Comprendre les ressorts sociaux et scolaires du vote RN in Caf. Péda.

« Une partie des électeurs du RN oppose une sorte de réflexe de self-défense en dénonçant le système scolaire. »

Dans Du FN au RN : les raisons d’un succès (PUF, 2026), Patrick Lehingue et Bernard Pudal analysent le rôle de l’école dans la progression du RN.

Frustrations scolaires, sentiment de déclassement et défiance envers les institutions nourrissent selon eux le discours anti-système de l’extrême droite. « Les enseignants sont eux-mêmes victimes d’une évolution du système scolaire qui passe des promesses « démocratiques » du collège unique à un horizon scolaire qui s’est refermé, à la fois par manque de moyens mais aussi par absence d’un véritable projet démocratique », ajoutent-ils, soulignant la perte progressive de leur autorité sociale.

 Que savons-nous vraiment des électeurs de l’extrême droite ? Continuer la lecture de Comprendre les ressorts sociaux et scolaires du vote RN in Caf. Péda.

Qu’est-ce que l’homonationalisme, qui incite une partie de la communauté LGBT + à voter extrême droite ?

Voter extrême droite séduit de plus en plus les personnes lesbiennes, gay, bisexuelles et trans, certes à un niveau plus bas que la population globale, selon un sondage Têtu/Ifop publié cette semaine, alors que le concept d’homonationalisme reste peu connu.

L’homonationalisme prend la forme de déclarations stigmatisantes envers les personnes immigrées, racisées et musulmanes, les décrivant comme des menaces par nature pour les personnes LGBT +.  © Bastien Ohier via AFP

Les résultats du sondage du magazine Têtu, réalisé par l’Ifop et paru mercredi 11 mars concernant la présidentielle 2027 interrogent. Le candidat du RN Jordan Bardella arrive en tête, avec 27 % des intentions de vote exprimées par les personnes lesbiennes, gay, bisexuelles et trans. Mais il arrive premier du fait de l’éparpillement des candidats à gauche, car concernant les familles politiques, l’extrême droite est cependant loin de constituer la première force chez les personnes LGBT. Continuer la lecture de Qu’est-ce que l’homonationalisme, qui incite une partie de la communauté LGBT + à voter extrême droite ?

TotalEnergies, profiteur de guerre, fait du chantage pour ne pas être taxé

Le PDG de TotalEnergies menace les automobilistes de revenir sur le plafonnement des prix à la pompe si jamais le gouvernement cherchait à taxer les profits de guerre réalisés par la multinationale. De quoi susciter une indignation dans une partie de la classe politique.

Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, rencontrait l’émir du Qatar, Tamim bin Hamad Al Thani, le 23 avril 2026.
© IMAGO / APAimages

Oubliez le profiteur de crise, dont l’entreprise engrange des milliards de dollars depuis le début de la guerre en Iran : en réalité, le patron de TotalEnergies est un bienfaiteur de l’humanité, dont le sens du dévouement n’a d’égal que l’attachement à notre souveraineté. C’est (à peine caricaturé) l’improbable récit opposé par le PDG du pétrolier à ceux qui voudraient lui demander des comptes.

« Quand les raffineries perdent de l’argent, personne ne vient proposer de nous les subventionner, alors même qu’elles contribuent directement à la souveraineté énergétique nationale », répond le PDG, interrogé sur les 5,8 milliards de dollars (4,96 milliards d’euros) de résultat net au premier trimestre, en hausse de 51 % par rapport à la même période l’année précédente. Continuer la lecture de TotalEnergies, profiteur de guerre, fait du chantage pour ne pas être taxé

