Mort à l’âge de 80 ans, le fils spirituel et l’exécuteur testamentaire d’Aragon laisse un ensemble d’œuvres considérables, d’une originalité indéniable, qu’il reste à vraiment lire.
L’annonce de la mort de Jean Ristat, poète, ami, camarade, nous atteint d’autant plus douloureusement que, le 2 juin dernier, nous célébrions l’anniversaire de ses 80 ans. On le savait déjà souffrant. On l’avait néanmoins vu en images, nous rapportant des heures mémorables de sa vie, dont c’est peu dire qu’elle a été infiniment singulière et fertile en passionnantes rencontres dues à son haut talent d’écrire tôt découvert – ainsi qu’à son charme d’être humain si séduisant.
Le 1er juin 1943, Jean ne naît pas coiffé à Argent-sur-Sauldre, village de Sologne où sa mère doit louer ses bras pour laver le linge des riches du coin. Au lycée, où il fonde une revue, baptisée 1492, de concert avec le professeur Maurice Bourg ; il s’avère brillant élève dans les humanités, la rhétorique, la philosophie, ce qui va décider de sa vocation. Il monte à Paris baccalauréat en poche, se lie d’amitié avec le philosophe Jacques Derrida, mais c’est la poésie qui s’empare de lui pour ne plus le lâcher. Continuer la lecture de Mort de Jean Ristat, poète et camarade
Premier syndicat de l’enseignement primaire, le FSU-Snuipp, a déposé 102 alertes sociales dans tout le pays pour dénoncer une situation « explosive » dans les écoles.
Pendant que le ministre amuse la galerie en (re) mettant sur la table le redoublement ou le port de l’uniforme, l’école continue à se dégrader et celles et ceux qui la font – élèves, personnels, familles – à souffrir. À quelques jours du dévoilement de la très attendue enquête internationale PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves), le 5 décembre, la FSU-Snuipp, premier syndicat de l’enseignement primaire, a pris une initiative sans précédent : déposer 102 alertes sociales, dans chaque département de France, en métropole et dans les outremers. Continuer la lecture de Éducation nationale : pourquoi la grève couve dans les écoles ?
Une page s’est tournée pour la Maison du Peuple jeudi soir au conseil municipal de Montauban: la majorité a voté pour la désaffectation et le déclassement de ce bâtiment emblématique… ce qui ouvre la voie à sa mise en vente.DDM – ERIC THERON
l’essentiel Le déclassement de la Maison du peuple a cristallisé les débats au conseil municipal de Montauban, ce jeudi soir 30 novembre. L’opposition a voté contre après une salve de réactions hostiles. Une manifestation a même réuni une quarantaine de personnes devant les grilles de l’hôtel de Ville, essentiellement des membres de la CGT.
C’était attendu et on n’a pas été déçu. Alors que quelques représentants de la CGT battaient le pavé sous la pluie devant l’hôtel de ville de Montauban, l’ordre du jour du conseil municipal de ce jeudi 30 novembre a rapidement évoqué le sort futur de la Maison du Peuple. Fermé depuis le 1er septembre 2020 après le départ des syndicats (CGT, FO, UNSA), le bâtiment a longtemps fait l’objet d’un contentieux entre la mairie et la CGT.
Après avoir réalisé des travaux, notamment un désamiantage pour un coût de 1 à 2 M€ dixit Brigitte Barèges, il était question de faire du site un tiers lieu numérique. Mais devant le coût de la remise en état, la municipalité a renoncé au projet, préférant miser sur une location, vente totale ou partielle du bâtiment. Ce jeudi, il n’était pas encore question de location ou de vente mais de « constater la désaffectation de la Maison du Peuple », qui n’abritera plus de syndicats et de « prononcer son déclassement ».
La Maison du Peuple rejoint la longue liste des bâtiments communaux enlevés à l’usage public. C’est une erreur et une faute, considère Jeanine Meignan.
Malgré l’absence de Rodolphe Portoles, l’opposition l’a joué collective pour dénoncer ces décisions. À commencer par Cathy Philippe (Montauban Citoyenne). « Fermer les portes d’un bâtiment aussi symbolique n’est pas une bonne chose. La Maison du Peuple ne vous appartient pas. C’est un bien commun qui a été le poumon de notre démocratie. Vous enlevez à la ville l’un de ses derniers bâtiments publics pour l’offrir au privé. »
Jeanine Meignan a à son tour pris la balle au bond. « La Maison du Peuple rejoint la longue liste des bâtiments communaux enlevés à l’usage public. C’est une erreur et une faute. Ce n’est pas un bâtiment comme les autres. Il a été construit grâce à des dons d’un million de francs de l’époque offert par les habitants de la ville de Paris suite aux crues de 1930 pour créer des activités populaires. C’est pourquoi nous demandons de la conserver dans le bien commun. »
« Allez-vous nous refaire le coup pour la cathédrale ? » demande Arnaud Hilion.
