Prix du carburant : vers un nouvel acte de la lutte sociale dans les ruralités ? + vidéo

Par Philippe Rio, maire de Grigny

L’envolée des prix de l’énergie et des carburants frappe actuellement de plein fouet. Dans de nombreux territoires ruraux, où la voiture n’est pas un choix mais une nécessité, chaque hausse à la pompe se traduit par des sacrifices supplémentaires sur l’alimentation, le logement ou la santé entraînant une fragilité des ménages mais aussi du tissu économique local.

Cette situation rappelle les prémices du mouvement des gilets jaunes. À l’époque déjà, l’augmentation des taxes sur le carburant avait révélé un sentiment d’abandon et d’injustice fiscale. Des décennies d’incurie du libéralisme pour nos territoires ruraux avaient créé un mouvement social fort dont la portée nationale a été comprise à retardement par les progressistes. Aujourd’hui, les causes persistent : éloignement des services publics, faiblesse des salaires, absence d’alternatives de transport…

Il est ainsi urgent de rompre avec des politiques qui participent à la fracture territoriale et font peser l’effort sur les plus modestes en mettant en place le blocage des prix de l’énergie, la revalorisation des salaires et les investissements massifs dans les services publics et les mobilités rurales. La dignité des territoires et de leurs habitants ne peut pas attendre ! Pendant ce temps-là, une fois de plus, l’État demande aux collectivités de se serrer la ceinture pour participer au « redressement » des comptes publics.

Une injonction devenue rituelle, presque mécanique, et qui oublie l’essentiel : chaque euro retiré est un projet abandonné, une école en moins, un transport différé, une transition écologique freinée. Cet entêtement n’est pas sans conséquence. Il comprime l’investissement local, pourtant moteur de l’activité économique, et abîme un peu plus la confiance, déjà fragile, entre l’État et les territoires. Dans les intercommunalités, où se décide une grande part de l’action publique, la facture est lourde. Les ponctions s’accumulent, amputant la capacité des collectivités à agir et à préparer l’avenir.

Le constat est brutal : plus de 5 milliards d’euros de contraintes supplémentaires pèseront sur les collectivités, avec la prochaine loi de finances. Cinq milliards qui ne sont pas des lignes comptables, mais des services en moins, des solidarités affaiblies et des territoires fragilisés. Et on continue d’évoquer, comme un refrain jamais abouti, un nouvel acte de décentralisation !

Une promesse sans cesse repoussée, jamais engagée. Comme si l’on craignait, au fond, de faire confiance à celles et ceux qui, chaque jour, font vivre la République au plus près des citoyens. La gauche a une responsabilité, avec un devoir d’efficacité, celle d’unir nos territoires et non de diviser, de rassembler les Français·es autour de l’intérêt général, loin des préjugés qui, plus souvent, servent des ambitions politiques plus que le bien commun.


Intervention de Fabien Roussel au congrès du PGE. Il dénonce le grand transfert des richesses au profit du capital sous Emmanuel Macron, la division du monde du travail et la militarisation de l’Europe.

✊ Unir les travailleurs

🕊️ Lutter pour la paix

🏭 Investir dans les services publics

“Unissons-nous contre le capital, pour la paix, pour le travail.”

« Plusieurs patrons pensent qu’il est possible de cornaquer le RN » : Michel Offerlé analyse les liaisons dangereuses entre Bardella et le Medef

Des déjeuners feutrés aux rencontres officielles, les liens entre la formation lepéniste et le grand patronat s’institutionnalisent. Pour le sociologue Michel Offerlé, cette normalisation est la conséquence d’une bascule : l’extrême droite n’est plus jugée à l’aune de ses valeurs mais de sa compatibilité avec les intérêts économiques.

Jordan Bardella doit déjeuner ce lundi avec des représentants du Medef, une première pour le président du RN.

Après un récent dîner entre Marine Le Pen et des patrons du CAC 40, la stratégie de « dédiabolisation » du RN s’accélère, ce lundi, avec une rencontre institutionnelle entre Jordan Bardella et des représentants du Medef. Une large partie du patronat français semble avoir tourné la page du rejet moral pour privilégier une approche dite « pragmatique », voire opportuniste. Entre volonté d’influence sur un parti potentiellement au pouvoir en 2027 et une réelle porosité idéologique, le sociologue Michel Offerlé décrypte les ressorts de ce rapprochement.

