Les communistes, souhaités battus par l’extrême droite, les droites et Mélenchon, résistent et même gagnent. (Pierre lacaze)

Au-delà de l’abstention massive, de la question du narcotrafic, de la présidentialisation de la campagne, de la division à gauche, du contexte de guerre qui ont marqué ces élections, je souhaite donner à voir les résultats du PCF et les rapports de force politique.
Face au RN – qui l’avait déjà déclaré gagnée pour eux -, le PCF à Nîmes, dans une liste d’union de la gauche, avec une liste LFI contre, gagne une ville de 150 000 habitants, ce qui n’était pas arrivé depuis 25 ans. Comme en 2020 où nous regagnons Villejuif et Bobigny perdues à l’élection précédente, en 2026 nous regagnons aussi à nouveau une ville de plus de 30 000 habitants : Aubagne, 47 000 habitants, perdue aussi en 2014, la tête de liste apparentée PCF regagne la ville devant le candidat du RN. Continuer la lecture de Les communistes, souhaités battus par l’extrême droite, les droites et Mélenchon, résistent et même gagnent. (Pierre lacaze)

Moissac: « Cette augmentation est un terrible message envoyé aux Moissagais » 

Echanges tendus sur les indemnisations des élus lors du conseil municipal d’installation
L’élection officielle du maire et des adjoints s’est tenue ce vendredi 20 mars.
L’élection officielle du maire et des adjoints s’est tenue ce vendredi 20 mars. DDM – E.C

Article rédigé par Éva Crouzet

Le conseil municipal d’installation à Moissac a été marqué par des débats autour de la revalorisation des indemnités des élus, en particulier celle du premier édile Romain Lopez.

Il aura fallu près d’une heure et demie pour que Romain Lopez soit officiellement élu maire de Moissac. En effet, l’élection officielle du premier édile par le conseil municipal, qui s’est déroulé ce vendredi 20 mars, a dû être menée à deux reprises. La première étant annulée suite à la présence d’un bulletin de vote supplémentaire par rapport au nombre de votants. Une élection qui s’est tenue devant une salle comble, remplie d’une dizaine de Moissagais curieux. Un vote marqué par une première prise de parole de la part de l’opposition. « Afin de respecter le choix des Moissagais et des Moissagaises qui ont voté pour nous, nous avons décidé de ne pas participer. », a déclaré Séverine Laurent de l’Union Citoyenne Moissagaise.

Pour ouvrir ce conseil municipal d’installation, Romain Lopez est revenu sur les résultats de ces élections. « Les résultats en ont surpris plus d’un, à commencer par moi-même. », débute-t-il. En effet, en récoltant 62,2 % des suffrages, Romain Lopez a décroché 300 voix supplémentaires par rapport aux élections de 2020. « Je savais que les Moissagais étaient satisfaits du travail accompli mais pas d’une telle ampleur », s’est-il encore félicité. Les huit délégués municipaux ont par la suite été élus. L’équipe est pratiquement identique à l’ancien mandat, constitué de : Luc Portes, Any Delcher, Jérôme Pougnand, Claudine Matala, Stéphanie Gayet, Philippe Garcia et Sophie Lopez. Claude Gauthier rejoint les rangs.

Des indemnités en hausse

Parmi les nombreuses délibérations à l’ordre du jour, la question des indemnités a rapidement fait réagir les élus de l’opposition. En particulier celle du premier édile, qui s’élève aujourd’hui à 4 810,95 € brut. « Si je ne m’abuse, il y a une augmentation de 26 % entre le premier et le second mandat. Pourquoi une telle revalorisation ? », s’interroge Séverine Laurent. Même interrogation pour les élus de Moissac Fièr.e.s et Solidaires. « Dans un contexte économique tendu, où de plus en plus de Français vivent en situation précaire, cette augmentation est un terrible message envoyé aux Moissagais. », déclare à son tour Alexandre Capoulade.

L’absentéisme sanctionné

Romain Lopez n’est d’ailleurs pas le seul à avoir reçu une augmentation. « Je remarque que tous les conseillers de la majorité bénéficient également d’une indemnité plus importante que lors du mandat précédent. », soulève Jules Duffaut. « Il s’agit là du porte-monnaie des Moissagais. L’argent doté pour ces augmentations est imputé sur le budget. J’espère qu’il sera accompagné d’un travail sérieux de tous les conseillers municipaux, y compris en commission, car on sait, que parfois, certains élus travaillent plus que d’autres. », souligne-t-il.

Pour justifier cette hausse, Romain Lopez a indiqué qu’il respectait « le cadre légal ». « Je ne cache rien aux Moissagais, tout est public. S’ils jugent que je perçois trop d’indemnités par rapport au travail effectué, alors ils me sanctionneront aux prochaines élections. », a-t-il déclaré. D’ailleurs, le travail sera plus surveillé lors de ce mandat. Un système de modulation des indemnités lors d’absentéismes injustifiés a été approuvé par le conseil municipal.