Arnaud Hilion, qui piaffait d’impatience, ne pouvait pas laisser passer ce dossier sans broncher. « C’est avec une certaine tristesse que je vous vois pousser cette logique contre la Maison du Peuple. Tout ne se vend pas, tout ne s’achète pas. Vous nous dites qu’elle est fermée depuis trois ans. Allez-vous nous refaire le coup pour la cathédrale ? »
De la tristesse, on est passé à la colère dans la bouche d’Olivier Fournet. « La politique, c’est aussi des symboles et la Maison du Peuple représente la résilience de Montauban. C’était un lieu de rencontre et de lutte sociale et c’est là que vous avez fêté votre victoire de 2001… »
« Redonner un nouvel élan à ce bâtiment »
Étonnamment magnanime, Brigitte Barèges a répondu point par point aux allégations de ses opposants. « Je suis attachée au droit syndical, mais nous avons longtemps maintenu une coutume qui consistait à loger des syndicats départementaux alors que ce n’est pas une obligation légale. En 2001, la Ville était très endettée et nous avons dû vendre des bâtiments. Depuis, on a rénové et construit. M. Hilion vous êtes triste, M. Fournet vous êtes en colère, mais il y avait encore pour plusieurs millions de travaux à effectuer. Nous ne nous interdisons rien. Il manque une locomotive en centre-ville, des salles de réunion ou de conférence. Nous voulons donner un nouvel élan à ce bâtiment. Ce ne sera peut-être pas avec des galas de la CGT, mais la Maison du Peuple sera ouverte au public. »
Sans surprise, l’opposition a voté contre à l’unisson. Une page d’histoire locale s’est définitivement tournée ce jeudi soir.
Manifestation devant la mairie de Montauban : « Non à la vente de la Maison du Peuple »
Pas trop de monde, mais de la colère, beaucoup d’amertume et aussi de la nostalgie.DDM – Hugues de LESTAPIS
l’essentiel Avant la séance du conseil municipal qui devait entériner la désaffectation et le déclassement du bâtiment de la Maison du Peuple, plusieurs dizaines de personnes se sont réunies devant l’hôtel de Ville de Montauban. Pour réclamer que ce bâtiment symbolique reste un bien public.
À l’initiative de plusieurs organisations syndicales, l’UD CGT 82 en tête, puis relayée par les élus du groupe d’opposition L’alternative pour Montauban, une manifestation a eu lieu ce jeudi soir 30 novembre devant la mairie à 18 heures, à l’amorce du conseil municipal, pour dénoncer « la future vente » de la Maison du Peuple.
Une cinquantaine de personnes se sont retrouvées sous une pluie battante, pour dire en substance leur « stupeur » d’avoir appris que dans l’ordre du jour de ce conseil du 30 novembre, « Brigitte Barèges entendait faire voter une délibération lui donnant les pleins pouvoirs pour vendre la Maison du Peuple ». Et de rappeler, à qui l’ignorerait, que ce bâtiment historique a été construit avec les dons de la commune de Paris pour y héberger les organisations syndicales d’ouvriers et les associations venant en aide aux populations.
Un haut lieu de rassemblement
Les conditions qui ont permis la construction de la Maison du Peuple faisaient suite aux terribles inondations de 1930. L’endroit est devenu, « un haut lieu de vie et de rassemblement des Montalbanaises et Montalbanais, et bien au-delà. Depuis 1945, ce bâtiment a vu se dérouler toute l’histoire sociale, politique et associative du département. Un « forum » de construction des luttes syndicales, de manifestations culturelles, humanitaires, associatives, bref elle appartient à tous ! ».
Les drapeaux de la CGT étaient ce jeudi soir les plus visibles. Ce rassemblement a été aussi l’occasion, pour de vieux militants, de se remémorer des souvenirs politiques, dont la victoire de Louis-Jean Delmas à la mairie en 1965. « Lui, en tout cas, il aimait le peuple ».
Les lecteurs de ce blog savent à quel point nous avons jusqu’ici souligné la distance entre l’évolution positive depuis le 38e congrès du PCF au plan intérieur, l’autonomie reconquise de ce parti, sans rupture au sein de la gauche, sans sectarisme. Une autonomie qui n’était pas seulement celle de la survie d’un parti communiste mais permettait un retour vers la classe ouvrière, les couches populaires. Parce que cette politique était la seule permettant la reconquête de ceux qui déçus par une gauche qui n’en avait plus que le nom s’abstenait ou allait même jusqu’au Rassemblement national le mal nommé puisque son rôle réel était de diviser la nation jusqu’à la guerre civile. Mais nous avons également dénoncé le fait que cet aspect positif était malheureusement remis en cause au plan international, interdisant même la lutte sur des fondamentaux comme la paix et le rôle réel de l’UE en faveur de l’OTAN et des marchés financiers. Mais nous avions également noté l’importance du débat démocratique au sein du PCF, de la base au conseil national en ce sens. Nous nous félicitons donc de l’évolution dont nous voudrions donner quelques exemples aujourd’hui qui nous incitent à soutenir la liste du PCF aux Européennes (note de Danielle Bleitrach pour Histoireetsociete) .