Sport à l’école : le SNEP-FSU défend une vision sociale et émancipatrice

« L’enjeu est de renforcer la démocratisation d’accès aux pratiques physiques, sportives et artistiques. Cela passe par une politique volontariste et le vote d’un budget qui répond aux besoins des jeunes dans leur diversité : milieu social, lieu de vie, genre… L’augmentation du temps d’éducation physique et sportive à l’école doit aussi s’accompagner de programmes à visée émancipatrice fondés sur l’acquisition d’une culture commune ». Fabrice Allain et Coralie Benech co-secrétaires du SNEP-FSU depuis le mois dernier, évoquent pour le Café pédagogique les principales orientations et priorités de leur mandat. Pour eux, la « définition sociale de l’École est bien différente des injonctions aux parcours personnels ou de la réduction de la discipline à la seule santé physique. Le SNEP-FSU promeut une santé « transformatrice », soit un pouvoir d’agir de l’individu dans son contexte social ». Continuer la lecture de Sport à l’école : le SNEP-FSU défend une vision sociale et émancipatrice

 » Nos vies valent plus que leurs profits » : les syndicats ne chôment pas pour la fête du travail in DDM

Le rassemblement et le défilé du 1er mai ont été une réussite avec plus de 500 personnes dans la rue, syndicalistes, politiques et quidams mêlés.

 par Éric Théron

Une météo au beau fixe, des menaces sur la pérennité du 1er mai férié et des revendications longues comme un discours de Sébastien Turon, leader de l’UD CGT, la mobilisation était au rendez-vous hier matin devant la Maison du peuple où 500 personnes se sont rassemblées pour la fête du travail. Exclu de l’intersyndicale l’an dernier, Force Ouvrière a fait son retour en catimini avec ses drapeaux mais sans prise de parole.

En préambule, le chef de file de la CGT a annoncé une bonne nouvelle à l’assistance : la grève à la crèche Babilou a pris fin jeudi soir après des négociations couronnées de succès entre la direction, l’Unsa et la CGT, pas invitée à débattre mais très présente dans les faits. « Les salariées se sont opposées à une direction qui a fini par écouter après une semaine de grève. L’exemple de Babilou doit être reproduit ailleurs », a souligné Sébastien Turon, qui a également évoqué le sort des 23 salariés de Quercy Interventions Services menacés de licenciement « malgré l’argent public investi ».

« Nos vies valent plus que leurs profits »

Mobilisation, lutte et blocage, le secrétaire de l’UD CGT s’est ensuite montré plus offensif. « La CGT sera toujours là pour mener le combat de la classe ouvrière, de ceux qui produisent mais à qui on refuse tout. Le capital s’enrichit alors que nos vies se dégradent, maos nos vies valent plus que leurs profits. Rien n’est donné, tout est arraché par la lutte. »

Guillaume Mangenot (FSU), après avoir déploré les attaques frontales du gouvernement sur le 1er mai, « faisant le lit de l’extrême droite », a réaffirmé au nom de son syndicat un message de paix. « En soutien aux Ukrainiens, aux Palestiniens, aux Iraniens et aux Libanais. » Et de conclure avec les présidentielles dans le viseur. « Nous avons un an pour créer une alternative. »

Les guerres, le pouvoir d’achat, l’avancée de l’extrême droite, le représentant de Solidaires 82, Bernard Garcès a repris à son compte les grands thèmes de ce 1er mai 2026. Enfin, le collectif « Nous Toutes » a porté la parole des femmes. « Il n’y a pas de justice sociale sans justice féminine. Elles sont les plus touchées par la précarité et sont victimes de violences dans tous les espaces, au travail comme chez elles. » Et de demander « plus de prévention, un renforcement de la formation sur les violences sexuelles et sexistes et plus de places d’hébergement. »

Le cortège, bigarré et coloré, a conclu sa matinée revendicative par une randonnée urbaine en passant devant le tribunal, l’hôtel de ville et le MIB.