Guerre en Iran : la flambée des engrais bloqués dans le détroit d’Ormuz menace l’agriculture française

Le blocage du détroit d’Ormuz a entraîné une forte hausse du prix des fertilisants azotés, utilisés pour les cultures de céréales. L’inflation et le risque de pénurie mettent en lumière la forte dépendance des paysans français à ces intrants chimiques importés et hautement polluants, et interrogent sur la nécessité d’un système agricole plus résilient.

Alors que les céréaliers s’apprêtent à planter leurs cultures de printemps, cette inflation inquiète les syndicats agricoles.
© REMY GABALDA / AFP

Les agriculteurs payent décidément cher le prix de la guerre au Moyen-Orient. Déjà acculée par la hausse du prix du gazole non routier (GNR), dont le litre s’achetait le 19 mars 1,728 euro contre 1,202 euro à la veille de l’éclatement du conflit en février, une partie des paysans doit désormais faire face aux difficultés d’approvisionnement en engrais minéraux.

En effet, la déstabilisation du détroit d’Ormuz n’a pas eu qu’un impact sur le gaz et le carburant, elle perturbe également le commerce de matières premières entrant dans la composition de fertilisants utilisés dans les grandes cultures conventionnelles, comme l’urée. Environ un tiers de ce composé chimique transite en effet par le golfe Persique.

Conséquence directe de ce blocage, les prix des engrais azotés, largement utilisés dans les champs européens et français, flambent. La tonne de solution azotée s’échangeait ainsi, le 19 mars, plus de 419 euros, soit 43 euros de plus qu’avant le conflit, une hausse de plus de 11 % en quelques semaines à peine.

Éleveurs et céréaliers sur la sellette

Alors que les céréaliers s’apprêtent à planter leurs cultures de printemps, cette inflation inquiète les syndicats agricoles. « Certains ont pu faire des stocks d’engrais azotés, mais tous n’ont pas été capables, financièrement, de s’approvisionner. On ne sait pas encore ce qu’il se passera pour ceux-là », redoute Pierre Thomas, responsable de la commission grande culture du Modef. Privés d’engrais azotés, certains producteurs de céréales non bio pourraient accuser une baisse de rendement – et potentiellement de revenus – de 50 % à moyen terme, estime-t-il.

« La quantité de biomasse qu’on produit est déterminée par trois paramètres, le rayonnement solaire, la disponibilité en eau et la disponibilité en azote », confirme en effet Pierre-Marie Aubert, directeur du programme agriculture et alimentation à l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri). Selon le chercheur, une réduction de l’azote disponible entraînerait également un « problème de gouvernance ». « La question qui va se poser est celle de comment allouer cette biomasse, qui est en large majorité aujourd’hui destinée à l’alimentation animale. Les éleveurs pourraient ainsi être les plus durement touchés par la situation. »

Ce blocage à Ormuz de l’urée met en tout cas en lumière la lourde dépendance de la France en ce qui concerne l’importation d’intrants chimiques destinés à l’agriculture. Malgré la volonté affichée du gouvernement d’ériger la souveraineté alimentaire en priorité, le pays est très peu résilient face aux chocs géopolitiques. Selon un rapport gouvernemental publié en mars 2024, « en 2022, la France importait plus de 80 % de ses engrais, dont une large part provient de pays en dehors de l’Union européenne, créant une double dépendance : aux pays tiers et aux énergies fossiles (qui servent à fabriquer les engrais minéraux) ».

Les légumineuses, pourvoyeuses d’azote gratuit

Plusieurs solutions existent pourtant pour, une fois cette crise passée, éviter que d’autres se succèdent. La première pourrait être de relocaliser en Europe les capacités de production d’intrants chimiques. L’Europe planche d’ailleurs sur ce sujet avec un projet de production d’engrais à base d’hydrogène et une taxe carbone (mécanisme d’ajustement carbone aux frontières) appliquée aux engrais importés. Cette dernière a toutefois été suspendue au début de l’année 2026.

Une autre possibilité pourrait tout bonnement être de se passer d’engrais azotés chimiques pour les productions et d’engager la transition du modèle agricole français vers l’agroécologie. En plus d’affecter la souveraineté européenne, ces intrants sont effet extrêmement délétères pour l’environnement. Selon un rapport des Amis de la Terre, « en France, les engrais azotés, y compris leur production et leur transport, représentent près d’un quart des émissions de gaz à effet de serre du secteur agricole ».

