Landes de Gascogne : la face cachée des incendies

Voici un article comme on les aime dans Histoireetsociete. Merci au camarade qui nous l’a signalé : il y a du grain à moudre et surtout des perspectives d’action.

Source : www.leshumanites-media.com par Dominique Vernis

Incendie Landes de Gascogne, 23 juillet 2026

Les feux de forêt progressent près de la région du Proge, le jeudi 23 juillet 2026. Photo Caroline Blumberg/AP

Qu’ils sont évidemment touchants, les témoignages des personnes évacuées – dont certaines ont tout perdu. Qu’elles sont spectaculaires, les images de Canadair croates ou d’un Airbus A400. Qu’ils sont bouleversants, les récits de pompiers qui luttent autant contre le feu que contre la fatigue. Ce « bruit de fond » permet d’occulter l’essentiel : les causes structurelles d’un embrasement qui ne doit rien au hasard — une forêt-usine plantée en monoculture pour l’industrie du bois, une urbanisation qui a colonisé ses lisières, et des politiques d’adaptation sans cesse repoussées. En Gironde et dans les Landes, ce qui brûle aujourd’hui n’est pas seulement une « forêt » mais une manière d’habiter le territoire qui n’est plus possible (1). Au fait, qui va payer la facture ? Continuer la lecture de Landes de Gascogne : la face cachée des incendies

Agriculture : une loi qui ne répond ni à l’urgence du revenu ni à celle de la souveraineté alimentaire

Présentée comme une réponse à la crise agricole, la loi d’urgence adoptée par le Parlement ne règle rien. Elle ne garantit aucun revenu supplémentaire aux agriculteurs et agricultrices et laisse intact le système économique qui oblige trop souvent les exploitants à vendre leur production à un prix inférieur à leurs coûts de production, à s’endetter pour rester compétitifs et à produire toujours davantage pour maintenir leur revenu. Continuer la lecture de Agriculture : une loi qui ne répond ni à l’urgence du revenu ni à celle de la souveraineté alimentaire

Quand la sécheresse accentue le pillage des paysans

Gérard Le Puill

Les semaines passent et, malgré quelques orages, la sécheresse s‘aggrave obligeant les éleveurs à nourrir le bétail avec le foin récolté pour l’hiver et des aliments importés. Parallèlement, les enseignes de la grande distribution font croître les importations de produits alimentaires pour réduire les prix payés aux agriculteurs français, faisant ainsi reculer la souveraineté alimentaire du pays.

Publié le 4 juin 2026, un rapport du Sénat nous informait que les cinq enseignes que sont Leclerc, Carrefour, Intermarché, Système U et Auchan cumulent désormais 84,8% des parts de marché dans la grande distribution, dont 63,5% pour les trois premières nommées.

Chaque année, entre novembre et février, ces enseignes mettent la pression sur leurs fournisseurs de l’industrie agroalimentaire dont beaucoup de Petites et Moyennes Entreprises (PME) , d’Entreprises de Taille Intermédiaire (ETI ) ainsi que des coopératives agricoles engagées dans la transformation des fruits et légumes, des produits laitiers, des viandes et dans la production de vins. Continuer la lecture de Quand la sécheresse accentue le pillage des paysans

Ne laissons pas nos forêts se transformer en brasier

 

Notre forêt brûle. D’après le Système européen d’information sur les feux de forêt (Effis), 40 000 hectares sont déjà partis en fumée depuis le début de l’année.  L’heure n’est pas à la consternation, mais bien à l’action. Les effets du dérèglement climatique sont là, d’où l’urgence d’œuvrer dès à présent à la réduction des émissions ainsi qu’à l’adaptation des populations.