Ces rencontres signent-elles la fin du cordon sanitaire qui séparait jusqu’à il y a peu le grand patronat de l’extrême droite ? Continuer la lecture de « Plusieurs patrons pensent qu’il est possible de cornaquer le RN » : Michel Offerlé analyse les liaisons dangereuses entre Bardella et le Medef

Comment les grands exploitants détournent un statut censé protéger les petits paysans in Reporterre

Comment les grands exploitants détournent un statut censé protéger les petits paysans

Le fermage, un statut sécurisant l’accès au foncier agricole, fête ses 80 ans, mais ses failles sont exploitées par les grands exploitants. De quoi perturber l’accès fondamental à des terres, premier enjeu pour l’installation agricole.

Nantes (Loire-Atlantique), correspondance

Pour l’historien émérite René Bourrigaud, il y a eu deux temps forts dans l’émancipation paysanne : « L’abolition des privilèges en 1789 permettant de se libérer de la tutelle des seigneurs, puis en 1946 la création du fermage pour se libérer de la tutelle des grands propriétaires fonciers. » Le fermage vient tout juste de fêter ses 80 ans. À cette occasion, l’historien était invité à un colloque organisé le 11 avril, en Loire-Atlantique, par le syndicat la Confédération paysanne. Continuer la lecture de Comment les grands exploitants détournent un statut censé protéger les petits paysans in Reporterre

Egalite F/G : le Paritomètre, une échelle graduée de la parité

Conçu par la chercheuse mexicaine Martha Alicia en 2009, le Violentomètre s’est diffusé en France à la fin des années 2010. Outil de sensibilisation aux violences sexistes et sexuelles (VSS), il a donné naissance à d’autres échelles graduées plus spécifiques à certains environnements, ou à d’autres formes insidieuses de violences. L’association « Les Chouettes effraient » en proposent une nouvelle déclinaison sous forme de « Paritomètre ». A découvrir pour amorcer notamment une réflexion sur l’égalité des genres avec des élèves de lycée.

Objectifs et déclinaisons du Violentomètre 

Le Violentomètre, en permettant de visualiser à travers 23 situations types l’enchainement progressif des violences conjugales, a largement contribué à diffuser la notion, essentielle, de continuum des VSS. En vert : la relation est saine et respectueuse ; en jaune et orange : la vigilance est nécessaire, certaines attitudes sont déjà violentes ; en rouge : la situation est dangereuse, il faut se protéger et demander de l’aide. Le passage d’un degré à un autre est le plus souvent insidieux et diffus. Le Violentomètre aide à en prendre conscience et à repérer les signaux d’alerte.

L’outil s’est en quelques années décliné sous différentes formes, pour cibler les mécanismes de violences de genre s’exerçant dans un milieu en particulier, par exemple associatif, syndical, médical, sportif … ou ciblant des groupes : valisdomètre, racistomètre, violentomètre de la grossophobie …

Un nouvel outil : le Paritomètre

Sous une forme graduée équivalente, on peut découvrir désormais sur le site de l’association « Les Chouettes effraient » en téléchargement gratuit un « Paritomètre ». Il aide à visibiliser et conscientiser « des mécanismes parfois banalisés : inégalités de prise de parole, répartition implicite des rôles, interruptions répétées, invisibilisation du travail des femmes, accès différencié aux responsabilités… » qui, au quotidien, font obstacle à une parité effective, allant des « micro-déséquilibres » aux « violences symboliques » en passant par les « inégalités installées ».

Un « outil d’auto-diagnostic et de discussion collective autour de la parité et de l’égalité femmes-hommes », concret, facile à manipuler et exploiter, qui permettra d’ouvrir le dialogue en classe, dans le cadre notamment d’une séance consacrée à l’égalité des genres en EVARS ou à la socialisation différenciée en SES. Parce que « Mesurer la parité, c’est déjà agir. »

Claire Berest

A découvrir et télécharger sur le site « Les Chouettes effraient ».

