L’École, toujours debout (dossier)

Ouvrons une nouvelle page du rassemblement de la gauche et des écologistes !

Les peuples du monde affrontent la conjonction de guerres et de crises sociale, écologique et démocratique inédites. La gravité de la situation internationale, comme en France, appelle la gauche à être à la hauteur de ses responsabilités. Malheureusement, elle ne l’est pas.

La Nupes, telle qu’elle a été constituée pour les élections législatives sous la volonté hégémonique de LFI, est devenue une impasse. Elle ne reflète pas l’immense travail que peuvent fournir les militant·es de toutes nos forces politiques pour construire un projet à la hauteur des défis de la crise du capitalisme, un projet de transformation sociale, écologique et démocratique majoritaire dans le pays.

Dans la dernière période, les insultes de dirigeants de LFI, comparant la direction du PCF à des collaborationnistes nazis sont à ce titre inadmissibles et ont indigné largement, car elles banalisent l’extrême droite et cherchent à diviser la gauche. Et le refus récent de qualifier d’actes terroristes les atrocités commises par le Hamas, délibérément à l’encontre de civils, affaiblit les rassemblements nécessaires pour la paix au Proche-Orient et la lutte contre les crimes de guerre de l’armée israélienne.

Nous voulons rassembler le peuple, le monde du travail, la gauche. Il est temps de construire un rassemblement qui soit utile, respectueux de nos différences et de toutes les forces vives de notre société, un nouveau front populaire qui porte les exigences du monde du travail pour battre la coalition présidentielle, les autres forces de droite et l’extrême droite et relever les défis de notre siècle. L’heure est à une riposte inédite contre les intégrismes et les fascismes.

C’est possible ! Soyons à la hauteur de notre histoire et des grandes conquêtes sociales auxquelles notre camp a contribué, prenons appui sur les rassemblements qui réussissent, comme c’est le cas dans de nombreuses majorités locales ou oppositions de gauche, où l’ensemble des forces travaillent ensemble.

Il est temps d’ouvrir une nouvelle étape pour la gauche avec un nouveau type d’union, permettant le débat entre nous comme avec les citoyen·nes et les organisations syndicales, avec un projet de transformation sociale, ambitieux, utile, à vocation majoritaire.

Nous voulons construire un rassemblement à l’image de l’intersyndicale qui a porté le mouvement contre la réforme des retraites et se poursuit aujourd’hui sur la base de principes simples : respect mutuel, pleine souveraineté de chacune des organisations, luttes et initiatives sur la base de combats et de projets partagés.

C’est pourquoi la direction du PCF, réunie ce jour en conseil national, lance un appel à toutes les forces disponibles, aux citoyen·nes, aux associatifs, aux syndicalistes, aux socialistes, écologistes et insoumis, aux radicaux et aux républicains de gauche qui partagent cette ambition pour le progrès social, pour la justice et pour la paix.

Avec notre secrétaire national Fabien Roussel, nous souhaitons rencontrer dans les prochains jours toutes les forces de gauche et écologistes et débattre publiquement des conditions et des contenus pour construire ce rassemblement dont le pays a besoin.

Ensemble, ouvrons une nouvelle page du rassemblement de la gauche et des écologistes !

 


Il est temps de rejoindre le PCF

← Retour

Merci pour votre réponse. ✨

Contre le terrorisme, construisons la République sociale et démocratique !

NDLR de MAC: Un rassemblement aura lieu lundi 16 à 17h30 devant la DSDEN82, Bd Charles de Gaulle à Montauban à l’appel de l’intersyndicale Education.

Dominique Bernard était professeur à Arras, il a été assassiné dans l’établissement scolaire où il enseignait.

Notre émotion et notre indignation sont immenses.

Nous adressons à sa famille, à ses proches, à ses collègues et élèves notre solidarité et notre soutien. De même qu’aux deux autres fonctionnaires blessés lors de cet attentat terroriste.

Nous avons encore toutes et tous en tête le terrible attentat, de même nature, tuant Samuel Paty, il y a trois ans.

Stop ! C’est insupportable.

En assassinant encore un enseignant, c’est à un pilier de la République que l’on s’attaque. C’est parce que l’école publique, laïque est le meilleur rempart contre l’obscurantisme et le fanatisme qu’elle est encore attaquée. C’est extrêmement grave.

