches massives dans les services publics et permettrait également de faire face aux enjeux climatiques.

Sur ce sujet, l’accélération du dérèglement climatique n’est pas une question pour nous. C’est une réalité. C’est une urgence.

Soyons à la hauteur du bouleversement en cours et cessons de culpabiliser les Français individuellement : il faut révolutionner notre système économique pour agir rapidement et en profondeur.

Nous appelons la France à mettre en place un pacte annuel pour le climat à hauteur de 6 % du PIB, comme le recommande le Giec.

En matière énergétique, la France doit retrouver toute sa souveraineté et ne plus céder aux injonctions de l’Allemagne, comme aux lobbies anti-nucléaire. Il est urgent de sortir du marché européen de l’énergie, de baisser les tarifs du gaz et de l’électricité pour les ménages, les communes, les services publics, les entreprises, et d’investir massivement dans la production d’électricité décarbonée issue du renouvelable et du nucléaire. Voilà un choc de pouvoir d’achat et de compétitivité utile et efficace, garanti par un service public de l’électricité et du gaz. Vous faisiez référence au CNR. Voilà de quoi s’en inspirer.

Ce pacte pour le climat doit permettre la rénovation de 700 000 logements par an, la création d’un service public de l’eau, la gratuité des transports publics dans les métropoles, la prime à la conversion pour les véhicules électriques d’occasion avec un véhicule populaire produit en France, la relocalisation de l’activité industrielle, la promotion de la souveraineté alimentaire garantissant à chacun de manger sain et à sa faim.

Concernant la paix, vous connaissez notre attachement à toutes les initiatives permettant d’ouvrir un espace de dialogue en faveur d’un cessez-le feu en Ukraine et pour l’ouverture de négociations.

Dans une lettre que je vous ai récemment adressée, je vous disais que la France doit prendre une initiative avec quelques propositions que j’ai esquissées. Je sais qu’elles font débat parmi les parlementaires, de droite comme de gauche. C’est l’occasion de dépasser les clivages et de proposer un chemin pour la paix en Europe et de renoncer à inscrire cette guerre dans le temps long, avec son cortège de souffrances et de désespérance pour les peuples d’Ukraine, de Russie, mais aussi d’Europe.

Enfin, pour œuvrer à un nouvel ordre du monde, de justice et de droit, la France doit entendre l’aspiration des peuples d’Afrique à conquérir leur souveraineté ; l’heure est venue d’en finir avec les vestiges du néocolonialisme, et de construire avec les nations de ce continent une nouvelle relation, basée sur la coopération et un co-développement solidaire. Plus généralement, notre pays doit de nouveau faire entendre sa voix afin que soient appliquées les résolutions des Nations unies, partout dans le monde où elles ne sont pas respectées et où la liberté des peuples se trouve bafouée.

En résumé, Monsieur le Président de la République, nous sommes disposés à travailler s’il s’agit de répondre aux urgences du moment et de permettre des avancées sociales et démocratiques pour nos concitoyennes et concitoyens. Pas de participer à un théâtre d’ombres…

Je vous prie de croire, Monsieur le Président de la République, en ma haute considération.

Fabien Roussel
Secrétaire national du PCF

À Strasbourg, Fabien Roussel tacle un président qui « ne vit pas en France » (Vidéo)

Le secrétaire national du PCF a prononcé son discours de rentrée samedi soir, à l’université d’été des communistes. Il a dressé les priorités de son parti, appelant les militants à se mobiliser pour la campagne des élections européennes.

