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RATP: agents et sous-traitants musulmans dans le viseur
Une note destinée aux encadrants de la RATP, signée par Jean Castex en juillet 2025, incite à contrôler les pratiques religieuses des agents et prestataires, pour respecter la « neutralité » et la « laïcité » du service public. Au prix de graves atteintes aux libertés individuelles.

Lorsque Myriam1 apprend que, dans certains sites de la RATP, les bouteilles en plastique dans les toilettes devront être contrôlées, retirées et remises aux chefs par les travailleurs des sociétés de nettoyage, elle éclate de rire. « Les bouteilles d’eau ne servent pas que pour les ablutions, c’est aussi juste pour être propre derrière… On ne peut même pas se laver les fesses ? » ironise-t-elle. Continuer la lecture de RATP: agents et sous-traitants musulmans dans le viseur
« Le patronat organise le grand déménagement de notre industrie » Aymeric Seassau
Face aux difficultés du tissu industriel français, symbolisées par la récente liquidation judiciaire de Brandt, le communiste Aymeric Seassau appelle l’État à agir et dénonce le rôle du capital.

« Cette situation crée, dans le pays, un sentiment d’injustice et de colère très fort. Il est urgent d’y apporter des réponses, d’autant que l’extrême droite rôde et surfe sur ce désespoir », analyse-t-il.
Pourquoi appelez-vous à sonner « l’état d’urgence industriel » ?
Cet appel part d’un constat. La France et son appareil productif sont arrivés à un point de non-retour : nous sommes le tout dernier pays d’Europe en part de l’industrie dans le PIB. Peut-on vraiment vivre dans un pays dans lequel 78 % des médicaments, 87 % des vêtements et 92 % des équipements électroniques consommés sont produits à l’étranger ?
D’autant que c’est encore en train de reculer puisque avec la liquidation de Brandt, on perd le dernier producteur de cuisson en France. C’est grave pour la nation tout entière pour notre souveraineté de production, pour la transition écologique, puisqu’en perdant notre industrie, on en vient à importer de l’autre bout du monde ce que l’on pourrait fabriquer ici.
Et c’est grave pour la balance commerciale, l’emploi, et donc la protection de la protection sociale. C’est pour cela que nous lançons un cri d’alerte en appelant à l’état d’urgence industriel. Notre pays ne peut plus laisser cette casse se poursuivre. Il ne s’en remettrait pas.
Que symbolise, selon vous, la récente liquidation de Brandt ?
C’est un cas qui est extrêmement éloquent, mais il y en a d’autres : Mittal, Vencorex… Le premier responsable de cette situation, c’est le patronat, qui organise un grand déménagement industriel depuis plusieurs années. Et qui, comble de l’indécence, s’emploie dans le même temps à capter les politiques publiques en direction des entreprises pour alimenter le capital et reverser des dividendes record.
Disons les choses : en France, nous avons l’un des patronats les moins patriotes du monde puisque nos grands groupes ont 62 % de leurs emplois à l’étranger, contre 38 % en Allemagne et 28 % en Italie. Une situation amplifiée par l’abandon de l’État, symbolisé aujourd’hui par Emmanuel Macron, qui promeut la start-up nation au détriment de la France des usines.
Cette situation crée, dans le pays, un sentiment d’injustice et de colère très fort. Il est urgent d’y apporter des réponses, d’autant que l’extrême droite rôde et surfe sur ce désespoir.
Le PCF a mené une campagne sur le thème de l’industrie ces dernières semaines. Un tour de France a été réalisé pour recueillir doléances et propositions. Que retenez-vous de ce travail de terrain ?
Nous disons une chose : si l’État ne peut pas tout faire, l’État ne peut pas non plus ne rien faire. Il y a des mesures simples qui peuvent être prises dès maintenant. Comme déclarer un moratoire sur les licenciements pour ne plus perdre d’emplois industriels, réformer les tribunaux de commerce pour que les demandes des salariés soient entendues, notamment lorsqu’ils se prononcent en faveur d’une proposition de reprise favorable à l’emploi et à l’écologie.
Mais aussi se doter d’un pôle public bancaire, composé de la Caisse des dépôts, de la BPI (Banque publique d’investissement, NDLR) et de la Banque postale, pour en faire un levier économique nous permettant de nationaliser des groupes stratégiques. Mais aussi travailler sur la formation : il faut savoir qu’il existe beaucoup d’emplois industriels non pourvus en France par manque de compétences.
Cela suffira-t-il à faire vivre cette « nouvelle industrialisation » que vous appelez de vos vœux ?
Lorsque nous disons « nouvelle industrialisation », ça ne veut pas dire revenir à l’état antérieur. Mais en créer une qui répond aux enjeux de notre temps, en particulier la transition écologique. Il faut planifier une nouvelle stratégie industrielle nationale où l’État comme les travailleurs jouent pleinement leur rôle, notamment en sécurisant l’emploi et la formation, en reconstruisant et en défendant des filières industrielles stratégiques, en mobilisant les marchés publics pour favoriser le « produire en France »…
Et cela veut aussi dire relocaliser, conditionner les aides publiques à des objectifs décarbonés, peser sur la concurrence déloyale lorsque des produits interdits de production sur le territoire européen sont importés et mettre en place des barrières pour empêcher les produits nocifs et nuisibles pour le climat sur le continent.
Que répondre à ceux qui vous diront que nationaliser coûte cher ?
Nous proposons un plan de 100 milliards pour nationaliser lorsque c’est nécessaire et ainsi empêcher la casse de notre appareil productif dans nos territoires. On peut penser que c’est une grande somme, mais, en comparaison, nous déboursons aujourd’hui 211 milliards par an en aides aux entreprises, que ce soit des aides directes ou indirectes. Soit le double de ce qui est alloué aux collectivités territoriales. Quel est ce pays qui investit davantage dans le capital que dans la sauvegarde de ses emplois et ses services publics ?
POURQUOI LES COMMUNISTES FONT DES ALLIANCES POLITIQUES ? Par J.P. Legrand