Il existe pourtant des manières de réintroduire de l’azote naturellement dans les sols, sans en appeler à l’industrie pétrochimique, rappelle l’agronome Pierre-Marie Aubert. « Les légumineuses sont capables d’utiliser l’azote atmosphérique pour enrichir les sols. Il serait utile de relocaliser l’alimentation animale, aujourd’hui surtout importée des Amériques, en plantant dans nos champs des pois, féveroles, ou de la luzerne. » Encore faut-il toutefois, pour que cette situation fonctionne, que ces nouvelles cultures à destination de l’élevage soient plus compétitives que le soja brésilien ; ce que la multiplication d’accords de libre-échange ne permet pas aujourd’hui.

Afrique Menaces sur les importations d’engrais

Comme pour les produits agricoles, notamment au début de la guerre en Ukraine, les pays africains sont les plus vulnérables aux perturbations du commerce mondial en matière d’engrais. Même si tous ne sont pas logés à la même enseigne pour la dépendance aux importations issues des pays du Golfe, cette proportion monte entre 30 % et 50 % en moyenne, mais des pays comme le Malawi ou le Burundi importent leurs engrais depuis le Golfe à hauteur respective de 62 % et 75 %. A contrario, l’Égypte, le Nigeria, l’Algérie ou le Maroc (grâce aux phosphates du territoire occupé du Sahara occidental) sont des gros exportateurs, y compris en Europe. Mais toute l’Afrique est concernée, puisque la production de fertilisants nécessite l’importation d’autres produits, comme le soufre et l’ammoniac.

 

Le temps de la « ceinture rouge » et le bricolage d’aujourd’hui, quelle issue politique ? par Danielle Bleitrach

 

Qui s’est interrogé tout au long de cette campagne des municipales entre la cloison étanche qui s’était créée entre la crise du côté d’Ormuz, la montée du prix de l’essence, les dangers de guerre, mais aussi la crise alimentaire, tous ces nuages qui s’accumulent à l’horizon à cause d’Ormuz mais aussi la perte de confiance dans le système. Il y a cette réalité et face à cela il y a cette campagne très « localisée ». Notez l’atomisation volontaire, le fait qu’il y a eu peu de leaders nationaux pour intervenir en tant que tel. C’était d’autant plus stupéfiant que cette manière de coller au terrain se heurtait aux ambitions manifestes de « leaders » constituant leur assise de députés, sénateurs, le tout conçu pour étayer un leader présidentiel avec un fond de montée de l’extrême droite . Et cette « atomisation » a atteint un nouveau seuil au vu des résultats. Pourtant pour les Français se dessinait en filigrane le poids de la réalité: les menaces de guerre, le prix de l’essence, mais aussi une « résistance » populaire qui à sa manière revendiquait les fondamentaux, ce qui était nié depuis des décennies et a continué à l’être par un prisme médiatique dépassé et qui s’ingénie à nous masquer les possibles, ceux qui naissent de la lutte des classes, la revendication à la justice à la souveraineté sur nos propres décisions nationales, cette marque de fabrique du peuple français.

UNE CAMPAGNE ELECTORALE MEDIATIQUEMENT DIGNE DE CLOCHEMERLE

La “ceinture rouge” désigne les mairies communistes autour de Paris, historiquement installées dans des villes ouvrières et industrielles . Au plus fort en 1977, la ceinture rouge s’est délitée au fil des scrutins municipaux. Cette transformation ne prend sens que si nous la resituons dans un contexte géopolitique qui est celui de la relation de la France à l’atlantisme et l’affaiblissement parallèle du « gaullisme » et du PCF de Maurice Thorez. Deux adversaires mais partageant une certaine conception de la souveraineté et de la politique. Continuer la lecture de Le temps de la « ceinture rouge » et le bricolage d’aujourd’hui, quelle issue politique ? par Danielle Bleitrach

Municipales 2026 : comment ont voté les sympathisants de la CGT, de la CFDT, de FO… ?

Effondrement du bloc macroniste et percée de l’extrême droite chez certains : un sondage permet d’y voir plus clair sur le vote aux municipales des sympathisants des syndicats.

Ce 15 mars 2026, on a assisté à « un très net recul du bloc central (Majorité présidentielle et alliés) chez les salariés syndiqués », note l’institut de sondage. © GAIZKA IROZ / AFP

Vote-t-on davantage pour le RN quand on est proche de la CGT ou de FO ? Les sympathisants de la CFDT se sont-ils détournés du vote macroniste ? Continuer la lecture de Municipales 2026 : comment ont voté les sympathisants de la CGT, de la CFDT, de FO… ?