Pour le Parti communiste français, la nécessaire atténuation du dérèglement climatique passe notamment par la mise en œuvre des mesures proposées dans son Plan Empreinte 2050 visant la neutralité carbone d’ici vingt-cinq ans. Toutefois, ces projections ne se fondent pas uniquement sur la seule réduction des émissions de gaz à effet de serre. Elles visent également à maintenir les puits de carbone que sont les prairies permanentes et les forêts. Or, d’après les rapports Secten du Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique (Citepa), la capacité de stockage de carbone du puits forestier a été quasiment divisée par 2,5 en dix ans du fait des maladies, sécheresses et incendies.

Outre l’impératif climatique de protéger nos forêts, ces feux sont également un traumatisme pour les riverains et professionnels du tourisme voyant leur habitation ou leur camping dévasté, mais aussi pour l’ensemble des professionnels de la filière forêt bois, impuissants face à la destruction d’une ressource si précieuse. Continuer la lecture de Ne laissons pas nos forêts se transformer en brasier

« Ils ont tout perdu en quelques heures » : les agriculteurs livrés à eux-mêmes face aux incendies et à la sécheresse

Face aux incendies et à la sécheresse, les agriculteurs sinistrés dénoncent les failles de l’assurance-récolte privée et le désengagement de l’État. Le député Julien Brugerolles propose une refonte : la création d’un régime public d’assurance et de prévention face au réchauffement climatique.

En pleine troisième canicule, la France traverse une sécheresse historique. Les feux ravagent plusieurs départements. En quelques heures, les agriculteurs voient leurs cultures et le travail d’une vie partir en fumée. Rien n’échappe au feu.

Dans les Pyrénées-Orientales, l’heure est au recensement des dégâts pour la Confédération paysanne. Certains bâtiments agricoles et des cultures ont été réduits en cendres. « Les agriculteurs sont désemparés. Ils ont tout perdu en quelques heures, déplore François Douville, porte-parole départemental du syndicat. On se dit que demain ça sera peut-être mon tour, qu’on peut disparaître d’un moment à l’autre. » Continuer la lecture de « Ils ont tout perdu en quelques heures » : les agriculteurs livrés à eux-mêmes face aux incendies et à la sécheresse

Rémunérer les paysans pour garantir notre souveraineté alimentaire par G. Le Puill

Dans un long rapport remis au Parlement et présenté hier à la presse par la présidente de l’Observatoire de la formation des prix et de marges des produits alimentaires, les informations chiffrées permettent de déceler le recul en cours de notre souveraineté alimentaire. Elle résulte surtout de la stratégie commerciale des grandes enseignes qui font croître les importations pour faire baisser les prix payés aux paysans hexagonaux Continuer la lecture de Rémunérer les paysans pour garantir notre souveraineté alimentaire par G. Le Puill

Fabien Roussel : « Il faut relancer l’économie par les salaires » In Alternatives Économiques

Entretien avec: Fabien Roussel, Secrétaire national du Parti communiste français, maire de Saint-Amand-les-Eaux

A moins d’un an de l’élection présidentielle, les idées fusent à gauche. Pour nourrir les débats et les réflexions, Alternatives Economiques a décidé d’interviewer plusieurs personnalités politiques de gauche afin d’éclairer comment, chez chacun et chacune, s’articule une vision du monde, un programme et des combats prioritaires.

Après Jean-Luc Mélenchon et Olivier Faure, nous poursuivons notre série d’entretiens avec le secrétaire national du Parti communiste français, Fabien Roussel. Il développe son plan de relance et de réindustrialisation de l’économie française, son choix du nucléaire ainsi que sur le modèle agricole, l’évolution de la protection sociale, l’immigration, etc., et ses priorités pour le quinquennat.

Comment jugez-vous la situation économique et budgétaire de la France ?

Fabien Roussel : La France traverse une crise grave. Nous sommes confrontés à un risque réel de récession. Mais je tiens à le dire immédiatement : ce n’est pas une fatalité. Nous avons les moyens de sortir de cette crise et d’en limiter les effets. Pour cela, il faut s’attaquer aux vrais sujets : l’énergie, la réindustrialisation, la pauvreté au travail, les salaires, les retraites. Une relance de l’économie par la consommation et par la production est possible. La situation est sérieuse, mais nous avons les moyens de nous en sortir.