C’est parce qu’elle développe l’esprit critique face au dogmatisme, les savoirs face aux croyances que les terroristes la prennent pour cible.

Le terrorisme islamiste mène une guerre contre la séparation des religions et de l’Etat. Contre la laïcité qui garantit la liberté de conscience et de critique. Contre la liberté d’expression, de création et le droit à la critique de toute religion. Contre l’égalité entre des citoyennes et des citoyens que ne doivent distinguer ni leurs origines, ni leurs religions, ni leurs convictions intimes.

Comme à chaque fois, les forces réactionnaires, l’extrême droite vont se saisir de ce drame pour semer la haine, diviser notre peuple, et avancer leurs idées racistes en stigmatisant une partie de nos concitoyens, en mettant en cause notre République laïque.

Oui, le terrorisme et la barbarie, d’où qu’ils viennent, doivent être condamnés et combattus. Nous affirmons également que nous ne combattons pas la haine par la haine.

L’urgence, c’est de protéger les enseignants, la communauté éducative, les élèves.

L’urgence, c’est aussi de combattre le terrorisme.

En donnant les moyens d’agir aux pouvoirs publics, au renseignement, à la police et à la justice mais aussi en faisant vivre les valeurs de la République partout, pour tous et toutes, avec des services publics puissants.

En construisant une République sociale et démocratique.

En redonnant à l’école publique, républicaine et laïque, les moyens d’élever le niveau de connaissance de chacune et chacun, de développer un jugement libre et l’esprit critique.

Nous apportons notre soutien à l’ensemble de la communauté éducative de notre pays, choquée et meurtrie de ce nouvel assassinat. L’émotion est vive, la douleur est immense. Au-delà de cela, il faut redonner aux enseignants, à l’école, les moyens de former la jeunesse, de la faire accéder aux savoirs, de former son esprit critique. C’est redonner à tous nos services publics les moyens de construire la justice sociale et l’égalité entre les citoyens et citoyennes.

Plus que jamais nous défendons l’ambition d’une culture commune de haut niveau, une école émancipatrice, qui donne à la jeunesse les moyens de maîtriser son avenir, notre avenir.

Nous appelons les citoyennes et les citoyens à être unis contre le terrorisme et à défendre ensemble l’école publique, pilier essentiel de notre démocratie et de notre République.

PCF, Paris samedi 14 octobre

Attaque au couteau à Arras : un professeur tué, le parquet national antiterroriste saisi, E. Macron sur place + Réactions

NDLR de MAC: la rédaction de MAC exprime son entière solidarité avec l’ensemble de la communauté éducative. Aujourd’hui, l’École a une nouvelle fois été victime de l’obscurantisme et de la violence aveugle. Si le terrorisme s’attaque à elle, c’est parce quelle est un lieu de savoir et d’émancipation. Pensées aux victimes et à leurs proches.

Une personne est morte et deux autres ont été gravement blessées lors d’une attaque au couteau dans le lycée Gambetta-Carnot à Arras (Pas-de-Calais). Emmanuel Macron est arrivé sur place peu avant 15 heures. Le parquet national antiterroriste a annoncé, dans un communiqué, se saisir.

L’auteur de l’attaque au couteau a été interpellé par la police, a annoncé le ministre de l’Intérieur.
AFP

Quelques mois à peine après celle d’Annecy, une nouvelle attaque au couteau a été perpétrée ce vendredi dans au lycée Gambetta-Carnot d’Arras, dans le Pas-de-Calais, a annoncé la préfecture. Un professeur est décédé et deux autres personnes ont été blessées dont une serait en état d’urgence absolue, selon une source policière citée par Le Monde. L’enseignant de français qui a perdu la vie en s’interposant lors de l’attaque s’appelle Dominique Bernard et était âgé d’une cinquantaine d’années.

« Dominique et son épouse sont des enseignants d’une grande droiture. Très exigeants sur le plan intellectuel et moral. Je ne suis pas du tout surpris par le courage de son geste », a témoigné auprès de l’Humanité l’un de ses proches.

