Européennes 2024 : où sont les ouvriers sur la liste du PS ?

Alors que le Parti socialiste pensait avoir conclu la question de sa liste de candidats pour le scrutin de juin, des voix s’élèvent en interne pour dénoncer son manque de représentativité sociale. Dont celle du député Philippe Brun, qui claque la porte de la direction de la formation politique.

La tête de liste pour les élections européennes 2024 Raphaël Glucksman, avec Olivier Faure, le premier secrétaire du parti socialiste
© AFP

 

Il fut un temps où les socialistes, regroupés en Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO), définissaient leur action par un but, « transformer la société capitaliste en une société collectiviste ou communiste », et un moyen, « l’organisation économique et politique du prolétariat ».

Soixante-dix-huit années ont passé et ces principes aussi. Jusqu’à ne plus voir un seul ouvrier ou membre des classes populaires en position d’éligibilité sur la liste du Parti socialiste menée par Raphaël Glucksmann, tout juste actée par son conseil national, pour les élections européennes de juin.

« Notre projet politique a pourtant vocation à faire émerger de nouvelles têtes, à favoriser une certaine diversité sociale sans forcément faire d’ouvriérisme », déplore le député socialiste de l’Eure, Philippe Brun. Révolté, il a décidé de claquer la porte de la direction du parti. D’autant que celui-ci « bataillait » depuis plusieurs semaines pour imposer « seulement cinq noms » dont les professions étaient les suivantes : vigile, téléconseillère, cheminot… Sans succès. Continuer la lecture de Européennes 2024 : où sont les ouvriers sur la liste du PS ?

Vers un « Schengen militaire » pour préparer un conflit avec la Russie ?

L’Allemagne, la Pologne et les Pays-Bas ont acté la création d’un « corridor de transport militaire ». Moscou envisage des « mesures de rétorsion ».

Des trains transportant des véhicules blindés de combat français et des chars Leclerc à Voila, dans le centre de la Roumanie, mercredi 16 novembre 2022.
Jerome Salles/AP/SIPA

 

D’un côté, le rétablissement des contrôles aux frontières, soit des États européens qui se replient sur eux-mêmes et ébranlent l’espace Schengen pour contrôler les flux de migrants. De l’autre, un espace qui s’ouvre à la libre circulation des armes. Le 31 janvier, la Pologne, l’Allemagne et les Pays-Bas ont entériné à Bruxelles, en marge d’une réunion des ministres européens de la Défense, la création d’un « corridor de transport militaire », première étape vers un « Schengen militaire ».

Le projet, qui vise à s’affranchir des barrières administratives pour le déplacement de troupes, de matériel et de fournitures depuis les ports en eau profonde de la mer du Nord, n’est pas une idée neuve. Élaboré en concertation entre l’Otan et la Commission européenne pour renforcer l’Alliance sur son flanc est face à la Russie, cet espace affranchi de contrôles pourrait s’étendre à d’autres pays du bloc communautaire. Continuer la lecture de Vers un « Schengen militaire » pour préparer un conflit avec la Russie ?

Quand les partisans de la liberté érigent partout des barrières ! par Franck Marsal

 

La manière dont le pseudo triomphe de la fin de la guerre froide se transforme en son contraire donne effectivement au “narratif” occidental un petit côté daté et assez paradoxal puisque c’est non seulement la libre circulation des êtres humains qui se transforme en charnier de la méditerranée mais les marchandises et la libre circulation des capitaux. (note de danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

C’est très paradoxal en effet. Et c’est une vision datée. L’occident se représente encore comme ce qu’il fut et non comme ce qu’il est devenu. Les soi-disant partisan du monde ouvert et connecté ne cessent d’inventer des murs et des barrières, non seulement aux hommes, femmes et enfants des pays du sud, mais également au commerce et même à la libre circulation des capitaux.Franck Marsal

S’agissant des hommes et des femmes, citons la Méditerranée, transformée en cimetière, les murs et barbelés installés partout, de Ceuta et Mellila, aux forêts polonaises, ainsi qu’à la frontière etats-unio-mexicaine. Il fut un temps où la plus grande accusation portée par “l’impérialisme occidental” contre l’URSS était la fermeture des frontières des états socialistes d’Europe, le fameux “Rideau de fer”. Lorsque le Mur de Berlin tomba, Rostropovitch vint jouer du violoncelle, et tous les propagandistes du capitalisme célébrèrent la liberté retrouvée. Qui jouera et chantera lorsque le “Rideau de fer de l’UE” tombera ? Continuer la lecture de Quand les partisans de la liberté érigent partout des barrières ! par Franck Marsal

André Chassaigne répond au discours de Gabriel Attal

 

Avec les agriculteurs sur les barrages : « Nous sommes à un point de bascule »

Manifestation devant la Direction Départementale des Territoires (DDT), à Grenoble, à l’appel de la FDSEA Isère et des Jeunes agriculteurs Isère.
© Francois HENRY/REA