Nouvelle France ou nouvelle République ? Léaument (LFI) face à Roubaud-Quashie (PCF) + tribune de F. Roussel

Nouvelle France ou nouvelle république ? Le concept de « Nouvelle France », est une idée développée par la France insoumise, dont on a particulièrement parlé lors des dernières municipales dans la foulée de l’élection de maires « racisés ». Quant au concept de « Nouvelle République », c’est l’idée qu’oppose le secrétaire du Parti communiste, Fabien Roussel, dans une tribune publiée dans Le Monde (voir plus bas)

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Les effets pervers du prix de la guerre sur les prix alimentaires

Gérard Le Puill

Le président Macron et son gouvernement donnent actuellement la priorité aux dépenses militaires au détriment du pouvoir d’achat des ménages. Du coup, les distributeurs font croître les importations de produits alimentaires afin de faire baisser les prix agricoles et comprimer les marges d’un nombre croissant d’entreprises agroalimentaires, ce qui fait reculer notre souveraineté alimentaire. Continuer la lecture de Les effets pervers du prix de la guerre sur les prix alimentaires

On peut poser le problème des robots et du capital différemment… Franck Marsal

Il me semble qu’on peut poser le problème – réel – différemment dit Franck en réagissant à l’article de Bhim Burtel qui est un Népalais. Il me semble que ce dernier n’a jamais dans son article imaginé une neutralité des forces productives ce qui est intéressant dans son article est qu’il remet en cause l’hypothèse d’un capitalisme autoritaire despotique comme issue en montrant qu’il est trop tard pour une telle « solution » qui serait celle de l’Inde justement à cause de ce que décrit Franck, les pseudos inventeurs qui ne sont que « les soutiers de la privatisation » . Ils jouissent d’énormes capitaux et de la triple puissance des USA, une armada force armée que l’on voit à l’oeuvre dans le Golfe, la monnaie « universelle » y compris avec le petrodollar et la presse d’entreprise qui diffuse par censure et occupation du champ le narratif impérialiste. Mais cette triple puissance se heurte à la réalité ne serait-ce que de la pompe à essence et il faut mesurer comment cette réalité apparaît au sud, là où il faut détricoter les effets du colonialisme. Sans leur imposer notre schéma a priori mais en mesurant en quoi ils peuvent s’étayer mutuellement, ce que le texte de Franck permet à l’inverse d’autres « contributions » qui s’en montrent incapables. (note de danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

1) La technologie ne se développe pas de manière autonome, et elle n’est pas socialement neutre. La grande bourgeoisie dirige, en tant que classe dominante mondiale les choix sociaux et les choix technologiques sont des choix sociaux. L’histoire d’internet nous en offre une illustration probante. La grande bourgeoisie n’est pas pour grand chose dans l’apparition d’internet. C’est l’oeuvre de chercheurs, de bricoleurs et de militaires, cherchant des moyens de communiquer. Continuer la lecture de On peut poser le problème des robots et du capital différemment… Franck Marsal

Saluts nazis, menaces de viols, insultes homophobes… À Caen, une extrême droite en roue libre lors du Canon français

Le passage du Canon français à Caen, samedi 18 avril, a été l’occasion pour des partisans d’extrême droite locaux d’enchaîner les saluts nazis et les insultes racistes ou homophobes en pleine rue. Conseillère municipale, l’eurodéputée insoumise Emma Fourreau a recueilli une cinquantaine de témoignages, dont une partie a été publiée sur les réseaux sociaux.

Ici, banquet du Canon français à Goven (Ille-et-Vilaine), en novembre 2025. Lors du rendez-vous de Caen en avril, un groupe aurait « interpellé des Noirs (et) des Arabes » dans la rue pour les insulter, un homme aurait « refusé de se faire encaisser par mon collègue pour sa couleur » et un témoin a été menacé de mort.
© Julien Marsault

Avec la prise de participation au Canon français, Pierre-Édouard Stérin comptait imposer la vision d’une France faussement surannée, où l’on s’empiffre de pinard, bières, charcuterie et cochon braisé, au travers de banquet comptant plusieurs centaines d’invités. L’édition du samedi 18 avril dernier, à Caen, en est un nouvel exemple. Continuer la lecture de Saluts nazis, menaces de viols, insultes homophobes… À Caen, une extrême droite en roue libre lors du Canon français

Produire plus de luzerne et importer moins d’engrais par Gérard Le Puill