Martin Doussau, professeur de philosophie dans cette cité scolaire, a également été menacé par l’agresseur, qui s’en est pris aussi au chef cuisinier de l’établissement qui figurerait parmi les deux blessés, selon son témoignage recueilli par des médias locaux. Continuer la lecture de Attaque au couteau à Arras : un professeur tué, le parquet national antiterroriste saisi, E. Macron sur place + Réactions

Moissac: quel est le montant des indemnités perçues par les élus municipaux? In DDM

NDLR de MAC: nous reprenons un article très bien documenté de la DDM en soulignant une fois encore que M. Lopez n’invente rien. Il applique la méthode de Beaucaire qui consiste à « virer » ou « laisser partir » les cadres territoriaux (Catégories A & B), les remplacer par des catégories C et renforcer son pouvoir sur l’équipe municipale en les faisant travailler sur des taches dévolues à des fonctionnaires. Ainsi, il peut se prévaloir d’une masse salariales en baisse, des effectifs stables et des élus-es mieux indemnisés-es qui lui sont donc redevables. Lire ici : Moissac: son avenir se dessine à Beaucaire… Et saluons au passage la pugnacité des élus-es de TEMS! CQFD

 

l’essentiel Lors du conseil municipal de lundi, les échanges sur les indemnités des élus moissagais ont remis en lumière la décision du maire RN Romain Lopez d’augmenter singulièrement le salaire du maire.

Lundi soir, le vote sur la réactualisation du tableau des indemnités des élus a ravivé les tensions qui opposent majorité et opposition sur le sujet. Cette délibération, qui n’était qu’une pure formalité administrative dans le cadre du remaniement des adjoints au maire suite à l’éviction de Pierre Puchouau, a remis en lumière le montant majoré perçu par l’équipe du maire RN Romain Lopez qui assure être « transparent sur le sujet ». Continuer la lecture de Moissac: quel est le montant des indemnités perçues par les élus municipaux? In DDM

Paradoxalement c’est parce que la paix est à portée de main que les bellicistes tentent de radicaliser la situation (Interview)

Le mur de séparation entre Israël et la Palestine, long de plus de 700 km. Ici à Bethléem, en Cisjordanie.©Pascal Mannaerts

Ce proverbe africain me revient en boucle : on entend plus l’arbre qui tombe que la forêt qui pousse. Le paradoxe de la situation est que parce qu’un monde de paix et de justice est possible que les spécialistes de la haine, ceux qui ne veulent pas perdre leurs immenses privilèges radicalisent et utilisent ceux qui n’ont que trop de raisons de se révolter. C’est le petit jeu que mènent partout les USA, en Afrique, en Asie, en Amérique latine, en Europe et maintenant en Israël Palestine. C’est parce que la paix était possible entre l’Iran et l’Arabie saoudite grâce à la médiation chinoise, que répondait des manœuvres des USA entre cette même Arabie saoudite et le gouvernement d’extrême-droite que les Palestiniens ont vécu comme une trahison définitive. Appuyés par un barrage de roquettes, les combattants du Hamas ont fait irruption, depuis la bande de Gaza, dans plusieurs villes israéliennes, ôtant la vie à des centaines de personnes. Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou qui n’attendait que ça a, sans attendre, déclaré le pays en guerre contre le Hamas et a commencé un massacre systématique et impuni de la population de Gaza. Est ce un hasard si Kelensky à la tête de ses légions néonazies tente d’impliquer la Russie dans l’affaire, et si aux Etats-Unis mêmes des fous furieux y voient la main de la Chine. Il ne faut jamais faire ce que veut l’adversaire, il faut dire les responsabilités, exiger un Etat palestinien, et se battre pour la paix négociée dans le justice.

D’abord il faut dire ce que vivent les Palestiniens, en particulier ceux de la bande de Gaza et qui n’est pas le cas d’autres Palestiniens qui vivent assez bien, forment une “élite” coupée de la masse du peuple qui ne se reconnait plus dans ces gens-là. L’action du Hamas est intervenu de manière symbolique le jour anniversaire du Kippour de la guerre entre le monde arabe et Israël dont chacun revendique la victoire. C’est un appel au monde arabe, non pas à ceux qui négocient mais aux peuples opprimés et cet appel a une force inouïe d’abord à Gaza, dans un peuple sans espoir, sans avenir, humilié, parqué dans un véritable camp de concentration. Le monde arabe, où qu’on le cotoie n’est que trop gentil, hospitalier, parfois fataliste mais tout a été fait pour le provoquer, on ne se contente pas d’exécuter Saddam on le fait le jour de l’Aïd, on ne se contente pas de tuer Kaddhafi, on le fait d’une manière ignomignieuse. Israël en particulier a tout fait pour faire monter la radicalité , il a refusé la création d’un Etat palestinien, a érigé un mur qui coupe des terres palestiniennes, il a créé des colonies souvent occupées par les pires individus. Il a déconsidéré, emprisonné, expulsé les patriotes palestiniens les plus aptes à négocier la paix et il n’a plus laissé que les corrompus et les radicalisés islamistes en guerre plus ou moins larvée.