Le gouvernement est prévenu : les mesurettes ne suffiront pas à calmer l’incendie. Le premier ministre, qui doit prendre la parole ce vendredi 26 janvier, est attendu au tournant par des agriculteurs excédés, dont la mobilisation essaime dans tout l’Hexagone, jusqu’aux portes de Paris : deux syndicats agricoles d’Île-de-France (la FNSEA et Jeunes Agriculteurs) ont appelé au blocus de la capitale vendredi, à partir de 14 heures. Parti de la base en marge des organisations syndicales, ce mouvement hétéroclite voit se côtoyer des revendications parfois contradictoires, mais se rejoint sur un même ras-le-bol trop longtemps ignoré. Continuer la lecture de Avec les agriculteurs sur les barrages : « Nous sommes à un point de bascule »

Les 2 gauches aux européennes selon le PCF Léon Deffontaines : « À eux la Troïka, à nous la République sociale »

Par Léon Deffontaines in Marianne

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Léon Deffontaines, tête de liste du PCF aux élections européennes, énumère ce qui distingue son projet politique de celui de Raphaël Glucksmann, à gauche, en vue des élections de juin.

Aussi loin que je me souvienne, Alain Minc a toujours été un conseiller du prince, proche de Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron, réputé pour ses prédictions malavisées. Et aussi loin que je me souvienne, en homme de droite, il a toujours soutenu avec force et constance les tenants de l’orthodoxie bruxelloise contre celles et ceux qui avaient le malheur de contester le caractère antisocial des traités européens. C’est donc avec sérieux qu’il faut entendre ses déclarations dans lesquelles il indique se réjouir de la nomination « du nouveau gouvernement de droite » tout en souhaitant, dans un même mouvement « un score extrêmement élevé, si c’était possible, à la liste de Raphaël Glucksmann (…) ». Continuer la lecture de Les 2 gauches aux européennes selon le PCF Léon Deffontaines : « À eux la Troïka, à nous la République sociale »

Agriculteurs en colère : le revenu des paysans au cœur des revendications + les 6 propositions du PCF

Prix de vente plancher ou garanti par l’État, régulation des marchés et fin de la concurrence… le Modef et la Confédération paysanne ont avancé, ce mardi, leurs solutions pour rendre sa dignité à l’agriculture familiale.

La Confédération paysanne va organiser des actions en propre les jours prochains.
© AFP/Christophe Archambault

Il y a comme un hiatus. D’un côté, les dirigeants de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs évoquaient auprès du premier ministre, lundi soir, des revendications purement techniques : « Pas d’interdiction (de pesticides ni d’intrants chimiques – NDLR) sans solution » de rechange dans le futur « plan éco-phyto », la suspension de l’obligation européenne de 4 % de terres en jachère… De l’autre, les syndicats agricoles progressistes ont, eux, resserré leurs revendications lors de conférences de presse, ce mardi, sur un seul et même enjeu : les revenus des agriculteurs. Continuer la lecture de Agriculteurs en colère : le revenu des paysans au cœur des revendications + les 6 propositions du PCF

Des prix pas des primes : les agriculteurs doivent vivre de leur travail (PCF)

Il est urgent de changer de politique pour défendre notre souveraineté alimentaire et protéger nos agriculteurs face à l’inflation et la concurrence déloyale des traités de libre échange.

C’est pourquoi nous soutenons les agriculteurs en colère. Le gouvernement doit les entendre et les respecter.

Pris en étau entre l’industrie agroalimentaire et la grande distribution, les travailleurs de la terre sont au bord de l’asphyxie. Les agriculteurs voient bien l’impuissance des lois EGALIM à modifier les rapports de force dans la construction des prix, en l’absence d’une intervention directe de la puissance publique, toujours refusée par le pouvoir alors qu’elle est défendue depuis très longtemps par les communistes. D’après l’Observatoire de la formation des prix et des marges (OFPM), l’agriculture ne reçoit que 10% de la valeur ajoutée agroalimentaire. Et comme si cela ne suffisait pas, la profession n’en peut plus de voir ses coûts de production flamber plus vite que n’augmente le prix payé au producteur. Par exemple, l’Institut de l’élevage indique que le prix du lait de vache a baissé de 15 à 20 €/ 1000 L sur le dernier trimestre 2023 alors que le prix des intrants s’est maintenu. Le prix du gazole non routier s’établit à des niveaux très hauts, ne passant guère en dessous des 1 100 €/1 000 litres depuis un an. Cette situation va s’aggraver si la suppression de la détaxe – à laquelle se sont opposés les parlementaires communistes mais imposé par le gouvernement via le 49-3– voit le jour. Nous demandons le maintien de la détaxe sur le gazole non routier.

Dans une situation où les prix ne couvrent pas les coûts de production, il est impossible de vivre de son travail et d’engager les investissements que nécessitent l’urgente transformation agroécologique. En effet, la réintroduction de l’élevage dans les régions de grandes cultures, l’allongement des rotations ou encore la plantation de haies demandent de se projeter sur le temps long. Comment y parvenir quand on a aucune visibilité sur le prix de vente, livré au bon vouloir des forces d’argent ? Il est urgent de donner un horizon aux producteurs et de leur assurer un revenu décent. A quoi bon se lever le matin si ce n’est pas le travail qui fait le revenu mais les subventions publiques ?