La question des alliances revient régulièrement dans le débat politique à gauche, souvent sur un mode polémique : s’allier serait trahir, compromettre l’identité communiste, céder à la collaboration de classe. Cette critique, largement reprise par des courants dogmatiques ou populistes, révèle surtout une incompréhension profonde du marxisme et de l’histoire réelle du mouvement ouvrier.
Soyons clairs : les alliances ne sont pas une option tactique secondaire. Elles sont une nécessité objective de la lutte de classe, à condition qu’elles soient construites dans la clarté, la transparence et au service exclusif des intérêts du prolétariat.
CE QUE DIT LE MARXISME
Marx et Engels, dans le Manifeste du Parti communiste, sont sans ambiguïté : les communistes ne se coupent jamais du mouvement réel. Ils interviennent dans les luttes concrètes, travaillent avec d’autres forces quand cela permet d’affaiblir la domination du capital, tout en conservant leur indépendance politique et idéologique.
Lénine le rappelle dans La maladie infantile du communisme : « Renoncer à tout compromis, ce serait renoncer à la lutte politique sérieuse. »
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Les décennies perdues de la gauche européenne et les élections municipales de 2026, rien n’est joué !

Il faut relancer le débat sur l’échec stratégique de la « gauche » et particulièrement des partis communistes européens, non pas depuis 15 ans et l’émergence de cette « nouvelle nouvelle gauche » mais depuis 50 ans, depuis le tournant euro-communiste, le dos tourné aux pays socialistes (qui a contribué à alimenter la crise de 1989-1991) et l’abandon de la perspective de la révolution sociale. Cet article a le mérite de soulever ce débat et de nous permettre un retour particulier sur les quinze dernières années, mais je dois dire que je suis davantage en accord avec le commentaire de Danielle qui en appelle au retour au combat communiste, qu’avec les conclusions de l’article où l’on sent poindre le renouvellement d’une nouvelle tentative de la « gauche radicale ». La « gauche » moderne, c’est en fait le nom qui a été donné, notamment en France, à un projet politique de réinvention du réformisme et de l’opportunisme destiné à marginaliser les partis communistes, à empêcher leur reconstruction. « L’union de la gauche » était censée permettre de « changer la vie », puis de « combattre l’extrême-droite ». Elle a surtout servi à empêcher la sévère critique que méritaient le réformisme et l’opportunisme. Sur ces bases fausses, les acquis historiques de la Libération ont été liquidés, l’industrie a été détruite, les classes populaires ont été laminées et l’extrême-droite a prospéré comme jamais. Le projet de Thorez, Duclos, Frachon et de toute cette génération qui a construit le parti et en a fait la première force politique du pays n’était pas celui-là. C’était l’unité de la classe ouvrière, par le Front Unique ouvrier, qui dénonça sans relâche le réformisme, en particulier dans le mouvement syndical, développant une puissante génération de cadres syndicaux révolutionnaires, qui formeront l’ossature de la CGT réunifiée de 1945. C’était ensuite, lorsque les conditions historiques avaient évolué, c’est-à-dire lorsque la social-démocratie comprit que le développement du fascisme menait à sa liquidation avec les exemples italien, allemand et espagnol et réalisait un tournant politique en conséquence, lorsque le peuple dans son ensemble réalisait l’imminence du danger fasciste, l’unité du peuple à travers le Front populaire. Enfin, après une nouvelle étape historique, lorsque la trahison des classes dirigeantes fut consommée, ce fut l’unité de la nation à travers le Front National, le vrai, celui de la résistance et non l’organisation fondée par Le Pen et des résidus des SS dans les années 1970. L’articulation de ces trois étapes peut se présenter différemment dans des conditions historiques nouvelles, qui sont celles, comme le dit Danielle, du vent de l’histoire qui tourne, sous l’effet du développement historique des pays du Sud, dans la brèche ouverte contre le mur du sous-développement par la Chine socialiste. Mais la réarticulation nécessite une analyse fine et réaliste, et non la confusion la plus totale des notions pour servir simplement de couverture au pire opportunisme, schéma que nous voyons malheureusement se reproduire sans fin depuis des décennies (note de Franck Marsal pour Histoire&Société).