La paix, le climat, la question sociale : ce sont les priorités du PCF pour cette rentrée, tracées par le secrétaire national Fabien Roussel ce samedi 26 août à Strasbourg. Le dirigeant communiste a pris la parole à l’issue de la deuxième journée de débats à l’université d’été de son parti. Un rendez-vous de fin d’été qu’il a qualifié de « nécessité, tellement les communistes ont une grande responsabilité ». Dans une salle qui a entonné l’Internationale avant la prise de parole de Fabien Roussel, ovationné les salariés en lutte de Clestra qui sont intervenus devant les communistes, le secrétaire national du PCF a choisi de démarrer son allocution par les « événements internationaux graves » liés à la guerre en Ukraine. Il a ainsi relancé son « plan de paix » en cinq points, qu’il a déjà proposé au président de la République. Continuer la lecture de À Strasbourg, Fabien Roussel tacle un président qui « ne vit pas en France » (Vidéo)

Retraites : « L’application de la réforme au forceps est irréaliste » + attaque contre le dirigeant CGT S. Menesplier

L’entrée en vigueur de la réforme le 1er septembre acte la fin du régime spécial des industries électriques et gazières. Sébastien Menesplier, de la FNME-CGT, dénonce un décret « mal ficelé ».

AFP

Les salariés vont faire l’expérience des conséquences de la réforme des retraites. Durant l’été, l’exécutif a publié au Journal officiel les décrets d’application, effectifs au 1er septembre. Le secrétaire ­général de la Fédération nationale Mines Énergie CGT (FNME-CGT), Sébastien Menesplier, revient sur les effets de ce décret dans les industries électriques et gazières (IEG), alors que les agents statutaires, mais mis à disposition, pourraient perdre leurs droits.

Le 1er septembre acte notamment la suppression du régime spécial pionnier des IEG. Vous estimez ce calendrier intenable, pourquoi ?

Sébastien MenesplierSecrétaire général de la FNME CGT

Sébastien Menesplier
Secrétaire général de la FNME CGT

Une telle réforme, dans sa mise en œuvre, nécessite de prendre le temps pour faire les choses bien et ne pas imposer davantage de contraintes aux travailleurs concernés. Plus particulièrement dans les IEG, nous considérons que les conditions ne sont pas réunies. D’abord, cette réforme n’est toujours pas acceptée, ni comprise. Ensuite, sans dialogue avec les employeurs au regard des délais extrêmement courts, les salariés s’interrogent nécessairement sur les conséquences sur leur retraite alors même que nous sommes déjà à la date d’application ! Sont-ils tous protégés par la clause du grand-père ? Un doute ­sérieux persiste. Continuer la lecture de Retraites : « L’application de la réforme au forceps est irréaliste » + attaque contre le dirigeant CGT S. Menesplier

Retraites : le gouvernement enterre les régimes spéciaux ce 30 juillet en catimini

Les salariés embauchés après le 1 er septembre par la RATP, les industries électriques et gazières, la Banque de France et les notaires seront désormais affiliés au régime général selon quatre décrets publiés au JO ce 30 juillet. Le gouvernement ose invoquer l’équité.

L’histoire retiendra donc que l’acte de décès des régimes spéciaux a été publié un dimanche matin, dans la torpeur de l’été. Un communiqué du gouvernement daté du 30 juillet nous apprend que quatre décrets parus au Journal officiel « concrétisent la fermeture au 1 er  septembre 2023 des principaux régimes spéciaux », programmée par la dernière réforme des retraites. Continuer la lecture de Retraites : le gouvernement enterre les régimes spéciaux ce 30 juillet en catimini

Fabien Roussel appelle à un « nouveau Front populaire »

Le secrétaire national du PCF Fabien Roussel vient de publier une lettre ouverte aux Français, qui sera distribuée tout l’été par les militants communistes.

Dans sa lettre, Fabien Roussel appelle de ses vœux à la création d'un « nouveau Front populaire ». © AFP - EMMANUEL DUNAND

Dans sa lettre, Fabien Roussel appelle de ses vœux à la création d’un « nouveau Front populaire ». © AFP – EMMANUEL DUNAND

Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, vient de rendre publique une « lettre aux Français » appelant à la création d’un « nouveau Front populaire ». Il s’agit d’un document de deux pages, qui sera tiré à deux millions d’exemplaires, et distribué par les militants communistes durant tout l’été, jusqu’à la Fête de l’Humanité en septembre.