L’intervention de Fabien Roussel à l’assemblée nationale :
Europe : vers une liste de large rassemblement – Extraits du rapport sur l’Europe présenté par Véronique Mahé au dernier CN
Ce rapport qui est complété par des interventions offensives de celui qui dirige cette liste à savoir Léon Deffontaines, nous parait être adapté à la situation. Là encore il a le mérite d’insister sur la cohérence des choix fondamentaux du PCF y compris au plan européen et de montrer par l’exemple à quel point le temps des ambiguïtés masquées par un pseudo radicalisme comme Syriza ou Linke, voire la NUPES était dépassé, mais un autre rassemblement était possible qui lui aussi ne renoncerait pas au programme. On peut certes s’interroger sur l’avenir de LEFT au plan européen, mais c’est également sur toute l’UE et son avenir que l’on peut s’interroger et nul doute que l’avenir accélère une évolution qui en quelques mois a pris de la vitesse pour le pire comme le meilleur. Continuer la lecture de Le PCF à la veille des Européennes in « Histoire & société »
En plein Black Friday, l’association Attac a ciblé ce vendredi 24 novembre, les « lockers » d’Amazon afin de sensibiliser les consommateurs au danger de la surconsommation. L’Humanité a rejoint des militants à la station de métro Château-Landon.
Il est 7 h 30 et Paris s’éveille avec des « lockers d’Amazon » mis hors service symboliquement. Pour le traditionnel Black Friday, dont on ne dira jamais assez les dégâts que cause cette fête de la surproduction et de la surconsommation, l’association Attac était une nouvelle fois dans l’initiative.
Un modèle dans l’impasse
Alors que les médias traditionnels incitent depuis une semaine les citoyen-nes à se ruer sur le net et/ou dans les magasins afin de bénéficier de « supposées » bonnes affaires, l’association Attac avait annoncé un week-end placé sous le signe d’un « vendredi noir » de l’injustice écologique, sociale et fiscale.
L’empreinte du Black Friday est globale rappelle l’association. Elle concerne les gaz à effet de serre, le cycle de vie des biens, des équipements et l’utilisation de l’eau. La plupart des produits vendus durant le « vendredi noir » sont fabriqués par des personnes mal rémunérées, dont les conditions de travail sont particulièrement dégradées et les droits sociaux ignorés, souligne Nicolas, militant d’Attac.
Un vendredi noir social
Le Black Friday est le symbole d’un modèle dépassé, qui détruit la planète, les territoires et les solidarités. Évasion fiscale massive, destruction d’emplois, dégradation des conditions de travail, activités climaticides… Un vendredi noir social.
Pour Sylvain, jeune militant d’Attac, ces actions sont aussi une occasion de retrouver des camarades alors que l’actualité n’est pas facile. « Si ça peut devenir une tradition, avant les fêtes, c’est chouette ! »
Une partie des forces progressistes est accusée d’avoir cédé aux sirènes de cette forme de racisme. Mauvais procès ou signe qu’elles auraient failli dans la défense des concitoyens de confession juive qui se sentent abandonnés ? Des voix demandent à la gauche de se ressaisir, loin des allégations outrancières orchestrées par la droite et l’extrême droite.
La voix, rageuse, s’élève au-dessus des huées : « Collabos ! C’est eux les vrais fachos ! » L’homme vise le groupe d’élus socialistes, communistes et écologistes, venus participer à la marche du 12 novembre, à Paris, contre l’antisémitisme. À quelques centaines de mètres, le cortège d’extrême droite n’est pas autant chahuté. Comment en sommes-nous arrivés à ce monde à l’envers ?
Bien sûr, vingt ans de dédiabolisation de l’extrême droite et des décennies de stigmatisation de la cause pro-palestinienne, suspectée de se nourrir de l’antisémitisme, sont passés par là. Mais plusieurs voix progressistes pointent également, tantôt un « malaise », tantôt une « minimisation», voire un « déni », sur la question de l’antisémitisme, à gauche.