Prix du carburant : vers un nouvel acte de la lutte sociale dans les ruralités ?

 

L’envolée des prix de l’énergie et des carburants frappe actuellement de plein fouet. Dans de nombreux territoires ruraux, où la voiture n’est pas un choix mais une nécessité, chaque hausse à la pompe se traduit par des sacrifices supplémentaires sur l’alimentation, le logement ou la santé entraînant une fragilité des ménages mais aussi du tissu économique local. Continuer la lecture de Prix du carburant : vers un nouvel acte de la lutte sociale dans les ruralités ?

Guerre au Moyen-Orient : le FMI envisage le pire pour l’économie mondiale… qu’est-ce qu’on fait ?

Voici à titre d’information ce qu’en l’état de ce qu’a déjà réussi à imposer au monde l’impérialisme en faillite et ses brillants « alliés » de l’OTAN, dont notre propre président et gouvernement, l’UE, et qu’il parait difficile d’éviter. Ce qui nous devrait nous conduire si nous avions le moindre bon sens à deux attitudes politique, la première d’imposer que cela s’arrête et la seconde de voir qui va déjà payer la note de ces folies bellicistes (sans parler de celle de ceux qui ont tout fait pour nous conduire là en contribuant activement à diffuser la propagande de l’OTAN y compris au sein du PCF, de l’Humanité, de la CGT comme dans toute la gauche) . Ces deux urgences politiques nous conduisent à ce qu’a compris Pedro Sanchez à savoir qu’il n’y a pas le choix entre le monde multipolaire et une troisième voie mais bien entre le monde multipolaire et le fascisme, la guerre et celle-ci est déjà là. (note de danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

par Ionès Jaoulane, Directeur investissements

Le Fonds monétaire international a publié ce mardi 14 avril ses nouvelles prévisions de croissance mondiale, et le tableau est alarmant : le conflit opposant les États-Unis et Israël à l’Iran a définitivement enterré les espoirs d’une année 2026 synonyme de reprise, où la croissance mondiale aurait pu atteindre 3,4 %. À la place, le chef économiste du FMI Pierre-Olivier Gourinchas présente trois scénarios — tous mauvais — qui dépendent essentiellement de la durée des hostilités et de leurs répercussions sur le détroit d’Ormuz.

Dans le meilleur cas, un conflit court limiterait la casse à une croissance de 3,1 % et une inflation à 4,4 % ; dans un scénario intermédiaire, le baril grimpant à 100 dollars ferait chuter la croissance à 2,5 % et forcerait les banques centrales à remonter leurs taux ; dans le pire des cas enfin, avec un pétrole à 125 dollars en 2027 et des prix du gaz bondissant de 200 % en Europe et en Asie, la croissance mondiale tomberait à 2,2 % — frôlant le seuil de récession que le FMI fixe à 2 %, un phénomène rarissime qui ne s’est produit que quatre fois depuis 1980.

Et malgré l’annonce d’une trêve temporaire, Gourinchas est catégorique : « Le mal est déjà fait. »

La paix, si elle advient, ne suffira pas à effacer les cicatrices économiques d’un conflit qui a déjà changé la donne pour des millions de ménages et d’entreprises à travers le monde.

 

Roger Establet : penser l’école dans la société capitaliste

 
Photographie Wikipédia / Yayasurwikiblg

La disparition de Roger Establet, le 8 avril 2026, marque d’abord la perte d’une figure majeure de la sociologie de l’éducation. Avec lui disparaît le chercheur qui a su poser une manière d’interroger l’école, non pas perçue comme une institution isolée mais comme profondément inscrite dans les rapports sociaux.

Né en 1938, ancien élève de l’École normale supérieure et agrégé de philosophie, Roger Establet s’oriente très tôt vers la sociologie. Il fera l’essentiel de sa carrière à l’Aix-Marseille Université où il est professeur et participe à structurer durablement les sciences sociales dans le paysage universitaire français. Continuer la lecture de Roger Establet : penser l’école dans la société capitaliste

La Russie appelle les BRICS à constituer des réserves alimentaires face à la crise au Moyen-Orient.