Ce qui se passe aujourd’hui, je l’ai crains toute ma vie parce que je ne peux pas choisir entre le peuple juif et le peuple palestinien. Même si comme la plupart des juifs qui s’élèvent contre le fascisme qui contamine leur peuple, je suis ostracisée par ceux y compris en France s’arrogent le droit de parler non seulement en mon nom mais en celui des victimes de l’extermination nazie, quitte comme les BHL, Glucksman et Cohn Bendit à refuser de voir que leurs amis font le salut hitlérien, je ne peux pas renoncer aux larmes qui me viennent devant les souffrances de MES peuples: les juifs et les Palestiniens. Cela fait des années que je dis que tout cela nous mène à la mort, et ce qui se passe aujourd’hui même si l’on arrive à mettre le couvercle sur l’explosion va se reproduire et d’une manière encore plus terrible si le peuple palestinien ne retrouve pas son droit à vivre. Et cela va s’étendre …

Il n’y a qu’une solution, il faut saisir la chance d’un monde de paix qui nous est proposé. Oui c’est parce que la paix est possible, non seulement à cause des ententes au sommet , non seulement à cause d’un monde multipolaire des Brics, mais parce que dans le sillage l’existence de justice des peuples se réveille, réclame d’être organisée, d’avoir une nouvelle démocratie où ils seront entendus. La révolte du sud auquel répondent en écho les revendications à un salaire juste, à vivre dans la dignité et donc à la paix au cœur de l’impérialisme. Ce qui s’est passé au Niger et en Afrique est porteur d’espoir, ce qu’on appelé une junte et qui s’est avéré plus proche de tout un peuple qui n’a jamais menacé les civils français, n’est pas tombé dans le piège d’envahir une ambassade de France que l’occupant refusait d’abandonner. La guerre a été évitée, et à l”inverse de ce qui se passe au Soudan pour le moment ce qui prédomine dans les pires difficultés reste l’intérêt des peuples et la dénonciation du colonialisme.

A Cuba aussi où tout est fait pour asphyxier la population de faire de cette île une sorte de Gaza, un gouvernement comme par hasard communiste empêche la haine d’agir, elle le fait avec des dirigeants qui se mêle au peuple qui vit des conditions de plus en plus difficiles, avec un blocus, une propagande qui va jusqu’à tenter d’empêcher le retour des touristes de plus en plus hystérique.

Être communiste c’est ça, savoir se battre quand il le faut mais ne pas avoir la mort pour horizon, être responsable et je dois dire que dans ce moment terrible l’attitude de la Chine et celle de la Russie, du parti communiste russe ne m’a pas déçu. Celle de Cuba non plus. Les communistes français, le parti dans sa masse est proche de ce qui me parait juste même si les déclarations officielles ont lâché du lest, le peuple Palestinien son droit à un État, ses souffrances ont été dites et le débat qui se poursuit va dans le bon sens, il peut même nous aider à mieux voir les enjeux planétaires. Pas la moindre haine dans l’exposition des responsabilités réelles, mais pas non plus d’appel à une radicalisation , au contraire le rappel de la nécessité de la négociation d’un État palestinien viable, et le choix à l’ONU, partout dans toutes les institutions internationales de cette solution. L’affirmation que nous devons tous répéter y compris quand nous sommes juifs et inquiets pour notre peuple: “Il n’y aura pas de paix au Moyen Orient et dans le monde tant qu’il n’y aura pas d’État Palestinien.” Et nous devons devant chaque guerre que provoque l’impérialisme raisonner de cette manière.

Danielle Bleitrach


Voici l’interview d’un spécialiste du monde arabe qui donne une analyse assez pertinente du contexte.