Ce texte signé par le dirigeant communiste rappelle que « les temps sont durs pour tout le monde. Et nous savons que ce gouvernement cherche à nous diviser et à briser tout espoir de changement ».

Fabien Roussel rappelle également les positions de son parti quant au monde du travail : « un vrai salaire, tout au long de la vie, permettant de vivre, d’élever nos enfants, de partir en vacances, de nous projeter dans l’avenir et de pouvoir profiter d’une bonne retraite en bonne santé ». Il fustige également le gouvernement, accusé de vouloir « (vous) faire taire », et de mépriser « les millions de travailleuses, de travailleurs qui manifestent depuis six mois contre la retraite à 64 ans ».

« Il est temps d’indexer les salaires sur l’inflation » écrit par ailleurs Fabien Roussel, qui rappelle qu’une proposition de loi a été déposée en ce sens. Il invite également les lecteurs de sa lettre à signer la pétition en ligne. « Unissons-nous dans les entreprises, dans nos communes, dans nos quartiers pour faire respecter partout la dignité humaine » et « faire vivre l’égalité, la fraternité et la République dans une France libre de ses choix », ajoute le secrétaire national du PCF.

Il lance en conclusion de sa lettre son appel à bâtir « ensemble un nouveau Front populaire qui rassemble la France des villes et des champs, la France du travail et du progrès social, une France souveraine, capable de mettre enfin l’être humain et la planète au cœur de tous ses choix »

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Un projet de société révolutionnaire – Construire un système de sécurité de l’emploi et de la formation

Nous voulons rendre effectif pour chaque membre de la société, à tout moment, le droit à un emploi ou à une formation débouchant sur un emploi plus qualifié, dans une sécurité de revenu.

C’est une réponse à de profondes aspirations dans la société, et aux défis de notre époque – défis sociaux, écologiques, défis de paix et de co-développement.

Concrètement, chacun·e sera affilié·e, dès la sortie du système scolaire, à un service public de l’emploi et de la formation ayant pour mission de procurer à toutes et tous les moyens d’alterner périodes d’exercice d’un emploi et périodes de formation dans des domaines librement choisis, sans jamais passer par la case « chômage ». Continuer la lecture de Un projet de société révolutionnaire – Construire un système de sécurité de l’emploi et de la formation

Salaires des fonctionnaires : pourquoi le compte n’y est pas

Le ministre Stanislas Guerini a annoncé une revalorisation de 1,5 % du point d’indice, et l’octroi de 5 points supplémentaires par agent, soit 25 euros brut par mois. Pour les syndicats, le compte n’y est pas.

Clement Martin

La réunion était très attendue, et son résultat décevant. Après des rencontres bilatérales à la fin du mois de mai et des promesses d’annonces rapides, le ministre de la Transformation de la fonction publique, Stanislas Guerini, a reçu lundi, à 14 h 30, les huit organisations syndicales des fonctionnaires (CGT, FO, CFDT, Unsa, FSU, Solidaires, CFE-CGC, FA-FP) au cours d’une réunion plénière.

Le ministre a annoncé une revalorisation du point d’indice, qui sert de base au calcul du traitement des agents, de 1,5 %, à partir de juillet. Cinq points seront de plus octroyés à chacun, soit environ 25 euros brut par mois.

Des mesures qui n’entreront pas en vigueur avant 2024

Ces mesures, complétées par des primes ponctuelles, n’entreraient en vigueur qu’en 2024, laissant dans la bouche des syndicats, qui espéraient arracher une revalorisation significative et immédiate, un goût amer.