Ces décennies, comme je l’analyse dans mon livre à paraître en 2026, le Zugzwang ou la fin du libéralisme libertaire, et après ? (1) ont commencé au moins dans le années 1980, et celle qui s’étend en Europe à partir de 2010, dans le monde, a atteint aujourd’hui la fin peu glorieuse de cette dérive qui a été d’abord comme Syriza anticommuniste sur le fond. C’est ce qui se passe en France, avec l’incapacité à se mobiliser contre la guerre et les sordides élections municipales. Depuis 1980, le PCF s’est auto-liquidé et ceux qui ont accompli cela sont toujours en place, censurent, étouffent tout ce qui peut naître, entretiennent la division, la médiocrité (2). Cela s’accompagne de ce parfum de mort autour de l’icône que parait mériter la « République française » et sur laquelle, à l’inverse de cette incroyable classe politico-médiatique j’ai honte de voir ce qu’elle est devenue, comme notre malheureux pays en plein accès de pétainisme. C’est cette histoire qui est en train de s’achever alors que le « vent de l’Histoire » a tourné que je décris dans « le Zugzwang » ou « c’est la fin du libéralisme libertaire, et après? « . Ceux qui auront le courage et la lucidité de tirer un trait sur les « illusions » de l’eurocommunisme, du mitterrandisme se placeront peut-être en position de la victoire d’un autre monde et ils surmonteront les divisions en choisissant le sens de l’histoire, de la paix et du développement (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete).
(1) je rappelle que le Le zugzwang est une situation aux échecs où le joueur n’a plus aucun mouvement favorable possible – toute action de sa part entraîne une détérioration fatale de sa position sur le plateau de jeu.
(2) après la prestation du député de la Seine saint Denis, Peu, président du Groupe de la Gauche démocratique, au meeting de la LFI, qui vise entre autres le maire de Saint-Amand-les-Eaux, il va peut-être être difficile d’expliquer qu’il est légitime de censurer l’ignoble stalinienne que serait Danielle Bleitrach dans l’Huma, la propriété des mêmes… et que tout cela ne fait pas le lit de l’extrême-droite, je dis ça, je dis rien, de toute façon malheureusement cela n’a plus grande importance…
Par Vladimir Bortun
Il y a dix ans, des partis contestataires du sud de l’Europe étaient élus sur la promesse de transformer le capitalisme. Leur échec recèle des leçons que la gauche contemporaine ne peut ignorer.

Alors que de nouveaux projets de gauche prennent de l’ampleur – du récent triomphe de Mamdani à l’émergence d’un nouveau parti de gauche en Grande-Bretagne – il est pertinent de revenir sur le « moment de la gauche » en Europe dans les années 2010. Il y a dix ans, les espoirs étaient grands. Bien que le gouvernement SYRIZA vienne de capituler face à la Troïka, on fondait encore des espoirs sur d’autres partis de gauche d’Europe du Sud (Podemos, le Bloc de Gauche), un Parti travailliste britannique revigoré et le nouveau parti de Mélenchon en France. Dix ans plus tard, pourtant, le néolibéralisme reste fermement ancré, de plus en plus autoritaire et ouvertement belliciste. Pire encore, l’extrême droite s’est imposée comme le principal adversaire du centre politique, malgré le caractère largement illusoire de sa prétendue rupture avec l’orthodoxie néolibérale. Comment en sommes-nous arrivés là ? Continuer la lecture de Les décennies perdues de la gauche européenne et les élections municipales de 2026, rien n’est joué !
« Maintien de l’ordre » : une différence entre police et armée ? Avec Mathieu Rigouste (Vidéo)
Vitrine de la sécurité intérieure pour les uns, « salon du prêt-à-tuer » pour les autres, Milipol avait lieu mardi 18 novembre, comme tous les deux ans, au parc des expositions de Paris-Villepinte, sous l’égide du ministère de l’Intérieur.
Pour en parler, Alexandre Fache, journaliste à l’Humanité, reçoit Mathieu Rigouste, le sociologue qui démonte depuis vingt ans les mécaniques de la violence d’État et de la violence impériale, observe leurs intrications, leurs cibles, leurs armes, leurs stratégies, les industries auxquelles elles donnent corps, mais aussi les mouvements populaires qui leur résistent.
Cette vidéo est un extrait d’un entretien à voir ici :
• Gaza, violences policières… Milipol : sa…
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Aliments ultratransformés : quels effets sur notre santé et comment réduire notre exposition ?