Le débat budgétaire va bientôt revenir au premier plan. La réduction du déficit et de la dette doit-elle être une priorité ? Continuer la lecture de Fabien Roussel : « Il faut relancer l’économie par les salaires » In Alternatives Économiques

Reconstruire la gauche populaire | Léon Deffontaines | Europe 1 (Video)

Louboulbil, la boulangerie pétrie de bonnes intentions: Salaires et congés doublés

Travail

 Semaine de quatre jours, dix semaines de congés payés, salaire minimum à 2 000 euros… Dans la boulangerie du Tarn-et-Garonne, le patron a mis en place une série de mesures qui ont fait leurs preuves. 

  
Un boulanger de la coopérative de panifcation Loulboulbil à Castelgarat, le 10 décembre 2024. PHOTO : Valentine CHAPUIS / AFP
Par Sophie Bourlet

 

Au bout d’un chemin boisé qui sillonne depuis Castelsagrat, petite ville du Tarn-et-Garonne, se cache une boulangerie pas comme les autres. Depuis 20 ans, le patron Jean-Pierre Delboulbe y met en place sa vision de l’entreprise idéale : une semaine de quatre jours, dix semaines de congés payés par an, une rémunération minimum de 2 000 euros. Son mantra ? Plus d’argent, plus de temps libre et plus de tranquillité pour les travailleurs… ainsi que pour les patrons. Continuer la lecture de Louboulbil, la boulangerie pétrie de bonnes intentions: Salaires et congés doublés

Retraites agricoles : ce que contient la proposition de loi communiste adoptée à l’Assemblée (PCF)

A la quasi-unanimité, les députés ont adopté en première lecture un texte du communiste Julien Brugerolles qui complète les précédentes lois Chassaigne adoptées en 2020 et 2021 sur les petites retraites agricoles.

Le texte prévoit, entre autres, d’étendre la revalorisation à 85 % du SMIC des pensions des anciens conjoints collaborateurs et aides familiaux ayant une carrière complète.
© iStock 

L’Assemblée nationale a adopté, ce jeudi 4 juin, une proposition de loi du communiste Julien Brugerolles pour l’augmentation de certaines petites retraites agricoles. Hormis quelques abstentions dans les rangs macronistes, le texte a été adopté en première lecture à la quasi-unanimité des députés présents. Une performance politique d’autant plus importante que le gouvernement ne soutenait pas la proposition communiste.

Le texte prévoit d’étendre la revalorisation à 85 % du SMIC (1 200 euros par mois) des pensions des anciens conjoints collaborateurs et aides familiaux ayant une carrière complète. Une avancée qui concerne presque 200 000 personnes, quasi exclusivement des femmes, précise le groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR). La proposition votée comprend aussi le changement de calcul de la pension majorée de référence et la suppression du mécanisme d’écrêtement qui pénalise 100 000 pensionnés ayant cotisé à plusieurs régimes de retraite.

La suite des lois « Chassaigne »

Cette proposition de loi du député Julien Brugerolles, qui a remplacé à l’Assemblée André Chassaigne début 2025, est la poursuite du travail engagé il y a des années par l’ancien président du groupe GDR. Deux lois dites « Chassaigne », en 2020 et 2021, avaient permis une première revalorisation des retraites agricoles « après plus de quatre ans de bataille parlementaire », rappelle le groupe. Le présent texte tente de combler plusieurs trous dans la raquette qui existent encore.

Le parcours législatif de la proposition de loi ne fait néanmoins que commencer ; son destin est désormais entre les mains du Sénat. Si jamais la Haute Assemblée l’adoptait à son tour, il faudrait alors une seconde lecture dans chacune des deux chambres, sauf si le gouvernement reprend le texte à son compte, ce qui paraît à l’heure actuelle peu probable.