A travers la crise déclenchée par les Etats-Unis et Israël il y incontestablement une nouvelle étape dans la construction du monde multipolaire dont nous esquissons aujourd’hui les contours. Parallelement si la Russie paraît plus audacieuse sur le plan du défi c’est que vu le régime de sanctions auquel elle est soumise et sa capacité à jouer sur ses ressources autant que sur ses proximités elle peut avancer. paradoxalement comme elle conservé la diplomatie la plus crédible elle peut également se poser en arbitre. Son partenariat avec la Chine et même avec des nations comme l’Inde, ce qu’elle conserve de l’URSS lui accordent un rôle tout a fait original qui fait avancer les BRICS vers un mode d’intégration dans le respect des priorités nationales. Comme ici où elle ne se pose pas seulement en pays producteur d’énergie mais de sécurité alimentaire. (note et traduction de danielle Bleitrach)

La Russie a appelé les pays BRICS à constituer des réserves alimentaires en réponse à la crise mondiale provoquée par la guerre au Moyen-Orient. Photo
La Russie a appelé les pays BRICS à constituer des réserves alimentaires face à la crise mondiale provoquée par la guerre au Moyen-Orient. (Photo AFP)

Moscou. Alexandre Maslennikov, secrétaire adjoint du Conseil de sécurité russe, a affirmé que la Russie, premier exportateur mondial de blé, devrait constituer des réserves alimentaires communes avec les autres membres des BRICS et les voisins de l’ancienne Union soviétique afin de contrer les risques pesant sur la sécurité alimentaire mondiale du fait du conflit au Moyen-Orient. Continuer la lecture de La Russie appelle les BRICS à constituer des réserves alimentaires face à la crise au Moyen-Orient.

S’informer à Pékin ? Quand même l’Humanité en est à interdire les communistes au profit des étripages électoralistes…

Effectivement et pour appuyer les recommandations de Jakline Boyer voici le genre d’information assortie sur facebook de la stigmatisation suivante « média contrôlé par le gouvernement chinois », sous entendu la presse serait plus libre sous le régime des investisseurs capitalistes type Bolloré ou Bouygues. Celle-ci selon cette « doxa » ne peut l’être puisque émanant du gouvernement chinois. Qui est communiste de surcroit, ce que n’est plus l’Humanité. Celle-ci a choisi « l’objectivité » supposée de ses journalistes qui étaient de moins en moins encartée en relayant grâce à Kaminka la propagande de l’OTAN selon le consensus imposé au reste des médias. Aujourd’hui la dite Humanité a choisi de refléter les empoignades et coups de poignards du prurit électoraliste qui est sensé être la politique en faisant la campagne du sieur Melenchon c’est-à-dire la destruction de tout ce qui n’est pas lui et ses adeptes survoltés. Ce qui aboutit logiquement à l’interdiction du courant communiste élu au dernier congrès… et son secrétaire… Continuer la lecture de S’informer à Pékin ? Quand même l’Humanité en est à interdire les communistes au profit des étripages électoralistes…

Comment faire face à la crise pétrolière ? (Débat)

Sortir de la dépendance au pétrole et au gaz est une nécessité pour contenir le réchauffement climatique mais c’est aussi indispensable pour assurer l’indépendance de l’Europe et empêcher l’appauvrissement de la population. À l’heure du conflit au Moyen-Orient, cet enjeu se pose avec acuité.

« L’Iran est l’un des principaux fournisseurs en pétrole de la Chine et occupe une position stratégique dans les nouvelles routes de la soie développées par Pékin pour accroître sa puissance économique », rappelle Marie-Claire Cailletaud.
© Shady Alassar / Anadolu via AFP

La guerre en Iran a provoqué une crise énergétique qui ne cesse de s’aggraver. La flambée des prix du pétrole et du gaz alimente celle des carburants mais aussi celle des produits agricoles au point de menacer la sécurité alimentaire. L’industrie vacille dangereusement. Des secousses aux nombreuses répliques, au-delà du fragile cessez-le-feu conclu mercredi 8 avril entre l’Iran et les Etats-Unis1. Sortir de la dépendance au pétrole et au gaz est plus que jamais d’actualité.

Quelle est l’ampleur du choc pétrolier et gazier ? Continuer la lecture de Comment faire face à la crise pétrolière ? (Débat)