« Ce qui est sûr, c’est qu’un fil s’est rompu, constate Ian Brossat, porte-parole du PCF. Pendant la marche(du 12 novembre – NDLR), une jeune femme franco-israélienne est venue me voir, surprise que des communistes marchent contre l’antisémitisme. Nous ne sommes plus identifiés à ce combat-là, nous devons y travailler. » Continuer la lecture de Lutte contre l’antisémitisme : pourquoi la gauche doit faire mieux
Six ans après le début du mouvement MeToo, la réaction des pouvoirs publics est loin d’être à la hauteur des attentes du collectif féministe Nous Toutes. L’une de ses coordinatrices, Maëlle Noir, dresse un bilan amer avant la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, samedi 25 novembre.
Cette année, la manifestation du 25 novembre pointe « les violences de genre, sociales et d’État ». Pourquoi ce mot d’ordre ?
Il s’agit de mettre l’accent sur le continuum des violences. Les politiques menées par l’État produisent des violences sociales qui sont souvent genrées. Retraites, RSA, assurance-chômage… depuis un an, les différentes « réformes » qui ont visé notre modèle social ont pénalisé et vulnérabilisé en premier lieu les femmes, les personnes LGBT + et les enfants.
C’est un 25 novembre tout particulier que nous allons vivre cette année. Parce qu’il s’inscrit dans un contexte international très inquiétant.
Notre féminisme est une culture de la paix, aussi nous sommes solidaires avec les Iraniennes, les Afghanes, les Kurdes, les Ukrainiennes, les Israéliennes, les Palestiniennes, les Yéménites, les Arméniennes, les Syriennes qui vivent dans des territoires où des conflits perdurent. Ces femmes ainsi que les femmes réfugiées ou déplacées pour cause de conflit subissent les conséquences mortifères des guerres, parce qu’elles sont souvent en première ligne. Nous soutenons les mobilisations des femmes pour défendre la démocratie, la justice, l’égalité et la paix, contre les politiques d’extrême droite, de haine et de division, contre les intégrismes religieux. Nous avons appris avec tristesse la mort de Viviane Silver, militante pacifiste canado-israélienne tuée par le Hamas le 7 octobre. Elle avait cofondé Women Wage Peace en 2014. Continuer la lecture de Féminisme – Un contexte inquiétant (PCF)
Un article qui nous aide à réfléchir sur la manière dont toute structure sociale fondée sur des rapports de classe tente de maintenir son pouvoir, ce qui est le fondement de la “violence” dite légitime. Il faudrait sans doute ajouter à cette analyse le rôle de la guerre impérialiste et donc tout l’apport de Lénine pour cerner l’actualité d’une telle pensée et on comprendrait mieux pourquoi l’alternative de la chute de l’impérialisme des Etats-Unis et de l’occident “global” semble se poser entre socialisme et fascisme, celui-ci paraissant une ultime forme du pourrissement de “l’outre achéménide” dont parle Lénine, à son stade impérialiste, la classe capitaliste est comme la torture infligée par les Perses, ils bâtissaient une outre autour de leurs victimes et nourrissaient ceux-ci de mets les plus riches en les laissant se décomposer dans leurs déjections, l’élection du président argentin n’inspire que répugnance et effroi. (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)
L’objet de ces lignes est de réfléchir à ce que certaines trajectoires de pensée marxistes nous aident à comprendre sur une question absolument incontournable : celle de la violence. Ma réflexion se divise en deux parties. Dans la première, je montre ce que l’héritage de Marx nous permet d’analyser en termes de violence structurelle du monde dans lequel nous vivons. Marx inaugure effectivement la possibilité de considérer la violence comme un phénomène structurel. Avant Marx, il y avait des théories de la domination, et des théories de l’intérêt matériel (économique ou autre) qui nous poussent à contempler dans l’histoire l’exercice constant de la violence par les dominateurs sur les dominés, mais il n’y a pas de théorie de la violence en tant qu’élément d’une structure susceptible d’être reproduite.
Marx serait alors le premier auteur à avoir postulé une forme de violence que l’on peut considérer comme structurelle, objective ou ultra-objective, comme le souligne Étienne Balibar dans Violence et civilité. Continuer la lecture de Marx et la violence
Javier Milei est le nouveau président de l’Argentine. Pour la première fois, un candidat d’extrême droite arrive au pouvoir.
Norberto Galiotti, membre du Comité central du Parti Communiste d’Argentine, dans le journal Nuestra Propuesta explique les raisons de la défaite du péronisme et montre que la seule perspective pour battre la droite, l’extrême droite et le capitalisme est le socialisme.
« Ce qui va arriver est très difficile, mais nous, communistes, savons très bien à quoi nous sommes confrontés », déclare Norberto Champa Galiotti, membre du Comité central du Parti Communiste d’Argentine, après les résultats du second tour des élections présidentielles qui a vu la victoire du candidat d’extrême droite. Javier Milei.