Natation scolaire : les piscines municipales au cœur des inégalités

Un sujet pour les prochaines mairies ? Si l’apprentissage de la natation fait partie des missions de l’école, il reste inégalement assuré selon les familles. Une enquête de l‘IFOP révèle que 22% des parents déclarent que leur enfant n’a pas appris à nager dans le cadre scolaire. Un constat qui nourrit un fort soutien au renforcement de cet enseignement, tandis que l’accès aux piscines municipales demeure un enjeu central pour les Français. Continuer la lecture de Natation scolaire : les piscines municipales au cœur des inégalités

Municipales 2026 : l’arsenal de Pierre-Édouard Stérin pour faire basculer des centaines de villes à l’extrême droite

Le 24 juin 2025, à Paris. Marion Marechal et Éric Ciotti, au Casino de Paris, pendant le « Sommet des Libertés », co-organisé par Vincent Bolloré et Pierre-Édouard Stérin.
© Denis Allard/Leextra via opale

 

L’ampleur exacte du phénomène ne se dessinera qu’a posteriori. Peut-être à l’occasion du contrôle de conformité sur les comptes de campagne, voire en cas de poursuites pour financement illégal de la vie politique… Ou quand les faux nez de certains candidats « sans étiquette » tomberont, au fil de l’eau, dans ces milliers de communes petites et moyennes. Continuer la lecture de Municipales 2026 : l’arsenal de Pierre-Édouard Stérin pour faire basculer des centaines de villes à l’extrême droite

Pourquoi l’inspectrice d’académie de l’Allier s’acharne sur les élèves de Commentry

Interdiction de chanter « Les Mains d’or » 

Après avoir intimidé des enseignants de primaire pour tenter d’empêcher les élèves de chanter « Les Mains d’or » de Bernard Lavilliers lors d’un concert de l’harmonie municipale organisé en soutien aux salariés de l’usine d’Erasteel, l’inspectrice d’académie de l’Allier a enjoint la principale du collège de Commentry d’interdire à la chorale de son établissement de se produire lors de l’événement.

Au lendemain de la rentrée des vacances d’hiver, les élèves de la chorale du collège Émile‑Mâle de Commentry se sont vu distribuer, par leur professeure de musique, un petit mot à la saveur amère. Celui‑ci, signé par la principale de leur établissement, leur interdisait purement et simplement de participer au concert de l’Harmonie commentryenne, le 28 mars prochain, invoquant « l’obligation de neutralité de l’éducation nationale, le concert étant désormais affiché comme un soutien aux forges de la ville ». Continuer la lecture de Pourquoi l’inspectrice d’académie de l’Allier s’acharne sur les élèves de Commentry

Némésis vomit sa haine des étrangers, de la gauche… et de l’Huma

Trois semaines après la mort de Quentin Deranque, le collectif d’extrême droite Némésis n’a pas cherché à s’imposer dans la manifestation féministe du 8 mars, contrairement aux autres années. Un rassemblement, aux accents xénophobes, s’est en revanche tenu dans le XVIe arrondissement. Avec le soutien d’élus RN.

La députée européenne Marion Maréchal n’a pas parlé de féminisme mais de « l’extrême gauche (qui) a organisé une offensive politique et médiatique après la mort de Quentin, dans un processus d’inversion accusations absolument abjecte ». « Le journal l’Humanité a fait le sale boulot », a accusé la petite-fille de Jean-Marie Le Pen. © Kenzo TRIBOUILLARD / AFP

Pour Némésis, le 8 mars est essentiel. Non pour faire avancer la lutte pour les droits de femmes mais pour se faire connaître et instrumentaliser cette journée au profit de leurs idées racistes. « Nous refusons d’être de la chair à canon au nom du vivre-ensemble et du laxisme migratoire », résume dès le début de son discours la fondatrice du collectif, Alice Cordier. Face à elle, environ 200 personnes, la plupart habillés en blanc avec une casquette rose, se sont réunies sur une place du XVIe arrondissement de Paris. Continuer la lecture de Némésis vomit sa haine des étrangers, de la gauche… et de l’Huma

Avec « sa dissuasion avancée », comment Emmanuel Macron entraîne la France dans l’engrenage nucléaire + com PCF

Emmanuel Macron, le 2 mars 2026, lors de son discours sur la base sous-marine de l’Ile Longue, à Brest, dans le Finistère.
© Yoan VALAT / POOL / AFP

Après de nombreux reports, le président Emmanuel Macron a enfin exposé ce lundi dans la rade de Brest, la stratégie nucléaire française dans un cadre européen. Depuis l’île Longue, qui accueille la base opérationnelle des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE), le chef de l’État a lancé : « Nous devons renforcer notre dissuasion nucléaire face à la combinaison des menaces et nous devons penser notre stratégie de dissuasion dans la profondeur du continent européen, dans le plein respect de notre souveraineté, avec la mise en place progressive de ce que j’appellerai une dissuasion avancée ».

Lire aussi: L’impasse dangereuse du fédéralisme nucléaire d’Emmanuel Macron

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