Pourquoi le Hamas a-t-il choisi le 7 octobre pour attaquer Israël ?

Jean-Marc Lafon : Premièrement, les relations entre les Palestiniens et Israël sont depuis pas mal de temps extrêmement crispées — des frictions entretenues par le Likoud (droite nationaliste), le Premier ministre en poste et ses alliés extrémistes. Plus précisément, il y a des histoires de violations par des extrémistes juifs et, en Cisjordanie, une colonisation de plus en plus agressive.

Deuxièmement, il n’échappe à personne que le 6 octobre est la date anniversaire de la guerre du Kippour, conflit dans lequel les puissances arabes ont revendiqué une victoire — à l’instar d’Israël. C’est donc symboliquement très fort. De plus, nous sommes dans une période où les pays arabes essaient de normaliser leurs relations avec Israël, et ce n’est absolument pas dans l’intérêt des mouvements Palestiniens les plus radicaux.

Quels sont les objectifs du Hamas ?

Jean-Marc Lafon : Le Hamas cherche à obtenir un leadership sur la population palestinienne à travers la démobilisation des pays arabes qui tentent de normaliser leurs relations avec Israël. Et leur démonstration de force, de toute évidence, est un succès. Ils ont fait ce qu’aucun mouvement palestinien n’a jamais produit auparavant envers l’État juif. C’est une situation sans précédent.

Aujourd’hui, et depuis longtemps, les branches politiques et armées sont nombreuses en Palestine. Il y existe des mouvements proches du Fatah (ndlr. parti nationaliste palestinien), qui est en chute libre depuis des années mais qui n’est pas mort. Mouvement extrémiste, le Hamas réussit aujourd’hui à produire de l’effet politique. Et s’il arrive à s’afficher comme étant le seul mouvement à générer cette résistance à Israël, il va se poser en pierre angulaire de la lutte armée des Palestiniens.

Ce que l’on sous-évalue sans doute, au sein de l’opinion publique israélienne — du fait des crispations croissantes entre les deux territoires — c’est un mouvement de fond qui se dessine et met la pression sur l’exécutif pour que l’on aille vers une réplique militaire assez dure. Vu depuis Gaza, il y avait une probabilité élevée qu’Israël prenne une initiative militaire, et donc que de nouveaux affrontements se déclarent à un moment ou à un autre. Le Hamas a semble-t-il pris les devants.

Autre objectif du Hamas, très peu commenté mais essentiel au vu des événements actuels : le mouvement extrémiste islamique administre la bande de Gaza, soit l’une des zones avec la plus forte densité de population au monde. La bande côtière est également l’un des endroits avec le taux de chômage le plus délirant, accompagné d’une pauvreté absolue. La population a donc la sensation de n’avoir ni présent ni futur, et est extrêmement sensible au narratif extrémiste. C’est une population en souffrance. Et l’on sait que les discours radicaux fonctionnent toujours mieux dans ces circonstances.

Comment voulez-vous gouverner une population dans un tel état, si ce n’est par la promesse d’un avenir radieux dans l’au-delà ? L’islam est sensible à la mise à l’épreuve et celle-ci doit se faire à travers un combat contre l’oppresseur.

Le Hamas est un mouvement extrémiste qui se voue lui-même au combat et crée les conditions pour être perçu comme “utile” par la population qu’il doit administrer. Enfin, sans caricaturer, il y a du côté israélien, au pouvoir, une coalition qui s’appuie sur des extrémistes qui fonctionnent sur un schéma qui n’est pas totalement différent.

Qui finance le Hamas ?

Jean-Marc Lafon : C’est une question pour laquelle une conférence entière ne suffirait pas. Il y a évidemment la participation d’États. Comme la plupart des mouvements armés islamistes, c’est un groupe qui est financé par divers canaux. Premièrement, il y a le canal iranien, que ce soit directement ou via des sociétés écrans. Au-delà de son rôle financier, le rôle de Téhéran est aussi dans la transmission du savoir-faire. Ce savoir est particulièrement remarquable à travers les roquettes que le Hamas lance sur Israël.

Il y a aussi des donateurs privés, dans le monde arabo-musulman, qui financent le mouvement armé. Ce sont des canaux assez classiques. Après, des soupçons, dont certains doivent être avérés, de détournements d’aide humanitaire persistent encore. Il ne s’agit pas du même impact que les autres fonds, les matériaux destinés à l’entretien des bâtiments servant, en partie, au développement du réseau de tunnels à vocation militaire.