Avec Léon Deffontaines, tête de liste aux élections européennes et André Chassaigne, député, nous demandons une toute autre répartition des fonds européens, avec des critères visant à reconstruire notre souveraineté alimentaire avec l’objectif de retrouver en France 500 000 agriculteurs et agricultrices d’ici 2030, correctement rémunérés, tout en accompagnant les transformations agroécologiques des pratiques agricoles.

Mettons cet argent public au profit d’une ambitieuse politique d’intervention publique sur les prix et les volumes. Il faut que le travail paye, et cela demande d’extraire la formation des prix des mécanismes de marché et de filières qui étranglent le producteur. C’est à l’État, avec les professionnels, d’instaurer des prix rémunérateurs, des filets de sécurité publics, des mesures de régulation des marchés et d’agir sur la façon dont se répartit la valeur ajoutée. Ainsi, le juste prix n’est pas qu’une émission télévisée, c’est aussi un combat de société visant à reprendre la main sur notre souveraineté alimentaire aujourd’hui déléguée aux marchés et à un quatuor de centrales d’achat.

Nous préférons la coopération internationale aux funestes traités de libre-échange dont le seul but est de mettre en concurrence les agricultures mondiales. Nous proposons de mettre en place des conférences permanentes territoriales, associant des représentants de la profession agricole, des industriels, des distributeurs, mais aussi les pouvoirs publics et de la société civile. Ces conférences auraient pour but de déterminer un prix d’objectif, soit un prix d’achat des produits agricoles couvrant les coûts de production et rémunérant dignement l’agriculteur. Pour les communistes, les modalités de répartition de la valeur ajoutée agroalimentaire doivent être renversées en vue d’accroître le prix payé au producteur plutôt que de conforter les profits des industriels et distributeurs.

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et député du Nord,

Paris, le 20 janvier 2024

Au chevet de l’école publique: Léon Deffontaines

Le candidat communiste aux élections européennes a reçu une vingtaine de professeurs et de syndicalistes de l’éducation nationale au siège du PCF, le 17 janvier.

Rencontre entre une délégation d’enseignants et Fabien Roussel secrétaire général du PCF, Léon Deffontaines tête de liste communiste aux élections européennes et Sigrid Gérardin ancienne responsable syndicale éducation et colistière.
©Samir Maouche pour l’Humanité

Léon Deffontaines a voulu saisir la balle au bond. « Avec l’affaire Oudéa-Castéra, le débat se focalise en ce moment sur l’école publique », explique la tête de liste du PCF aux élections européennes, qui a organisé une rencontre place du Colonel-Fabien, ce 17 janvier, avec des professeurs et des syndicalistes de l’éducation nationale. Le secrétaire national du Parti communiste, Fabien Roussel, et la colistière de Léon Deffontaines, Sigrid Gérardin, également professeure dans l’enseignement professionnel et syndicaliste Snuep-FSU, ont participé à cette discussion révélant le malaise dans l’éducation nationale. Continuer la lecture de Au chevet de l’école publique: Léon Deffontaines

Élections européennes : Léon Deffontaines (PCF) veut « reprendre la main » sur l’UE

L’ancien dirigeant des Jeunes communistes Léon Deffontaines a présenté plusieurs des membres de la liste qu’il conduira en juin prochain. Y figureront les syndicalistes Sigrid Gérardin et Marylène Faure, les élus Emmanuel Maurel pour GRS, Samia Jaber pour l’Engagement, Hélène Bidard, Fabien Roussel et André Chassaigne pour le PCF.

L’enfant de la Somme, Léon Deffontaines, part en campagne pour les élections européennes. Il a présenté certains de ses colistiers, mercredi, au siège du PCF. « Mon département est le deuxième à avoir le plus voté contre le traité constitutionnel européen en 2005, à 67 %, a rappelé l’ex-dirigeant des Jeunes communistes. C’est un département qui, peut-être avant tout le monde, savait les conséquences de la construction libérale de l’Union européenne (UE) sur l’emploi, l’industrie… » Léon Deffontaines, 27 ans, « fait partie de cette génération de moins de 35 ans qui n’a jamais eu son mot à dire sur la construction européenne », faute de consultation sur le sujet.

Il propose à ceux qui n’ont jamais été consultés, à « ceux qui ont voté contre le traité constitutionnel européen » et aux 52 % de Français qui n’ont plus confiance dans l’UE de « reprendre la main ». Un slogan qu’il décline. Il souhaite « reprendre la main sur notre alimentation » par une réorientation de la politique agricole commune (PAC) qui permette de restaurer une souveraineté alimentaire. Il fustige le marché européen de l’énergie qui indexe les prix de l’électricité sur ceux du gaz allemand. Il prône, là aussi, une reprise en main et une réindustrialisation. Autant de manières de recouvrer la souveraineté populaire. Continuer la lecture de Élections européennes : Léon Deffontaines (PCF) veut « reprendre la main » sur l’UE