Lire aussi: Revalorisation de la fonction publique : le compte n’y est pas

Continuer la lecture de Salaires des fonctionnaires : pourquoi le compte n’y est pas

Olivier Mateu (CGT) : « Il faut partir au combat, l’organiser »

Même si la famille Mateu fait partie de ces militants pour lequel au bout de temps d’années je conserve un immense respect, leur dimension anarchisante héritée de la guerre d’espagne mais d’un communisme sans faille, n’est pas toujours mo mode d’approche. La force de ce qu’a été jadis le PCF était d’organiser la cohabition enrichissante entre le syndicalisme révolutionnaire des Mateu, le républicanisme d’un Regis de Castelnau à côté de profils plus “classiques”. Nous n’en sommes pas loin aujourd’hui parce que l’état de la lutte des classes en France est ce que décrit Mateu, comme le nouveau champ magnétique du monde multipolaire, anti-impérialiste avec sa nouvelle décolonisation, appelle à l’essentiel et qui est décrit ici : une organisation des masses, le syndicalisme n’y suffira pas et je repense au débat entre Delaunay et Pierre Alain Millet : sans théorie révolutionnaire pas de parti révolutionnaire. Nous avançons mais pas au rythme des coups portés. Dans le fond la bataille à laquelle je n’ai jamais renoncé et qui m’a vallu tant de coups, tant de diffamtion, d’injustice y compris de ceux que j’estimais proche a toujours été le refus d’une censure imbécile et nuisible qui interdit le débat entre tous ceux qui tentent d’oeuvrer au même but. (note de danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

13 mai 2023 FacebookTwitterPinterestMessengerFlipboardPocketEmailWhatsApp


Entretien inédit | Ballast

Il est l’une des figures de la mobilisation contre la réforme des retraites. On l’a vu tenir tête au personnel gouvernemental à la télévision, inviter le président de la République à « manger » sa mesure et, face à la démolition démocratique en cours, convier à s’affranchir des « règles » en vigueur. Forestier sapeur de formation et communiste de conviction, Olivier Mateu est surtout le secrétaire de la CGT 13 (Bouches-du-Rhône) depuis 2016. Après un 1er mai mémorable, l’intersyndicale a appelé à une quatorzième journée d’action, le 6 juin prochain, pour « se faire entendre » des députés. Le gouvernement campe plus que jamais sur ses positions. Les casseroles retentissent dans le pays et Emmanuel Macron déclare à Dunkerque, à propos de l’impopularité manifeste de sa politique : « J’assume. » Nous rencontrons Olivier Mateu à Marseille pour faire un point sur la situation. Ce qu’il faudrait pour avancer d’un cran ? Organiser l’action combinée de toutes les corporations.


Il y a eu de nombreux appels à la grève générale et reconductible. L’intersyndicale semble pourtant ne pas leur donner suite. Qu’en pensez-vous ? Continuer la lecture de Olivier Mateu (CGT) : « Il faut partir au combat, l’organiser »

Ultrariches : comment les 378 contribuables les plus fortunés ne paient que 2 % d’impôts ?

Quels impôts les milliardaires paient-ils ? Très peu, à en croire une étude de l’Institut des politiques publiques. Le taux d’imposition, progressif jusqu’au 0,1 % des foyers fiscaux les plus riches, régresse ensuite… pour ne représenter qu’une toute petite part des revenus des ultrariches. 

© Valery Hache/AFP

© Valery Hache/AFP

Les ultrariches paient-ils autant d’impôts qu’ils le devraient ? La réponse est non, selon une étude de l’Institut des politiques publiques (IPP), publiée le 6 juin.

Alors que les questions de justice fiscale reviennent régulièrement dans les débats, cette étude démontre que, au lieu de progresser, le taux d’imposition est dégressif à mesure que l’on monte dans l’échelle des plus hauts revenus.

Pour la première fois, les données de l’impôt sur les revenus sont combinées à celles de l’impôt sur les sociétés

Ces résultats sont le fruit d’un travail de recherche mené dans le cadre de l’évaluation de la réforme de la fiscalité du capital enclenchée en 2017. Pour la première fois, les données de l’impôt sur les revenus sont combinées à celles de l’impôt sur les sociétés, pour mesurer un « taux d’imposition global » (1) pour ces ménages. Continuer la lecture de Ultrariches : comment les 378 contribuables les plus fortunés ne paient que 2 % d’impôts ?