Que signifie l’envoi récent par Washington de navires de guerre en Méditerranée ?

Jean-Marc Lafon : C’est très complexe. La cause israélienne recueille une certaine sympathie dans l’opinion publique américaine. Par exemple, on se rappelle que l’ancien Président des États-Unis, Donald Trump, avait joué la carte d’Israël en envoyant son ambassade à Jérusalem plutôt qu’à Tel-Aviv. Outre cet historique, il semble que des citoyens américains figurent parmi les victimes (morts, blessés ou otages) de l’attaque du Hamas. Quand une grande puissance apprend que ses citoyens sont pris en otage quelque part, il y a des chances pour que celle-ci déploie des moyens militaires dans la zone en question. Et, une fois de plus, il y a l’Iran qui entretient une présence en Irak et en Syrie, et le souci de garder une influence sur le périmètre où se trouve le Hezbollah, mouvement étroitement affilié à Téhéran.

Quelles sont les probables conséquences de ces attaques ?

Jean-Marc Lafon : L’escalade est inarrêtable. Les représailles sont absolument inévitables. La conséquence possible est que la conflagration aille extrêmement loin, jusqu’à des représailles israéliennes en Iran, par exemple.

Benyamin Netanyahou, en extrême difficulté politique, enfreint l’état de droit dans le but d’accroître son pouvoir et d’échapper à des poursuites liées à des histoires de malversations financières. Et cela fait beaucoup de bruit en Israël. Sa tentative d’esquinter le droit a donné lieu à des manifestations inédites. Cela a déclenché des mouvements de fond jusqu’au sein de l’armée. Le 6 octobre, la veille de l’attaque du Hamas, Netanyahou était dans une situation difficile. Attiser les haines envers les Palestiniens était pour lui un moyen de détourner l’attention des citoyens en colère.

Et l’exécutif n’a pas vu venir l’opération durant laquelle 5 000 roquettes ont été lancées. Vu du côté du citoyen israélien, c’est quelque chose de “fou”. Près de 28 bataillons étaient positionnés du côté de la Cisjordanie et dans le nord d’Israël, au lieu d’être à proximité de la bande de Gaza. Les autorités israéliennes ont compté sur les murs, les caméras et les dispositifs automatiques pour éviter une incursion depuis ce territoire. L’échec est épouvantable et Netanyahou en est comptable. Du point de vue de Gaza et du Hamas, le dirigeant israélien ne peut pas faire autrement qu’escalader. Il faut désormais se poser la question : où s’arrête l’escalade ? Israël a clairement les moyens de frapper l’Iran sur son territoire.

 

Efraim Davidi (PC Israélien) : « Il n’y a qu’une seule solution, mettre fin à l’occupation »

Membre du comité central du Parti communiste israélien, Efraim Davidi dénonce la politique du gouvernement de Benyamin Netanyahou, qu’il tient pour responsable de la situation, et met en garde contre les actes de vengeance qui pourraient être menés contre les citoyens arabo-palestiniens d’Israël. Il appelle à la reconnaissance du droit des Palestiniens.

Pour Efraim Davidi, membre du parti communiste israélien : « Il n’y a qu’une seule solution : mettre fin à l’occupation et reconnaître les revendications et les droits légitimes du peuple palestinien ».

« En tant que Parti communiste israélien et membre du mouvement Hadash (Front démocratique pour la paix et l’égalité), nous estimons le gouvernement fasciste israélien responsable de l’escalade brutale et dangereuse de ces dernières heures, qui a coûté la vie à de nombreux citoyens innocents. Cela s’est produit à la fin d’une semaine choquante au cours de laquelle les colons se sont déchaînés dans les territoires occupés sous les auspices de leur gouvernement, ont profané la mosquée al-Aqsa et ont perpétré un autre pogrom à Huwara (ville palestinienne près de Naplouse déjà attaquée il y a quelques mois par les colons – NDLR). C’est une escalade très grave qui met en danger toute la région dans une guerre que le gouvernement de droite alimente depuis son premier jour. Continuer la lecture de Efraim Davidi (PC Israélien) : « Il n’y a qu’une seule solution, mettre fin à l’occupation »

Budget Education 2024 : Où sont les suppressions de postes?