Souvent trop sucrés, trop salés et trop caloriques, les aliments ultratransformés contiennent en outre de nombreux additifs, arômes et autres substances résultant de leurs modes de fabrication industriels. Or, les preuves des liens entre leur consommation et divers troubles de santé s’accumulent. Le point sur l’état des connaissances. Continuer la lecture de Aliments ultratransformés : quels effets sur notre santé et comment réduire notre exposition ?
6 décembre 1905 : la loi de séparation de l’Église et de l’État est définitivement votée, un souffle de libération et d’émancipation
Le 6 décembre 1905, la loi de séparation de l’Église et de l’État est définitivement votée. Fruit d’une longue lutte des républicains parmi lesquels Jaurès et Briand, la loi s’impose non sans résistances du clergé et de ses soutiens. Cette loi est une étape historique fondamentale entre les principes posés par la révolution et la consécration de la république laïque à la libération.

« Victoire historique. » Sous ce titre triomphant et sur trois colonnes à la Une, « l’Humanité » du 7 décembre 1905 publie un grand article de Francis de Pressensé, député socialiste de Lyon. La loi de séparation des Églises et de l’État, que la Chambre des députés a adopté le 3 juillet, vient de l’être par le Sénat, le 6 décembre, sans modification, par 181 voix contre 102. Le président de la République Émile Loubet n’a plus, malgré son opposition, qu’à la promulguer le 9. En dépit de multiples difficultés, la séparation, inscrite dans tous les programmes républicains depuis 1869, est enfin adoptée. Continuer la lecture de 6 décembre 1905 : la loi de séparation de l’Église et de l’État est définitivement votée, un souffle de libération et d’émancipation
Face aux pressions américaines, renforcer la régulation démocratique du numérique (PCF)

La décision de l’administration américaine de sanctionner par des restrictions de visa des responsables européens et des acteurs associatifs, dont Thierry Breton, en raison de leur rôle dans la régulation du numérique, constitue une ingérence inacceptable dans les choix démocratiques européens. Continuer la lecture de Face aux pressions américaines, renforcer la régulation démocratique du numérique (PCF)
C’est quoi le féminisme municipal ? (video)
👉 C’est quoi, concrètement, le féminisme municipal ? On a posé la question à plusieurs camarades engagées dans les communes : qu’est-ce que ça veut dire mener une politique féministe à l’échelle municipale ?
👉 Services publics, urbanisme, transports, santé, petite enfance
👉 Lutte contre les violences sexistes et sexuelles
👉 Sécurité dans l’espace public
👉 Place des femmes en politique et dans les exécutifs locaux
👉 Émancipation, égalité réelle et accès aux droits À travers leurs réponses, une conviction se dégage :
➡️ le féminisme municipal, c’est transformer la ville pour qu’elle soit pensée pour toutes et tous.
➡️ renforcer les services publics, c’est une politique féministe.
➡️ Et pour beaucoup, le féminisme municipal rejoint le combat du communisme municipal.
📣 Une vidéo pour nourrir le débat, outiller les militant·es et préparer les batailles municipales à venir.
✊ Féminisme, communisme, services publics : mêmes combats.
Avec : Elsa Siffert, Sigrid Gérardin, Saïda Safir, Charlotte Blandiot-Faride, Shirley Wirden, Gladys Grelaud, Amandine Liard et Barbara Gomes
00:00 – Services publics et féminisme municipal
00:31 – Femmes, travail et charge mentale
01:05 – Santé publique et égalité d’accès
01:35 – Une politique municipale pensée pour les femmes
01:58 – Lutte contre les violences sexistes et sexuelles
02:31 – Accompagner l’émancipation des femmes
02:57 – Urbanisme féministe et sécurité
03:16 – Sortir les femmes des compétences assignées
03:38 – Femmes, pouvoir et responsabilités locales
04:00 – Combattre le sexisme en politique
04:22 – Transmettre d’autres modèles d’engagement
04:40 – Légitimité des femmes dans l’espace public
05:05 – Prévenir et protéger face aux violences
05:16 – Féminiser l’espace public et la mémoire collective
06:12 – Donner réellement le pouvoir aux femmes en politique
Anthony Cortes