L’huile de palme : l’ingrédient derrière les violations des droits de l’homme et le groupe Bolloré

L’huile de palme : l’ingrédient derrière les violations des droits de l’homme et l’écodestruction qui est probablement dans votre maison en ce moment, dit l’auteur de l’article. Il est question ici du Nigeria et d’autres pays d’Afrique (une dizaine) et d’Asie. Il faut bien mesurer que quand nous dénonçons l’hypocrisie du discours sur les “institutions démocratiques” africaines et les “régimes putschistes” nous faisons directement référence à la manière dont ces pays que nous considérons en France comme démocratiques ne le sont aux yeux de nos gouvernants et de leurs médias que parce qu’ils couvrent les pratiques de ces sociétés liées à l’énergie mais aussi à l’agroalimentaire. Socfin, Société financière des Caoutchoucs est un groupe de participations agro-industriel fondé en 1909 par l’entrepreneur et agronome belge Adrien Hallet (1867-1925), devenu une entité financière et commerciale chapeauté par une Holding luxembourgeoise contrôlée par Hubert Fabri et le Groupe Bolloré. Les activités de production (huile de palme, latex/caoutchouc) du groupe Socfin se déroulent dans 10 pays d’Afrique et d’Asie, mais les holdings sont principalement basées au Luxembourg, en Belgique et en Suisse ; le siège se trouve au Luxembourg. Bolloré ce nom vous dit l’empire médiatique qui contrôle en fait notre vision du monde et entretient l’idée que la démocratie à l’occidentale c’est la guerre pour tous ceux qui veulent se libérer et libérer la planète. (note et traduction de danielle Bleitrach)

Photo Ghana: Sous la devise stop. pense. sentir. acte. le Fotofestival Zürich 2023 Open Your Eyes présente des oeuvres photographiques dont celle-ci prise au Ghana qui ne se veulent pas des illustrations des Objectifs de développement durable (ODD), mais sont des commentaires et des annotations au sens des « Photographes concernés » de Cornell Capa. Capa a choisi ce terme pour décrire des œuvres qui vont au-delà de la documentation d’événements et les montrent avec une impulsion humanitaire. Cette école de pensée est également connue comme un concept lié à la science : le terme « scientifiques concernés » est utilisé pour décrire le recours à la science indépendante pour résoudre les problèmes les plus urgents de notre planète. Continuer la lecture de L’huile de palme : l’ingrédient derrière les violations des droits de l’homme et le groupe Bolloré

Ian Brossat : « Remettons la question sociale au cœur du débat politique »

Pour la troisième année consécutive, Carole Delga a rassemblé ses soutiens issus de la plupart des organisations politiques de gauche. Ce weekend à Bram (11), intitulé « Les rencontres de la gauche », était organisé autour d’ateliers thématiques. Ian Brossat, porte-parole du Parti Communiste Français, a participé à celui sur « la Gauche : des idées communes pour changer la vie ».

Julien Sueres

Tarn et Garonnais • Engagé pour les locataires et le droit au logement • Team #FabienRoussel pour de nouveaux #JoursHeureux

Illustration 1

Ian Brossat lors d’un atelier aux rencontres de la gauche à Bram (11)

Retrouvez ci-dessous quelques-unes de ses analyses. Entretien.

La gauche a besoin de se parler aujourd’hui pour aspirer à la victoire ?

Ian Brossat : C’est quand même pas mal de pouvoir débattre entre nous à gauche dans une ambiance chaleureuse. Ça change de ce qu’on peut voir parfois sur nos écrans de télévision. La question posée est très juste. Je suis frappé par une chose. Certains nous expliquent du matin au soir que le seul sujet que la gauche aurait à affronter aujourd’hui c’est la question de l’union, la question du rassemblement. Or nous sortons quand même d’une séquence 2022 où lors des élections législatives nous avons réalisé une forme d’union et nous avons échoué. Nous avons collectivement échoué. Cela doit nous interroger. Car si l’union est la seule condition à la victoire de la gauche, alors nous aurions dû réaliser de bien meilleurs résultats aux élections législatives. Continuer la lecture de Ian Brossat : « Remettons la question sociale au cœur du débat politique »